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Remembrance of this past d’avant le remembrement
Le
vent marin faisait dans les frênes ce frémissement délicieux qui annonçait
Alors,
de toutes parts, c’est toute une humanité pécore qui se hâtait. D’abord et
passant presque en trombe, celle moderne à quatre roues motrices, cabine très
cabote et direction assistée. Et puis, l’ancienne litanie en tablier gris et
fichus tout pareil, les bérets comme la vocation vissée irrévocable, tout ça appareillage de bastringue
brinqueballant pire qu‘un blues du Mississipi. Celle du vieux et de son charreton
chargé d’herbe à lapin jusqu’à
J’avais
les fesses aussi rouges qu’un tampon de jeune fille, à vouloir rester
obstinément aux côtés de papa, pire qu’aux auto-tamponneuses. Mais voilà, je
souffrais de cette sorte moins avouable de vertige, une trouille bleue qui
m’obligeait à faire passer les balles à la fourche plutôt que de les ranger sur
Dans la pente du chemin retour, je n’avais droit qu’au ras des pâquerettes immédiates du bord de route. Je souffrais donc en silence, le cul offert au bon vouloir des nids de poule, si abondant dans ce coin reculé de l’Ariège. Reculé comme tous les trous paumés du monde. Accidenté pire qu’une cascade de Rémi Julienne. Dans ces années, le héros de toute une jeunesse belmondienne. Reculé et c’était aussi bien, vu les beautés que tout l’univers ne verrait jamais. C’était aussi bien car c’était les nôtres et dans notre petite misère relative, c’était autant de petits luxes uniques. Un privilège auquel on tenait. Car vraiment le pays était beau.
C’était le genre de plateau planté à près de mille mètres. Un Vercors miniature, quelque part entre les vallées viticoles des Corbières et les premiers contreforts pyrénéens. Un mille vache où les vents étaient beaucoup moins vachards, encerclé par des forêts profondes et touffues. Une combinaison audacieuse de hautes plaines grasses à souhait où essaimaient luzerne et ray grass, et de petites montagnes aux pentes ouvertes à tous les désirs d’aventure. Un patchwork rural interrompu, par ci par là, par des plantations de sapins qui donnaient à l’ensemble du paysage une touche rafraîchissante. Un lacis de chemins de terres datant d’avant le remembrement. Tout ça menant au hasard des traverses, vers la vingtaine de villages et de métairies où demeuraient encore les rares survivants de l’exode rural, qui résistaient encore et toujours à la hyppe hippie qui sévissait ici depuis les seventies.
A
mesure que le tracteur plongeait sous la voûte des chênes massifs, qui
annonçait pour bientôt ce bois des Soulaces où Papa s’était retapé une grange
pour y entreposer son surplus de paille, je goûtais comme un envoûtement, le
petit picotement salé qui naissait dès que la sueur se mettait à ruisseler sur
les égratignures dont mes jambes étaient recouvertes à cause du chaume. Si je
me trouvais quand même incroyablement trouillard pour un gosse du cru, j’avais comme tous les mômes de mon age, le
même petit fond de sadisme. Je prenais
un plaisir morbide à faire fumer les crapauds afin que leur ventre éclate comme
une grosse bulle de chewing-gum. Je décanillais, au risque d’une tournée de
martinet, tous les nids d’hirondelle. Dès qu’il était question de saigner un
agneau ou de tordre le cou à la volaille, je me présentais aussitôt pour prêter
la main à mon père... (à suivre)
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Bonjour, je suis Anouchka le blog de Plume
J'ai lu le premier épisode de votre série. Vous écrivez juste et bien. Surtout ne vous découragez pas. C'est un don à cultiver, j'en sais quelque chose, moi qui adore les mots, les vrais.
A bientôt sur nos blogs ou en messagerie
P.S. Vous évoquez l'Ariège ? Je connais un peu grâce à mon compagnon originaire de Lavelanet !
Pays rude et maginifique!