
Tout près de la fontaine ruisselante
Un espace accueille la marelle
Escalier jusqu’à l’aire du ciel
Dansent mes tresses aguichantes
Sur un pied je sautille gaiement
En poussant le palet doucement
J’adore ce tracé en huit éléments
C’est un jeu divertissant et charmant
Mais voici que surviennent les garçons
Ils s’emparent traitreusement du palet
Et l’envoient loin au-delà du perron
Furieuse, je les traite de tous les noms
En disant autant de gros mots
Je ne parviendrai jamais au ciel
Rééellement j’en ai le cœur gros
Sans palet, plus de marelle
Alors je lève les yeux au ciel
Désespérée, je me sens pleine de fiel
Ils se moquent de moi, Marielle
Ils ne goûteront pas mon pot de miel
Là-haut volent les hirondelles
Elles passent, le temps d’une ritournelle
Si j’allais cueillir des mirabelles
Maman affirme qu’elles sont belles
Rêveuse, je musarde au gré du chemin
Mon panier oscille dans ma main
Une ombre soudaine me capture
Je me débats et me perds en conjectures
Je ne sais rien, j’écoute le silence
L’homme est parti, il m’a laissée
La cabane est toute déglinguée
Quel est ce jeu cruel, souffrance
Un bruit de pas, je me recroqueville
Des mains brutales me déshabillent
Je voudrais jouer encore à la marelle
Partant de la terre jusqu’au ciel
Je meurs, est-ce ma destinée
Cruauté, sadisme et violence
L’homme crie sa jouissance
Sur mon cou ses mains serrées
Je contemple mon corps inanimé
Je suis légère, je n’ai plus peur
Je m’élève angéliquement apaisée
Au chœur de la mélodie du bonheur
Tout près de la fontaine ruisselante
Sur un pied je sautille gaiement
Mais voici que surviennent les garçons
En disant autant de gros mots
Alors je lève les yeux au ciel
Là-haut volent en formation les hirondelles
Rêveuse, je musarde au gré du chemin
Je ne sais rien, j’écoute le silence
Un bruit de pas, je me recroqueville
Je contemple mon corps inanimé

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