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Le blog de plume

SE PASSER LA CORDE AU COU

 

Un coup de fil au mauvais moment ! Mariée ou pas, il faut attendre !

 

 

 

Avant de prendre mes jambes à mon cou, je déclarai, séance tenante :

-      Je ne tendrai pas le cou ! N’y comptez pas, je suis trop bien comme ça, je garde ma liberté.

Ce jour-là, mes parents se le tinrent pour dit et ne remirent plus le sujet sur le tapis ! Ils avaient rêvé de me voir épouser un collègue paternel, plus jeune que mon père, certes, mais peu sympathique, doté d’une verrue sur le nez, la seule chose qui me fascinait chez lui ! D’ailleurs, nos tête-à-tête s’étaient jusqu’à présent limités à de simples entrevues dénuées d’intérêt si bien que je n’eus rapidement aucune envie de me jeter à son cou !

Quant à me laisser passer la corde au cou, inutile de préciser que ce fut impossible car j’avais pris mes précautions, et quoiqu’on dise ou quoiqu’on fasse, je ne me laisserai jamais circonvenir et laisser quelqu’un d’autre choisir à ma place et décider de ma vie.

Ce fut définitif et sans retour arrière. J’épousai quelques années après un homme que mes parents  baptisèrent « le saltimbanque », s’agissant d’un clown, qui me faisait mourir de rire quand il répétait ses numéros. Il exécutait aussi toute une panoplie de grimaces irrésistibles. Evidemment, quelques temps après, plongée dans les soucis matériels jusqu’au cou, mes parents hochèrent la tête en pensant que je me casserai le cou tôt ou tard, avec un mari dans un métier si aléatoire et difficile.

La vie me donna raison. Sans voir le temps passer, nous nous aperçûmes un jour que nous étions ensemble depuis une bonne vingtaine d’années ! De quoi faire taire les mauvaises langues ! Malheureusement, mon clown devint triste, pleurnichard et se transforma Charlot aux prises avec le monde moderne. Ainsi il tenta le travail à la chaîne, le porte à porte, l’animation de supermarchés, les anniversaires et tutti quanti.

Mais à l’amorce d’une séparation à l’aube de la quarantaine, les commères se sont remises à répandre leur fiel. D’aucunes ont voulu me mettre la bride sur le cou. Je piaffai et ruai comme une jument éprise de liberté.

A ce jour, étant plongée dans mon travail jusqu’au cou, je regarde autour de moi et me dis que l’indépendance d’esprit est si précieuse qu’il faut veiller à sa liberté et ne jamais au grand jamais se laisser mettre la bride sur le cou ou bien pire, se laisser passer la corde au cou …

 

Anouchka

230608

 

:: note publiée par anouchka :: dans HUMEUR DU JOUR :: le lundi 23 juin 2008 à 18:01 ::
:: SE PASSER LA CORDE AU COU ::
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:: commentaires : 1 :: écrire un commentaire ::


Cou

commentaire du mardi 24 juin 2008 à 13:06 :: hsnhasnae

Et toujours jusqu'au cou :-) :-)
Beau texte





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