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espoir

60 - Bonjour Le Monde!

par Couraud

Un grand merci aux lecteurs du journal Le Monde qui me font l'honneur de leur visite depuis que Yves Guihamon, alias LEGUIGUI, y a relaté mon aventure éditoriale. Franchement, je n'en espérais pas tant et, donc, fais amende honorable d'une part et lui tire mon chapeau d'une autre ! C'est chouette, tout ça : l'amitié, la solidarité, l'union, l'échange, l'investissement sans calcul... Autrement fédérateur que la commisération, la pitié ou la magnanimité, diversement  prônées par nos diverses églises! Personnellement, je n'ai plus aucun état d'âme vis à vis de l'exhibition ( en tout bien tout honneur, cela va de soi ) car c'est l'unique moyen d'attirer les regards. Dans quel but? Celui d'aider ceux qui n'osent plus croire en quoi que ce soit - surtout pas en eux-mêmes - en ces temps égoïstes. Pas de confusion, je n'ai nullement troqué mon vieux jean's contre une soutane, je veux simplement faire passer l'idée que le meilleur peut arriver à qui le veut vraiment. À ce propos - démonstration - j'ai entendu dire que l'on pouvait atteindre n'importe qui d'influent en cinq contacts seulement. Je devrais donc facilement parvenir à joindre Vincent Josse, puisque vous êtes une multitude à être désormais informés de ce voeu! Humour? À vous de voir.  Bien cordialement, Alain        
:: note publiée par Couraud :: le jeudi 27 novembre 2008 à 16:31 ::
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59 - "Petit" mail à France Inter, RTL et Europe 1 :

par Couraud

Bonjour,
Je viens vers vous sur le conseil d'un animateur de Radiofrance bleu Poitou  - lequel m’a reçu en septembre suite à la parution de mon nouveau roman, “La coulée douce”.
Les raisons de ce courrier sont multiples, et probablement inhérentes à un égo exigeant, voire maladif, mais tant pis, je me lance, avec l'intention de faire court car je sais votre temps précieux:
- En 2001, j’ai publié une autobiographie intitulée “Elle, la fin du samsara”, laquelle s’est finalement vendue à 7OOO exemplaires. Il faut dire qu’un libraire Nantais a eu la bonne idée à l'époque de faire part de son existence au bi-mensuel “PAGE”, et comme son témoignage s’est retrouvé juste à côté de celui consacré à Tahar Ben Jelloun, prix Goncourt de cette même année, l’aubaine m’a largement et vite profité.
 - Ensuite, je me suis lancé dans une action caritative au profit des victimes d’AZF, parce que Toulouse m'est chère et que la souffrance résultant d’une telle injustice m’apparaissait alors totalement insupportable. Du coup, la chance s’est à nouveau manifestée par le biais de "M Toulouse", la radio locale créée pour la circonstance et dans l’urgence par Monsieur Cavada, cette dernière ayant eu la gentillesse de m’inviter pour en parler de nuit. Une heure d’échange non-stop a ainsi suffit à mieux me faire connaître du grand Sud-Ouest, et surtout autorisé  l’envoi d’un chèque de 1000 €  à la Fondation de France.
- Puis il y a eu les inondations du Gard. Mon épouse et moi avions vécu un temps à Sommières, aussi avons-nous cherché un moyen de lui venir en aide. En un mois, 800 exemplaires vendus aux mairies d’Aquitaine et sur les marchés de Blaye ont permis l'achat de nouvelles tables et chaises pour l’école maternelle de cette ville blessée.
- Deux ans plus tard - vous allez voir, c’est du Zola - Nad, mon épouse de 29 ans ma cadette, se découvre brutalement atteinte de sclérose en plaques. Je vous passe les détails : notre panique, nos angoisses, nos peurs... Par chance, nous sommes mis en contact avec un médecin chercheur de Bordeaux, lequel l'invite à adhérer au protocole d'un nouveau traitement qu’il vient tout juste de déposer auprès du Ministère de la santé. Elle, accepte pour échapper aux effets dévastateurs de l’Interféron, et bien lui en prend puisqu’elle recouvre rapidement la vue et, au fil des mois, 95% de sa motricité.
Aujourd’hui, le protocole n’a toujours pas abouti, mais Nad va mieux, et cela nous aide à croire à une issue favorable.
- L’heure de ma retraite sonne en mai 2007. Une nouvelle liberté que je réserve à l'achèvement de ce second roman, “La coulée douce”, une autofiction située entre polar et réalité que je publie en mars 2008. Et c’est parce que l’action se déroule à Poitiers que cet animateur poitevin me contacte en cours d'été, d’autant qu’un article géant paru dans “Centre Presse” titre en quatrième de couverture: “Le crime de Couraud ”
- Peu après, une fatigue incompréhensible me fait me rapprocher de mon médecin. J’apprends très vite que je suis atteint d’un cancer de la thyroïde, et me laisse alors docilement balader de services médicaux en centres d’examens. Début août, je suis opéré au Centre Régional de Lutte Contre le Cancer RENÉ GAUDUCHEAU de Nantes, lequel me débarrasse de ce vilain crabe en à peine une semaine. Imaginez ma joie! Une reconnaissance telle qu’à présent guéri, je vends mes deux bouquins au bénéfice de sa Fondation - à hauteur de 50 % - en partenariat avec l’enseigne Super U de Vendée, quelques journalistes régionaux coopératifs et la chaine de télévision locale TV-Vendée ( Hello, Aïda!).
Vous l’aurez compris, c’est avant tout cette raison qui m'amène à vous contacter aujourd'hui, parce que j’ai besoin de votre aide pour réussir mon challenge : contribuer à l’acquisition d’une nouvelle caméra-scanner dont le CRLCC a un besoin urgent.
Une autre cause me tient cependant à coeur : comme vous l’avez peut-être remarqué, je déteste l’injustice, or, nous sommes nombreux à la subir au jour le jour, nous, les obscurs, les oubliés de la littérature actuelle. Pourquoi ne favoriser que les écrivains dont on sait déjà tout? Pourquoi ne jamais parler des auteurs en mal d’édition ou de soutien médiatique, de ces gens de coeur et de talent qui foisonnent partout en France? Soyons logiques, cela fait des siècles que l’on nous pousse aux études, et maintenant que tout le monde sait écrire, on s’étonne qu’il y ait pléthore d’écrivains! Pourquoi les gens dits “ordinaires” n’auraient-ils, eux aussi, de belles histoires à raconter? Certes, Marc Lévy est un homme au talent incontestable, qui plus est, modeste, humain et sympathique, mais d’autres, moins illustres, ne mériteraient-ils d’être cités ou accueillis sur les ondes, ne serait-ce qu'un instant?
C'est connu, charité bien ordonnée... Et c'est précisément le cas : j’aimerais tellement, dans le rôle de Candide, aborder ces sujets en votre compagnie! Merci de m’avoir lu. Bien cordialement, Alain    
  
:: note publiée par Couraud :: le mardi 18 novembre 2008 à 14:43 ::
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58 - La Vouivre

par Couraud




Cette peinture de 1,80 x 0,75 est ma perception d'une créature mythique appartenant à la légende populaire de Franche-Comté, une jeune femme environnée de serpents tous soumis à sa grande beauté et avec lesquels elle s'accouple langoureusement. Certains prétendent encore qu'elle se transforme parfois en dragon aveuglé et qu'alors, son escaboucle - une pierre inestimable - l'aide à se repérer puis à exterminer tout téméraire qui fomenterait de la lui dérober.
Marcel Aymé en a fait un roman primé en 1943 et Georges Wilson, un film éblouissant d'esthétisme  en 1989. Quant à moi, pauvre de moi, j'attends vos appréciations comme un condamné son verdict! Bien cordialement, Alain


:: note publiée par Couraud :: le jeudi 13 novembre 2008 à 11:02 ::
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57 - Synergie exemplaire

par Couraud

Lorsque je lui ai présenté mon projet de soutien au Centre Régional de Lutte contre le Cancer de Nantes, ce journaliste de télé locale m'a envoyé, sourire en coin: " - Heu.., dédicacer un roman dans un centre commercial, on ne peut pas dire que ce soit hyper glamour!" Ce à quoi j'ai rétorqué: " - Mais souffrir d'un cancer ne l'est pas davantage! " Puis je me suis sauvé, totalement dérouté. Que faut-il faire pour sensibiliser les gens dits influents? Se jeter du haut d'un immeuble avec, épinglé sur la poitrine, un mot du genre: "Merci quand même, France 3, et encore pardon d'avoir été malade!"? Allez, passons... Moi, je remercie de tout coeur les responsables des Super U de Vendée, ainsi que leurs collaborateurs on ne peut plus coopératifs. Grâce à cette enseigne et la synergie qu'elle, et mes amis journalistes développent, j'aurai glané en janvier ce que je n'osais espérer en septembre, ce qui viendra une fois de plus confirmer qu'il est toujours plus facile de critiquer que d'aider, et qu'au delà de ces considérations, l'amour sort toujours gagnant. Tiens, tiens... glaner, amour... N'y aurait-il dans ces mots quelque chose de "glamour"? Bien cordialement, Alain
:: note publiée par Couraud :: le mercredi 5 novembre 2008 à 20:12 ::
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Jean-François Delassus, 14-18 LE BRUIT ET LA FUREUR :: France 2 :: 11 novembre 2008

par Isabelle Rabineau

14-18, le bruit et la fureur


14-18, le bruit et la fureur
14-18, le bruit et la fureur / Program33


Documentaire réalisé par : Jean-François Delassus - Musique : Marc Tomasi - Conseillère historique : Annette Becker - Montage : Olivier Martin - Voix : Alexandre Astier - Collaboration à l'écriture : Isabelle Rabineau - Consultants historiques : Joëlle Beurier, Jean-Pierre Verney, Laurent Veray - Restauration et colorisation des archives : Digital Graphics - Production : Fabrice Coat et Christine Doublet, Program33

Une coproduction Program33 - Iota Production - RTBF - ECPAD
En partenariat avec France 2, Planète, la Région Ile-de-France et la Région Picardie
Avec le soutien du Centre National de la Cinématographie et de la PROCIREP
Avec le soutien des Gueules Cassées et du Ministère de la Défense
Avec la TSR Télévision Suisse Romande, la SRC et la TSI Télévision Suisse Italienne

Jeudi 6 novembre à 20h20 sur La Une / RTBF
Mardi 11 novembre à 20h50 sur France 2 (rediffusion samedi 15 à 01h10)


 


14-18, le bruit et la fureur est une oeuvre de cinéma, en grande partie imprégnée du cinématographe des armées du début du XXème siècle. Les archives que ce film donne à voir, colorisées avec rigueur et intelligence par Digital Graphics, sont d'abord de la matière première cinématographique. Des images souvent reconstituées après l'événement ou juste après guerre, sur le théâtre des opérations. On y voit se développer la grande boutique des horreurs dans une chronologie que nous avons apprise dans nos manuels d'Histoire. La tonalité générale de ces archives est plutôt très crue. Il faut dire que l'on n'a pas trouvé de meilleure définition pour 14-18 que "la grande boucherie".

A un siècle de distance, cependant, notre regard transperce le sépia des photographies pour comprendre intuitivement - avec une incroyable sensation d'accélération - les mécanismes profonds, testant dès 14-18 une manière qui nous est parfaitement contemporaine d'envisager la guerre.

Dans 14-18, nous reconnaissons la peur absolue d'être déchiqueté par un obus, cet objet venu de loin administrer la mort, tout auréolé d'une insupportable cruauté car il tuera au hasard parmi la multitude. Le récipiendaire sera choisi par un cône de métal sans cerveau.

Dans 14-18, nous reconnaissons la panique d'être blessé par un corps explosant, libérant des bris de squelette comme autant de poignards : une spécificité des plaies de 14-18.



Dans 14-18, nous reconnaissons un fantasme proche du théâtre d'Anton Tchékhov, celui du temps irrémédiablement perdu et des générations derrière nous juste disparues. Un chemin se referme en 2008, c'est exactement l'instant de ce film.

14-18 raconte un siècle qui s'arrache avec violence à un autre et entraîne dans sa déchirure plusieurs siècles jusqu'à la rupture totale des tissus et ligaments. Une cicatrice palpable, gravée dans les villes et villages sous forme de monuments plantés sur les axes névralgiques : ronds-points, places centrales. Impossible d'y échapper, à 14-18.

Ce temps-là est aussi celui de Jacques Vaché et de ses Lettres du front, celui d'André Breton médecin militaire, celui d'Apollinaire trépané, celui d'Emmanuel Berl écrivant à Marcel Proust son Journal de guerre par missives successives, relisant les lettres de Proust sans cesse, avant de les perdre dans une tranchée. 14-18 est un conflit qui s'écrit. Tous ceux qui savent tenir un stylo trouvent un exutoire et une consolation à écrire et à lire.
Le soldat est fantassin, ses mains sont posées naturellement sur l'encolure d'un cheval, il porte fièrement un uniforme, anachronique, qui date de 1870. Il le sait, les renforts arriveront du monde entier, des colonies françaises également. 14-18 c'est une typologie du soldat presque naïve et homogène que les guerres suivantes auront bien du mal à retrouver telle quelle. C'est le temps du poilu.

Au centre de 14-18, il y a surtout un espace qui troue le cinéma jusque dans sa pratique et ses usages débutants : difficile d'y trouver un sol plane pour les travellings ! Le territoire des combats est lunaire, truffé de vides et de manques, miné d'impasses et de leurres. On creuse des tranchées et des excavations où les vivants cherchent le réconfort de la terre profonde - s'enterrer afin de ne pas mourir et mieux surprendre les autres comme autant de fantômes surgissant des tombes.

Dans ce décor-là de 14-18, nous reconnaissons ce qui nous effraie aujourd'hui. Devenir des sans-abri avec le ventre de la terre comme ultime repli, revenir en arrière - d'abord en 1929, puis en 1914 - et tout perdre comme ceux-là ont tout perdu, jusqu'au geste social le plus banal (se servir d'une fourchette), jusqu'à oublier l'angoisse de perdre la vie (se suicider dans une tranchée en utilisant son arme que l'on manoeuvre du pied afin d'avoir la distance nécessaire pour perforer une zone vitale).

Dans 14-18, nous nous reconnaissons. C'est un miroir ou un autoportrait, au mimétisme flagrant et collectif, au-delà de tout sentiment nostalgique abusif. 14-18 est propice aux fantasmes, certes. C'est que cette guerre est faite d'une complexion spéciale, très malléable. On peut aisément y mouler ses empreintes, s'y façonner une "mémoire d'avant". Réalisés essentiellement dans la boue, le terreau et la glaise, les gestes des soldats sont bien sûr toujours et encore les nôtres. Instinctivement nous les reconnaissons, ce sont ceux des cauchemars enfantins les plus ancestraux. Repousser la boue qui emplit la bouche, échapper à la suffocation de la noyade, refuser d'être emmuré, ne pas comprendre que l'on puisse être enterré.

Voici ce que ce film exhale, à force d'images violentes, vibrantes, parfois maladroites. Aucune d'elles ne parvient à maquiller le désarroi spécifique de cette tragédie individuelle multipliée par millions.



Pour ce qui concerne les clivages entre historiens à propos de la grande guerre, le consentement à la guerre est retenu dans ce film comme axe principal. Rappelons que trois grandes écoles coexistent aujourd'hui en France parmi les historiens, le consentement à la guerre, la contrainte ou la résignation. La résignation tente, je simplifie énormément, un consensus entre consentement et contrainte. C'est la piste d'Annette Becker, celle du consentement à la guerre, conseillère historique depuis le début du projet, qui a été retenue.

Ce film est aussi une symbiose particulièrement inattendue, celle d'une aventure collective. 14-18, le film, s'est trouvé une Loi, sa Loi, qu'il a suivie coûte que coûte : un commentaire posé sur les images à la manière d'une voix intérieure. Ce fut l'intuition, presque l'obsession de Fabrice Coat et Christine Doublet, producteurs à Program33. Cette voix fait écho à la musique originale et admirable, composée sans emphase, pleine de violence retenue, par Marc Tomasi. Et puis il y a les sons, très présents, ceux du chaos mais aussi ceux relatifs à l'humour qui signent le film et lui constituent tout son squelette - bel ouvrage de Jean Holtzmann et du monteur son Damien Bouvier renforçant ainsi le montage d'archives (plus de 90 pistes son pour ce film documentaire : du jamais vu !) orchestré par le réalisateur Jean-François Delassus, assisté avec justesse par Olivier Martin. A Lyon, Yoann Veyrat fut exemplaire au studio Miroslav-Pilon. Les images saisissantes de ce film ont été revues dans la constante obstination de leur faire honneur par Patricia Boutinard-Rouelle et Clémence Coppey, à France 2.
Pour ma part, sous la houlette de toute cette équipe (Catherine Constant-Grisolet à la direction de la production), j'ai réécrit le texte, qui est avant tout un monologue de soldat. Il fallait inventer le corps exact de sa voix, son nom, celui de sa femme, donner à imaginer en peu de mots ses habitudes, ses désirs, la portée de son regard et son acuité. Il était bien trop seul pour un soldat, il lui fallait un ami, Léon, des peurs et des angoisses, des rires et des notations quotidiennes. Cet ami-là, évasif, presque en pointillés, est le point aveugle vers lequel le film tend. Cet ami, c'est forcément le soldat inconnu qui se trouve au coeur de tout soldat qui parle. La figure du soldat inconnu m'effraie autant qu'elle m'en impose. J'ai mis longtemps à comprendre le dispositif mémoriel (feu et fonte) placé au-dessous de l'Arc de Triomphe. Est-ce qu'un soldat est toujours inconnu à ses propres yeux, est-il un inconnu pour l'homme dissimulé sous l'uniforme ?

Bref, pour expliciter mieux, il a fallu se mettre au coeur de la tranchée, rendre compte concrètement des positions et en revenir souvent aux livres sur 14-18 afin de désigner encore la violence, les suicides, le dispositif des champs de bataille.



14-18, sans doute, ne se saisit bien que de cette manière, par le récit de l'un qui évoque le destin de l'autre. Ou bien est-ce la guerre elle-même qui invoque le souffle du roman ? Il me semble que 14-18 a un rapport particulier au récit. Cette guerre a été racontée, dans des milliers de versions diverses, par ses protagonistes. Comme les obus, les lettres de poilus surgissent toujours et encore dans notre décor urbain, au détour d'un stand de marché aux puces ou dans un grenier.

Il fallait une voix pour charrier l'ensemble des tensions propres à la guerre de 1914-1918, la volatilité cauchemardesque des gaz autant que le souffle des obus. Il fallait une respiration apte à trouver son rythme dans l'enfer des canons de l'artillerie et le moelleux acide des chansons de poilus. Il fallait un tempérament propice à libérer le dynamisme prompt de ce jeune siècle où la vitesse se révélait. Capable aussi, dans le même temps, d'éprouver l'accent dérisoire de toute guerre d'un timbre incarné, métallique qui parfois se fragilise jusqu'à l'apnée. Alexandre Astier, le créateur de Kaamelott, est porteur de cette voix-là. Son sens de l'ellipse, toujours articulé à un châssis narratif d'une logique implacable, est pédagogique. C'est paradoxal, mais c'est ainsi. C'est l'un des charmes d'une écriture dont Kaamelott ne figure, à mes yeux, que la première épure.
J'ai beaucoup regardé Kaamelott en me demandant par quel magnétisme Alexandre Astier fait passer la poésie au milieu des gags avec un charisme digne des productions du Groupe Octobre. C'est sans doute que la poésie, shakespearienne, n'est nullement esquivée par l'auteur. Bien au contraire. Elle est acceptée comme telle, dans toute sa sauvagerie. Entraînée par la force d'attraction de la voix d'Alexandre Astier, elle s'exprime parmi les dialogues qu'il place dans la bouche de ses personnages jusque dans l'orgue dramatique du personnage principal, l'auteur lui-même, vers lequel tous les autres timbres se diffusent. A sa manière, Kaamelott est un opéra, tout en ondes et en tensions (rires et pleurs, foule et solitude).
Alexandre Astier, auteur autant que comédien, place sa voix dans le théâtre d'ombres de 14-18, trouve ses formulations à lui et améliore le texte, en goûtant le débit, percevant son rythme intime, corrigeant ses imperfections, magistralement. Avant Kaamelott, Astier avait "tourné" dans un spectacle théâtral sur 14-18 basé sur les lettres de poilus, Nous crions Grâce. Nous l'ignorions.



Enfin, je m'interroge : 14-18, le bruit et la fureur est-il exactement un documentaire ? Je n'en suis pas sûre. Le monologue du soldat, tout en suivant les images seconde après seconde, emporte le film vers une dimension pas forcément interprétative ni fictionnelle, mais récitative, en chair et en os, en direct en quelque sorte. Finalement, la voix est un prélude respectueux aux images, qu'elle ne corrompt ni n'oblitère. Choeur ou récitant emprunté au genre tragique, c'est un peu comme si d'aujourd'hui et d'hier, elle retrouvait des empreintes perdues dans la boue.
Celles d'un soldat et puis d'un autre (et d'un autre et d'un autre etc.) que l'on suivrait à l'infini dans le passé tout en sachant qu'il n'est ni tout à fait présent ni tout à fait disparu, à la fois témoin, passant par là, regardant la guerre à travers le prisme de ses désirs et de ses frustrations, et des nôtres tout autant.
Ceux qui verront ce film poseront peut-être, en commentant cette note (cliquer ici), leur vision...

Isabelle Rabineau


Stéphane Audoin-Rouzeau & Annette Becker
14-18, retrouver la Guerre
Ed. Gallimard, folio histoire 2003
7,90 euros


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:: note publiée par Isabelle Rabineau :: dans Choses vues - non vues :: le mercredi 5 novembre 2008 à 20:00 ::
:: Jean-François Delassus, 14-18 LE BRUIT ET LA FUREUR :: France 2 :: 11 novembre 2008 ::
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56 - Misogyne, moi?

par Couraud

Pétillante, douce, tendre, à l’écoute, maternelle, réconfortante, logique, lucide, câline, vive, spirituelle, curieuse, créative, généreuse, courageuse, entreprenante, magnanime, féminine, modeste, joyeuse, forte, jolie, intrépide, rebelle, attentive, soumise, autonome, dépendante, altruiste, solitaire, aimante, taquine, captivante ? Oui, assurément, elle est tout cela aujourd’hui, et pourtant, dans quelques années seulement, elle aussi, Lilou, ma fille, ma fleur, ma fan, sera hélas amenée à se changer en femme... Bon.. je vous laisse, les filles: moi aussi, il faut que j’aille prendre ma douche ! Bien cordialement, Alain 
:: note publiée par Couraud :: le dimanche 2 novembre 2008 à 15:20 ::
:: 56 - Misogyne, moi? ::
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55 - Un média du Sud-Ouest s'exprime:

par Couraud

   ( Texte intégral)
Salut Alain.  J'ai enfin trouvé un moment pour finir La coulée douce ! Tu me demandais de te donner mon avis, alors,  en gros, voilà : en rien comparable avec “La fin du samsara”, qui était le seul élément de comparaison possible. Un plaisir de jouer avec les mots communicatif (sans doute certains trouveront-ils que tu en fais trop, possible, mais pas au point de perdre le fil non plus, donc ça va pour moi) De l'érudition qui n'en met pas plein la vue, il y a un côté "pédagogue" quand une situation ou un mot peut être trop pointu, ce qui fait que le lecteur ne se sent pas abandonné. La forme “narrateur puis distance à la troisième personne" paraît un peu artificielle au prime abord. On s'y fait au bout de 50 à 60 pages. Au début, ça sent la fausse bonne idée côté narration, mais on l'oublie assez vite. La chute finale m'a fait marrer. Faut dire qu'on se demande comment tu vas terminer le bouquin, puisque le côté "polar" est fini depuis quelques pages. Un polar par autofiction, c'est clair que ça ne peut pas finir "mal" (tu ne vas pas te faire tuer, te faire arrêter, etc...) et c'est vrai que la fin classique d'un polar ne peut pas s'appliquer au genre que tu développes. Le côté autobiographique est forcément moins "gênant" (en tout cas pour les gens qui te connaissent plus ou moins), puisqu'on est dans de la fiction. Rapidement, j'ai arrêté d'essayer de trier la fiction de la réalité, et maintenant, je ne suis pas bien sûr de vouloir savoir quels sont les personnages réels, les faux, les vraiment morts, les pas morts, si Nad a vraiment eu une visite de son appart avec des chaises déplacées, etc... Autre point, la couverture n'est pas terrible. Je pense qu'elle n'a pas grand chose à faire dans cette histoire. (sauf du côté personnel, ton intimité, mais si c'est ton point de départ, malgré tout, le bouquin est public, et nous, (le public) on s'en fout de savoir d'où vient cette histoire. Tout ce qu'on lit, c'est un livre dont on ne sait plus ce qui est ton histoire ou ce qui est fiction, et c'est ça qui est intéressant. Intéressant parce que l'intrigue est bien menée, bien tournée... Il y a le "point secret", qui est ton moteur, ton point de départ, et il y a la chose publique, celle que tu publies. (je ne sais pas si je suis bien clair!)Pour moi, autant la couverture du premier allait logiquement trouver sa place, autant la couv' du deuxième devait rester du domaine du secret. Mais c'est vrai que tant que tu es dans l'autobiographie, c'est dur à démêler... C'est sans doute pourquoi j'ai lu de manière très différente la Fin du samsara et La Coulée douce. Le premier, je l'ai plutôt lu comme une sorte de CV, et le second comme une pure fiction (tout en sachant - et c'est ça qui est intéressant dans ce genre - qu'il y a du vrai et qu'on entre dans la fiction sans savoir où et quand, par le biais de la narration. J'arrête là, mieux vaudrait en parler que l'écrire, et puis je ne suis pas critique littéraire, moi ! Du point de vue marketing, faire une série qui commence par Elle, là aussi, c'est très anecdotique (pour une série, les deux premiers volumes sont bien éloignés l'un de l'autre !) et je l'interprète comme une maladresse. Le deuxième pouvait s'appeler “La Coulée douce”, tout simplement. D'ailleurs, si je me souviens bien, c'est comme ça que tu l'appelles! Idem pour Nad, que le lecteur du premier aura pris l'habitude d'appeler "Elle "et qui, s'il se retrouve avec le second entre les mains,  sera face à un dilemme: Pourquoi " Elle,  la coulée douce"? Mais c'est un détail et avec tout ça, j'dis ça et j'dis rien, vu que tu mènes ta barque à l'aise !  Le tchatchatchatche avec toi sur Inter, c'est quand ? Et sinon, ça avance chez vous ?
    à +,    Eugène
:: note publiée par Couraud :: le vendredi 24 octobre 2008 à 22:58 ::
:: 55 - Un média du Sud-Ouest s'exprime: ::
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54 - État des lieux

par Couraud

Du calme, ne nous laissons pas aller à la morosité ambiante, tout ne va pas si mal! La preuve, le gasole a baissé - surtout dans les gisements - les femmes sont simples à comprendre - surtout celles que je connais - et l’été indien semble vouloir perdurer - surtout à Pondichéry - alors, où est le problème? Il faut po-si-ti-ver! Et peut-être rire de tout, même si ça fait un peu niais? Par exemple, en ce moment, j’essaye de trouver un remède à mes dysfonctionnements en cherchant un autre responsable que moi, génétiquement parlant, et j’y arrive! Certes, j'ai dû remonter loin, jusqu’à Adam et Ève, c’est vous dire, mais j’ai réussi, enfin, je crois... Ma théorie? La voici: au matin des temps, Eve, qui avait les crocs, eut envie de se brosser l’Adam. Lui, bonne pomme, se laissa approcher. Seulement, dans le fruit qu’elle lui tendit, ce gros naze ne vit qu’un ver là où se trémoussait un serpent (le fameux serpent du jus de pomme), et là, tout se précipita : il lui fit tout d’abord un enfant, sans d’ailleurs trop savoir ce qu’il faisait à ainsi s’agiter en hurlant, puis, Cain-caha, chemina vers l’amor. Mortalité: heu.. pardon, moralité, (pfff!) l’amour n’existe pas, ce n’est qu’une faute de petite frappe! Et qu'à cause de ce sombre crétin, tout nous oppose encore... Enfin, moi, je vois ça comme ça... Un ringard extérieur, quoi... Allez, j’arrête pour ce soir, demain j’ai de la route à faire! Hé oui, toujours par monts et poivrot, le sacré Couraud! Bien cordialement, Alain
:: note publiée par Couraud :: le jeudi 16 octobre 2008 à 19:05 ::
:: 54 - État des lieux ::
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Percival Everett, EFFACEMENT > DESERT AMERICAIN > BLESSES > GLYPHE (critique)

par Isabelle Rabineau

Horses




Percival Everett a un secret : il joue follement avec les mots. Professeur de littérature, il possède aussi un ranch où il dresse des chevaux. Dans Blessés, roman traduit de l'américain en français en 2007 par Anne-Laure Tissut, la connaissance des équidés ouvre des perspectives passionnantes sur l'énonciation, l'ellipse mais aussi l'effroi de prononcer les mots. Pour Percival Everett, j'en suis sûre, les mots sont des chevaux.

Dans ce jeu avec des mots indomptables, l'auteur ira jusqu'à la soustraction de termes dans la phrase, voire leur extinction, à l'intérieur d'un livre presque autiste à force de génie enclos, Effacement, où les mots rejoignent leur point d'aveuglement. Cet ouvrage, un chef-d'oeuvre, propose à ses lecteurs des pages sibyllines comme autant d'équations proposées à leur intelligence et leur bêtise, car Everett, on l'a dit, se joue de tout.

Dans Blessés et Glyphe (parution le 3 novembre 2008), la langue est fuyante autant que mimétique. Séduisante, effrayée d'un rien, elle règne sur le royaume d'une mémoire infinie. Sa plastique poétique - en mouvement - est à se damner.

L'observation des animaux, silences et sons, tumulte et respiration, est dans Blessés une énigme constante. Enigme sublimée par ce que l'auteur laisse apercevoir de ce qu'il pressent au contact des animaux. Soit un langage synchrone aux paysages traversés et aux amours brûlées. Un magma épidermique. Les mots disent la circonférence d'une présence, peut-être d'une idée, pourtant ils ne signifient rien, sinon, charnue, une humeur corporelle vaporeuse, légèrement tremblée entre les lèvres.

Il se trouve que Percival Everett dispose également d'un prénom qui évoque à tout lecteur européen le Perceval de Chrétien de Troyes et sa dimension métaphysique. Perceval est ce jeune chevalier, absent à lui-même et sans mots, ce jour où il s'aperçoit qu'il est un mortel, halluciné devant des taches de sang apparues sur la neige. Un sang vif sur le givre : voilà que la mort et la vie s'étreignent et font de Perceval un être qui doute. Désormais le voici assuré de mourir, lui qui se pensait invincible. Cette magistrale leçon d'abstraction - un tableau de Malevitch - issue du conte médiéval n'échappera pas, en écho, au Giono d'Un roi sans divertissement.

Le tableau des traces de sang sur la neige réapparaît, dans un bégaiement, au sein de Blessés où un coyote écorché vif, sur trois pattes, laisse de semblables traces de son calvaire, soit un pigment carmin sur le blanc étincelant de la plaine. D'un tableau l'autre.

Dans Blessés, roman faussement linéaire proche d'une épopée sentimentale au Far West, tous les personnages sont blessés de manière visible ou dissimulée. Certains le sont pour leur couleur de peau, leur vie sexuelle ou leurs convictions et l'on sent comme une fièvre enfler la rumeur de l'intolérance dans les entrailles d'une Amérique contemporaine avide d'être rassurée. Au détour d'un chapitre, une vache tuée dans un ranch appartenant à un fermier indien fait à nouveau couler le sang sur la neige. Puis un bovin abattu d'une balle de carabine en pleine tête indique par la position de son cadavre un livre de chair et de sang, en train de s'écrire : "La tête de l'animal n'était plus qu'une masse sanguinolente, trouée de plusieurs coups de fusil. Cette fois, la bête avait été éventrée, et son sang avait trempé le sol, avant de couler, se mêlant à la neige fondue, jusqu'au bord de l'eau. Le sol souillé avait noirci. (...) Daniel se pencha, saisit la bâche par un coin et la retira. Inscrits en rouge sur la neige, avec le sang de la bête, s'étalaient les mots Nègre rouge".

La littérature s'écrit partout. Dans les champs ou les grottes, entre deux boxes de chevaux, face au désert rouge d'une plaine ensablée, entre deux corps. Partout où la profondeur poétique du monde entaille l'herbe, la pierre, la neige ou le sable. D'où l'empreinte picturale des romans de Percival Everett, dans lesquels l'ambiguïté de ce qui est tu existe autant que ce qui est prononcé. Cadres narratifs et territoires sont délimités par un langage qui repousse l'idée de frontière pour approcher une mixité des sols, des cieux et des horizons, exactement comme sur les toiles de Mark Rothko.

Les dialogues tournent souvent au lancer de couteaux, au jeter de lasso, entre père et fils, vivants et morts, hommes et animaux. Le langage est un jeu mathématique et abstrait dont on ne discerne qu'une peau signifiante, alors que chaque mot traîne avec lui ses propres morts et recèle tendresse et sauvagerie. Dans Blessés, je vous le jure, on lit les animaux parler.

Les mots sont ces chevaux. On lira dans Blessés le parcours de Fléau, une mule passant des jours entiers à glisser sa tête puis tout son corps sous les planches de son boxe pour éprouver la vertigineuse sensation de sa liberté.
Fléau c'est le cheval regardant, le cheval antique. Celui qui observe, entre deux palissades et au-delà de l'oeillère. Fléau, c'est Everett. Voyez ce face à face : "Je repris le chemin de la maison bien avant l'aube. Avec les ronflements de Zoe (la chienne), je n'avais pu fermer l'oeil et, je ne sais pourquoi, la proximité de la grotte rendait mon cheval nerveux. En traversant le ruisseau, puis en passant le portail sud, je sentis qu'il se passait quelque chose d'anormal du côté de l'écurie. Quand j'atteignis le bout du champ immense, je n'en crus pas mes yeux : la mule, allongée sur le flanc, essayait de se faufiler sous le barreau inférieur de la palissade. Toujours en selle, je m'approchai lentement afin de mieux voir. Elle n'avait réussi à sortir que la tête et le cou, mais ils étaient bien engagés. La mule ouvrit tout grand l'oeil droit, me regarda sans émoi, à la manière typique des mules. Elle laissa retomber sa tête dans la poussière et resta immobile".

Glyphe, à paraître cet automne, est une merveille d'humour grisant car Percival Everett n'est pas du tout un cynique. C'est un comique et un tragique puissant. Longtemps qu'un livre n'aura ainsi mérité l'expression, rire à gorge déployée. Entre la causticité désopilante des Marx Brothers et la ténèbre illuminée d'un Stanley Kubrick, Percival Everett imagine les débuts dans la vie d'un poupon archidoué. Le petit génie est évidemment mû par son extraordinaire aptitude au langage. L'occasion pour l'auteur de poser mille questions sur l'origine des mots et leur entendement, dans une sorte de manuel de l'écrivain naissant, écrit par lui-même à mesure qu'il grandit et devient de plus en plus "écrivant". A ceci près que chez Percival Everett, que d'aucuns parmi les journalistes littéraires continuent à lire uniquement comme un "écrivain noir" (c'est effectivement la couleur de sa peau et c'est aussi sans doute l'une des raisons qui crée chez Everett ce système de prévention et de défense renversant jusqu'à la paranoïa certitudes et situations), rien n'est jamais aussi simple : car le petit génie ne parle pas. Il écrit.

L'incipit qui suit, aussi troublant que définitif, donne un très rapide point de vue sur le talent de l'auteur qui est aussi un peintre (en plus de posséder un ranch), comme lui-même nous l'apprit lors de son passage au Drugstore des Champs Elysées où il signa ses ouvrages en présence de Dominique Chevalier, laquelle interpréta en français ses propos. Sur la vidéo jointe, vous apercevrez, entre autres, l'écrivain Claro, présent dans le public, qui s'adresse à l'auteur. Voici l'incipit et c'est un bébé qui l'écrit : "Je choisis de commencer par l'infini, qui demeure ce qui m'est le plus proche".

Isabelle Rabineau

Percival Everett est né en 1956 dans le sud des Etats-Unis. Diplômé de littérature et de philosophie, il enseigne aujourd'hui à la Southern California University. Il a publié des ouvrages de poésie, des nouvelles et de nombreux romans dont trois sont traduits en français chez Actes Sud : Effacement (2004), Désert américain (2006) et Blessés (2007). Les trois livres sont disponibles dans la collection Babel.



Percival Everett
Blessés
Traduit de l'anglais (Etats-Unis, Wounded) par Anne-Laure Tissut
Ed. Actes Sud 2007
20 euros



Percival Everett
Glyphe
Traduit de l'anglais (Etats-Unis, Glyph) par Anne-Laure Tissut
Ed. Actes Sud, novembre 2008
20 euros


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:: note publiée par Isabelle Rabineau :: dans topolivres :: le lundi 13 octobre 2008 à 07:01 ::
:: Percival Everett, EFFACEMENT > DESERT AMERICAIN > BLESSES > GLYPHE (critique) ::
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53 - J'ai besoin de vous!

par Couraud

J’ai pour habitude de tenir mes promesses, et comme je me suis engagé fin juillet à soutenir la Fondation du Centre Régional de Lutte Contre le Cancer René Gauducheau, lequel a eu l’amabilité de me débarrasser de ce crabe qui me rongeait, je m’y emploie aujourd’hui. Comment? En multipliant les séances de dédicaces à son profit, organisées pour l’occasion par l’enseigne "SUPER U" particulièrement répandue en Vendée, du samedi 27 septembre au mardi 23 décembre. Les librairies COIFFARD de Nantes, AGORA de La Roche-sur-Yon et GIBERT de Poitiers, se sont également portées volontaires, mais il va de soi que l’important est de vendre et que pour y parvenir, il me faut le soutien des médias. De mon côté, je me suis débrouillé pour rencontrer Fr3, TV-Vendée, France bleu Loire Océan, Ouest-France et quelques autres encore, tous sensibilisés par l’initiative, mais vous vous doutez bien que cela ne va pas permettre au CRLCC d’acheter la caméra TEP/scanner indispensable à son évolution. Pour cela, j’ai donc besoin de vous, de vos contacts et relations, d’une écoute au plus haut niveau, bref, d’un véritable mouvement concentré sur l’événement. Pour la petite histoire, cette pathologie m’a cueilli sans crier gare alors que je me croyais à l’abri de tout, une prétention qui m’a fait un temps perdre les pédales, m’éloigner de moi, et ce n’est pas mon ami Topodoc qui prétendra le contraire! Par chance, ce type de cancer est facilement curable - d’autres sont autrement menaçants - et c’est parce que j’ai eu cette chance, et que je pense à ceux qui en manquent encore, que je veux réussir ce challenge un peu dingue. Bon, certains penseront que c’est là une façon détournée de me faire de la publicité, auquel cas je leur répondrai que “Elle, la fin du samsara” s’est vendu à 7000 exemplaires et que “Elle, la Coulée Douce” paraît promis à la même destinée, alors, qu’ils le sachent, je me moque de la pub. J’ai déjà deux pages sur Google, de quoi vivre et faire vivre, et n’ai pas pour ambition ultime de finir le plus riche du cimetière! Bien cordialement, Alain
:: note publiée par Couraud :: le vendredi 26 septembre 2008 à 22:04 ::
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