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Richard Montanari est né à Cleveland, dans une famille italo-américaine. La biographie de son site officielle précise que grâce à ces origines, il a très tôt pris conscience de deux choses : "premièrement, les raviolis sont bien meilleurs que la nourriture pour nouveau-nés. Deuxièmement, si vous n'arrivez pas à temps à table, il n'y a pas de ravioli."
Dans sa jeunesse, il voyage à travers l'Europe, et fait notamment un séjour à Londres, où il vend des vêtements et des dictionnaires de langues au porte-à-porte. De retour aux Etats-Unis, il rejoint l'entreprise familiale, et se retrouve donc à travailler dans le bâtiment pendant cinq ans.
Richard Montanari se lance ensuite dans l'écriture : il collaborera notamment à The Chicago Tribune, The Detroit Free Press, The Seattle Times. C'est à ce moment qu'il commence à écrire ce qui deviendra son thriller Déviances. Une fois le livre terminé, il trouve facilement un éditeur. Déviances est suivi de plusieurs romans dont certains sont traduits au Cherche Midi.

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J'ai lu tous les livres de cette auteure et je pense pouvoir affirmer que ce dernier opus est l'un des meilleurs. J'ai retrouvé l'ambiance de Tokyo, qui reste pour moi la référence.
Pourtant, j'ai assez vite trouvé le coupable, mais j'ai aimé suivre l'enquête et ses péripéties. J'apprécie toujours autant le couple constitué par Flea et Jack Caffery. L'intrigue reprend les grands éléments du précédent volume Skin. L'inspecteur découvre un élément déterminant sur la jeune femme. Il va pouvoir alors se rapprocher d'elle. Flea est toujours présentée comme une femme forte, très impliquée dans son travail. Mais sa face obscure est déterminante. Son intuition va jouer un grand rôle dans l'évolution de l'enquête. Le souvenir de son père aussi va la guider vers la vérité. Le roman, sans aller aussi loin que dans les précédents, jongle avec des éléments presque surnaturels. Les pouvoirs de l'esprit sont essentiels; certains semblent doués de prémonition, comme le marcheur. Jack le rencontre de nouveau pour partager son point de vue sur les événements. Ce dernier, lui, est toujours dans la perspective de retrouver sa fille. Comme toujours, ils vont s'aider mutuellement.
L'affaire qui les occupe dans cette oeuvre concerne des enlèvements de fillettes. Les détails sur ces affaires quotidiennes frisent l'horreur. L'auteure ne ménage pas le lecteur et on suit avec une précision chirurgicale les moindres sensations chez l'entourage. La force du roman réside dans la présentation des milieux, des parents et dans l'évocation de leur douleur. Ils sont montrés sans concession, sans pitié, juste dans la réalité de leur douleur. L'émotion sonne vrai.
Les personnages portent leurs failles et chacun n'est pas réellement solide. Le lecteur comprend et partage les différentes faiblesses. L'ambiance particulière possède son charme et personellement c'est le genre de roman que j'affectionne. Il est à la fois humain et monstrueux. Un peu comme chacun de nous, on porte tous notre monstre... Reste à ne pas tuer son voisin.

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Il est né en 1934 à Leeds. Il commence sa carrière comme comédien. En 1968, il écrit sa première pièce Forty years on. Ensuite il écrit Habeas corpus, the old Country, Kafka's dick, Single Spies. Au cinéma il fut le scénariste de A Private fonction et de Prick up your ears, réalisé par S. Frears. Il a aussi participé au scénario de la Folie du roi Georges. Il est professeur de littérature médiévale à l'Université d'Oxford. Il est aussi humoriste. Il a marqué le théâtre, la télévision et la scène littéraire contemporaine britannique. Il a écrit plusieurs nouvelles et romans. Merci au Blog-o-Book qui m'a fait découvrir cet auteur dans le cadre des lectures en partenariat; merci aussi aux éditions Folio.
Son oeuvre sarcastique met en scène toutes sortes de personnages dans leur vie quotidienne et a remporté un succès jamais démenti depuis plus de 30 ans.
"La vie est comme une boîte de sardines; nous cherchons tous la clé"
La reine des lectrices
Ce court roman, presque une nouvelle, met en scène la reine elle-même. Il la place dans une situation inattendue. On la découvre comme une grande lectrice. Sa passion naît par hasard, lorsqu'elle découvre que par hasard qu'un bibliobus vient tous les mercredis au palais. Très rapidement, elle commence à s'intéresser aux livres. Elle cherche les ouvrages d'auteurs qu'elle a connus ou qui ont marqué son entourage. Elle se prend au jeu et commence à négliger la plupart de ses fonctions royales pour savourer les instants privilégiés procurés par la lecture.
Elle se lie d'amitié avec un jeune homme qui partage la même passion. Désormais, il doit l'accompagner dans ce vice solitaire. Elle découvre ainsi les romans de Nancy Mitford, les pièces de Jean Genet; mais la véritable révélation est l'oeuvre de Proust. Elle va même commencer à noter ses impressions de lecture dans des petits carnets.
Bien sûr son entourage s'inquiète de cette passion dévorante et la rappelle sans cesse à l'ordre. Son ami Norman est congédié alors qu'elle est en voyage. Le duc désapprouve entièrement cette nouvelle lubie.
On découvre l'envers du quotidien à la cour. Elle n'hésite pas à prendre des volumes dans son sac à main. Elle cache de petits livres dans son carrosse. Bien sûr, elle ne les retrouve plus. Quand Norman n'est plus là, elle envoie ses petits-enfants lui acheter des livres. Elle n'est pas libre. Elle passe son temps désormais à parler de littérature. Dans les différents entretiens qu'elle doit au premier ministre et à ses sujets, elle ne tarit pas d'éloges sur les livres qu'elle a découverts. Même si elle prête des ouvrages historiques, personne ne les lit. Elle s'oriente tout naturellement vers l'envie d'écrire. Elle comprend bien que la lecture la cantonne dans un rôle passif qui ne lui suffit pas. Elle veut de l'action. Elle veut écrire. Elle décide d'écrire ses mémoires. Mais elle n'envisage pas de le faire de manière froide et insignifiante. Lors de son anniversaire, elle choque son entourage en précisant son projet. On lui rappelle que sa fonction n'autorise pas cette fantaisie. Elle sous-entend qu'elle pourrait démissionner. Ce coup de théâtre final vaut son pesant d'or.
L'écriture est simple et ne s'embarrasse pas de fioritures inutiles. L'économie du style fait que l'action se concentre uniquement sur ce que fait la reine. De temps en temps, elle livre ses pensées concernant la lecture. Elle passe par plusieurs étapes. Elle est une lectrice exemplaire, consacrée par le titre. Le propos peut choquer parce que la reine apparaît sous un jour peu protocolaire. Mais la passion de la littérature l'emporte sur le politiquement correct; et l'ensemble rend sa majesté bien humaine et à la portée du lecteur.
Quelques extraits
"Ayant découvert par elle-même les plaisirs de la lecture, Sa Majesté ne demandait pas mieux que de les partager."
"Peu de gens, après tout, avaient comme elle parcouru la terre entière. Il y avait peu de pays qu'elle n'avait jamais visités, peu de célébrités qui ne lui avaient pas été présentées. Et elle faisait elle-même partie du spectacle du monde. Pourquoi était-elle donc attirée aujourd'hui par les livres, qui -quelle que soit par ailleurs leur vertu- n'étaient après tout qu'un reflet, une version du monde? A quoi bon tous ces livres, puisqu'elle avait vu les choses en vrai?"
"Dans l'obscurité, la reine songea brusquement que, une fois morte, elle n'existerait plus qu'à travers le souvenir des gens. Elle qui n'avait jamais dépendu de personne allait connaître le même sort que n'importe qui. La lecture ne changerait rien à cet état de fait, mais l'écriture le pouvait."
"Lire n'était pas agir, c'était depuis toujours le même problème. Et malgré son grand âge, elle restait une femme d'action."

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Merci à l'opération Masse critique et à Babelio qui m'ont permis de découvrir ce livre. Je remercie également les éditions Phébus.
Présentation de l'auteur
Il est né en 1968 à Bedford. Il a étudié l'anglais à l'université Worcester d'Oxford ainsi que l'écriture créative à l'université d'East Anglia où il a eu M. Bradbury comme professeur.
Il s'installe ensuite à Prague de 1990 à 1993.
Il publie son premier livre des Aventures dans le capitalisme qui regroupe plusieurs nouvelles.
En 2003 et après plusieurs romans, il est élu par le magazine Granta comme étant l'un des vingt meilleurs jeunes romanciers britanniques.
Aujourd' hui, il vit à Londres où il continue d'écrire histoires courtes et romans.
Mon avis sur le livre
Le livre se présente comme une succession de chroniques plus ou moins chronologiques. L'histoire se concentre sur un rocker qui se raconte. Il s'agit donc d'un ensemble autobiographique, romancé bien entendu. Le mot "mélancolie" donne bien le ton. Les souvenirs de Clap sont assez nostalgiques et bien que l'humour ne soit pas absent, l'ambiance est un peu triste.
Il évoque comment le groupe s'est formé. Il présente chacun des quatre membres. Il livre des anecdotes précises. Tout est dit. Il n'épargne aucun détail. Ce n'est pas une hagiographie, mais une sorte de journal mené à rebours, qui dissèque tous les moments des musiciens. Ils ont vraiment une vie de rocker. Ils sont constamment en tournée. Ils rencontrent des femmes, des fans et des aventures plus ou moins loufoques. Il consacre un long temps à la femme de sa vie et à ses filles. La rencontre la plus étonnante est sûrement celle qu'il a eue avec Bouddha. Il en sera radicalement transformé.
L'émotion est palpable, on se prend au jeu de l'écriture faussement autobiographique. On pourrait croire que le groupe a existé. Le personnage fait partager de vraies émotions. Il donne sa vision de la vie, il n'oublie pas de donner des conseils sous forme d'aphorismes et de liste, comme par exemple celui-ci choisi parmi l'ensemble : "si tu as peur des clowns, ne cours pas rejoindre le cirque". D'ailleurs les réflexions générales émaillent le roman: "Parvenir à la quarantaine s'apparente à se réveiller (dans le sens de reprendre connaissance) au milieu de l'écriture d'un opéra rock -oublie la dignité, oublie le cool."
Le genre du récit de souvenirs est plutôt classique, ici il le renouvelle par son sujet, car les événements racontés sont assez violents et inattendus. Les personnages vivent des aventures insolites avec leurs rencontres épisodiques. Ils se droguent, ils évoluent de mauvais trips en overdoses. Mais ils restent des personnages attachants et l'écriture qui procède par petites palettes met bien en avant leur intérêt.
Un coup de coeur donc.

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Ce n'est pas un des livres les plus connus de Vian, et pourtant il vaut son pesant d'or. Il appartient à la veine des romans policiers. Mais chez cet auteur, le ton est particulier. L'univers est passablement ironique et comique. Les expressions sont savoureuses.
L'histoire concerne un personnage atypique qui malgré un âge relativement sérieux, se trouve encore vierge. Il a décidé de se conserver pour le mariage avec sa bien-aimée. Bien sûr, il a des tentations. Mais il résiste. Seulement des forces mal-agissantes s'évertuent à contrarier son projet de chasteté et comme par hasard, il rencontre des jeunes femmes toutes plus séduisantes et désirables les unes que les autres.
Le titre renvoie au projet d'un docteur un peu fou, un peu nazi sur les bords qui envisage de créer une race de gens beaux. Pour lui, tous les êtres laids sont une offense à la beauté parfaite. Il n'hésite pas à créer des modèles parfaits en faisant enlever de beaux jeunes gens dans la force de l'âge. Ensuite il les fait accoupler avec des femmes parfaites. Cependant l'expérience a des ratés, et certains modèles sont loin d'être réussis.
Il s'agit d'un mélange entre la science-fiction et le policier. Rocky enquête sur des morts suspectes et se retrouve au coeur de ce scandale. Le livre bien sûr apporte en plus une réflexion sur l'humain. Faut-il que tout le monde soit beau? On retrouve un peu la même problématique dans A. Huxley ou plus récemment et moins sérieusement dans la série Uglies.
Bref, un livre intéressant et passionnant à découvrir pour les fans de Vian! Il regorge de phrases d'anthologie, par exemple: "j'ai les mains liées et cette enragée (...) s'amuse à me faire des crapouillettes mérovingiennes aux alentours du grand zygomatique".

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Merci tout d'abord aux éditions Asphalte qui m'ont permis de découvrir cet ouvrage. Le livre en lui-même est déjà un bel objet.
Merci au BOB qui a eu la délicatesse de me choisir pour lire ce livre, qui a été une belle découverte, comme toujours.
Présentation de l'auteur
Il est né à Middlesbrough. Pommes a été son premier roman et a connu un grand succès. Il a grandi et étudié à Guisborough. Ensuite il a étudié les Beaux-Arts au collège Saint-Martin à Londres. Il cite comme une référence le livre Trainspotting d'I. Welsh. Il dit avoir été influencé par Kerouac, Brautigan, H. S. Thompson. I. Welsh dit de son livre Pommes qu'il s'agit d'un des "meilleurs livres sur les jeunes Anglais de la classe ouvrière."
Pommes
Le titre évoque le nom des acides que les jeunes gobent en soirée. Le roman ne va pas démentir l'ambiance. Il s'agit d'une succession de courts chapitres présentant deux ados principaux. Eve et Adam. Bien sûr la référence au couple mythique est évidente. La différence s'arrête là. Eve est une jeune fille délurée, blonde qui connaît un certain succès. Elle passe son temps à faire la fête, à coucher avec des garçons. Elle parle aussi du cancer de sa mère. Elle raconte ses journées. Adam, lui a une personnalité moins équilibrée et une vie plus triste. Il est atteint de troubles compulsifs et il est obligé, quand il se couche par exemple, de fermer plusieurs fois les yeux de suite, sinon sa famille va mourir. Mais est-ce vraiment un cocon familial quand le père passe son temps à le frapper? Il est amoureux en secret d'Eve. A une soirée, il danse avec elle et ensuite il se fait tabasser par Gary, jaloux et drogué de son état.
Les personnages sont attachants. L'auteur multiplie les points de vue et raconte parfois une même scène selon le regard de plusieurs personnages. L'émotion est palpable et les personnages nous sont proches parce qu'ils sont englués dans leur quotidien et qu'on les regarde en observateurs un peu sadiques, se débattre avec leurs problèmes ordinaires.
Ce livre a été écrit par quelqu'un de jeune mais il possède une certaine profondeur. On retrouve l'univers des ados avec les dérives habituelles: la drogue, les grossesses non désirées, les problèmes existentiels, l'école, les rapports avec les parents. Mais l'auteur sait éviter tous les pièges des thèmes habituels. Il apporte une vision caustique et décalée sur des ados qui loin d'être inintéressants prennent presque une dimension symbolique pour nous permettre de partager leur univers.
L'auteur s'est essayé aussi au genre de la nouvelle, je pense que je lirai d'autres oeuvres. Il possède un style synthétique et percutant qui est nécessaire dans l'écriture de récits brefs. C'est un auteur à connaître.
L'auteur à la fin de l'ouvrage a indiqué une playlist avec les groupes qui sont d'indispensables références pour compléter la lecture de l'ouvrage.
Adam, par exemple, passe son temps à écouter les Beatles.
Quelques extraits
"Le temps ressemblait à un grand huit, un grand huit super fun." p.23
"Je dodelinais de la tête face à toutes ces merveilles et je me suis dit que Debbie allait capter tôt ou tard que j'étais complètement perchée." p.127
"Eve était à tomber par terre : elle était née avec les pommettes de Barbie et les courbes de Sindy, alors que moi, je me sentais plus proche d'une merde de chien en plastique." p.162

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Il a été étudiant en lettres et en histoire de l'art. En 2007, il est l'auteur d'un recueil de poèmes en prose intitulé Coléoptères. Sa mère est française et son père slovaque. Il voyage beaucoup. Il a enseigné au Liban. Il a été responsable d'un centre culturel au Bangladesh.
Au début des années 2000, il s'installe à Ramallah. En 2009, il publie son premier roman l'Invisible : ce récit évoque le voyage et la nécessité de se confronter à l'autre.
Résumé du livre
-un avocat de 35 ans travaille au Luxembourg pour un gros cabinet
-il est mal dans sa peau, il est seul, il n'a pas d'amis, pas de femme
-un jour, la veille d'un voyage à Paris, il ressent une douleur au cou, et au bras
-il se rend compte par la suite, dans sa chambre d'hôtel qu'il est devenu invisible
-il commet de petits actes sans importance: suivre des femmes, se faire enfermer dans un musée
-il profite de cette expérience pour voyager: il part en Sardaigne
-là-bas, il continue à observer de jolies jeunes femmes
-il en repère une et la suit avec son nouveau compagnon; il se croit devenu "le maître du monde"
-il lui vient l'envie de commettre un meurtre
-à l'heure de la sieste, il voit un "arabe" et décide de le suivre : il se retrouve chez lui à l'espionner
-il prend un ferry, il le présente à présent comme un homme "qui s'apprête à descendre, de sa propre volonté, dans un gouffre"
-ils arrivent à Gênes; ensuite par le train, ils se rendent à Fiumicino
-de là, ils prennent l'avion pour Tel-Aviv; il se fait surprendre par une hôtesse dans les toilettes, aussitôt l'avion est fouillé par crainte des terroristes
-il apprend que l'homme s'appelle Adam
-pendant le voyage, il regrette de ne plus avoir suivi le couple d'Anglais sur leur bateau; il trouve que ces hommes ont l'air louche
-il découvre la famille d'Adam et semble fasciné par leur photo de famille
-en fouillant dans les affaires d'Adam et en étudiant son passeport, il trouve une grande ressemblance physique entre lui et le jeune homme
-il le suit toujours
-il commence à trouvers des aspects négatifs à son invisibilité : "la médaille de l'invisibilité tournait doucement, mais à ce moment-là je n'en voyais pas encore le revers"
-Adam retrouve la femme qu'il aime, et cette fois l'homme invisible ne les observe pas en train de faire l'amour, parce qu'il se rend compte que même en regardant de très près, il ne peut pas découvrir l'essence même de leur lien; il est déçu qu'Adam lui échappe; il est devenu heureux par ces retrouvailles, donc plus éloigné de son espion
-l'homme invisible abandonne sa cible, et apparemment il a renoncé à son projet de le tuer
-il se rend dans un petit bar où il commet quelques exactions; il se rend dans un autre bar, quelqu'un semble le voir et le traite comme un djinn; il découvre un bain de foule excitant tout en dansant frénétiquement
-le lendemain matin, il reprend son activité favorite qui consiste à suivre les femmes; cette fois, elle semble le voir et l'invite à le suivre; dans un petit appartement, elle s'offre à lui; c'est une femme invisible, peut-être laide d'après lui
-il commence à avoir peur
-il décide de repartir et se fait embarquer dans une vieille voiture
-mais le conducteur se fait tirer dessus à un poste frontière, lui s'enfuit ; il atteint une autre étape dans son développement, c'est l'homme en lui qui est devenu invisible; il est dépossédé de son humanité
-à la fin, il retrouve son quotidien et Marie ; elle le voit, il ne semble plus invisible, elle s'étonne de son fort bronzage; ils font l'amour
-l'épilogue permet un retour sur cette expérience; il mesure les changements: il est redevenu blanc, mais le regard des femmes le traverse toujours lorsqu'il marche dans la rue ; il explique son invisibilité par le fait d'être devenu aveugle temporairement ; ensuite il a ouvert un cabinet de conseil ; il reçoit des clients, il a commencé à peindre; le regard de ses clients le rend visible, surtout ceux qui le roulent dans la farine
Il est court, se lit rapidement, les chapitres sont brefs. L'écriture elle-même est lapidaire. L'histoire est intéressante et sans effets de recherche spectaculaires : l'auteur montre simplement le quotidien d'un homme qui aurait perdu son épaisseur, sa dimension physique. Cette absence de relief l'autorise à des choses folles qu'il n'avait pas faites auparavant: il suit des femmes, des couples, voyage et cherche à découvrir l'essence humaine, puisqu'il a perdu la sienne. Ce qu'il va trouver, il le sait déjà: on n'existe que dans le regard des autres; c'est l'amour et la femme aimée qui lui redonne sens et vie; en retrouvant cet amour passé, il redevient visible; il va changer de travail pour être un lien avec les autres.
Ses voyages lui ont révélé la beauté des choses, ce qui lui donnera peut-être envie de peindre. Son invisibilité a été une étape nécessaire dans la construction de sa personne; il a rencontré des gens comme lui, tristes, mais qui retrouvent le sourire grâce au coup de fil de l'être aimé.
J'ai vraiment apprécié ce premier roman qui sur un ton nostalgique et grave retrace une expérience avant tout humaine.
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Il s’agit d’une belle histoire, bien racontée et romanesque à souhait. Par moment, elle se donne le beau rôle: elle est la personne aimée, raisonnable, qui a soigné Laurent avec dévotion et abnégation; elle se montre comme une héroïne qui n’a peur, ni de la pauvreté, ni de la mort; quand elle découvre Laurent devant elle, un poignard à la main, elle souhaite mourir; elle apparaît comme quelqu’un de courageux. Elle le comprend presque toujours et elle réussit quand même à lui accorder des qualités: il est un homme de génie: il « avait la faculté de faire, en se reposant, des progrès rapides que ne font pas toujours ceux qui travaillent avec persévérance ». Le portrait de Laurent, son amant, est loin d’être positif: c’est un inconstant, un homme à femmes, un débauché à moitié fou. Parfois, elle ne le comprend pas: « comment est-il possible qu’un homme intelligent s’ennuie? », pour lui c’est le capricieux, aux « fantaisies immodérées ». Elle livre peu d’elle-même et n’évoque pas ses œuvres. L’adieu à la fin du roman est presque prophétique, elle lance à son amant: « Tu as aspiré de toutes tes forces à l’idéal du bonheur, et tu ne l’as saisi que dans tes rêves. Eh bien! Tes rêves, mon enfant, c’est ta réalité, à toi, c’est ton talent, c’est ta vie; n’es-tu pas artiste? ». Elle pense qu’elle n’a pas écorché sa mémoire et pourtant Paul de Musset dans Lui et Elle aura besoin de rétablir la vérité; la polémique n’était pas terminée car Louise Colet (celle de Flaubert) ayant eu aussi une liaison avec Musset écrira un livre pour en parler; il est intitulé brièvement Lui. Il est toujours intéressant de découvrir des histoires d’amour et surtout une entre deux personnalités marquantes de la littérature; j’ai apprécié le style et l’univers romanesque; j’ai envie à présent de découvrir d’autres œuvres autobiographiques de G. Sand. 
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Il s'agit d'un livre complexe, brillamment écrit et qui m'a interloquée dès le début. Seulement passé l'éblouissement du début, j'ai eu du mal à le terminer parce qu'à un moment, je n'ai plus réussi à adhérer à l'histoire.
Le titre est celui d'un livre écrit par un extraterrestre qui a choisi le prénom d'Axel pour être plus accessible aux humains. Il a rencontré Clara Nomen, une musicienne brillante, qui n'est autre que la fiancée du narrateur. Celui qui raconte l'histoire première, la matrice des autres c'est Luis Archer. Il est à ses heures professeur de musique et il copie de la musique. Le début du livre passe en revue les évéments qu'il a vécus à son école, ainsi que l'histoire de Clara. Les récits s'entremêlent et présentent des portraits brillants et fascinants. On est obligé de s'intéresser de très près aux personnages, parce qu'on sait tout d'eux.
Cependant j'ai l'impression que l'imagination a fait cruellement défaut à l'auteur, qui par une idée farfelue, fait enlever l'héroïne par un gentil extraterrestre. Cet épisode, dont je ne comprends pas l'utilité, a ralenti ma lecture. Par moment aussi, on se fatigue de la toute-puissance du narrateur qui prévient sans arrêt tel Cassandre de ce qui va se produire. Certains personnages sont caricaturaux. Le style vire parfois à l'emphase.
Néanmoins la lecture a été agréable. Et je vais lire d'autres oeuvres du même auteur car j'ai bien apprécié son univers.

On peut lire la critique de Télérama.
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Je tiens d'abord à remercier le Bob et les éditions 10/18 qui dans le cadre d'un partenariat m'ont fait parvenir ce livre.
Présentation de l'auteure


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Le livre nous interpelle dès le titre avec cette formule aux allures ésotériques et poétiques. Il s'agit en fait du signal de départ prononcé sur la BBC pour indiquer à Lucie et à ses proches de se préparer à partir. Ils devaient ensuite prendre un avion et gagner de nuit l'Angleterre.
Les souvenirs commencent par le récit de l'accouchement de Lucie. Sa petite fille Catherine est née à Londres. L'accouchement n'a pas été simple et Lucie a tant crié que le personnel soignant se demande si elle est vraiment résistante. Ensuite, Lucie revient neuf mois en arrière au moment de la conception de la petite. Elle ne racontera que les épisodes qui ont eu lieu de mai 1943 jsuqu'en février 1944. Le récit de ces moments est vraiment poignant car elle n'a pas eu une vie simple, elle a dû souvent trembler pour ses proches. Raymond Samuel, son mari, qui était ingénieur aux Ponts-et-Chaussées quand elle l'a rencontré a été arrêté plusieurs fois. Elle a rivalisé d'ingéniosité pour le faire libérer. Elle présente tous les résistants qui ont travaillé à ses côtés. Elle alterne aussi une réalité plus rassurante avec ses cours au lycée. Elle présente simplement sa façon de travailler, elle parle de ses élèves. Elle parle beaucoup de son fils également. Elle a eu la chance de connaître Pierre Brossolette, Jean Moulin, Joseph Kessel, le général de Gaulle. Mais le ton reste simple, elle préfère penser aux "copains" et à sa famille.
Ce témoignage éclaire un pan de l'histoire pendant la seconde guerre mondiale, on découvre les faits tels qu'ils se sont passés. Le récit ne joue pas sur le spectaculaire mais retrace en toute modestie le destin d'une femme ordinaire, qui par amour pour son mari et pour son prochain, s'est lancée à corps perdus dans l'aventure.

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Ce roman est vraiment un monument et même s'il est surtout connu grâce au film de Melville, il faut l'avoir lu. L'auteur retrace sur une courte période la vie d'un résistant. On découvre Philippe Gerbier au début du roman. Il vient d'être arrêté suite à une dénonciation et il est conduit dans un camp de concentration. Bien vite, il s'évade. Ensuite, on le voit agir en chef responsable, il recrute de nouveaux éléments, il change d'identité, il est obligé de fuir à nouveau. Un chapitre entier est consacré à ses notes. Il y livre ses impressions au quotidien et dans une sorte de journal intime, il raconte très précisément les faits de résistance. Il donne aussi ses sentiments, ses pensées, ses réflexions sur la nécessité de tuer et sur l'utilité de résister. Au fond de lui, il veut punir ces hommes aux yeux vides, mais est-ce que tuer est le seul moyen? Le quotidien des résistants et de tous ceux qui les aident est ici décrit avec réalisme mais aussi avec poésie. L'auteur utilise de fréquentes métaphores pour qualifier la résistance, elle apparaît tantôt comme un arbre, tantôt comme une fleur. Chacun des résistants est avant un homme "merveilleux". Mais il ne cache pas les épisodes moins glorieux, comme les exécutions des résistants par d'autres, sous prétexte qu'ils ont trahi les leurs en les dénonçant sous la torture.
Le livre est un témoignage poignant qui donne un point de vue sur l'histoire. Le style est simple mais efficace. L'auteur ne fait que peu de commentaires et seul le personnage principal donne réellement son avis. Les moments sont riches en émotions. La force du récit réside dans une apparente simplicité. Tous les événements s'enchaînent rapidement et la mort guette chacun des membres.

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Voici le premier roman d'un de mes auteurs fétiches. Il m'a été offert par Lili, ma chère amie. Et en fait je l'ai beaucoup aimé, je l'ai dévoré d'une traite. On trouve en germe toutes les caractéristiques de l'auteur. Il adopte un ton humoristique et décalé pour évoquer un quotidien des plus moroses. Le destin de Maria n'a rien de grandiose mais vu à travers les yeux du narrateur elle devient une véritable héroïne tragique. Elle a vraiment une vie horrible et fait sans arrêt des découvertes saisissantes sur son entourage. Elle se rend compte régulièrement que personne ne l 'aime. A Oxford déjà ses compagnes de dortoir se révèlent infames avec elle. Elle en découvre de tout autant revêches dans la maison de son enseignante. Quant aux conquêtes masculines, elle aurait mieux fait de s'abstenir, ce que sous-entend le narrateur en expliquant qu'elle n'aurait pas dû manger du jambon. Car ayant soif ensuite, elle s'est retrouvée dans un pub avec une amie qui l'a invitée à une soirée, où elle a rencontré son mari. L'épisode du mariage n'est guère plus réjouissant. Sa relation conjugale se résume à quelques brutalités et elle a engendré un enfant des plus mesquins. Elle voit de temps en temps Ronny qui se dit fou amoureux d'elle, et pourtant lui aussi, va la décevoir. Son frère entretient avec elle des relations distendues et suspicieuses. Il ne lui dévoile même pas ses secrets.
Le statut du narrateur est des plus plaisants. Il apostrophe gaiement le lecteur en lui taisant volontairement certaines scènes: celles de famille et les autres à caractère sexuel. Le ton est ironique et les commentaires cassent sans arrêt l'illusion romanesque. Donc le talent se trouve déjà dans ce premier roman que j'ai découvert avec plaisir.

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Présentation de l'auteur
Theodor Fontane a tout d'abord appris le métier d'apothicaire et ce n'est qu'assez tardivement qu'il a pu vivre de sa plume. Il a commencé par écrire des poèmes, puis des articles dans différents journeaux. Il a été un fin observateur de son temps et n 'a pas hésité à s'impliquer politiquement dans ses articles. Il a beacoup voyagé, y compris en France pendant la guerre. Ce qui lui a valu d'être emprisonné. Ses romans et nouvelles présentent des atmosphères assez pessimistes et on y retrouve des caractéristiques presque autobiographiques. Les lieux n'ont rien d'imaginaires et les descriptions mettent en valeur des paysages qu'il connaît bien, comme les îles de la Baltique, présentées dans Effi Briest. Il a été reconnu de son vivant et le gouvernement lui a confié de grandes responsabilités au ministère de l'intérieur.

Présentation de son dernier roman
Le titre met l'accent sur une héroïne. Et effectivement nous suivons son destin sur les dernières années de sa vie. Pourtant elle est jeune. Elle est presque enfant lorsqu'elle se retrouve mariée. Mais bien vite ses espérances sont déçues par un mari distant, souvent absent qui ne tolère aucune de ses lubies. Il la laisse trembler de peur dans une demeure lugubre, inhospitalière et peut-être hantée. Elle doit trouver du réconfort ailleurs. Elle sait apprécier la compagnie du chien Rollo. Lui semble la comprendre. Plus tard elle rencontre Roswitha qui lui sera fidèle jusqu'à ses derniers instants. Elle est pourtant entourée de ses parents qui sont là pour elle et la gâtent comme leur fille unique. Mais quand la honte va s'abattre sur la famille, tout le monde va lui tourner le dos. Elle ne saura pas se remonter toute seule et va se laisser gagner par la dépression et les "nerfs".
La vision de cet univers est très pessimiste. L'auteur critique sans hésitation les bourgeois et leurs ambitions égoïstes. L'écriture pratique l'ellipse et on ne sait que l'essentiel. L'intrigue avance lentement car l'auteur passe beaucoup de temps à analyser les caractères et les conversations. Ces mondains sont disséqués sous nos yeux. La parenté avec le roman naturaliste est flagrante, d'ailleurs à un moment il est question du roman de Zola, Nana. On découvre des détails sur l'époque, sur Bismarck, sur la vie du ministère. La sympathie du lecteur va à l'héroïne qui est sacrifiée telle une innocente victime sur l'autel des conventions et des convenances.

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Le livre en question
J'ai encore reçu ce livre grâce à l'heureuse initiative du Blog-o-Book et des éditions du Seuil. Les oeuvres de jeunesse sont de qualité aux éditions du Seuil et les adolescents apprécient particulièrement des auteurs comme Hubert Ben Kemoun, Yaël Hassan, Claire Mazard ou David Klass. La collection porte le nom bien choisi de "Karactère(s)".
Présentation de l'auteure
Mireille Disdero vit en Provence dans la région d'Aix. Elle est titulaire d'un DEA. Elle a travaillé dans les métiers du livres. Elle est directrice d'une maison d'édition: Alba, créée en 2003. On retrouve ses écrits dans son blog.
Présentation du roman
Le livre décrit en 16 chapitres le quotidien d'une adolescente de 16 ans qui vit dans une cité. Bien sûr le sujet a déjà été traité, mais ici les propos sortent de l'ordinaire. Les relations entre Shayna et sa mère sont finement analysées. Le portait de la mère est sans concession. La réalité n'a rien d'idéale, Shayna est même confrontée à la violence. Heureusement son ami Enzo la protège. Mais quand il provoque la bande de Rox Man pour la protéger, on ne peut s'empêcher de trembler pour lui.
Le livre se lit facilement. Les personnages sont bien saisis dans leur essence, on se passionne très vite pour cette tranche de vie. On a l'impression de connaître les personnages tant il nous semble proches. La jeune fille se rattache à ce qu'elle a pour progresser, elle est positive et optimiste malgré le poids de la fatalité. Sa mère, plus résignée, devra reconnaître que sa fille lui a donné une belle leçon de courage. Le personnage du professeur de Français aussi est très positif. Il incite Shayna à poursuivre ses études. Grâce aux petits papiers qu'elle lui laisse, elle la guide sur le chemin de la sagesse. Cette mère de substitution l'autorise à grandir en prenant confiance en elle. On comprend que la véritable mère de Shayna l'aime aussi mais qu'elle n'est pas capable d'exprimer de la tendresse à son attention. Elle ne fait que la mettre en garde contre les dangers de la vie. Elle a peur que sa fille devienne comme elle. Les difficultés matérielles semblent la bloquer et restreindre tout geste d'amour maternel.
En somme, l'auteur donne un bel exemple de courage. Elle sous-entend que, malgré les difficultés, on peut être maître de son destin.
Un extrait du roman
"La lumière de l'été, forte, mange les murs et les ombres minuscules qui s'y réfugient. Elle absorbe la colère qui navigue dans mes yeux quand je pense à ma mère. Et j'y pense souvent. C'est ma mère, elle rime avec colère."

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J'ai déjà lu deux livres de cet auteur: A la lumière des étoiles et Jude l'obscur. Ce troisième ouvrage m'a tout autant plu que les deux premiers. J'ai été séduite par le personnage et son étrange histoire. Les propos tiennent à la fois du romantisme le plus éthéré et d'un réalisme cru sans poésie aucune. Les événements sont retranscrits avec une précision et une froideur presque naturaliste. L'auteur analyse le long cheminement de l'héroïne en donnant rarement son avis.
On découvre l'existence de Tess placée sous le signe de la malchance. La seule circonstance atténuante est qu'il s'agit d'"une femme pure" ainsi que nous le suggère le sous-titre. Le livre est concentré sur différentes "phases" de la vie de la jeune femme. Elle mène une existence sage auprès de ses parents. Son père boit un peu, ne survient guère aux besoins familiaux, mais il fait un jour une découverte qui va changer sa vie. Il apprend qu'il est de noble ascendance. Tess est aussitôt envoyée chez des cousins éloignés où elle fait une très mauvaise rencontre. Son soi-disant cousin Alec d'Urberville ne pense qu'à la courtiser et à la mettre dans son lit. Il la harcèle de ses avances et n'abandonne pas tant qu'il n'a pas obtenu ce qu'il voulait. Ces incidents obligent Tess à fuir cet endroit devenu inhospitalier. Elle rencontre ensuite Angel. Elle se refuse à lui en raison de son passé, mais finit par succomber au charme du jeune homme. On pourrait croire qu'elle aurait été heureuse et que son passé aurait été oublié, mais le contraire se produit, et rattrapée par des événements qui la dépassent la voilà obligée de fuir à nouveau. Elle se cache pourtant bien, mais pas suffisamment car Alec la retrouve et enclenche l'infernale machine qui va causer sa perte. Tess se précipite tête baissée vers la tragique issue.
Le roman est savamment composé. L'auteur analyse chacune des phases avec beaucoup de précisions. Le style classique mêle réflexions psychologiques et descriptions pittoresques. L'ambiance est finement mise en place et certaines formules de l'auteur accompagnent le destin de Tess. Les sentences prophétiques scellent son sort plus sûrement que ne l'aurait fait le coryphée d'une tragédie. La passion presque entièrement condamnée ici n'a jamais sauvé Tess, malgré son coeur pur, elle a accumulé tant d'expériences malheureuses qu'elle a été punie par son attitude irréfléchie. L'auteur décrit une vie campagnarde rude et misérable. Les travailleurs de la terre sont méprisés par les gens riches qui les exploitent. Seul Angel Clare a su voir la beauté de Tess et a rêvé qu'elle l'assiste dans ses projets. Son audace a peut-être été sanctionnée également. La pesanteur des conventions sociales rattrapent tous ceux qui osent s'égarer et franchir les limites que la société impose. Alec, le pêcheur repenti, a trop vite rejeté ses nouvelles idées et lui aussi a payé pour son inconstance.
Un grand roman, qui me donne envie d'en lire d'autres du même auteur.

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Présentation de l'auteure
Jean Edith Camilla Läckberg Eriksson est née le 30 août 1974 à Fjällbacka. Elle est une auteure suédoise à succès. Elle est un des plus jeunes dans le genre. du roman policier. Les romans de Camilla Läckberg se situent tous près de son lieu de naissance, une petite ville côtière, qu'elle connaît bien. Elle a reçu plusieurs prix: en 2005 le prix SFTK, en 2006 le prix de littérature du peuple suédois, en 2008 le grand prix de littérature policière pour la Princesse des Glaces.

Mon avis sur le livre
C'est le troisième opus de cette auteure que je lis, et j'ai pris beaucoup de plaisir à cette enquête. Erica est moins présente, on la retrouve en jeune accouchée légèrement déprimée. L'enquête va la toucher de près, car c'est la fille d'une de ses meilleures amies qui est assassinée. C'est Patrik qui va enquêter.
On découvre avec toujours autant de plaisir la vie suédoise dans ce petit bourg de Fjällbacka. Certains habitants n'ont pas l'air honnête et il est aisé de voir la culpabilité poindre dans chaque foyer décrit. L'auteur se plait à dévoiler les zones d'ombres des personnages. Peu d'entre eux sont irréprochables, y compris parmi les policiers. L'intérêt de la trilogie est que l'on retrouve certains proches d'Erica avec plaisir. Sa soeur Anna est cette fois peu présente. Son ancien petit ami Dan fait quelques apparitions. Les passages les plus drôles et caricaturaux sont les interventions de la belle-mère d'Erica. Celle-ci passe son temps à tout ranger et à faire culpabiliser sa belle-fille. Plus vraie que nature. On comprend bien que les aspects anecdotiques ont leur importance dans le livre.
Quel rapport avec le titre me direz-vous? Eh bien, le tailleur de pierre c'est le malheureux Anders qui a croisé la route d'une femme sans coeur. La jolie Agnes lui a rendu l'existence bien misérable. Cette histoire est menée en parallèle avec l'enquête sur la mort de la petite Sara. On imagine bien que les deux tranches de vie sont liées, mais il faut deviner quel en est le point commun.
J'ai découvert quelques pistes et tout fonctionne en huis-clos, donc on sait que le meurtrier n'est pas très loin.
Ce que j'ai aimé comme dans ses autres livres, est la prise directe sur le réel. Les personnages sont vraisemblables et ressemblent à n'importe qui. Pas d'effets spectaculaires, juste un descriptif qui sonne juste et fait mouche.
La fin semble relancer un livre prochain. Je l'attends déjà avec impatience.

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