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Le blog de plume

PRESENTATION

 

 

:: note publiée par anouchka :: dans MA PRESENTATION :: le mercredi 1 octobre 2008 à 08:09 ::
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VAGUE A L'AME

Vague à l'âme est sorti. Vous pouvez le commander chez les Editions Saint-Martin ou auprès de moi. Voici la présentation. A noter que le dessin est réalisé par yves Guilhamond en épilogue avec mon poème.

 

Vague à l'âme
d'Anne Stien

       
 
         
 

Je n’ai pas réalisé tout de suite que j’étais mort. J’ai commencé à me douter de quelque chose lorsque de grands filets m’ont amené sur le pont d’un chalutier. Quand j’ai vu l’expression des pêcheurs, j’ai compris que c’était bien plus grave que je ne pensais.

Mais comment en suis-je arrivé là ?

Je suis parti en mer, un matin de juin, sur mon voilier. Temps calme, plein soleil. Après, je ne sais plus. Les événements se brouillent. Je ne suis sûr que d’une chose. Mon voilier est à présent amarré à son emplacement habituel !

Je dois absolument faire le point sur les causes de ma disparition. Mon avenir en dépend.

Paul Tardieu n’est pas le seul à se poser des questions sur son décès brutal. Les autorités judiciaires ont ouvert une enquête. Les recherches s’annoncent délicates, la victime évoluant dans les hautes sphères de la finance.

Après Un si joli chemin, Anne Stien poursuit son exploration de la nature humaine. En toute discrétion, elle nous permet de découvrir l’intimité de personnages étonnamment proches de nous. Grâce à une histoire troublante, l’auteur touche à l’universel de l’être.

 
         
  Note de l'auteur :      
         

Vague à l'âme
Collection Littéraire
144 pages
ISBN : 978-2-916766-09-6
17 €

:: note publiée par anouchka :: dans MES ECRITS :: le mercredi 20 août 2008 à 18:13 ::
:: VAGUE A L'AME ::
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LE VICE ET LA VERTU

" Il ne faut pas retourner certaines vertus : leurs envers est plus laid que bien des vices ». Marie d’Agoult

 

Envers, endroit, le roi Dagobert n’y avait vu que du feu ! Et cela a donné lieu à une chanson impérissable. La célébrité du roi perdure à cause d’une culotte mise à l’envers ! Si cela se trouve, ce « bon roi Dagobert »a exercé une influence bénéfique sur notre pays et nous n’en savons rien, la chanson ayant gommé toutes ses autres actions.

L’envers du décor est souvent décevant, si l’on y pense. Les apparences nous grisent et notre imagination fait le reste.  Ainsi le vice est-il plus attrayant que la vertu, semble-t-il !!! Pourtant elle n’est pas toujours récompensé.

La vertu bénéficie d’une aura de sainteté, d’incorruptibilité, d’altruisme et de dévouement vis-à-vis des autres. Mais trop de vertu condamne la personne à être ennuyeuse. Car si on lit la vie des saints, on constate qu’ils ont mené une existence exemplaire, résisté à toutes les tentations possibles et inimaginables. Même le chocolat n’avait aucun attrait pour eux. Quand on pense que les jeûnes et les retraites occupaient leurs vies, on est loin, pauvres humains ordinaires, d’atteindre le niveau de leurs renoncements. Il faut dire que les saints, quels qu’ils soient et quelle que soit l’époque, mettaient la barre très haut. 

Bref, la vertu tout en ayant bonne presse, n’est pas très répandue sur terre, si l’on en croit les prédicateurs, annonceurs de grands désastres punitifs. 

Pour ce qui est du vice il a le goût du péché. On le cache comme un trésor, ne montrant que la belle façade de la médaille.

Vice et vertu ne font pas bon ménage, c’est pourquoi on ne les mélange pas : aucun cocktail exotique, pas de Miami vice avec les mêmes comédiens ! Pas de discussions sartriennes sur ces thèmes récurrents que sont le bien et le mal, vertu et vice inavouable.

Vive le chocolat noir, le chocolat blanc, le chocolat au lait, aux noisettes, aux amandes, à la menthe, à la noix de coco, à la framboise, à l’orange, à la crème brûlée, à la pistache, à la cerise …. Notre petit péché mignon pour soigner nos bourrelets et arrondir notre petit ventre déjà bien gras !...

Anouchka

:: note publiée par anouchka :: dans HUMEUR DU JOUR :: le mercredi 20 août 2008 à 18:01 ::
:: LE VICE ET LA VERTU ::
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JALOUSIE

 

 Jalousie, tu t'acharnes sur moi,

Ne vois-tu pas mon infernal  émoi ?

Soupçonnée et persécutée,

Au point de douter de ma sincérité,

Ton ombre menaçante me hante.

 

Ah ! Que n'ai-je pour toi de l'amitié,

justifiant la pire inimitié,

Ainsi violente tu me régentes !

Oublie-moi !

 

Mais partageant  chaque jour ton toit,

Je m'habitue bien au chaud et froid ,

J'oublie parfois mon identité,

Jalousie honnie et exécrée.

Que n'ai-je une solide rente !

Oublie-moi !

 

:: note publiée par anouchka :: dans POESIE :: le lundi 11 août 2008 à 10:33 ::
:: JALOUSIE ::
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UNE MINE PAS COMME LES AUTRES

 

Hier, la mine souriante, je décidai de visiter le musée de la mine dans le Nord (je ne précise pas le site que vous devez connaître (Douaisis). Mine de rien je pris un billet de restauration et visite, tout en me répétant que non, je n'étais pas claustro et que cela se situait dans ma tête, seulement !

En pensant à mes ancêtres mineurs qui, dès leur plus jeune âge , furent fauchés par la grande guerre plus sûrement qu'un coup de grisou, je pénétrai dans les galeries sombres et interminables avec un sentiment d'admiration devant leur travail de forçat pour un salaire de misère.

On m'expliqua que le soutènement des galeries était pratiqué par des mineurs spécialisés. Ils utilisaient principalement le sapin qu'ils fixaient solidement aux quatre coins de l'endroit à creuser. Hier, la mine souriante, je décidai de visiter le musée de la mine dans le Nord (je ne précise pas le site que vous devez connaître (Douaisis). Mine de rien je pris un billet de restauration et visite, tout en me répétant que non, je n'étais pas claustro et que cela se situait dans ma tête, seulement !
En pensant à mes ancêtres mineurs qui, dès leur plus jeune âge , furent fauchés par la grande guerre plus surement qu'un coup de grisou, je pénétrai dans les galeries sombres et interminables avec un sentiment d'admiration devant leur travail de forçat pour un salaire de misère.

On m'expliqua que le soutènement des galeries était pratiqué par des mineurs spécialisés. Ils utilisaient principalement le sapin qu'ils fixaient solidement aux quatre coins de l'endroit à creuser.
Parfois les veines de minerai étaient larges et longues ce qui compliquait le boisement. C'était alors la ruée car chaque mineur était payé à la quantité de charbon extraite.
Ah j'oubliais , je portais un ravissant casque de chantier jaune fluo. Cela m'allait comme un gant et me donnait la mine conquérante !
Tout le long des galeries, il y avait des rails où circulaient des wagonnets remplis du minerai. Au début du siècle, les chevaux étaient descendus au fond de la mine pour tracter ces wagons.

A la surface, il y avait la fameuse "salle des pendus" où les mineurs pouvaient se laver et accrocher leurs bleus de travail grâce à un système de poulie. Les vêtements étaient suspendus à la hauteur du plafond ce qui augmentait la capacité de rangement d'où l'appellation sinistre évoquant les pendaisons.

Existait aussi la lampisterie où de frêles jeunes filles travaillaient à l'entretien et à la distribution des lampes.

Plus loin, en surface également, on trouvait la salle de tri des minerais de shiste et de charbon.

La toxicité était grande dans cette salle occupées par des femmes qui mouraient plus ou moins jeunes atteintes par les poussières de charbon (silicose). Egalement les mineurs de fond payaient un lourd tribut à la mine, soit périssaient dans les accidents (effondrement des galeries ou coups de grisou) ou étaient affectés aussi par des maladies pulmonaires chroniques et incurables.

Les enfants étaient recrutés dès l'âge de 12 ans et passaient leur vie entière au fond. On les appelait les galibots.

Ils apprenaient le dur métier de mineur et n'avaient ensuite aucune autre alternative. Ces enfants étaient malingres et atteints très jeunes par les affections pulmonaires.

Lorsque j'émergeais à la surface, un éblouissealement me fit cligner des yeux. La visière de mon casque m'abrita un peu de la luminosité du jour.

Ahurie par ce contraste et notre vie facile en regard de cette époque où es mineurs vivaient la plupart du temps dans l'obscurité et le danger permanent, j'eus un peu honte de moi en secouant mes ballerines pour éliminer quelques petits cailloux blessants.

J'imaginais alors mon arrière-grand-père remontant du fond, le visage et le corps noirs au point que l'appellation "gueule noire" était coutumière. Seuls brillaient dans son visage ses yeux clairs et ses dents abimées, faute de soins. J'avais souvent entendu parler du "briquet" que mon arrière-grand-mère confectionnait chaque jour pour son mari.

Elle gérait la maisonnée d'une main de fer. Mais la chaleur du coeur était bien présente et je me souviens de ses baisers affectueux. Il n'était pas rare à l'époque d'avoir une dizaine d'enfants et quelques uns non viables ou décédés dans leur plus jeune âge. C'était le cas de maman Catherine, appelée ainsi par tout un chacun. Elle reste une légende dans ma famille.

Je le raconte notamment dans le premier chapitre de mon livre dédié à cette génération qui a tant souffert entre la condition ouvrière de l'époque et la grande guerre qui tua un homme par famille. (cf. Lointaines rencontres)

J'ai une tendresse infinie pour eux tous vivant fièrement au pays de l'or noir, inculquant à leurs enfants la valeur du travail bien fait et l'honneur d'appartenir à cette corporation.

Socialement, à partir des années 30, ils firent partie intégrante de la mine, étaient logés dans les corons gratuitement, soignés (superficiellement).

J'ai été bouleversée par cette découverte. Je connaissais superficiellement le sujet par mes lectures. Mais approcher de près cet environnement industriel qui a fait la richesse du Nord avec le textile et employé quelques milliers de personnes, est une autre chose et vous prenez tout en pleine face ! Je vous encourage à faire cette visite qui est très intéressante et émouvante.

Parfois les veines de minerai étaient larges et longues ce qui compliquait le boisement. C'était alors la ruée car chaque mineur était payé à la quantité de charbon extraite. Ah j'oubliais , je portais un ravissant casque de chantier jaune fluo. Cela m'allait comme un gant et me donnait la mine conquérante !Tout le long des galeries, il y avait des rails où circulaient des wagonnets remplis du minerai. Au début du siècle, les chevaux étaient descendus au fond de la mine pour tracter ces wagons.

A la surface, il y avait la fameuse "salle des pendus" où les mineurs pouvaient se laver et accrocher leurs bleus de travail grâce à un système de poulie. Les vêtements étaient suspendus à la hauteur du plafond ce qui augmentait la capacité de rangement d'où l'appellation sinistre évoquant les pendaisons.

Existait aussi la lampisterie où de frêles jeunes filles travaillaient à l'entretien et à la distribution des lampes.

Plus loin, en surface également, on trouvait la salle de tri des minerais de shiste et de charbon.

La toxicité était grande dans cette salle occupées par des femmes qui mouraient plus ou moins jeunes atteintes par les poussières de charbon (silicose). Egalement les mineurs de fond payaient un lourd tribut à la mine, soit périssaient dans les accidents (effondrement des galeries ou coups de grisou) ou étaient affectés aussi par des maladies pulmonaires chroniques et incurables.

Les enfants étaient recrutés dès l'âge de 12 ans et passaient leur vie entière au fond. On les appelait les galibots.

Ils apprenaient le dur métier de mineur et n'avaient ensuite aucune autre alternative. Ces enfants étaient malingres et atteints très jeunes par les affections pulmonaires.

Lorsque j'émergeais à la surface, un éblouissealement me fit cligner des yeux. La visière de mon casque m'abrita un peu de la luminosité du jour.

Ahurie par ce contraste et notre vie facile en regard de cette époque où es mineurs vivaient la plupart du temps dans l'obscurité et le danger permanent, j'eus un peu honte de moi en secouant mes ballerines pour éliminer quelques petits cailloux blessants.

J'imaginais alors mon arrière-grand-père remontant du fond, le visage et le corps noirs au point que l'appellation "gueule noire" était coutumière. Seuls brillaient dans son visage ses yeux clairs et ses dents abîmées, faute de soins. J'avais souvent entendu parler du "briquet" que mon arrière-grand-mère confectionnait chaque jour pour son mari.

Elle gérait la maisonnée d'une main de fer. Mais la chaleur du coeur était bien présente et je me souviens de ses baisers affectueux. Il n'était pas rare à l'époque d'avoir une dizaine d'enfants et quelques uns non viables ou décédés dans leur plus jeune âge. C'était le cas de maman Catherine, appelée ainsi par tout un chacun. Elle reste une légende dans ma famille.

Je le raconte notamment dans le premier chapitre de mon livre dédié à cette génération qui a tant souffert entre la condition ouvrière de l'époque et la grande guerre qui tua un homme par famille. (cf. Lointaines rencontres)

J'ai une tendresse infinie pour eux tous vivant fièrement au pays de l'or noir, inculquant à leurs enfants la valeur du travail bien fait et l'honneur d'appartenir à cette corporation.

Socialement, à partir des années 30, ils firent partie intégrante de la mine, étaient logés dans les corons gratuitement, soignés (superficiellement).

J'ai été bouleversée par cette]écouverte. Je connaissais superficiellement le sujet par mes lectures. Mais approcher de près cet environnement industriel qui a fait la richesse du Nord avec le textile et employé quelques milliers de personnes, est une autre chose et vous prenez tout en pleine face ! Je vous encourage à faire cette visite qui est très intéressante et émouvante.

 

Mine de rien et de crayon, j’ai passé tout au crible : il ne reste pas le moindre boulet à vous raconter !

 

 

:: note publiée par anouchka :: dans MES EVENEMENTS :: le lundi 11 août 2008 à 10:28 ::
:: UNE MINE PAS COMME LES AUTRES ::
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COMME ON DIT...

Cette maxime m'a toujours intriguée :

"Comme on fait son lit, on se couche"

Ce qui veut dire ?

Après mûres réflexions, j'en ai conclu que a plupart du temps, on fait mal son lit car rabattre la couette sur le drap de dessous est rapide et bien pratique

Donc, si l'on se couche dans un lit mal fait, est-ce que notre vie s'en ressent ? Cela veut-il dire que l'on bâcle tout et que l'on se contente de l'à peu près. Je pense être sur la bonne voie.  Néanmmoins il ne faut pas tomber dans le travers de la perfection à tout prix !

Etes-vous d'accord ?

:: note publiée par anouchka :: dans EXPRESSIONS :: le vendredi 8 août 2008 à 16:57 ::
:: COMME ON DIT... ::
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DOUX SI DOUX

Je filai doux comme un agneau lorsque ma mère me dit soudain :

- Va chercher le lait à la ferme et ne traîne pas sinon le loup va te manger !

Je n'avais qu'un bonnet bleu et des gants noirs tricotés en maille douce au point mousse !

Alors tout doucement, je me répétai tout le long du chemin : "Le loup ne me mangera pas, car je ne suis pas habillée de rouge ! Et puis, je suis bien le chemin; Je ne file pas en douce dans des allées nconnues".

A moitié rassurée, du haut de mes six ans, j'eus tôt fait de franchir un gué avec mes deux pots au lait bringuebalant bruyamment. Si le loup me guettait, il viendrait voir de plus près. Cette idée me donna des jambes et j'aperçus le toit de la ferme au bout du chemin. Je poussai un soupir de soulagement tant il est doux d'arriver à bon port !

La fermière me donna un gâteau bien crémeux et remplis mes bidons en fer de lait mousseux et odorant. Je la remerciai et reprit le chemin en sens inverse.

Tout en marchant, je remarquai des lettres creusées dans le tronc d'un arbre. Je m'approchai silencieusement et constatai qu'il s'agissait d'un doux poème que je déchiffrai à voix haute :

"Chaque jour je te fais les yeux doux

Mais ton coeur y est insensible,

Accepteras-tu un rendez-vous ?

Au nom de notre amour;"

Je trouvai ce texte si beau que je l'appris par coeur, tout en cheminant jusqu'à la maison.

les joues roses, je racontai par le menu ma découverte et j'eus la stupéfaction de revoir de voir maman pleurer, tout en me disant d'un ton très doux : "C'est un mot de ton papa, il est au ciel maintenant mais son poème est toujours vivant !".

Ce fut à mon tur d'être émue et je versai quelques larmes en imaginant mon père creuses l'écorce de l'arbre pour immortaliser son amour...

 

 

 

 

:: note publiée par anouchka :: dans CONTE :: le vendredi 8 août 2008 à 15:59 ::
:: DOUX SI DOUX ::
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MIRAGES

MIRAGES

Anouchka

2082008

 

Que dire de ces jours de Juillet où canicules et orages se succédant, les humeurs s’en ressentent, les relations se tendent et enfin les cours de la bourse sont catastrophiques !

Vous pensez : la bourse, dernier de vos soucis puisque vous n’avez aucune action … Cependant, il faut malgré tout savoir que c’est un baromètre mondial. Quand New York éternue, la planète entière est enrhumée !

De plus, vous constatez par vous-même que Chéri-Bibi s’en est allé et que, par un effet miraculeux, il s’est transformé en roi du pétrole. Il s’habille comme un émir, roule en 4-4 noir avec les vitres fumées, se la joue avenue Hoche en achetant les hôtels du monopoly, organise des fêtes gigantesques avec son et lumière, vous convie à dîner aux chandelles et envoie son chauffeur personnel vous quérir avec une brassée de roses.

Vous sursautez, une épine vous a piqué ! Alors vous réalisez : Plus de roses, plus de chauffeur. En fait, vous refaites les ourlets de Jeans de vos deux loulous  qui grandissent à vue d’œil. Et vous avez devant vous une montagne de choses à faire, des choses désagréables, des choses dégradantes, des choses incontournables, des choses qu’il vous revient à vous seule  de faire à savoir : le repassage, le ménage, les courses,la cuisine, les papiers, vous occuper des enfants, les conduire, les ramener, les laver, les éduquer et … J’en passe. Il faut aussi avoir l’œil bien ouvert pour surveiller votre mari qui s’en  irait bien conter fleurette au  premier jupon qui passe !  Faire les poches, piquer son agenda, écouter sa messagerie de portable, pirater sa boite email, regarder l’historique des connexions Internet  et au passage vous balader sur meetic.com… Qui ne connaît le site de rencontres au sommet ? Exemple réussi : Carla et Sarko !

Voilà qu’il vous vient de l’urticaire à la seule idée de toutes les tâches ingrates que vous allez devoir assurer ! D’autant plus que votre roi du pétrole n’existe que dans votre tête. A sa place vous avez votre grand René, avec ses slips kangourou qu’il croit sexy, et ses marcels à trous trous qu’il arbore d’un air conquérant. Il vous ferait bien l’amour là dans la cuisine, sur la table encombrée, à la hussarde mais votre mental ne suit pas…. Comment superposer l’image de Kevin (pour ne pas le nommer, celui de Body Guard) ou celle de JCV cherchant en vain dans sa mémoire une définition ésotérique lapidaire qui s’apparenterait à « la mort est un combat, la vie est une bataille ! », le tout assaisonné  de « aware » autant qu’on en veut. Mais à tout prendre, il est peut-être génial cet homme dont tout le monde se moque !

Le grand René … Songeuse vous vous remémorez une soirée à l’Olympia alors que L. Géra rebondissait de facéties en imitations, de blagues en grimaces, d’histoires à hoqueter de rire, s’agissant d’une famille canadienne où les caribous et les blondes font bon ménage.

Un mirage surgit et vous voilà repartie en Arabie, dans un palais des mille et une nuits, voiles transparents et plateaux cuivrés, émirs lubriques et moucharabiehs. Votre fantasme est en réalité une prison dorée.

Retour brutal dans  votre cuisine avec une montagne de vaisselle sale qui vous nargue.

Ah les dunes inviolées et le pas ondulant des chameaux dans le silence écrasant du désert !

Mais …la caravane est passée …

:: note publiée par anouchka :: dans HUMEUR DU JOUR :: le samedi 2 août 2008 à 12:22 ::
:: MIRAGES ::
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LES AILES DE LA VICTOIRE

S'agissant d'une victoire à la Pyrrhus, chèrement obtenue, vous avez arraché le consentement de votre "bonnet de nuit" conjugal pour aller voir un ballet de Maurice Bejart. Il vous accorde (votre pygmalion) le bénéfice du doute quand vous lui affirmez que vous irez à ce spectacle (somme toute ennuyeux pour lui) avec votre cousin, le lointain cousin provincial esseulé et perdu dans la capitale...
Vous vous dites alors, prenant un air modeste et effacé, que vous avez remporté la victoire de Samothrace, car l'issue de votre longue approche puis négociation s'est soldée par une heureuse conclusion.
Forte de cette victoire diplomatique, vous pensez que vous êtes devenue un fin stratège et vous chantez victoire intérieurement.
Le cousin éloigné sera de'autant plus satisfait qu'il sera seul avec vous, pourra vous faire une cour effrénée, ce qui vous changera de la morne soirée télévisée à laquelle vous êtes astreinte aux côtés de votre mentor.

Et puis, haussant les épaules, vous vous dites qu'assurément il ne faut jamais se vanter que "Fontaine, on ne boira pas de ton eau" !

Moi-même, sage comme une image pourtant, je viens de me découvrir toute une branche de cousins, branche qui me laisse rêveuse ....

:: note publiée par anouchka :: dans HUMEUR DU JOUR :: le mercredi 30 juillet 2008 à 11:59 ::
:: LES AILES DE LA VICTOIRE ::
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TARTE,VOUS AVEZ DIT TARTE ?

Bien sûr à quoi pense-t-on quand on évoque une tarte ?

Les gourmands vous diront :
-à un dessert, cela va de soi !
Les belliqueux répondront avec un zeste d'agressivité :
-à une gifle bien envoyée (et méritée pense-t-il)...
Les blasés affirmeront :
-à quelque chose de tarte, d'ailleurs vous aussi vous êtes tarte (has been, démodé, ringard,ridicule)
Et quand, vexée, vous lui rétorquez :
-tarte à la crème vous-même ! Vous lui signifiez ainsi que ce qu'il dit est sans intérêt, ordinaire, redondant...

Lui tournant le dos, et rangeant votre matériel de micro-trottoir, vous ajoutez tout haut :
- C'est pas de la tarte !

Avec cette expression, vous vous réconfortez un peu en pensant que le sujet est trop difficile. Alors, ne résistant plus devant cette évocation de tartes tous azimut, vous vous précipitez dans une pâtisserie et dégustez en file indienne, une tarte au citron, aux pommes, aux poires, au chocolat, aux abricots. Il vous manque quelque chose malgré tout ! Mais oui c'est votre préférée, la tarte à la rhubarbe.

Du coup, légèrement écoeurée, vous vous trouvez "tarte", trop grosse, mal fringuée, l'air bête comme vos pieds !

Alors, vous concluez :
-Décidément c'est une journée tarte à la crème !

Et vous n'y pensez plus ! Juste une chose, maintenant il faut bruler les calories que vous avez accumulées !

L'HORREUR !!!!!

Bon week-end pas trop tarte !!
Anouchka

 

 

 

:: note publiée par anouchka :: dans HUMEUR DU JOUR :: le mercredi 23 juillet 2008 à 14:22 ::
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POUSSIERES D'ETOILES, LE REVE

Aujourd’hui, on est le vendredi 18 Juillet de l’année 2008 sur la planète terre ! J’ai vérifié sur le calendrier de la Poste !!!!(Cette année, en guise de calendrier illustré toujours avec un goût très sûr, j’ai pris une pin-up (ce n’est pas un gros mot) sur l’endroit et sur l’envers, un routier qui lève le pouce au volant de son camion décoré de nanas savamment dévêtues !!!).

Ca me rappelle un  resto routier où nous fîmes étape pour le déjeuner. Il était 13 heures, l’heure des infos… Une ribambelle de camions tous plus beaux les uns que les autres étaient garés en épis (de blé et non pas l’épi rebelle de ma chevelure au petit matin) ! Tout en rangeant notre véhicule, on se disait que le menu avait bonne réputation ! Quelle ne fut pas notre surprise d’être accueillis par une soubrette en dessous avantageux dont les hanches ondulaient sous un pagne rose fluo !!!! 

Il n’y avait que des hommes au cou épais et rouge (red necks) qui avaient le regard lubrique et la face congestionnée (à mon avis la congestion avait dû gagner une partie de leur anatomie que la décence m’interdit de nommer ici) ! Tatouages et biceps faisaient bon ménage tandis que le pastis remplissait les verres gracieusement servis par une autre barmaid dont le décolleté pigeonnant vous invitait à y descendre sans cordée !!! 

Nous eûmes bien du mal à nous concentrer sur nos paupiettes du chef et le fou rire nous secouait convulsivement !!!! Un vrai délire !

A propos de délire, lequel vient quotidiennement me chatouiller les orteils, le délire naturel, spontané, sans chichi, le délire qui vous laisse zen  et réconciliée avec le quotidien !!!!En évoquant mon quotidien, j’ai oublié d’acheter des  tomates cerises, au fait on sort ce soir, mon brushing est à plat, je n’ai rien à me mettre, dimanche j’ai du monde et le frigo est désespérément vide !! Sans compter le nettoyage complet de l’appart à faire et le linge à laver… 

Devant ce salmigondis répugnant de tâches ingrates, invisibles à l’œil masculin, lequel mec vous dit en rentrant le soir qu’il a travaillé, lui, et qu’il n’a pas la force de vous aider, je plonge à nouveau dans mon délire, les yeux fermés et à pieds joints … 

Dans mon rêve de liberté, je chevauche une Harley, mon casque est futuriste, la voix de C. Maë susurre à mon oreille des mots doux, je décolle, montant toujours plus haut,traçant un sillage  nacré dans le bleu azur du ciel. La terre m’apparaît comme une sphère précieuse chamarrée de bleu et de verre, elle illumine le vide astral dans lequel je m’engloutis, émerveillée, parmi une poussière d’étoiles filantes.

 

Je suis désincarnée, je plane, dans mon esprit se forme une pensée : 

 

Ma planète d'amour, tu es menacée,

nous te sauverons  ensemble,

la main dans la main 

:: note publiée par anouchka :: dans HUMEUR DU JOUR :: le vendredi 18 juillet 2008 à 19:15 ::
:: POUSSIERES D'ETOILES, LE REVE ::
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ACCORDS SINGULIERS

 

Mésange sur le site de amour de poesie correspond à Anouchka

.dont les rêves sont aussi exotiques et rejoignent ceux de Mesange... 

:: note publiée par anouchka :: dans POESIE :: le dimanche 13 juillet 2008 à 03:21 ::
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LE GLAIVE ET LA BALANCE (TANKA)

 

 

Anouchka

80708

:: note publiée par anouchka :: dans POESIE :: le jeudi 10 juillet 2008 à 19:19 ::
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SERENITE (HAIKU)

 

Pensée apaisée

 

Voyage de l'esprit

 

Regard éclairé

 

 

 

 

 

Anouchka

70708

:: note publiée par anouchka :: dans POESIE :: le jeudi 10 juillet 2008 à 18:36 ::
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UNE DOSE DE RIXA DIABOLICA !

 

Pour les latinistes pas de problème ! Quant aux autres, ils devineront aisément de quoi il s'agit quand j'aurai raconté mes malheurs. Sans être les malheurs de Sophie, mon enfance avec la Comtesse de Ségur a laissé des traces, mes malheurs sont kafkaiens. Car c'est à n'y rien comprendre ! Les gens sont un peu tordus de nos jours et ils voient le mal partout. En tout cas certains s'amusent à mettre le boxon sur des sites jusqu'alors paisibles et courtois.

 

L'histoire commence par un poème ou soi-disant tel adressé en guise de pamphlet, j'ose le croire, à propos d'une modération exercée sur un écrit qui consiste à un déplacement de sujet dans la rubrique adéquate. La malchance a voulu qu'en traitant le sujet, la souris s'égare malencontreusement sur le verrouillage qui est peu visible. Tollé malséant d'un membre non concerné directement prenant la défense de l'auteur dudit poème, tout en chargeant ma mule exagérément !

 

Je contemple alors le désastre, et  chacun y va de son couplet vindicatif ou protecteur. Je me suis demandé quelle mouche l'a piqué et s'il n'est pas coutumier du fait. Toujours est-il que je suis protégée par l'équipe de direction du site et que le désagréable plumitif se fait tout petit.

 

Soignant le mal par le mal, je prends une dose homéopathique de rixa diabolica en espérant que mon agitation intérieure se calme dans la soirée.

 

Vous me direz, une seule dose ? J Mais oui, une fois m'a suffit !

 

Anouchka

:: note publiée par anouchka :: dans HUMEUR DU JOUR :: le mercredi 9 juillet 2008 à 19:37 ::
:: UNE DOSE DE RIXA DIABOLICA ! ::
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AVOIR DES DOIGTS DE FEE

 

 

L'expression "Avoir des doigts de fée" reste un peu mystérieuse, aussi mystérieuse que les fées elles-mêmes.  La légende veut qu'elles manient leur baguette magique avec une grande dextérité. D'où "les doigts de fée" ! Mais comment peut-on avoir ces doigts-là, alors qu'on est une femme ordinaire, avec des doigts fuselés, certes, mais des doigts qui font un tas de choses. 

 Notamment, on dit aussi la "fée du logie", autre expression se rapportant aux fées. Etant donné qu'une fée du logis n'a pas forcément sa baguette à la main, elle a  sûrement des doigts magiques et s'est transformée, en quelque sorte, en fée du logis ; ce qui revient à dire qu'elle sait tout faire et qu'en réalité, elle fait tout à la maison.

Avec le mot "doigt", on rencontre de nombreuses expressions diverses. Par exemple," avoir les doigts verts" ! Pourquoi obligatoirement vert ? Parce que cette expression s'adresse plus particulièrement aux jardiniers. Cela signifie que les plantes ne lui résistent pas et que, soignées par lui, elles s'épanouissent et deviennent magnifiques.

"Se mordre les doigts" , éprouver des regrets très vifs ! Notamment quand vous marchez sur la queue du chat de votre voisine, ou que vous oubliez de payer à la caisse du supermarché ! Si en plus vous vous faites arrêter en plein délit par une armoire à glace qui vous pousse vers  un bureau sordide, sans fenêtre, où vous serez interrogée comme une grande délinquante,alors que vous étiez seulement attirée par une petite robe, vous savez, celle qu'il vous faut pour la soirée chez Sophie. En voilà une affaire !

Bien sûr, on peut alors "se mordre les doigts" d'être passée sans payer,l'oeil lointain fixé sur la ligne bleue des Vosges. Vous pardonnera-t-on ?

Trèves de plaisanteries, et sans que "votre petit doigt vous l'ait dit", tout en étant comme "les deux doigts de la main" avec le Directeur du supermarché,  vous vous êtes fait "taper sur les doigts" ! Une belle amende vous a été infligée, et, tandis que vous rangez vos courses dans l'espace arrière de la voiture, vous vous êtes dit :

Désormais, je ne me mettrai plus « le doigt dans l'oeil « !!! Pas question de se laisser attirer par une petite robe avant de régler, à la caisse, le caddie plein de choses à ranger dans les placards et à mettre au frais dans le frigo !

Vous avez fortement pensé au "doigt d'honneur" en sortant du bureau pourri où vous vous êtes fait admonestée, tout en demeurant "le doigt sur la couture du pantalon", mais finalement vous avez renoncé et vous êtes sortie, les larmes aux yeux, en vous répétant, "sur le bout des doigts", que jamais au grand jamais, on ne vous y reprendra !!!

 

Anouchka

 

:: note publiée par anouchka :: dans EXPRESSIONS :: le dimanche 29 juin 2008 à 07:10 ::
:: AVOIR DES DOIGTS DE FEE ::
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PREMIER EMOI

 

Premier émoi

Tanka

 

 

Ton regard sur moi

Me trouble, retour sur soi

D'où vient cet émoi

 

Je sens palpiter mon coeur

Je n'éprouve aucune peur

 

 

Anouchka

250608

:: note publiée par anouchka :: le mercredi 25 juin 2008 à 18:58 ::
:: PREMIER EMOI ::
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LE FIL D'AMOUR

 

Je tisse un fil de soie

tendu doucement vers toi

Fil de coton, galon d'or

Fil d'amitié extrafort

 

Tu me parles tout joyeux

De la qualité des fils.

Secs, doux, fins, rêches, soyeux,

Je me trouble, casse un fil.

 

Souriant, tu déroules

Une pelote de laine.

Tricotons une cagoule,

Les cœurs ont tant de haine.

 

Je file droit, sans détour,

Notre regard est ancré.

De toi je ressens l’amour,

Fil de corde, fil amarré.

 

Unis pour toute la vie,

Nous accrochons un filin

A la paroi de l’envie,

Glissade dans le chagrin.

 

Notre amour tu as fui.

Je tresse un fil à plomb,

Tu as l’air bien réjoui,

Tu hausses très fort le ton

 

La musique est triste,

Symphonie de l’oubli.

Je couds un fil bistre

Sur ma peine infinie.

 

Ce fil qui nous relie tous,

Fil de laine, fil de lin,

Fil d'Ariane, sauve-nous,

Du grand amour qui s'éteint..

 

 

Anouchka

240608

 

:: note publiée par anouchka :: dans POESIE :: le mercredi 25 juin 2008 à 18:36 ::
:: LE FIL D'AMOUR ::
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SE PASSER LA CORDE AU COU

 

Un coup de fil au mauvais moment ! Mariée ou pas, il faut attendre !

 

 

 

Avant de prendre mes jambes à mon cou, je déclarai, séance tenante :

-      Je ne tendrai pas le cou ! N’y comptez pas, je suis trop bien comme ça, je garde ma liberté.

Ce jour-là, mes parents se le tinrent pour dit et ne remirent plus le sujet sur le tapis ! Ils avaient rêvé de me voir épouser un collègue paternel, plus jeune que mon père, certes, mais peu sympathique, doté d’une verrue sur le nez, la seule chose qui me fascinait chez lui ! D’ailleurs, nos tête-à-tête s’étaient jusqu’à présent limités à de simples entrevues dénuées d’intérêt si bien que je n’eus rapidement aucune envie de me jeter à son cou !

Quant à me laisser passer la corde au cou, inutile de préciser que ce fut impossible car j’avais pris mes précautions, et quoiqu’on dise ou quoiqu’on fasse, je ne me laisserai jamais circonvenir et laisser quelqu’un d’autre choisir à ma place et décider de ma vie.

Ce fut définitif et sans retour arrière. J’épousai quelques années après un homme que mes parents  baptisèrent « le saltimbanque », s’agissant d’un clown, qui me faisait mourir de rire quand il répétait ses numéros. Il exécutait aussi toute une panoplie de grimaces irrésistibles. Evidemment, quelques temps après, plongée dans les soucis matériels jusqu’au cou, mes parents hochèrent la tête en pensant que je me casserai le cou tôt ou tard, avec un mari dans un métier si aléatoire et difficile.

La vie me donna raison. Sans voir le temps passer, nous nous aperçûmes un jour que nous étions ensemble depuis une bonne vingtaine d’années ! De quoi faire taire les mauvaises langues ! Malheureusement, mon clown devint triste, pleurnichard et se transforma Charlot aux prises avec le monde moderne. Ainsi il tenta le travail à la chaîne, le porte à porte, l’animation de supermarchés, les anniversaires et tutti quanti.

Mais à l’amorce d’une séparation à l’aube de la quarantaine, les commères se sont remises à répandre leur fiel. D’aucunes ont voulu me mettre la bride sur le cou. Je piaffai et ruai comme une jument éprise de liberté.

A ce jour, étant plongée dans mon travail jusqu’au cou, je regarde autour de moi et me dis que l’indépendance d’esprit est si précieuse qu’il faut veiller à sa liberté et ne jamais au grand jamais se laisser mettre la bride sur le cou ou bien pire, se laisser passer la corde au cou …

 

Anouchka

230608

 

:: note publiée par anouchka :: dans HUMEUR DU JOUR :: le lundi 23 juin 2008 à 18:01 ::
:: SE PASSER LA CORDE AU COU ::
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OSMOSE

 OSMOSE

 

  

Laurette Peyre avait une soeur jumelle, réplique parfaite à un détail près, la couleur de ses cheveux. Autant la première était blonde comme les blés sous le soleil de Juin, autant la deuxième, appelée Mado, était brune avec des reflets bleutés.

 

Toutes deux avaient adopté très vite le style Bardot, mèches crêpées sur le dessus et ramenées en chignon. Parfois elles lâchaient leur crinière qui cascadait sur leurs épaules et portaient un large bandeau noir, selon la mode en vigueur. Dans la rue, on les suivait du regard car, de loin, c'était à s'y méprendre, on les prenait pour la star en personne, à condition toutefois, qu'elles ne soient pas ensemble et bras dessus, bras dessous. Tout le monde savait que la célèbre Brigitte n'avait pas de soeur jumelle ! Les quelques magazines féminins reprenaient à leur compte les audaces de l'icône et lançaient une mode vestimentaire de plus en plus dénudée.

Leurs yeux soulignés d'un large trait d'eye liner rappelaient par leur couleur noisette ceux de l'actrice. Elles étaient pourvues également d'une bouche charnue qu'elles fardaient avantageusement. Leur silhouette était semblable : de longues jambes élégantes, une poitrine généreuse et une taille de guêpe. Et puis elles s'efforçaient d'afficher une moue boudeuse qui gonflait encore davantage leurs lèvres pulpeuses.

 

Elles passèrent leur brevet de coiffeuse et ouvrirent leur salon, sous l'enseigne "Chez Brigitte", non loin de la Place des Couverts, ombragée par des platanes où des parties de boules se jouaient à guichet fermé. L'ambiance bon enfant du bourg permettait d'être à tu et à toi avec les clients, sans pour autant être familiers ou indiscrets. Tout le monde se connaissait. Le salon était partagé en deux : un côté masculin et l'autre côté, plus vaste et plus coquet, réservé pour les femmes. En guise de décoration, figuraient les meilleures photos de Brigitte, celles de ses amoureux et notamment son dernier mari en date, Jacques Charrier, dont la fossette au menton faisait murmurer dans le creux de l'oreille: "Qu'est-ce qu'il est mignon ! On en ferait bien son ordinaire !". Les rires chatouillés fusaient, alors que les pécheresses devant Dieu arboraient une mine de sainte nitouche. 

 

Laurette s'occupait le plus souvent des crânes dégarnis masculins et Mado assurait les permanentes et les coupes des  clientes. Parfois, elles permutaient leurs services car, affirmaient-elles, il faut que les ciseaux soient affûtés et toujours prêts à effiler, dégrader, régulariser les cheveux rebelles des hommes et des femmes qui leur confiaient leurs têtes !

 

Elles voulaient être à la mode, coiffées comme Brigitte. Elles s'ingéniaient à copier la moindre de ses excentricités vestimentaires. Elles faisaient partie du club ou non. Les commentaires sur les formes et les couleurs allaient bon train. Puis la conversation dérivait sur la star elle-même, ses films, ses chansons, ses interviews à la une, ses amours. On était en 1960, au mois de Juin, avec un été prometteur qui chauffait déjà à  blanc la petite place des Couverts. Un panneau signalait qu'à Mazères, il faisait bon vivre et visiter son château, riche en histoire bâti au pied des Pyrénées.

 

Laurette adorait se promener sur les routes  départementales,  faisant virevolter sa jupe  bouffante, les pieds chaussés de ravissantes ballerines qui découvraient la naissance des orteils, donnant au coup de pied un caractère indécent. Le regard des hommes était inévitablement attiré par le buste pigeonnant de la demoiselle où se perdait, dans le sillon de ses seins, une chaîne agrémentée d'un pendentif.

 

Parfois Mado la rejoignait à bicyclette et ramenait sa soeur assise en amazone sur le porte-bagages. Les jeunes filles étaient célèbres dans la région. Personne n'avait la chance d'avoir près de chez soi la réplique de B.B. en double et de surcroît en chair et en os.

 

Toujours est-il que les commentaires allaient bon train dans le salon du côté des femmes. L'une d'elles brandissait Paris-Match dont la photo en page de couverture offrait aux regards le profil parfait de la "Divine". Une dame hérissée de bigoudis s'exclama : "Rendez-vous compte, elle a les épaules nues !" Un brouhaha se déclencha et les clientes se précipitèrent pour voir ce cliché mémorable. Elles y allèrent de leurs critiques et de leurs appréciations. Brigitte posait dans une attitude décontractée avec cet air mutin propre à elle. Les clients d'à côté tentaient tant bien que mal d'apercevoir la photo à sensation mais ils en furent pour leurs frais. Ne leur parvenaient que des chuchotements excités et des exclamations extasiées. Le magazine passait de main en main, chaque cliente faisait un éloge ou une remarque acide, quant aux bonnes moeurs qui devaient perdurer, malgré ce laisser-aller, ne serait-ce que pour les enfants...Laurette et Mado eurent bien du mal, ce jour-là, à calmer ces dames. Elles prirent un thé brûlant, ce qui eut l'air de faire son petit effet.

 

Le soir venu, les starlettes de "chez Brigitte" prenaient place sur des chaises installées devant la boutique pour prendre le frais. Parfois, lorsque le soleil couchant enflammait de ses lueurs rougeoyantes, les vieilles pierres du bourg Laurette avait un regard lointain perdu sur les contreforts des Pyrénées ariégeoises et restait silencieuse...

 

Un jeune prêtre, répondant au nom de Marc Delsol, avait été nommé pour remplacer le Père Lapasset qui avait atteint un âge canonique. Le pauvre homme était perclus de rhumatismes, il se levait difficilement de son siège, marchait avec deux cannes, n'entendait plus très bien en confession, de sorte qu'il infligeait des pénitences sévères pour des péchés véniels et donnait l'absolution en cas de fautes graves. Les ouailles n'y comprenaient plus rien et ne savaient plus à quoi s'en tenir. Pour finir, tout le monde s'était plus ou moins entendu, la pénitence moyenne serait une neuvaine, voilà tout.

 

Désireux de garder leur vieux curé, les paroissiens avaient fait en sorte que rien ne filtre des manquements à la liturgie, dont certains raccourcissaient singulièrement l'office, ou d'autres prolongeaient indéfiniment les cantiques. On retrouvait alors le Père dormant sereinement derrière l'autel, émettant un ronflement digne des forges de l'enfer, ce qui avait provoqué dans l'assistance des rires incontrôlables.

 

En définitive, il fallut bien se résoudre à faire la demande à l'évêché  d'une mise à la retraite du Père Lapasset qui, s'étant vu solliciter pour baptiser un nourrisson, n'avait rien trouvé de mieux que d'asperger plus que de mesure l'enfant d'une eau sans doute bénite mais saumâtre et nauséabonde, s'étant trompé de récipient. Les cris du nouveau-né  avaient retenti dans l'église tandis que s'affolaient parents et amis devant les dégâts irrémédiables commis sur la robe de baptême qui avait pris une couleur verdâtre. L'onction aux saintes huiles avait bien failli être catastrophique tant le bébé se débattait, mais on frôla la catastrophe lorsque le flacon se renversa sur le tailleur de la marraine qui en perdit sa mantille d'indignation.

 

La Dépêche du Midi avait publié un article humoristique décrivant la scène avec force détails et rebondissements à la mode ariégeoise. Pourtant, dans le pays, on était peu loquace de nature, ayant le tempérament plutôt montagnard, même si on vivait dans la vallée. Cet épisode ultime eut la faveur des conteurs à la veillée qui ajoutaient une mésaventure à chaque récit. Le résultat final en fut une sorte de légende entourant le malheureux Père Lapasset qui trouvait sa fin logique dans cette conclusion :

-      "Oui, dame, le pôvre, maintenant il est bien passé. Il doit en faire là-haut des bêtises mais le Bon Dieu lui pardonne. C'est un saint homme que notre curé de Mazères !"

 

Le jeune père Delsol, fraîchement sorti  du Séminaire, s'imposa de lui-même grâce à sa physionomie agréable, sa voix ferme, sa détermination et son entregent. Il obtint rapidement une grande audience.  Laurette et Mado, curieuses et très pieuses, ne manquèrent pas le premier office célébré par le nouveau Père. Elles se préparèrent soigneusement, n'oublièrent pas le missel doré sur tranche, ni la mantille posée, avant d'entrer dans l'église, sur leur chignon "choucroute", ainsi désigné familièrement depuis que B.B. en avait lancé la mode.

 

Leur arrivée déclenchait invariablement des commentaires insidieux et peu charitables. Chacun y allait de son couplet envieux ! Les regards étaient tournés vers elles, marchant comme des reines, au milieu de leurs sujets. Ce dimanche-là, elles portaient des robes en vichy rose, serrées à la taille par une large ceinture. De retour chez elle, elles discutèrent avec animation du sermon du nouveau prêtre tout en sirotant un américano. Elles avaient pris cette habitude pendant un séjour en Italie à Amalfi et rêvaient d'y retourner. Elles s'attendrissaient souvent en regardant les photos qu'elles avaient rapportées, posant entre deux ragazzi souriants qui ne pensaient qu'à rire sous le soleil et flirter avec de jeunes touristes, un peu étonnées de leur enthousiasme débordant et permanent. Ils répétaient tout le temps une expression curieuse, très altruiste, qui provoquait inévitablement chez les soeurs jumelles un fou-rire contagieux :"Te voglio bene" !

 

Elles se perdaient en conjectures sur le sens réel de ces trois mots. Mais comment, disait l'une, peuvent-ils nous vouloir du bien alors qu'on se connaît à peine ? Elles n'en revenaient pas et passaient leur temps à dire "Grazie, Grazie" en inclinant le buste à la manière japonaise, tant leur confusion d'être l'objet de leurs attentions était grande. Sur les cartes postales, elles vantaient la gentillesse naturelle des Italiens, sans se douter qu'il ne s'agissait que d'une simple déclaration amoureuse typiquement anodine. Elles avaient projeté d'y retourner tous les cinq ans si les affaires marchaient bien.

 

Laurette était pensive devant sa rondelle de citron. Tandis que Mado bavardait sans arrêt, formulant les questions et donnant les réponses. La blonde enfant rêvait à Marc, le jeune prêtre, et se disait que s'il avait été pasteur, elle aurait pu l'aimer librement. Elle s'en était éprise dès qu'ele l'avait vu. A la première minute, elle avait ressenti une attraction irrésistible. Elle le dévisageait fiévreusement, guettant le mouvement de ses mains et buvant ses paroles. A la fin de la messe, elle traînait, prétextant une longue prière. Elle avait parfois la sourire à damner un saint. Il la saluait rapidement, ne remarquant pas l'état fébrile de son admiratrice, et vaquait à ses occupations. Elle regagnait la sortie, assez dépitée, et rejoignait Mado riant avec l'une de ses connaissances. Son chance de le croiser dans la nef au sortir de la sacristie. Elle lui adressait un histoire était sans espoir, elle le savait bien ! Quelle idée de tomber amoureuse d'un prêtre ! Sa mère aurait levé les yeux au ciel, si elle l'avait su, et aurait gémi :"C'est-y pas Dieu possible !", exclamation de circonstance réservée aux catastrophes naturelles ou à des contrariétés plus ou moins calamiteuses. En vérité, dans ce domaine comme dans d'autres, "les voies du Seigneur étaient impénétrables ..."

 

Elle réfléchissait à sa situation, trouvant qu'elle n'était pas raisonnable de s'amouracher du premier ecclésiastique venu. Elle rangea sa mantille en se disant qu'elle le reverrait le dimanche suivant. Allait-elle se contenter de cela? C'était vivre par procuration, ni plus ni moins ! Elle soupira en entendant Mado chanter avec insouciance. S'efforçant à sourire, elle la rejoignit dans la cuisine et reprit le refrain de Françoise Hardy : "Tous les garçons et les filles ...".

 

Le lendemain, Mado partit tôt de chez elle pour faire son marché. Elle avait ses maraîchers attitrés, son boucher, son poissonnier. On était au printemps 7O, elle arborait ses 30 ans avec bonheur, menant tranquillement sa vie régulière aux côtés de Laurette.

 

-      Alors Mado, Toujours pas de mari? Tu attends quoi ?

 

 

-      Hé bé, le dégel, pardi ! répondait-elle à la sempiternelle taquinerie du boucher qui ne se privait pas de lui lancer des oeillades enflammées. Elle en riait de bon coeur, ayant une nature spontanée et gaie. Rien ne la préoccupait vraiment.

 

Elle se mettait parfois à faire de la couture, coupait astucieusement suivant un patron, des modèles de Modes et travaux, datant d'une dizaine d'années : Jupes droites ou larges, à hauteur du genou, corsages ou cols claudine, guimpes. Lors des essayages mutuels devant la glace sur pied, les épingles volaient deci-delà, transformant la petite cuisine en atelier. Laurette préparait le thé et la journée se terminait, le nez dans un magazine, commentant tel ou tel potin ou écoutant d'une oreille un feuilleton radiophonique ou une affaire de justice, relatée avec passion par Frédéric Potcher ou encore des entretiens télévisés animée par Jacques Chancel avec son émission "Radioscopie". Denise Glazer informait les téléspectateurs dans son émission Discorama, des dernières nouveautés et interviewait un artiste de variétés, promenant ses divines mains chargées de bagues dans l'espace et susurrant que peut-être, on allait écouter un extrait d'une chanson de l'invité. Tout semblait très feutré et rien de grave ne pouvait survenir. Plus tard elles s'en rendraient compte, la nostalgie de ces années-là leur ferait dire plus d'une fois :