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Le cercle des tespoè du tumebi
Les tespoè du tumebi
Courent à l’envers et à l’envie
Les tespoè du tumebi
Font des vers lents dans la nuit
Les tespoè du tumebi
Courent au Kenya ou près d’ici
Les tespoè du tumebi
Jouent sur les mots, les maux aussi
Les tespoè du tumebi
Courent à cloche-pied depuis tout petit
Les tespoè du tumebi
Slament à St Denis ou Nairobi
Les tespoè du tumebi
Font le grand écart entre amis
Les tespoè du tumebi
Rêvent du dilun au manchedi
Les tespoè du tumebi
Courent au pays de Rimbaudie
Les tespoè du tumebi
J’en fais partie, Dieu merci !
Les coureurs rêvent
Sur les routes et dans les chemins ?
Dans les villes les coureurs rêvent
Et tous ces rêves sans lendemain
Emplissent l’air dans les villes
Le long des routes et parfois loin
Il se peut que vous les voyez
Sourires rêveurs, cheveux au vent
Au vent d’une course buissonnière
A travers vos villes et vos champs
A celui qui fredonne
Son bonheur en courant
La route se prend
A longues foulées sereines
En y passant du temps
Sans ménager sa peine
La route se conquiert
Peu à peu au courage
Fiancée bitumière
T’attendant au virage
La route me donne
L’envie de grands départs
Dans le vent frais d’automne
Effeuillage
{ { {
Premières bourrasques
Premières feuilles
Tombent les masques
Des arbres en deuil
{ { {
Feuilles jaunes et brunes
Semées sur les sentiers
Crissant tapis de dunes
Recueillant mes foulées
{ { {
Doux et lent effeuillage
La forêt nue se donne
En maîtresse volage
Dans le vent de l’automne
{ { {
Je rêvais de partir
Je rêvais de partir
Dans l’ouest américain
Chevaucher sans rien dire
Un pur sang mexicain
Je rêvais d’aventures
De corsaires manchots
De tavernes obscures
De filles à matelots
Je rêvais de déserts
De retraites mystiques
De caravanes berbères
De voiles coraniques
Je rêvais de voyages
De courses vagabondes
Avec pour seul bagage
Une plume burgonde
Je rêvais d’un bonheur
Que je croyais au loin
Il poussait dans les fleurs
De ma ville, juste au coin
La piste aux étoiles
Sous le grand chapiteau
Le clown blanc de Kéo
Aux enfants se dévoile
Il imite Charlot
Sa canne et sa moustache
Mozart à son piano
Fernandel et sa vache
Il distille des vers
Frais cueillis dans les prés
De Vigny, de Prévert
De Stéphane Mallarmé
Il raconte des histoires
D’il y a cinquante mille ans
A son jeune auditoire
Joyeux et turbulent
Il déclame peut–être
Mon modeste poème
Ecrit sur une lettre
Paraphée d’un ¨ je t’aime ¨
Couleurs d’octobre
{ { { {
Il y a le bleu du ciel
Où mon regard se baigne
Le brun le vert le miel
Des chemins de châtaignes
{ { { {
Il y a le jaune, l’orange
Le rouge tapis de feuilles
Les champignons étranges
Le gris des écureuils
{ { { {
Il y a les traînes blanches
Et grises des nuages
Les corbeaux sur les branches
Noires de mauvais présages
{ { { {
Il y a la poussière blanche
Et la boue noire et brune
Où ma foulée étanche
Une passion peu commune
{ { { {
Si tu n’as jamais couru
Si tu n’as jamais couru
Comment peux tu comprendre
Mon cœur qui ne bat plus
Mon avenir en cendres
Si je ne cours plus
Si tu n’as jamais foulé
Les routes et les chemins
Comment t’écrire, aimée
Mon envie de courir au petit matin
Ma tristesse d’être arrêté
Si tu me vois accro
De trop de kilomètres
Comment te dire en mots
Mes langueurs, mon mal être
Quand je stoppe tout de go
Si tu n’as jamais joué
A courir loin des moutons
Comment puis je te raconter
Ma passion du marathon
Ma vie de coureur à pied
Ma course
aa
Ma source
bb
Ma course
Ma source
D’aspiration
D’inspiration
De la vie
De l’envie
D’épancher
D’étancher
Ma foulée
Assoiffée
Qui déroule
Qui s’écoule
A la source
De ma course
aa bb
Gilles Paquelier – avril 2008
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