| J’hésite... Je me sens partagé entre le désir d’encore vider mon sac et donc, de maintenir ce ton frondeur que j’entretiens depuis le début, et celui de me contraindre à davantage de retenue pour que plus rien ne pique, ne vexe ni ne dérange. Mais si je m'y résigne, qui va s’y retrouver? Moi? Certainement pas! M'étendre et non plus m'épancher ne serait plus que frustration... Qui d'autre alors? Vous, qui visitez ce blog pour peut-être y récupérer l’echo de vos propres ressentiments? Non plus, cette forme de silence ne vous ferait que raccrocher... Conclusion, il faut que j’arrête de tergiverser et que je reparte de plus belle dans ce sens qui me sied le mieux, le contre-courant! C’est parti donc et, à nouveau, tous azimuts! Pour commencer, parlons de cette Société Générale que l’on prétend perdue, à tort et rien que cela: c’est quoi, cette connerie, cette panique, cette débandade? Ainsi, les rats quittent le navire parce qu’un surdoué, qui s’est jeté à l’eau, s’est obstiné dans l’erreur pour finalement se planter? Et alors? Qui d’entre-nous peut jurer ne s’être jamais laissé entraîner? C’est facile de jeter la pierre, quand elle n’est plus philosophale! Moi qui suis client de cette banque, un client satisfait, pense qu’il faut au contraire l’aider à se relever, mettre la main au porte-monnaie autant que faire se peut afin de relancer la confiance et réactiver les cours! Quels sont les risques? Vous pensez réellement qu’un bâtiment de cette assise va se laisser sombrer sans lutter, sans mettre en contrepoids ses réserves d’oxygène? Ce n’est pas imaginable, trop d’intérêts sont en jeu et l’État lui-même aurait trop à y perdre. En tous cas, moi je n’y crois pas. Si ma mémoire est bonne, d’éminents économistes se sont eux aussi plantés, tout dernièrement. C’est la raison pour laquelle je vais faire abstraction de leur formidable prospective et, bien que n’étant ni financier ni super gestionnaire, vais réunir quelque argent pour acheter de cette action qu’ils disent faite de vent, d’autant que celle-ci est à la baisse comme l’est d’ailleurs ladite tourmente! On en reparle dans deux ou trois mois, vous verrez! Ensuite, et juste pour faire un point avant d’attaquer un tout autre sujet, je vais répondre à ces correspondants qui ont eu la gentillesse de manifester de l'intérêt envers ce mal qui affecte Nad, la sclérose en plaques. Comme vous le savez, cette pathologie véhicule la pire des réputations puisque on la dit incurable et évolutive, mais ce n’est plus d’actualité et je suis formel! Un nouveau traitement existe bel et bien, obtient d’excellents résultats et chemine désormais vers une reconnaissance officielle. Ce n’est pas trop tôt, me direz-vous, mais tout s’explique: au départ, les médecins prétendaient cette saleté exclusivement virale, ce qui est aujourd’hui démenti, puis on l’a dite psychosomatique, ce qui n’est toujours pas prouvé. Un docteur en biologie particulièrement avangardiste s’est alors lancé dans un autre type de recherche et s’est vite aperçu que le corps développait cette maladie parce que le système immunitaire se dégradait de lui-même. (je simplifie mais, en gros, c’est ça) Un autre médecin a démontré, lui, que d’une façon générale, les ondes électromagnétiques communes détruisaient la myéline, cette gaine protectrice des neurones finalement comparable au plastique d’isolation des fils électriques. Enfin, tout récemment, la justice a mis en cause deux vaccins contre l’hépatite B, en reconnaissant qu’ils pouvaient se révéler à l’origine de cette dégradation. C’est la thèse que nous retenons aujourd’hui car Nad a été vaccinée d’autorité en 1998 (je dis d’autorité parce que rien ne l’exposait à cette maladie sexuellement transmissible) puis sa SEP s'est déclarée en 2001 pour n'être officialisée qu'en 2004 (!) à la suite d’une névrite optique rétro-bulbaire, symptôme fatal parce qu'incontestable. Bien sûr, et pour clore le sujet, elle et moi allons bientôt rejoindre le groupe des plaignants. Enfin, et parce qu’il est temps que je revienne à mes moutons, je vais vous faire part de mes impressions concernant deux bouquins lus dernièrement à près de 300 Km/h dans le TGV, notre glorieux bébé national. Le premier, L’Imposture, de Camille Quentin, m’a sidéré par sa propre vitesse, son aimable cynisme et cette défiance que l’auteur impose à la Raison, cette empêcheuse de vivre en rond. Le deuxième, L’interprète de Poivre, de Hélène Fillet - Phan Van Song, m’a lui impressionné par la qualité de son écriture et l'aisance dont l’auteur fait preuve pour immerger le lecteur dans une histoire a priori rebutante, celle du commerce maritime au temps du Comptoir des Indes dans la Cochinchine du XVIII éme siècle. Tous-deux sont parus aux Éditions de l’Écriteau, une maison spécialisée dans le livre à grands caractères qui, aujourd’hui, étend dans l'enthousiasme un champ d’action déjà considérable. D'ailleurs, pour tout vous dire, j'adorerais que vous sachiez vous souvenir de son existence à la fin du printemps, spécialement dans le cas où "Elle, la fin du samsara" ne vous aurait pas laissé de marbre! Bien cordialement, Alain Couraud |