mercredi 17 février 2010
J'ai reçu ce livre grâce à l'opération Masse Critique de Babelio. Je remercie tout d'abord les instigateurs de cette idée et la maison d'édition Calmann-Lévy qui m'a envoyé le livre.

Ce livre est un chef d'oeuvre. J'avais déjà adoré Robe de Marié. Celui-là est encore meilleur. Sans faire de mauvais jeux de mots, le récit est mené de mains de maître. L'histoire est en trois parties, on découvre tout d'abord le quotidien d'un cadre, Alain Delambre, qui a perdu son emploi. Il se retrouve à effectuer n'importe quel emploi pour peu d'argent. Il commente largement sa vie professionnelle et sa vie familiale. On apprend à s'attacher à sa femme Nicole et à ses deux filles. Il perd de nouveau son emploi et prêt à tout s'engage corps et âmes dans la recherche d'un travail adapté à son domaine de compétences. Il va très vite découvrir qu'il est seul et qu'il ne peut pas compter sur grand monde. La deuxième partie est écrite selon le point de vue d'un autre personnage. Cette technique a déjà été utilisée par l'auteur dans le précédent opus. Le style s'adapte au changement de personnage et nous voyons le personnage principal sous un autre angle. C'est lui d'ailleurs qui revient dans la troisième partie. Les effets ne sont pas ménagés et le livre est réellement bien documenté sur les personnages, le milieu de la sécurité et sur les prises d'otage. Tout sonne juste dans cet univers angoissant mais en même temps si proche de nous. La troisième partie se révèle comme une explosion jusqu'à la conclusion finale. Tout est organisé à la minute près et on y croit, en dépit de quelques invraisemblances. Je me suis passionnée pour l'expérience de ce personnage qui n'a voulu au fond que conserver son travail, et donner une vie digne à ses proches.

Le livre, comme il est précisé dans les remerciements rend hommage à Céline, Kant, Proust et tant d'autres. Il est vraiment remarquable en tous points. Et rarement un livre ne m'a procuré autant de plaisir. Comment ne pas s'extasier devant un récit mené si brillamment et avec intelligence? L'horreur quotidien est magnifié ici comme sous la plume des plus grands; à l'instar des romanciers naturalistes, l'auteur nous enchante avec un monde noir et sans concession.

Voici quelques mots sur l'auteur, pris sur le site des éditions Calmann-Levy:
Pierre Lemaitre
Né à Paris, Pierre Lemaitre a enseigné aux adultes, notamment les littératures française et américaine, l’analyse littéraire et la culture générale. Il est aujourd’hui écrivain et scénariste. Cadres Noirs est son troisième roman.
Rubrique : Coups de coeur
mercredi 17 février 2010
Il s’agit d’un livre brillant qui mêle deux époques : celle du cuisinier chinois et celle d’un archéologue nommé Li Zhenduo qui a trouvé des rouleaux consacrés au fameux cuisinier. L'histoire est un peu construite comme un roman policier : Zhang Chenfu est invité à la cour pour concocter des mets de choix au roi. Une fois dans le palais, il tombe amoureux de la princesse du Qi, Yujin, la fille du roi Xuan. Leurs relations ne sont pas simples et ils doivent se cacher. Un complot dirigé contre le cuisinier devenu encombrant et populaire va le jeter en prison. En 2005, tout n’est pas facile non plus pour Li Zhenduo ; lui aussi est surveillé de près et risque sa vie pour découvrir la véritable histoire du cuisinier.
Le livre est très bien écrit avec des connaissances évidentes sur la Chine. L'auteur décrit avec minutie les personnages et la fresque prend tout son sens dans l’abondance des détails fournis par l’auteur. Il construit la palette des personnages comme un peintre et chacun se voit accorder une attention toute particulière.
Le livre commence ainsi:
« C’était une horde entière de gamins plus dépenaillés les uns que les autres qui se pendait à présent aux frusques de Zhang Chenfu. Ils avaient facilement repéré ce jeune voyageur à la barbe mal taillée et couvert de poussière, qui s’évertuait à tirer une mule lourdement chargée et de plus en plus récalcitrante. Les gosses étaient persuadés d’avoir affaire à un de ces étrangers attirés par la très commerçante ville de Linzi. »

Rubrique : Coups de coeur
lundi 8 février 2010
Voilà un roman agréable et que j'ai lu très vite. Evidemment, la trame n'était pas très compliquée car j'ai rapidement élucidé l'énigme. La meilleure amie de Morgan s'est récemment mariée et a eu un enfant. Mais loin d'être heureuse, elle manifeste beaucoup de signes de déséquilibre et de dépression. Morgan va tout faire pour l'aider. Elle va même se mettre en danger pour prouver son innocence. Car Claire va s'accuser du meurtre de son mari et de son fils. On va découvrir petit à petit qui sont en réalité les proches de Claire.
Le roman se lit bien et on alterne des moments un peu effrayants avec de la pure romance. Une histoire divertissante.
Le site de la fnac nous présente l'auteure ainsi à travers une citation du Figaro:
"Héritière à la fois des romancières britanniques et de la grande tradition du roman noir américain, jouant avec les obsessions nocturnes et les peurs ancestrales, elle construit ses suspenses avec un art admirable."
Rubrique : Coups de coeur
jeudi 21 janvier 2010
J'ai découvert ce livre dans le Blog-o-Book. Il était proposé dans les lectures en partenariat. Le résumé me paraissait intéressant et je l'ai achété. Je ne le regrette pas. Autant j'ai eu du mal à accepter d'entrer dans l'univers d'un petit garçon plongé dans le coma, autant une fois le personnage un peu mieux présenté, j'ai eu du mal à lâcher le livre.
Le titre joue subtilement sur toutes les propositions du livre. Le jeune garçon plongé dans le coma et accompagné par son père où qu'il soit, est un fan de la revue Limbo. Ce terme désigne à la fois les limbes (où il se trouve) et l'univers des monstres qu'il fréquente en rêve. Son père lui fait la lecture de ce magazine, il lui apporte même des pyjamas à l'effigie de ses héros préférés. Sweeney veut le meilleur pour son fils. Aussi le fait-il transporter dans un hôpital très perfectionné pour le confier à un grand spécialiste. Mais arrivé là-bas, rien ne se déroule comme prévu pour lui. Il découvre à qui il a affaire, et surtout il fait la connaissance d'une bande de bikers peu fréquentables. Pourtant la petite ville moribonde va lui apporter plus qu'il ne le croit. Il va cheminer dans les labyrinthes de l'hôpital, dans ceux de sa conscience et même il aura la chance de pénétrer l'esprit de son fils pour découvrir ce qui s'est réellement passé. Les personnages sont étonnants. On devient vite accro à leur épopée.
Le livre, soutenu par J. Ellroy, offre un chemin vers la rédemption. Il montre la voie pour se dépasser et pour vivre en paix avec l'impossible souffrance. On ne se remet jamais de la perte d'un enfant, il faut se pardonner. Encore un livre que je vous recommande.

Rubrique : Coups de coeur
jeudi 21 janvier 2010
Il s'agit encore d'un livre pour la sélection du Prix de l'Histoire. J'ai eu un peu de mal à entrer dans l'histoire, car j'ai été agacée par le profil du personnage et son évolution. Surtout quand il arrive au camp. Mais ensuite, j'ai apprécié le déroulement de l'histoire. Le personnage finalement devient intéressant et il s'impose par ses grandes qualités. L'arrière-plan historique est une vraie richesse pour le livre.
Les descriptions sont assez nombreuses et toutes formatrices car l'auteur s'est vraiment bien documenté sur le cas de ces jeunes apprentis pilotes engagés au nom de la cause hitlérienne. Il est rare dans la littérature de jeunesse de lire le point de vue de jeunes allemands.
Je trouve que l'atmosphère est bien croquée et que tout sonne juste. Certains passages sont poignants. Surtout la correspondance avec sa mère et avec son ancienne voisine.
Je recommande cette lecture.
Rubrique : Coups de coeur
jeudi 21 janvier 2010
Voici une collection intéressante et qui mérite d'être connnue. Ce petit livre offre de grandes perspectives de réflexion. Il permet en quelques pages de dresser le portrait du célèbre pacifiste. Il présente les points essentiels de sa vie : sa naissance, son mariage, son arrivée en Angleterre, son emprisonnement et surtout sa marche phénoménale pour inviter les Anglais à accorder l'indépendance à l'Inde.
Gandhi apparaît tel qu'il a été. Les portraits sont d'autant plus forts qu'ils sont brefs. Autant de formules coup de poings qui donnent envie d'en savoir plus sur l'homme divin. Il crée chez le lecteur des sentiments diffus. Il éveille la conscience et on se sent différent après cette lecture.
Sa femme, aussi apparaît comme un personnage attachant. On la découvre rétive au début et elle finit par comprendre celui qu'on l'a forcé à épouser. A la fin, elle meurt dans ses bras. La photo qui la montre se rendant dans la prison de son mari est d'autant plus émouvante.
Quelques phrases en passant: "Reste tel que tu es, joyeux de vivre et attentif à ce qui t'entoure. Ne deviens pas un guerrier, la haine n'a jamais fait avancer personne. Ne prends pas les armes.".
Ce livre fait partie de la sélection du Prix de l'Histoire.
Rubrique : Coups de coeur
samedi 2 janvier 2010
Voilà un roman policier conseillé par le guide de la Fnac qui remplit toutes ses promesses. Comme il est le 3e volet d'une triologie, j'aurais peut-être dû commencer par les deux autres. Tant pis.
J'ai bien aimé l'enquêtrice: Maria Kallio. Elle a du caractère, elle est un peu le stéréotype de la femme-flic. Elle est chargée de mener l'enquête dans sa ville natale. Une artiste de renommée locale a été tuée, visiblement poussée du haut d'une tour; le suspect principal est le premier amour de Maria. Elle le retrouve avec émotion mais garde la tête froide et poursuit les investigations avec le plus grand sérieux. Ces recherches la font redécouvrir ses anciens amis. Elle démbule dans la ville en découvrant des aspects peu glorieux. La ville est surtout connue pour sa mine; ce sera d'ailleurs le lieu de mystères importants.
Le livre se lit vite et reste intéressant tout en évitant la violence et les propos inutiles. J'aime beaucoup l'aspect humain du roman et la façon dont elle décrit les relations entre les individus. Le charme finnois a fait le reste.
Rubrique : Coups de coeur
jeudi 31 décembre 2009
C'est une lecture magnifique qui m'a vraiment secouée! Je remercie le
Blog-O-Book pour cette fabuleuse découverte ainsi que les éditions
Gallmeister. J'aime beaucoup cette collection, j'avais déjà lu chez eux, le livre de William G. Tapply,
Dérive sanglante, qui m'a beaucoup plu également.
Visuellement, je trouve que le livre est déjà très esthétique avec la petite fenêtre sur le devant et les photos à l'intérieur. Le parti-pris de publier des livres en communion avec la nature me semble une bonne idée.
L'auteur a quelques points communs avec le livre. Il habite en Alaska; il aime vivre en solitaire et parcourir le monde en se lançant des défis.

Le roman de David Vann est un petit chef d'oeuvre. Je l'ai reçu et lu d'une traite. J'ai été saisie par les paysages, les personnages et l'univers tout entier. Le livre est construit en deux parties. Dans la première, on apprend à connaître les personnages, on découvre petit à petit l'aventure exceptionnelle qui lie un père et son fils en Alaska. En effet, Jim, dentiste de profession et bientôt divorcé une seconde fois, décide d'emmener son fils avec lui dans une petite maison en Alaska. Ils vont être obligés tous les deux de s'adapter aux éléments, à leur dureté et à la solitude. Les points de vue interne sont très bien décrits et l'auteur nous manipule en nous donnant de fausses pistes. On sent bien qu'un drame est sur le point de se jouer, mais ce qui va arriver dépasse de loin l'attente du lecteur. Cette surprise va déclencher la seconde partie où le personnage à la dérive va se laisser descendre aux enfers, même si ici, l'enfer est blanc. Les deux hommes vont devoir se supporter en étant presque constamment ensemble. Roy observe son père de près et voit chez lui des traits insoupçonnés. Malgré leurs divergences, le rapprochement va se faire de manière presque obligée. Les moments de vie sont présentés brièvement mais intensément. On est happé par l'univers inquiétant et on veut savoir ce qui se passe; comme je l'ai lu quelque part, impossible de lâcher le livre une fois qu'on a commencé à le lire. Il est vrai qu'il laisse une empreinte forte et que j'y ai repensé plusieurs jours durant.
J'ai donc été séduite par l'ambiance, les personnages limites à fleurs de peau et tellement humains. Il s'agit d'un huis-clos forcément tragique et mené de main de maître.
Merci encore pour la découverte!
Rubrique : Coups de coeur
jeudi 31 décembre 2009
Cette trilogie est un petit bijou de science-fiction et de fantastique. Je suis ravie de l'avoir découverte lors du
Prix des Incorruptibles de l'an dernier. En effet, le premier tome a reçu le prix et c'était largement mérité.
La nouvelle collection
Intervista 15-20 soutenue par Luc Besson cherche à atteindre la cible des lectures post-ados. Et le contenu est assez intéressant. Le projet est de présenter une collection où l'imaginaire est roi mais où il est question d'écologie. Bien sûr l'adaptation sur grand écran est en cours de réalisation. Il s'agit de la même équipe qui a produit
Arthur et les Minimoys.L'auteur nous raconte l'histoire de Jack Danielson. Celui-ci se rend compte que sa vie actuelle n'est qu'un mensonge et qu'il doit vivre des aventures plus palpitantes que celles qu'il a connues jusqu'à présent.
La trilogie comporte trois tomes:
- Mu le feu sacré de la terre
- Zéta le souffle du ciel
- Phi la clé du temps
Ces trois épisodes seront trois temps forts de la quête de Jack/Jair qui va rencontrer la femme qu'il va épouser, retrouver ses parents et sauver par la même occasion le monde. Le style est simple mais pétri d'humour et les personnages sont drôles et originaux. On découvre des peuplades souterraines, de vrais méchants. Jack est aidé dans sa quête par une ninja-girl fascinante. Il croise aussi la route d'un chien télépathe, d'animaux cruels et dangereux. Mais il va acquérir le pouvoir de parler aux animaux et surtout il saura protéger notre planète. Son long périple lui permettra de comprendre ce qu'ont fait ses vrais parents et en paix avec eux et avec lui-même, il pourra régner sur son royaume, en digne roi de Dann.
Rubrique : Coups de coeur
jeudi 31 décembre 2009
C'est une lecture de vacances et ce n'est certainement pas son meilleur. Malgré tout j'ai pris plaisir à découvrir l'inspecteur Win Garano et sa sympathique grand-mère. Comme toujours chez P. Cornwell les femmes sont compliquées et ont eu des vies terribles. Monique Lamont en offre un exemple particulièrement explicite. Elle n'est pas vraiment honnête, mais l'auteure finit par nous la montrer sous un jour plus humain. Et on s'attache petit à petit au personnage trouble de Stump. Elle est une caricature de femme forte en apparence qui se laisse apprivoiser par le bel inspecteur. Un livre qui se lit très vite et peut aussi vite s'oublier.
Rubrique : Lectures critiques
mercredi 9 décembre 2009
Le livre est composé de deux nouvelles qui s'apparentent à deux contes. Les deux sont bien écrits et possèdent un charme un peu désuet, en référence à la langue médiévale fréquemment utilisée dans le texte.
La première nouvelle, la plus longue, donne son titre au livre. On s'attache très vite à ce personnage un peu philosophe à qui il arrive de nombreuses péripéties. L'astronome devenu aveugle, décide un matin de quitter son domaine. Il arrive chez un gardien de phare. Très rapidement les deux hommes deviennent amis. L'astronome, accompagné de son chat, découvre la belle compagne, mal mariée, du gardien. Les aventures se succèdent et l'astronome n'hésite pas à sauver la vie de son ami en se jetant dans le feu pour maintenir le brasier allumé.
La seconde histoire est celle d'un peintre renommé qui prédit l'avenir grâce à ses toiles, malgré la pression, il ne veut pas gâcher son don et surtout être obligé de mentir. La nouvelle finit bien, le peintre a réussi à transformer le roi et à l'éloigner de ses travers.
Les deux histoires sont bien écrites et nous transportent dans un univers poétique où le temps semble arrété. J'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir ce livre.
Je remercie le
Blog-o-Book de me l'avoir envoyé. Merci aussi à Ramsay littérature.
Rubrique : Coups de coeur
dimanche 15 novembre 2009
Voilà un livre intéressant qui m'a beaucoup plu. J'ai aimé l'ambiance, la description très réaliste des conditions de vie des esclaves aux Etats-Unis dans les années 1860. Le personnage principal, la petite Clara Walker a la douleur de perdre son père. Il a été tué par le fils du propriétaire de la propriété. Celui-ci s'amuse en compagnie de son personnel à terroriser les noirs durant la nuit. Ils se déguisent et font croire aux esclaves qu'ils sont des fantômes venus pour les punir de leur désobéissance. Clara souffre tellement de la mort de son père qu'elle va voir Aaron, une sorte de sorcier vengeur qui lui promet de laver son honneur. Très vite, elle se rend compte qu'elle ne voulait pas que les gens meurent à cause d'elle, même s'il s'agit des assassins de son père. Elle va réussir à traverser tous ces événements grâce à un faux médium qui va la conduire vers la liberté. Même si l'atmosphère est sombre et flirte avec le fantastique, le livre est un plaidoyer pour la tolérance.
Un auteur à découvrir.
Rubrique : Coups de coeur
samedi 14 novembre 2009
Je viens de m'inscrire pour un défi de science-fiction. Comme j'ai beaucoup de livres de prévus, j'ai choisi la formule allégée avec seulement trois livres.
Je vais donc lire les trois ouvrages suivants:
- Philip K. Dick, Blade Runner
- Daniel Keyes, des Fleurs pour Algernon
- Isaac Asimov, la Fin de l'Eternité
J'ai trouvé cette excellente idée
ici.Ce blog est un petit trésor.
mercredi 4 novembre 2009
Je suis ravie d'avoir découvert un nouveau commissaire. Celui-là est exceptionnel et fait penser aux plus grands. Il mêle intimement caractère de l'auteur et fiction. C'est un homme pétri d'humour et de savoir-faire. Il a un vraiment de l'aplomb, du culot et n'hésite pas à faire preuve de méthodes déplacées. Comme l'écrivain, il fume et boit trop. Il est bon vivant; il connaît bien Bruges et certaines scènes se passent aussi à Blanckenberge, où l'auteur habite aussi.
L'intrigue est bien menée, on passe beaucoup de temps dans le commissariat à découvrir les principaux collaborateurs de Pieter Van In. Dans l'histoire, ils ont tous un traitement important et le commissaire en découvrant ses faiblesses, montre quel homme il est au quotidien et en couple. Hannelore sa femme est enceinte, elle va accoucher de jumeaux. Leurs relations est évoquée avec minutie.
L'affaire repose sur une sombre histoire de satanisme. Le milieu est décrit avec justesse. Le commissaire évolue dans ces sphères troubles avec une certaine aisance. Certains détails sont révélés au lecteur, on finit par soupçonner tout le monde. Mais à aucun moment, je n'avais trouvé le coupable. Pourquoi la 4e forme de Satan? L'auteur rappelle les différentes formes qu'il peut prendre: il peut séduire, tromper, manipuler et trahir. La 4e forme ici concerne la trahison. La fin est ouverte, on pourrait presque attendre une suite. Toute velléité de satanisme n'est pas enterrée, même avec l'arrestation d'un venex inattendu il reste encore Richard et le concierge. Risqueront-ils de poursuivre l'oeuvre démoniaque?
Mon seul regret est que l'auteur n'ait pas été beaucoup traduit en France: seulement 5 ou 6 sur 25 romans environ. A mon avis, cela va changer. Et je verrais bien une adaptation au cinéma. L'écriture s'y prête.
Une très bonne découverte. Je suis pressée d'en lire d'autres.
Rubrique : Coups de coeur
vendredi 30 octobre 2009
Cest le deuxième livre de cet auteur que je lis, et j'ai vraiment été emballée par le ton, l'originalité et l'ambiance du roman. Il est vraiment un maître et il sait manipuler le lecteur avec une grande habileté.
Le livre commence par une phrase qui sera comme un détonateur. Le personnage principal est écrivain et il est tombé amoureux d'une femme inconnue. Partant de là, il va tout faire pour la retrouver. On suit son parcours à travers sa ville et sa mémoire, parce qu'il est devenu amnésique suite à un accident de voiture. Il rencontre des gens étonnants et note petit à petit des renseignements sur eux. On découvre que son éditeur l'a fait tomber dans un piège afin de produire son dernier roman selon des critères nouveaux. Il doit écrire en temps réel et tout un groupe de personnages savamment choisis lui collent la pression pour produire un récit rapidement dans le but de sauver cette femme qui a disparu et qu'il croit en danger.
Mais dans les romans de Somoza les renversements sont inattendus et par un tour de passe-passe, Juan Cabo devient Natalia et c'est elle qui écrit le livre. Elle a rencontré un homme inconnu dont elle est tombée amoureuse.
Le suspens est bien ménagé, les idées sont loufoques et profondes en même temps. L'auteur livre avec dextérité une réflexion sur le personnage de fiction. J'ai particulièrement bien aimé le rôle du modèle, de la muse destinée à favoriser l'imagination des écrivains. La galerie des personnages fonctionne bien et ce livre est une bonne surprise et un très bon moment de lecture. Je vais peut-être acheter son dernier.
Rubrique : Coups de coeur
mercredi 28 octobre 2009
J'ai reçu ce livre grâce à la lecture en partenariat proposée par le
Blog-o-Book. Je les remercie vivement de ce cadeau et je remercie également les éditions
10/18 qui m'ont fait découvrir un petit volume bien agréable à lire et à regarder.
Cette lecture m'a été fort plaisante. Et j'ai vraiment apprécié de découvrir ce "court" travail sur l'historique des blagues.
L'auteur a fait des études de philo mais il les a interrompues pour se retrouver journaliste. Il dit qu'il a échoué dans ses études parce qu'il a passé beaucoup de temps au Studio 54. C'est un choix que l'on peut comprendre.
Le livre est construit en deux parties: une consacrée à l'histoire et l'autre à la philosophie. La première partie nous présente plusieurs personnes qui sont à l'origine de la diffusion des blagues. Ainsi nous découvrons le Philogelos et le Pogge. Tous les détails sont passés en revue. L'auteur cite même abondamment plusieurs types d'histoires drôles. Le parallèle qu'il fait entre certaines blagues et leur fondement en psychanalyse est très intéressant. Il fait souvent référence à Freud et pense par exemple que les blagues en rapport avec les éléphants concernent également les noirs. Shakespeare a également fait progresser l'histoire des blagues. Ainsi dans
Beaucoup de bruit pour rien, Béatrice rappelle cette petite histoire: "Parmi toutes les feuilles, quelle est la plus propre? La feuille de houx, personne ne se risque à s'essuyer le postérieur avec ses piquants." Il pose diverses questions: quelle est l'origine des blagues, comment circulent-elles? La partie se termine par le sort réservé à la statue du Pogge. Celle-ci ayant été déplacée a été remise au centre des douze apôtres. L'auteur souligne l'ironie, de la situation même s'il a relevé les bons mots des textes sacrés, qui eux aussi énoncent de bonnes blagues.
La deuxième partie, consacrée à la philosophie, regroupe les différentes opinions des philosophes. L'auteur résume en particulier les théories bien connues de Bergson. Même s'il souligne que pour celui-ci le plus drôle se concentre sur la glissade d'un homme sur une peau de banane. Les réflexions des philosophes (Platon, Voltaire, Wittgenstein, Hobbes, Freud., Schopenhauer, Kant...)sont toujours entrecoupées de bons mots. Je vous livre ma blague préférée:
"Un soir d'hiver, Nixon prend l'air autour de la Maison-Blanche lorsqu'il tombe sur les mots "je déteste Richard Nixon" écrits dans la neige avec de l'urine. Il demande aux services secrets d'enquêter. Une semaine plus tard, ils reviennent et lui annoncent: "Bien, monsieur le président, nous avons analysé l'urine et il s'agit de celle du secrétaire d'Etat Kissinger. Nous avons également analysé l'écriture, et c'est celle de la Première Dame.".Bref, ce petit livre est fort plaisant et très intéressant. Pour moi il réussit bien à expliquer et à divertir en même temps. J'ai trouvé que les propos étaient instructifs, livrés sans prétention et présentant le problème comme une question très sérieuse. Un bon moment de lecture: que demander de plus?
Rubrique : Coups de coeur
samedi 24 octobre 2009
Encore un excellent moment de lecture. Je me suis régalée. J'ai bien retrouvé l'esprit acéré et la pointe fine de son auteur. Et contrairement à d'autres romans de lui où j'ai eu du mal à pénétrer, celui-ci se laisse facilement découvrir. C'est l'histoire de la vie d'un homme. L'originalité du roman tient au fait qu'il commence par décrire l'enterrement du personnage principal. Sa vie est présentée par bribes, pas forcément en respectant la chronologie. L'auteur insiste sur les relations conjugales désastreuses de cet homme épris des femmes, mais incapable d'en garder une. Sa famille est bien égratignée au passage et seuls son frère Howie et sa fille Nancy trouvent grâce à ses yeux. Les coups durs ne nous sont pas épargnés et on suit pas à pas les montées d'angoisse du personnage qui se sent approcher de la mort et voit le terme de sa vie se réduire à vue d'oeil. Il pense même pour conjurer le sort partager un appartement avec sa fille. Mais c'est à ce moment que son ex-femme fait une attaque lui dérobant la place tant convoitée. Sa fille ne sera pas son infirmière. L'homme en question n'est pas présenté sous un jour excellent. Il est vu sans complaisance aucune et délivre un bien mauvais exemple. Comme il le reconnaît lui-même, il n'est ni un bon père, ni un bon mari. Il cherche à nouer des liens amoureux avec la première venue. Aussi donne-t-il son numéro de téléphone à une joggeuse qui l'a séduit; il ne réussit qu'à la faire fuir; plus jamais elle n'est pas repassée dans sa rue. Le ton est triste, parfois mordant et le cynisme domine, mais l'ensemble reste touchant, parce que cette histoire ressemble à n'importe quelle histoire. Elle pourrait être la nôtre.
Rubrique : Coups de coeur
lundi 19 octobre 2009
Voilà un petit bijou qui m'a plu énormément. J'ai adoré cet échange de lettres autour de livres. L'auteure écrit des scénarios. Elle n'a pas vraiment fait d'études, mais elle a une soif de lire et d'apprendre hors du commun. Elle ne trouve pas les ouvrages qu'elle souhaite à New York, aussi lorsqu'elle découvre une bibliothèque à Londres, elle décide de s'y approvisionner avec constance. Elle leur lance de véritables défis et à l'affut d'éditions rares, elle multiplie les requêtes les plus inattendues. Elle commence aussi une relation forte avec les employés de la librairie, en particulier avec Frank Doel. Elle envoie souvent de bons colis, bien remplis pour les aider à passer le cap du rationnement. Elle apprend à connaître la famille de Frank et sa femme Nora devient proche également. Les lettres sont échangées sur près de vingt ans. Helene promet de venir en Angleterre. Elle ne pourra pas tenir sa promesse avant la mort de Frank.
On dirait un roman épistolaire. Les lettres sont simples et touchantes et tiennent le lecteur en haleine. Je l'ai lu d'une traite et j'ai apprécié la poésie, les émotions du quotidien et la tendresse présente à chaque instant. Une belle histoire humaine qui fait mouche. J'aimerais voir le film avec A. Hopkins et A. Bancroft.
Rubrique : Coups de coeur
dimanche 18 octobre 2009
J'ai adoré ce livre, c'est un véritable petit bijou. C'est le deuxième que je lis de cette auteure et je ne vais pas en rester là. La narratrice est veuve. Elle perd son mari dès le début du roman et on voit comment elle accuse le coup et comment petit à petit, elle réussit à remonter la pente. L'histoire mêle habilement des introspections et des récits en arrière. On découvre le passé du personnage qu'elle fait revivre avec un brin de nostalgie. Très vite, elle assume son indépendance, déménage, travaille un peu et entretient sa passion pour le piano. Elle va nouer des liens très forts avec Patrick son beau-frère.
L'histoire est bien menée, les personnages sont décrits en profondeur et finesse. J'ai suivi cette tranche de vie avec intérêt.
Rubrique : Coups de coeur
mercredi 14 octobre 2009
J'ai reçu ce livre grâce au partenariat proposé par le superbe
blog de blog-o-book. Il faisait partie des lectures du mois d'octobre. Je les remercie pour cet envoi et je tiens à souligner cette excellente initiative qui permet aux amoureux de la lecture de partager leur passion.

Passée la joie d'avoir reçu le livre, il a fallu le lire et malheureusement, contrairement à certaines lectrices, je n'ai pas du tout réussi à pénétrer l'esprit du livre. Il s'agit, vous l'aurez compris, pour moi d'une véritable déception. Pourtant le livre a tout pour plaire, le sujet, (Aldo en quête de la femme idéale) l'écriture facile et détendue. Mais les personnages manquent de profondeur. Je n'ai pas aimé le ton pseudo décalé où tout devient sujet à rire. Les noms de rue même sont des hommages détournés à de grands lieux ou de grandes oeuvres: "place du Parthénon",. On trouve même des clins d'oeil à des personnalités moins sérieuses: la "Place Sim des Grosses Têtes". (l'humour est à ce niveau, je pense). Les philosophes eux aussi sont pastichés: on trouve Heidegger comme auteur d'un traité de pataphysique ou Quetzsche (vous aurez compris Nietzsche) est évoqué par ailleurs. Il me semble que cet humour de prof de philo est un peu léger. Bref, je n'en vois pas l'intérêt. La syntaxe ne s'embarrasse pas de fioritures: "Un matin, quand Aldo se réveilla, il était seul dans son lit, sauf une odeur de pain grillé." Donc une simplicité affichée et revendiquée, de l'humour à la pelle... Mais le sens de tout cela m'a échappé. J'imagine qu'à la fin, les personnages frôlent la mort. Le style très elliptique ne m'a pas permis de le comprendre aisément.
La seconde partie de l'ouvrage m'a rendu plus perplexe encore. J'ai apprécié le dernier poème avec des effets de style revendiqués:
"Peut-être l'écriture attend
La pensée
Comme la pensée
Attend l'écriture.". Je trouve justement que ceci sous une spontanéité apparente dénote une trop grande réflexion qui m'a laissé de marbre. On dirait des carnets un peu surréalistes écrits sous la forme de jets automatiques.
Pourtant au début j'étais séduite par l'idée et le propos, je me suis perdue en route. Dommage parce qu'à mon avis tous les ingrédients sont présents chez cet auteur pour qu'il en devienne un grand. Maintenant ce n'est que mon avis, mais j'ai rarement été aussi déçue par un ouvrage.
Rubrique : Lectures critiques