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Le Velvet des livres

Mireille Disdero, 16 ans et des poussières

dimanche 28 février 2010

Le livre en question

J'ai encore reçu ce livre grâce à l'heureuse initiative du Blog-o-Book et des éditions du Seuil. Les oeuvres de jeunesse sont de qualité aux éditions du Seuil et les adolescents apprécient particulièrement des auteurs comme Hubert Ben Kemoun, Yaël Hassan, Claire Mazard ou David Klass. La collection porte le nom bien choisi de "Karactère(s)".

 

Présentation de l'auteure

Mireille Disdero vit en Provence dans la région d'Aix. Elle est titulaire d'un DEA. Elle a travaillé dans les métiers du livres. Elle est directrice d'une maison d'édition: Alba, créée en 2003. On retrouve ses écrits dans son blog.

 

Présentation du roman

Le livre décrit en 16 chapitres le quotidien d'une adolescente de 16 ans qui vit dans une cité. Bien sûr le sujet a déjà été traité, mais ici les propos sortent de l'ordinaire. Les relations entre Shayna et sa mère sont finement analysées. Le portait de la mère est sans concession. La réalité n'a rien d'idéale, Shayna est même confrontée à la violence. Heureusement son ami Enzo la protège. Mais quand il provoque la bande de Rox Man pour la protéger, on ne peut s'empêcher de trembler pour lui.

Le livre se lit facilement. Les personnages sont bien saisis dans leur essence, on se passionne très vite pour cette tranche de vie. On a l'impression de connaître les personnages tant il nous semble proches. La jeune fille se rattache à ce qu'elle a pour progresser, elle est positive et optimiste malgré le poids de la fatalité. Sa mère, plus résignée, devra reconnaître que sa fille lui a donné une belle leçon de courage. Le personnage du professeur de Français aussi est très positif. Il incite Shayna à poursuivre ses études. Grâce aux petits papiers qu'elle lui laisse, elle la guide sur le chemin de la sagesse. Cette mère de substitution l'autorise à grandir en prenant confiance en elle. On comprend que la véritable mère de Shayna l'aime aussi mais qu'elle n'est pas capable d'exprimer de la tendresse à son attention. Elle ne fait que la mettre en garde contre les dangers de la vie. Elle a peur que sa fille devienne comme elle. Les difficultés matérielles semblent la bloquer et restreindre tout geste d'amour maternel.

En somme, l'auteur donne un bel exemple de courage. Elle sous-entend que, malgré les difficultés, on peut être maître de son destin.

 

Un extrait du roman

"La lumière de l'été, forte, mange les murs et les ombres minuscules qui s'y réfugient. Elle absorbe la colère qui navigue dans mes yeux quand je pense à ma mère. Et j'y pense souvent. C'est ma mère, elle rime avec colère."

 

 

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Thomas Hardy, Tess d'Urberville

dimanche 28 février 2010

J'ai déjà lu deux livres de cet auteur: A la lumière des étoiles et Jude l'obscur. Ce troisième ouvrage m'a tout autant plu que les deux premiers. J'ai été séduite par le personnage et  son étrange histoire. Les propos tiennent à la fois du romantisme le plus éthéré et d'un réalisme cru sans poésie aucune. Les événements sont retranscrits avec une précision et une froideur presque naturaliste. L'auteur analyse le long cheminement de l'héroïne en donnant rarement son avis.

On découvre l'existence de Tess placée sous le signe de la malchance. La seule circonstance atténuante est qu'il s'agit d'"une femme pure" ainsi que nous le suggère le sous-titre. Le livre est concentré sur différentes "phases" de la vie de la jeune femme. Elle mène une existence sage auprès de ses parents. Son père boit un peu, ne survient guère aux besoins familiaux, mais il fait un jour une découverte qui va changer sa vie. Il apprend qu'il est de noble ascendance. Tess est aussitôt envoyée chez des cousins éloignés où elle fait une très mauvaise rencontre. Son soi-disant cousin Alec d'Urberville ne pense qu'à la courtiser et à la mettre dans son lit. Il la harcèle de ses avances et n'abandonne pas tant qu'il n'a pas obtenu ce qu'il voulait. Ces incidents obligent Tess à fuir cet endroit devenu inhospitalier. Elle rencontre ensuite Angel. Elle se refuse à lui en raison de son passé, mais finit par succomber au charme du jeune homme. On pourrait croire qu'elle aurait été heureuse et que son passé aurait été oublié, mais le contraire se produit, et rattrapée par des événements qui la dépassent la voilà obligée de fuir à nouveau. Elle se cache pourtant bien, mais pas suffisamment car Alec la retrouve et enclenche l'infernale machine qui va causer sa perte. Tess se précipite tête baissée vers la tragique issue.

Le roman est savamment composé. L'auteur analyse chacune des phases avec beaucoup de précisions. Le style classique mêle réflexions psychologiques et descriptions pittoresques. L'ambiance est finement mise en place et certaines formules de l'auteur accompagnent le destin de Tess. Les sentences prophétiques scellent son sort plus sûrement que ne l'aurait fait le coryphée d'une tragédie. La passion presque entièrement condamnée ici n'a jamais sauvé Tess, malgré son coeur pur, elle a accumulé tant d'expériences malheureuses qu'elle a été punie par son attitude irréfléchie. L'auteur décrit une vie campagnarde rude et misérable. Les travailleurs de la terre sont méprisés par les gens riches qui les exploitent. Seul Angel Clare a su voir la beauté de Tess et a rêvé qu'elle l'assiste dans ses projets. Son audace a peut-être été sanctionnée également. La pesanteur des conventions sociales rattrapent tous ceux qui osent s'égarer et franchir les limites que la société impose. Alec, le pêcheur repenti, a trop vite rejeté ses nouvelles idées et lui aussi a payé pour son inconstance.

Un grand roman, qui me donne envie d'en lire d'autres du même auteur.

 

 

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Camilla Läckberg, Le Tailleur de pierre

vendredi 19 février 2010

Présentation de l'auteur d'après l'article de Wikipedia

 

Jean Edith Camilla Läckberg Eriksson (née le 30 août 1974 à Fjällbacka) est un auteur suédois de romans policiers. Elle est un des plus jeunes auteurs à succès dans son genre. Les romans de Camilla Läckberg se situent tous près de son lieu de naissance, la petite ville côtière de Fjällbacka, en Suède.

2005, Prix SFTK - écrivain de l'année (prix suédois) 2006, Prix de littérature du peuple suédois (prix suédois) 2008, Grand prix de littérature policière pour son roman La Princesse des glaces (prix français)

 

 

 

C'est le troisième opus de cette auteure que je lis, et j'ai pris beaucoup de plaisir à cette enquête. Erica est moins présente, on la retrouve en jeune accouchée légèrement déprimée. L'enquête va la toucher de près, car c'est la fille d'une de ses meilleures amies qui est assassinée. C'est Patrik qui va enquêter.

On découvre avec toujours autant de plaisir la vie suédoise dans ce petit bourg de Fjällbacka. Certains habitants n'ont pas l'air honnête et il est aisé de voir la culpabilité poindre dans chaque foyer décrit. L'auteur se plait à dévoiler les zones d'ombres des personnages. Peu d'entre eux sont irréprochables, y compris parmi les policiers. L'intérêt de la trilogie est que l'on retrouve certains proches d'Erica avec plaisir. Sa soeur Anna est cette fois peu présente. Son ancien petit ami Dan fait quelques apparitions. Les passages les plus drôles et caricaturaux sont les interventions de la belle-mère d'Erica. Celle-ci passe son temps à tout ranger et à faire culpabiliser sa belle-fille. Plus vraie que nature. On comprend bien que les aspects anecdotiques ont leur importance dans le livre.

Quel rapport avec le titre me direz-vous? Eh bien, le tailleur de pierre c'est le malheureux Anders qui a croisé la route d'une femme sans coeur. La jolie Agnes lui a rendu l'existence bien misérable. Cette histoire est menée en parallèle avec l'enquête sur la mort de la petite Sara. On imagine bien que les deux tranches de vie sont liées, mais il faut deviner quel en est le point commun.

J'ai découvert quelques pistes et tout fonctionne en huis-clos, donc on sait que le meurtrier n'est pas très loin.

Ce que j'ai aimé comme dans ses autres livres, est la prise directe sur le réel. Les personnages sont vraisemblables et ressemblent à n'importe qui. Pas d'effets spectaculaires, juste un descriptif qui sonne juste et fait mouche.

La fin semble relancer un livre prochain. Je l'attends déjà avec impatience.

 

 

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Pierre Lemaitre, Cadres noirs

mercredi 17 février 2010

J'ai reçu ce livre grâce à l'opération Masse Critique de Babelio. Je remercie tout d'abord les instigateurs de cette idée et la maison d'édition Calmann-Lévy qui m'a envoyé le livre.

 

Critiques et infos sur Babelio.com

 

Ce livre est un chef d'oeuvre. J'avais déjà adoré Robe de Marié. Celui-là est encore meilleur. Sans faire de mauvais jeux de mots, le récit est mené de mains de maître. L'histoire est en trois parties, on découvre tout d'abord le quotidien d'un cadre, Alain Delambre, qui a perdu son emploi. Il se retrouve à effectuer n'importe quel emploi pour peu d'argent. Il commente largement sa vie professionnelle et sa vie familiale. On apprend à s'attacher à sa femme Nicole et à ses deux filles. Il perd de nouveau son emploi et prêt à tout s'engage corps et âmes dans la recherche d'un travail adapté à son domaine de compétences. Il va très vite découvrir qu'il est seul et qu'il ne peut pas compter sur grand monde. La deuxième partie est écrite selon le point de vue d'un autre personnage. Cette technique a déjà été utilisée par l'auteur dans le précédent opus. Le style s'adapte au changement de personnage et nous voyons le personnage principal sous un autre angle. C'est lui d'ailleurs qui revient dans la troisième partie. Les effets ne sont pas ménagés et le livre est réellement bien documenté sur les personnages, le milieu de la sécurité et sur les prises d'otage. Tout sonne juste dans cet univers angoissant mais en même temps si proche de nous. La troisième partie se révèle comme une explosion jusqu'à la conclusion finale. Tout est organisé à la minute près et on y croit, en dépit de quelques invraisemblances. Je me suis passionnée pour l'expérience de ce personnage qui n'a voulu au fond que conserver son travail, et donner une vie digne à ses proches.

 

 

Le livre, comme il est précisé dans les remerciements rend hommage à Céline, Kant, Proust et tant d'autres. Il est vraiment remarquable en tous points. Et rarement un livre ne m'a procuré autant de plaisir. Comment ne pas s'extasier devant un récit mené si brillamment et avec intelligence? L'horreur quotidien est magnifié ici comme sous la plume des plus grands; à l'instar des romanciers naturalistes, l'auteur nous enchante avec un monde noir et sans concession.

 

 

 

Voici quelques mots sur l'auteur, pris sur le site des éditions Calmann-Levy:

Pierre Lemaitre

Né à Paris, Pierre Lemaitre a enseigné aux adultes, notamment les littératures française et américaine, l’analyse littéraire et la culture générale. Il est aujourd’hui écrivain et scénariste. Cadres Noirs est son troisième roman.

 

 

 

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Pascal Vatinel, l'affaire du cuisinier chinois

mercredi 17 février 2010

Il s’agit d’un livre brillant qui mêle deux époques : celle du cuisinier chinois et celle d’un archéologue nommé Li Zhenduo qui a trouvé des rouleaux consacrés au fameux cuisinier. L'histoire est un peu construite comme un roman policier : Zhang Chenfu est invité à la cour pour concocter des mets de choix au roi. Une fois dans le palais, il tombe amoureux de la princesse du Qi, Yujin, la fille du roi Xuan. Leurs relations ne sont pas simples et ils doivent se cacher. Un complot dirigé contre le cuisinier devenu encombrant et populaire va le jeter en prison. En 2005, tout n’est pas facile non plus pour Li Zhenduo ; lui aussi est surveillé de près et risque sa vie pour découvrir la véritable histoire du cuisinier.

Le livre est très bien écrit avec des connaissances évidentes sur la Chine. L'auteur décrit avec minutie les personnages et la fresque prend tout son sens dans l’abondance des détails fournis par l’auteur. Il construit la palette des personnages comme un peintre et chacun se voit accorder une attention toute particulière.

 

Le livre commence ainsi: 

« C’était une horde entière de gamins plus dépenaillés les uns que les autres qui se pendait à présent aux frusques de Zhang Chenfu. Ils avaient facilement repéré ce jeune voyageur à la barbe mal taillée et couvert de poussière, qui s’évertuait à tirer une mule lourdement chargée et de plus en plus récalcitrante. Les gosses étaient persuadés d’avoir affaire à un de ces étrangers attirés par la très commerçante ville de Linzi. »

 

 

 

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Patricia Mac Donald, Une mère sous influence

lundi 8 février 2010

Voilà un roman agréable et que j'ai lu très vite. Evidemment, la trame n'était pas très compliquée car j'ai rapidement élucidé l'énigme. La meilleure amie de Morgan s'est récemment mariée et a eu un enfant. Mais loin d'être heureuse, elle manifeste beaucoup de signes de déséquilibre et de dépression. Morgan va tout faire pour l'aider. Elle va même se mettre en danger pour prouver son innocence. Car Claire va s'accuser du meurtre de son mari et de son fils. On va découvrir petit à petit qui sont en réalité les proches de Claire.
Le roman se lit bien et on alterne des moments un peu effrayants avec de la pure romance. Une histoire divertissante.
Le site de la fnac nous présente l'auteure ainsi à travers une citation du Figaro: "Héritière à la fois des romancières britanniques et de la grande tradition du roman noir américain, jouant avec les obsessions nocturnes et les peurs ancestrales, elle construit ses suspenses avec un art admirable."


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Jack O'Connell, Dans les limbes

jeudi 21 janvier 2010

J'ai découvert ce livre dans le Blog-o-Book. Il était proposé dans les lectures en partenariat. Le résumé me paraissait intéressant et je l'ai achété. Je ne le regrette pas. Autant j'ai eu du mal à accepter d'entrer dans l'univers d'un petit garçon plongé dans le coma, autant une fois le personnage un peu mieux présenté, j'ai eu du mal à lâcher le livre.

Le titre joue subtilement sur toutes les propositions du livre. Le jeune garçon plongé dans le coma et accompagné par son père où qu'il soit, est un fan de la revue Limbo. Ce terme désigne à la fois les limbes (où il se trouve) et l'univers des monstres qu'il fréquente en rêve. Son père lui fait la lecture de ce magazine, il lui apporte même des pyjamas à l'effigie de ses héros préférés. Sweeney veut le meilleur pour son fils. Aussi le fait-il transporter dans un hôpital très perfectionné pour le confier à un grand spécialiste. Mais arrivé là-bas, rien ne se déroule comme prévu pour lui. Il découvre à qui il a affaire, et surtout il fait la connaissance d'une bande de bikers peu fréquentables. Pourtant la petite ville moribonde va lui apporter plus qu'il ne le croit. Il va cheminer dans les labyrinthes de l'hôpital, dans ceux de sa conscience et même il aura la chance de pénétrer l'esprit de son fils pour découvrir ce qui s'est réellement passé. Les personnages sont étonnants. On devient vite accro à leur épopée.

Le livre, soutenu par J. Ellroy, offre un chemin vers la rédemption. Il montre la voie pour se dépasser et pour vivre en paix avec l'impossible souffrance. On ne se remet jamais de la perte d'un enfant, il faut se pardonner. Encore un livre que je vous recommande.

 

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Jean-Marie Defossez, Envol pour le paradis

jeudi 21 janvier 2010

Il s'agit encore d'un livre pour la sélection du Prix de l'Histoire. J'ai eu un peu de mal à entrer dans l'histoire, car j'ai été agacée par le profil du personnage et son évolution. Surtout quand il arrive au camp. Mais ensuite, j'ai apprécié le déroulement de l'histoire. Le personnage finalement devient intéressant et il s'impose par ses grandes qualités. L'arrière-plan historique est une vraie richesse pour le livre.

Les descriptions sont assez nombreuses et toutes formatrices car l'auteur s'est vraiment bien documenté sur le cas de ces jeunes apprentis pilotes engagés au nom de la cause hitlérienne. Il est rare dans la littérature de jeunesse de lire le point de vue de jeunes allemands.

Je trouve que l'atmosphère est bien croquée et que tout sonne juste. Certains passages sont poignants. Surtout la correspondance avec sa mère et avec son ancienne voisine.

Je recommande cette lecture.

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Chantal Portillo, Gandhi: "Non à la violence"

jeudi 21 janvier 2010

Voici une collection intéressante et qui mérite d'être connnue. Ce petit livre offre de grandes perspectives de réflexion. Il permet en quelques pages de dresser le portrait du célèbre pacifiste. Il présente les points essentiels de sa vie : sa naissance, son mariage, son arrivée en Angleterre, son emprisonnement et surtout sa marche phénoménale pour inviter les Anglais à accorder l'indépendance à l'Inde.

Gandhi apparaît tel qu'il a été. Les portraits sont d'autant plus forts qu'ils sont brefs. Autant de formules coup de poings qui donnent envie d'en savoir plus sur l'homme divin. Il crée chez le lecteur des sentiments diffus. Il éveille la conscience et on se sent différent après cette lecture.

Sa femme, aussi apparaît comme un personnage attachant. On la découvre rétive au début et elle finit par comprendre celui qu'on l'a forcé à épouser. A la fin, elle meurt dans ses bras. La photo qui la montre se rendant dans la prison de son mari est d'autant plus émouvante.

Quelques phrases en passant: "Reste tel que tu es, joyeux de vivre et attentif à ce qui t'entoure. Ne deviens pas un guerrier, la haine n'a jamais fait avancer personne. Ne prends pas les armes.".

Ce livre fait partie de la sélection du Prix de l'Histoire.

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Leena Lehtolainen, Un coeur de cuivre

samedi 2 janvier 2010

Voilà un roman policier conseillé par le guide de la Fnac qui remplit toutes ses promesses. Comme il est le 3e volet d'une triologie, j'aurais peut-être dû commencer par les deux autres. Tant pis.
J'ai bien aimé l'enquêtrice: Maria Kallio. Elle a du caractère, elle est un peu le stéréotype de la femme-flic. Elle est chargée de mener l'enquête dans sa ville natale. Une artiste de renommée  locale a été tuée, visiblement poussée du haut d'une tour; le suspect principal est le premier amour de Maria. Elle le retrouve avec émotion mais garde la tête froide et poursuit les investigations avec le plus grand sérieux. Ces recherches la font redécouvrir ses anciens amis. Elle démbule dans la ville en découvrant des aspects peu glorieux. La ville est surtout connue pour sa mine; ce sera d'ailleurs le lieu de mystères importants.
Le livre se lit vite et reste intéressant tout en évitant la violence et les propos inutiles. J'aime beaucoup l'aspect humain du roman et la façon dont elle décrit les relations entre les individus. Le charme finnois a fait le reste.


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David Vann, Sukkwan Island

jeudi 31 décembre 2009

C'est une lecture magnifique qui m'a vraiment secouée! Je remercie le Blog-O-Book pour cette fabuleuse découverte ainsi que les éditions Gallmeister. J'aime beaucoup cette collection, j'avais déjà lu chez eux, le livre de William G. Tapply, Dérive sanglante, qui m'a beaucoup plu également.
Visuellement, je trouve que le livre est déjà très esthétique avec la petite fenêtre sur le devant et les photos à l'intérieur. Le parti-pris de publier des livres en communion avec la nature me semble une bonne idée.
L'auteur a quelques points communs avec le livre. Il habite en Alaska; il aime vivre en solitaire et parcourir le monde en se lançant des défis.




Le roman de David Vann est un petit chef d'oeuvre. Je l'ai reçu et lu d'une traite. J'ai été saisie par les paysages, les personnages et l'univers tout entier. Le livre est construit en deux parties. Dans la première, on apprend à connaître les personnages, on découvre petit à petit l'aventure exceptionnelle qui lie un père et son fils en Alaska. En effet, Jim, dentiste de profession et bientôt divorcé une seconde fois, décide d'emmener son fils avec lui dans une petite maison en Alaska. Ils vont être obligés tous les deux de s'adapter aux éléments, à leur dureté et à la solitude. Les points de vue interne sont très bien décrits et l'auteur nous manipule en nous donnant de fausses pistes. On sent bien qu'un drame est sur le point de se jouer, mais ce qui va arriver dépasse de loin l'attente du lecteur. Cette surprise va déclencher la seconde partie où  le personnage à la dérive va se laisser descendre aux enfers, même si ici, l'enfer est blanc. Les deux hommes vont devoir se supporter en étant presque constamment ensemble. Roy observe son père de près et voit chez lui des traits insoupçonnés. Malgré leurs divergences, le rapprochement va se faire de manière presque obligée. Les moments de vie sont présentés brièvement mais intensément. On est happé par l'univers inquiétant et on veut savoir ce qui se passe; comme je l'ai lu quelque part, impossible de lâcher le livre une fois qu'on a commencé à le lire. Il est vrai qu'il laisse une empreinte forte et que j'y ai repensé plusieurs jours durant.
J'ai donc été séduite par l'ambiance, les personnages limites à fleurs de peau et tellement humains. Il s'agit d'un huis-clos forcément tragique et mené de main de maître.
Merci encore pour la découverte!


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David Klass, la Trilogie du Gardien

jeudi 31 décembre 2009

Cette trilogie est un petit bijou de science-fiction et de fantastique. Je suis ravie de l'avoir découverte lors du Prix des Incorruptibles de l'an dernier. En effet, le premier tome a reçu le prix et c'était largement mérité.
La nouvelle collection Intervista 15-20 soutenue par Luc Besson cherche à atteindre la cible des lectures post-ados. Et le contenu est assez intéressant. Le projet est de présenter une collection où l'imaginaire est roi mais où il est question d'écologie. Bien sûr l'adaptation sur grand écran est en cours de réalisation. Il s'agit de la même équipe qui a produit Arthur et les Minimoys.
L'auteur nous raconte l'histoire de Jack Danielson. Celui-ci se rend compte que sa vie actuelle n'est qu'un mensonge et qu'il doit vivre des aventures plus palpitantes que celles qu'il a connues jusqu'à présent.
La trilogie comporte trois tomes:
  • Mu le feu sacré de la terre
  • Zéta le souffle du ciel
  • Phi la clé du temps
Ces trois épisodes seront trois temps forts de la quête de Jack/Jair qui va rencontrer la femme qu'il va épouser, retrouver ses parents et sauver par la même occasion le monde. Le style est simple mais pétri d'humour et les personnages sont drôles et originaux. On découvre des peuplades souterraines, de vrais méchants. Jack est aidé dans sa quête par une ninja-girl fascinante. Il croise aussi la route d'un chien télépathe, d'animaux cruels et dangereux. Mais il va acquérir le pouvoir de parler aux animaux et surtout il saura protéger notre planète. Son long périple lui permettra de comprendre ce qu'ont fait ses vrais parents et en paix avec eux et avec lui-même, il pourra régner sur son royaume, en digne roi de Dann.


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Patricia Cornwell, Trompe-l'oeil

jeudi 31 décembre 2009

C'est une lecture de vacances et ce n'est certainement pas son meilleur. Malgré tout  j'ai pris plaisir à découvrir l'inspecteur Win Garano et sa sympathique grand-mère. Comme toujours chez P. Cornwell les femmes sont compliquées et ont eu des vies terribles. Monique Lamont en offre un exemple particulièrement explicite. Elle n'est pas vraiment honnête, mais l'auteure finit par nous la montrer sous un jour plus humain. Et on s'attache petit à petit au personnage trouble de Stump. Elle est une caricature de femme forte en apparence qui se laisse apprivoiser par le bel inspecteur. Un livre qui se lit très vite et peut aussi vite s'oublier.

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Anne-Catherine Blanc,l'Astronome aveugle

mercredi 9 décembre 2009

Le livre est composé de deux nouvelles qui s'apparentent à deux contes. Les deux sont bien écrits et possèdent un charme un peu désuet, en référence à la langue médiévale fréquemment utilisée dans le texte.
La première nouvelle, la plus longue, donne son titre au livre. On s'attache très vite à ce personnage un peu philosophe à qui il arrive de nombreuses péripéties. L'astronome devenu aveugle, décide un matin de quitter son domaine. Il arrive chez un gardien de phare. Très rapidement les deux hommes deviennent amis. L'astronome, accompagné de son chat, découvre la belle compagne, mal mariée, du gardien. Les aventures se succèdent et l'astronome n'hésite pas à sauver la vie de son ami en se jetant dans le feu pour maintenir le brasier allumé.
La seconde histoire est celle d'un peintre renommé qui prédit l'avenir grâce à ses toiles, malgré la pression, il ne veut pas gâcher son don et surtout être obligé de mentir. La nouvelle finit bien, le peintre a réussi à transformer le roi et à l'éloigner de ses travers.
Les deux histoires sont bien écrites et nous transportent dans un univers poétique où le temps semble arrété. J'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir ce livre.
Je remercie le Blog-o-Book de me l'avoir envoyé. Merci aussi à Ramsay littérature.


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Jérôme Noirez, l'Empire invisible

dimanche 15 novembre 2009

Voilà un livre intéressant qui m'a beaucoup plu. J'ai aimé l'ambiance, la description très réaliste des conditions de vie des esclaves aux Etats-Unis dans les années 1860. Le personnage principal, la petite Clara Walker a la douleur de perdre son père. Il a été tué par le fils du propriétaire de la propriété. Celui-ci s'amuse en compagnie de son personnel à terroriser les noirs durant la nuit. Ils se déguisent et font croire aux esclaves qu'ils sont des fantômes venus pour les punir de leur désobéissance. Clara souffre tellement de la mort de son père qu'elle va voir Aaron, une sorte de sorcier vengeur qui lui promet de laver son honneur. Très vite, elle se rend compte qu'elle ne voulait pas que les gens meurent à cause d'elle, même s'il s'agit des assassins de son père. Elle va réussir à traverser tous ces événements grâce à un faux médium qui va la conduire vers la liberté. Même si l'atmosphère est sombre et flirte avec le fantastique, le livre est un plaidoyer pour la tolérance.
Un auteur à découvrir.
Ce livre fait partie de la sélection du Prix de l'Histoire.

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Défi de lecture autour de la Science-fiction

samedi 14 novembre 2009

Je viens de m'inscrire pour un défi de science-fiction. Comme j'ai beaucoup de livres de prévus, j'ai choisi la formule allégée avec seulement trois livres.
Je vais donc lire les trois ouvrages suivants:
  • Philip K. Dick, Blade Runner
  • Daniel Keyes, des Fleurs pour Algernon
  • Isaac Asimov, la Fin de l'Eternité
J'ai trouvé cette excellente idée ici.
Ce blog est un petit trésor.



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Pieter Aspe, La quatrième forme de satan

mercredi 4 novembre 2009

Je suis ravie d'avoir découvert un nouveau commissaire. Celui-là est exceptionnel et fait penser aux plus grands. Il mêle intimement caractère de l'auteur et fiction. C'est un homme pétri d'humour et de savoir-faire. Il a un vraiment de l'aplomb, du culot et n'hésite pas à faire preuve de méthodes déplacées. Comme l'écrivain, il fume et boit trop. Il est bon vivant; il connaît bien Bruges et certaines scènes se passent aussi à Blanckenberge, où l'auteur habite aussi.
L'intrigue est bien menée, on passe beaucoup de temps dans le commissariat à découvrir les principaux collaborateurs de Pieter Van In. Dans l'histoire, ils ont tous un traitement important et le commissaire en découvrant ses faiblesses, montre quel homme il est au quotidien et en couple. Hannelore sa femme est enceinte, elle va accoucher de jumeaux. Leurs relations est évoquée avec minutie.
L'affaire repose sur une sombre histoire de satanisme. Le milieu est décrit avec justesse. Le commissaire évolue dans ces sphères troubles avec une certaine aisance. Certains détails sont révélés au lecteur, on finit par soupçonner tout le monde. Mais à aucun moment, je n'avais trouvé le coupable. Pourquoi la 4e forme de Satan? L'auteur rappelle les différentes formes qu'il peut prendre: il peut séduire, tromper, manipuler et trahir. La 4e forme ici concerne la trahison. La fin est ouverte, on pourrait presque attendre une suite. Toute velléité de satanisme n'est pas enterrée, même avec l'arrestation d'un venex inattendu il reste encore Richard et le concierge. Risqueront-ils de poursuivre l'oeuvre démoniaque?
Mon seul regret est que l'auteur n'ait pas été beaucoup traduit en France: seulement 5 ou 6 sur 25 romans environ. A mon avis, cela va changer. Et je verrais bien une adaptation au cinéma. L'écriture s'y prête.
Une très bonne découverte. Je suis pressée d'en lire d'autres.


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José Carlos Somoza, Daphné disparue

vendredi 30 octobre 2009

Cest le deuxième livre de cet auteur que je lis, et j'ai vraiment été emballée par le ton, l'originalité et l'ambiance du roman. Il est vraiment un maître et il sait manipuler le lecteur avec une grande habileté.
Le livre commence par une phrase qui sera comme un détonateur. Le personnage principal est écrivain et il est tombé amoureux d'une femme inconnue. Partant de là, il va tout faire pour la retrouver. On suit son parcours à travers sa ville et sa mémoire, parce qu'il est devenu amnésique suite à un accident de voiture. Il rencontre des gens étonnants et note petit à petit des renseignements sur eux. On découvre que son éditeur l'a fait tomber dans un piège afin de produire son dernier roman selon des critères nouveaux. Il doit écrire en temps réel et tout un groupe de personnages savamment choisis lui collent la pression pour produire un récit rapidement dans le but de sauver cette femme qui a disparu et qu'il croit en danger.
Mais dans les romans de Somoza les renversements sont inattendus et par un tour de passe-passe, Juan Cabo devient Natalia et c'est elle qui écrit le livre. Elle a rencontré un homme inconnu dont elle est tombée amoureuse.
Le suspens est bien ménagé, les idées sont loufoques et profondes en même temps. L'auteur livre avec dextérité une réflexion sur le personnage de fiction. J'ai particulièrement bien aimé le rôle du modèle, de la muse destinée à favoriser l'imagination des écrivains. La galerie des personnages fonctionne bien et ce livre est une bonne surprise et un très bon moment de lecture. Je vais peut-être acheter son dernier.

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Jim Holt, Petite philosophie des blagues et autres facéties

mercredi 28 octobre 2009

J'ai reçu ce livre grâce à la lecture en partenariat proposée par le Blog-o-Book. Je les remercie vivement de ce cadeau et je remercie également les éditions 10/18 qui m'ont fait découvrir un petit volume bien agréable à lire et à regarder.





Cette lecture m'a été fort plaisante. Et j'ai vraiment apprécié de découvrir ce "court" travail sur l'historique des blagues.
L'auteur a fait des études de philo mais il les a interrompues pour se retrouver journaliste. Il dit qu'il a échoué dans ses études parce qu'il a passé beaucoup de temps au Studio 54. C'est un choix que l'on peut comprendre.
Le livre est construit en deux parties: une consacrée à l'histoire et l'autre à la philosophie. La première partie nous présente plusieurs personnes qui sont à l'origine de la diffusion des blagues. Ainsi nous découvrons le Philogelos et le Pogge. Tous les détails sont passés en revue. L'auteur cite même abondamment plusieurs types d'histoires drôles. Le parallèle qu'il fait entre certaines blagues et leur fondement en psychanalyse est très intéressant. Il fait souvent référence à Freud et pense par exemple que les blagues en rapport avec les éléphants concernent également les noirs. Shakespeare a également fait progresser l'histoire des blagues. Ainsi dans Beaucoup de bruit pour rien, Béatrice rappelle cette petite histoire: "Parmi toutes les feuilles, quelle est la plus propre? La feuille de houx, personne ne se risque à s'essuyer le postérieur avec ses piquants." Il pose diverses questions: quelle est l'origine des blagues, comment circulent-elles? La partie se termine par le sort réservé à la statue du Pogge. Celle-ci  ayant été déplacée a été remise au centre des douze apôtres. L'auteur souligne l'ironie, de la situation même s'il a relevé les bons mots des textes sacrés, qui eux aussi énoncent de bonnes blagues.
La deuxième partie, consacrée à la philosophie, regroupe les différentes opinions des philosophes. L'auteur résume en particulier les théories bien connues de Bergson. Même s'il souligne que pour celui-ci le plus drôle se concentre sur la glissade d'un homme sur une peau de banane. Les réflexions des philosophes (Platon, Voltaire, Wittgenstein, Hobbes, Freud., Schopenhauer, Kant...)sont toujours entrecoupées de bons mots. Je vous livre ma blague préférée:  "Un soir d'hiver, Nixon prend l'air autour de la Maison-Blanche lorsqu'il tombe sur les mots "je déteste Richard Nixon" écrits dans la neige avec de l'urine. Il demande aux services secrets d'enquêter. Une semaine plus tard, ils reviennent et lui annoncent: "Bien, monsieur le président, nous avons analysé l'urine et il s'agit de celle du secrétaire d'Etat Kissinger. Nous avons également analysé l'écriture, et c'est celle de la Première Dame.".
Bref, ce petit livre est fort plaisant et très intéressant. Pour moi il réussit bien à expliquer et à divertir en même temps. J'ai trouvé que les propos étaient instructifs, livrés sans prétention et présentant le problème comme une question très sérieuse. Un bon moment de lecture: que demander de plus?

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Philip Roth, un Homme

samedi 24 octobre 2009

Encore un excellent moment de lecture. Je me suis régalée. J'ai bien retrouvé l'esprit acéré et la pointe fine de son auteur. Et contrairement à d'autres romans de lui où j'ai eu du mal à pénétrer, celui-ci se laisse facilement découvrir. C'est l'histoire de la vie d'un homme. L'originalité du roman tient au fait qu'il commence par décrire l'enterrement du personnage principal. Sa vie est présentée par bribes, pas forcément en respectant la chronologie. L'auteur insiste sur les relations conjugales désastreuses de cet homme épris des femmes, mais incapable d'en garder une. Sa famille est bien égratignée au passage et seuls son frère Howie et sa fille Nancy trouvent grâce à ses yeux. Les coups durs ne nous sont pas épargnés et on suit pas à pas les montées d'angoisse du personnage qui se sent approcher de la mort et voit le terme de sa vie se réduire à vue d'oeil. Il pense même pour conjurer le sort partager un appartement avec sa fille. Mais c'est à ce moment que son ex-femme fait une attaque lui dérobant la place tant convoitée. Sa fille ne sera pas son infirmière. L'homme en question n'est pas présenté sous un jour excellent. Il est vu sans complaisance aucune et délivre un bien mauvais exemple. Comme il le reconnaît lui-même, il n'est ni un bon père, ni un bon mari. Il cherche à nouer des liens amoureux avec la première venue. Aussi donne-t-il son numéro de téléphone à une joggeuse qui l'a séduit; il ne réussit qu'à la faire fuir; plus jamais elle n'est pas repassée dans sa rue. Le ton est triste, parfois mordant et le cynisme domine, mais l'ensemble reste touchant, parce que cette histoire ressemble à n'importe quelle histoire. Elle pourrait être la nôtre.

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