Andy promena un regard ébahi sur les pavements brunâtres. On avait banni des vitraux les couleurs trop vives, rejeté toute décoration superflue. L’édifice de pierre apparaissait dans toute sa nudité, dépouillé d’ornements, mais de ses murs crayeux s’élevait la mémoire de siècles de prières. Le père Corlay les invita à patienter tandis qu’il entrait dans la sacristie. Il en ressortit presque immédiatement, pressant un trousseau de clés contre sa poitrine. Ils refirent le chemin inverse et s’engagèrent dans une galerie appelée « Le cloître de la collation » -Kate avait pris soin de commenter la visite en murmurant à l’oreille d’Andy-. Ils traversèrent le réfectoire où des moines dressaient la table pour le repas. Andy les observa mais eux ne semblaient pas la voir. Puis le père Corlay leur indiqua les jardins potagers où d’autres moines s’affairaient. Ils longèrent un cours d’eau qu’un rayon de soleil parait de reflets argentés. Kate marchait dans les pas du Père Corlay comme si elle voulait l’inciter à accélérer l’allure. Andy songea qu’ils atteignaient sans doute le but de leur expédition lorsqu’apparut une petite chapelle, laissée à l’abandon à en juger l’état de délabrement. -Nous y voilà, annonça le Père Corlay en posant un regard bienfaisant sur Kate. Prenez votre temps, ajouta-t-il en inclinant légèrement la tête de côté comme animé d’une immense compassion. Et remerciez Caroliane pour sa générosité à l’égard de notre communauté. Kate hocha la tête et le regarda s’éloigner dans les allées du jardin. -Venez, Andy. Un froid mordant les saisit lorsqu’elles entrèrent dans la chapelle. La poussière recouvrait les chaises éparpillées, destinées aux disciples fantômes pour lesquels les orgues ne jouaient plus depuis longtemps. Kate avança jusqu’à l’autel –du moins cela y ressemblait-il, songea Andy – et tira un médaillon de la poche de sa veste en tweed. - Etes-vous croyante, Andy ? La question de Kate la surprit mais ce qui l’étonna davantage, fut sa difficulté à y répondre. -Je ne sais pas. Je l’ai été, il y a longtemps. Mais je ne suis plus certaine de croire en Dieu, avoua Andy en omettant volontairement de préciser qu’elle serait plus encline à croire en l’existence des démons pour en avoir épousé un. Kate salua sa franchise d’un sourire. - La souffrance peut faire perdre la foi ou au contraire l’accentuer. Elle peut tout ravager ou tout reconstruire, dit Kate en portant le médaillon à ses lèvres qu’elle enveloppa d’un baiser. Ce médaillon appartenait à notre fils, Cage. James et moi lui avions offert pour ses vingt et un ans. Cage ne le quittait jamais et aujourd’hui, c’est tout ce qui nous reste de lui. Kate étouffa un sanglot avant de poursuivre. -Nous avons retrouvé le médaillon au milieu des roseaux qui bordent les marais. Là où notre Cage a disparu. Une immense tristesse envahit Andy. Les mots d’usage lui parurent déplacés. Elle se contenta d’observer le silence tandis que la lumière faisait jour dans son esprit. Les marais funèbres. Elle se remémora le déjeuner de la veille. L’échange de regards, lourds de mystères, à l’évocation des marais, les mises en garde d’Anne et cet itinéraire tracé pour les contourner. -Il a trébuché, a heurté un petit rocher gros comme un poing et s’est noyé, reprit Kate comme si elle récitait un texte appris par cœur. Ce soir-là, la tempête faisait rage et son corps a flotté, longtemps, avant d’être emporté par les affluents de la Tweed. C’est ce qu’ont dit les inspecteurs avant que l’affaire soit vendue à un journaliste de l’Iverness Courrier. Nous n’avons pas pu enterrer notre fils, Andy. Le corps de Cage n’a jamais été retrouvé. Andy fixa le médaillon en argent que Kate tenait serré dans sa main. Comme si elle avait lu dans ses pensées, Kate le lui tendit. Le visage de la sainte vierge apparaissait en relief. Juste en dessous, on pouvait lire un C et un H entrelacés. Cage Horper. Andy frémit en retournant le médaillon. Une inscription était gravée au dos de la médaille : semper vigilo. -Que signifie cette inscription ? interrogea Andy le plus délicatement possible malgré le sentiment de malaise qui bloquait sa respiration. - Semper vigilo est une devise écossaise. Ca signifie « toujours vigilant ». Ironie du sort, non ?, pesta Kate en essuyant les larmes qui inondaient à présent son visage déformé par le chagrin. Andy aurait voulu lui parler du message qu’elle avait trouvé dans sa chambre et de cette inscription qui y figurait aussi. Elle aurait aimé se confier à son tour et recracher ces années de souffrances auprès d’un mari violent qui la malmenait, l’humiliait, l’avilissait, avant qu’elle ne trouve le moyen de s’en délivrer. Lui expliquer comme du rang de victime, elle avait atteint celui de bourreau. Les émotions se bousculaient dans sa tête comme si chacune cherchait à prendre le dessus. La colère, la tristesse, la peur, la culpabilité. Andy se ressaisit. La tristesse l’avait emporté sur le reste. Kate prit son bras et l’entraîna hors de la chapelle. La lumière du soleil paraissait éblouissante. Andy inspira puis expira profondément pour évacuer l’air vicié qui bloquait ses poumons. -Je suis désolée, Andy. Je n’aurais pas du…, commença Kate. -Non Kate. Vous avez bien fait, rassura Andy qui n’avait q’une hâte, quitter l’enceinte de l’abbaye. -C’est juste que…Vous savez, Caroliane a prévu d’organiser un vernissage au sein de l’abbaye. Une partie des fonds récoltés permettra de financer les travaux de rénovation de la chapelle. Et, bien que nous n’ayons pas retrouvé le corps de Cage, c’est dans cette même chapelle que nous avons célébré une messe en mémoire de notre fils. Il faut que je vous dise que Caroliane et Cage étaient inséparables depuis l’enfance. Je crois qu’ils vivaient une véritable passion. Ce drame l’a bouleversée autant que nous…Caroliane était avec Cage quand il est mort. Elle est restée prostrée toute la nuit au bord des marais avant que sa grand-mère ne se rende compte de son absence et alerte les secours. Nous leur avions interdit de sortir à la nuit tombée mais ils n’ont jamais cessé leurs escapades nocturnes. Jusqu’à ce soir-là.
Andy frémit malgré la présence rassurante de Kate à ses côtés. Le chemin broussailleux qui conduisait au château des Horper lui sembla plus long qu’à l’aller, plus hostile aussi ; le bruissement des feuilles soulevées par la brise ; le craquement des branchages bordant la terre molle ; le ciel obscurci par la danse des busards ; la sensation d’être épiée comme si des yeux restaient en permanence braqués sur elles depuis les zones d’ombre qui s’étendaient comme une haie d’honneur sur leur passage.
Vous avez trente ans. Vous êtes comédienne. Votre nom est Laura. Vous fréquentez les clubs les plus branchés de la capitale, et malgré votre existence dorée, vos relations sentimentales tournent toujours au désastre. Et si un jour, sur les conseils de votre meilleure amie, vous décidiez de consulter une voyante? Et si cette voyante vous mettait en garde contre un danger plus grand que vous ne pouvez l'imaginer? Et si elle vous annonçait froidement que l'homme que vous aimez va vous détruire? Ces prédictions changeraient-elles le cours de votre vie?
- Voilà Betty, la page est tournée. Je te jure que ce genre de révélation fait froid dans le dos. Ca te passe l’envie de réitérer toute tentative de rapprochement ! - C’est tout ? interroge platement Betty dont la déception n’échappe pas au jeune couple qui vient de se glisser à la table voisine. - Mouais. J’ai résumé, mais l’essentiel y est. - Mais, dit Betty en montant le ton d’un cran, pas besoin de s’appeler Mme Bonaventure pour savoir que Sacha est un goujat égocentrique et pervers ! - Tu voulais qu’elle confirme ton impression. Elle l’a fait. Basta. Fini. Maintenant, on oublie. Regard soupçonneux de Betty. Regards en coin du jeune couple. Pendant une nanoseconde, le temps semble suspendu, comme si tout l’univers subissait l’onde de choc de cette sage décision. - Non, il y a quelques petites choses encore, se sent obligée d’ajouter Laura. Je vais rencontrer un homme qui exerce une profession artistique mais selon Mme Bonaventure, il ne s’agirait pas de l’homme de ma vie. Je trouve d’ailleurs déplorable de le savoir avant même de l’avoir rencontré ! Et puis je vais changer d’orientation professionnelle et me tourner vers un métier plus… social. Beurk ! Jure-moi de me ramener à la raison si un jour je décide de m’exiler au fin fond de l’Afrique ! Sauf, bien-sûr, si c’est pour trouver refuge dans l’un des SPA les plus cotés du continent ! A part ça, Mme Bonaventure me voit gagner une somme d’argent assez « rondelette », mais impossible d’obtenir une estimation, même approximative. Bref, la vie continue. Et sans Sacha, je peux te le promettre ! - C’est génial ma chérie ! Jugeant vraisemblablement la question réglée, Betty hèle le serveur et demande l’addition. - Bon, et maintenant ? Ca te dit une matinée shopping pour fêter ça ? Après tout, tu vas avoir plus que jamais besoin d’être chouchoutée ma chérie ! - Va pour quelques emplettes. J’en profiterai pour me racheter un pantalon. Et à partir d’aujourd’hui, je mise sur un 36 ! Une amitié sincère devrait toujours être scellée par une honnêteté sans faille. Ce fut l’unique fois où Laura fit entorse à la règle. Elle n’avait révélé à Betty qu’une partie des prédictions de Mme Bonaventure, jugeant l’autre partie trop… effrayante.
Au fil de la journée, la sensation étrange qui l’avait suivie comme les effluves d’un parfum tenace s’estompa. Les révélations de la voyante perdirent progressivement de leur impact et Laura finit même par se demander comment elle avait pu accorder le moindre crédit à ces « flashs prémonitoires ». Mme Bonaventure avait un don, certes. Celui de percevoir quatre-vingts euros de l’heure ! Pour s’en convaincre, la dernière action que Laura accomplit avant de se coucher, fut de pianoter sur les touches de son téléphone portable. Elle rédigea un court message à l’intention de Sacha – le 324ème depuis un an dont la moitié était restée sans réponse quand l’autre moitié aurait mieux fait de se perdre dans les réseaux complexes reliant leurs opérateurs, tant le contenu était parfois blessant-. C’était plus fort qu’elle. Il fallait qu’elle le fasse. C’était le seul moyen qu’elle possédait pour avoir l’illusion de faire partie de sa vie, de se rapprocher de lui malgré les barrières qu’il érigeait, de le savoir vivant –ou presque quand on considérait son nouveau mode de vie du genre : ascète introverti à tendance paranoïaque-. Laura presse la touche « envoi ». Elle se glisse sous ses draps en se répétant que personne ne devrait jamais savoir qu’elle avait « craqué ». Surtout pas Betty ! –Oh mon dieu, faites que je sache tenir ma langue ! » Après tout, envoyer un SMS n’a jamais tué personne.
Riez de ma souffrance, vous qui m'avez mise au monde, Riez par ignorance, puisqu'ici est ma tombe. Je vous croyais ma mère, mais vous n'êtes qu'une épine, accrochée à ma chair, car je suis orpheline. Non que mes veines ne charrient votre sang, mais c'est par trop de peine, que meurent les sentiments. Je vous offrais mon âme sur une feuille de papier, vous n'en lisiez qu'une larme sans même vous en soucier. Riez du vent qui sème son cortège de regrets et frappe en hurlant votre coeur empierré. Oserez-vous m'accorder un dernier regard du fond de cet abîme qui toujours nous sépare? Riez de ma souffrance, vous qui m'avez mise au monde. Ris donc, mais en silence, puiqu'ici est Ta tombe. Et s'il nous est donné une autre vie, prie pour ne pas être l'enfant que je suis. Et s'il nous est donné une autre chance, rejoins-moi pour une ultime danse.
Il y a comme une déchirure dans la fragile étoffe de l'âme, un sillon profond sur un chemin obscur, une herbe folle sur un flanc de montagne. Partout sont les ombres du passé qui sans cesse la malmènent, prisonnière affamée mais vivante d'une vie qui n'est pas la sienne. Elle écrit, malgré les liens qui l'enserrent, qui cherchent à étouffer ses rêves entrouverts, et l'encre pâlit en regard de ses rimes, si fidèles pourvoyeuses d'abîmes. Elle écrit, parce que c'est en elle, parcequ'à eux seuls, les mots brisent les chaînes. Entrelacs d'espérance et de larmes éternelles, elle écrit jusqu'à en perdre haleine.
Dans quelques semaines, j'aurai le plaisir de vous présenter mon nouveau roman intitulé "Ballade en noces majeures". Contrairement à mon précédent roman "La Maison de l'Ombre" qui fouillait les recoins obscurs et psychotiques de l'âme, "Ballade en nocesmajeures" est une comédie légère qui explore un monde superficiel fait de paillettes et de champagne, agrémenté de quelques éclats de rire et saupoudré d'un zest de mystère...(eh oui! On ne se refait pas!) En attendant, je vous invite à visiter ma librairie en cliquant sur le lien correspondant...Bonne lecture!
Eté 1982 Il existe des jeux dangereux malgré leur apparente innocence. Emilie sourit dans sa course effrénée pour échapper à son poursuivant. La morsure du soleil fait perler des gouttes de sueur sur sa peau hâlée rehaussée par l’éclat de sa robe blanche. L’excitation est à son comble lorsqu’elle atteint l’édifice en ruine, perdu au milieu des bois où règne la pénombre. Les ombres dansent, silencieuses, au rythme d’un bruissement de feuilles. Une branche craque, là, juste derrière elle. Le jeu va bientôt prendre fin. Elle fait volte-face et son regard se voiled’incompréhension tandis que l’homme plaque une main sur sa bouche et l’enserre de l’autre, pour l’entraîner, loin dans l’horreur.
Johanne se réveilla au milieu de la nuit avec une fulgurante envie de vomir. Une succession d'images floues flottait devant ses yeux comme un voile où se cotoient l'angoisse et le dégoût. Toujours le même cauchemar, s'appropriant ses nuits comme un amant fougueux l'aurait fait de son corps pour ne laisser qu'une empreinte douloureuse aux premières lueurs de l'aube. Elle s'extirpa de ses draps moites. La lune formait un halo de lumière pâle entre les stores de sa chambre. Elle enfila un tee-shirt et longea le couloir obscur. La porte de son atelier était entrebâillée. Elle s'y enfermerait plus tard. Pour l'instant il lui fallait un café noir bien sucré. Elle respira profondément pour évacuer la tension nerveuse qui menaçait de la faire fondre en larmes. Le souvenir lié à ses cauchemars finirait par s'effilocher, se disloquer, n'être plus qu'un lambeau rompu de la réalité. L'horloge du salon affichait 02H05. Comme toutes les autres nuits où elle s'était retrouvée assise dans l'obscurité à chasser les démons qui avaient créé l'enfer dans sa tête. Elle inséra un CD de Mozart dans le lecteur et accueillit les premières notes de "petite musique de nuit" comme une renaissance. Cela faisait partie de sa thérapie, comme s'asseoir à son chevalet et laisser son art recracher la fange stagnant à la surface de sa conscience. Emilie était morte. Cinq années de suivi psychiatrique n'y changeraient rien. Johanne s'était forgée une vie -certes peu enviable sur certains points-, sans se départir d'un profond sentiment de culpabilité. Elle s'isolait dans son atelier, aménagé à l'étage, et peignait jusqu'à ce que ses doigts refusent d'obéir. Toutes ses toiles représentaient des formes asexuées, hurlant à la face du monde, à mi-chemin entre succube et gargouille. Telle était sa représentation du Mal. Et la Mal se vendait bien. Ironie du sort, elle ne devait sa réussite qu'à ses propres terreurs. Johanne savait qu'elle ne parviendrait pas à se rendormir. Un sentiment d'insécurité l'avait gagné, même après qu'elle eut vérifié que la porte de son appartement était bien verrouillée. Les tableaux de maîtres ornaient les murs de son duplex. Une reproduction fidèle des "Amants" de René Magritte trônait au-dessus d'un canapé en cuir noir, indifférents au tourment résidant au-delà du voile dont leurs visages étaient recouverts. Assise face à son chevalet, dans une pièce aménagée, contiguë à sa chambre, elle avait tenté de mettre à profit son insomnie en s'attaquant à une nouvelle toile, mais les couleurs n'en avaient été que plus sombres et l'ensemble, désolant. Créer était sa façon de nier l'inéluctable, de repousser les visions qui l'assaillaient. Il était 8H quand elle décida de lâcher ses pinceaux au profit d'une douche revitalisante. Les traits tirés et le regard souligné de cernes noires, elle lança une dernière oeillade à son reflet dans le miroir, avant de prendre le chemin du cabinet du Dr Fawl. Paris renaissait sous un ciel clair et ensoleillé, nimbant les vieux immeubles d'une aura éblouissante. Cela faisait cinq ans qu'elle empruntait le même itinéraire, deux fois par semaine, à raison d'une heure par séance. Elle quittait son appartement, rue d'Arcole, longeait les quais de Seine et traversait le quartier St-Michel d'un pas allègre, s'arrêtant de temps en temps devant les échoppes de souvenirs où les gargouilles veillant sur Notre-Dame de Paris attiraient l'attention des touristes au même titre que les tours Eiffel miniatures. Ce n'est qu'au terme de ses pérégrinations qu'elle se mit à espérer que le Dr Fawl avait oublié quel jour nous étions. Johanne traversa la cour pavée et déserte. Le vieil immeuble formait un "U" et ses fenêtres étroites étaient autant d'yeux rivés sur elle. Elle inspira profondément et se concentra sur le bruit de ses sandales claquant sur la pierre inégale.
Voilà... La Maison de l'Ombre vous ouvre ses portes, à vous de juger si vous voulez y entrer...
Son ombre glissait sur le trottoir comme animée d’une vie propre. L’aube brumeuse conférait une atmosphère étrange propice à ses desseins. L’individu se faufilait dans les ruelles attenantes à l’imposante, mais non moins magnifique Notre-Dame-de-Paris. Dans quelques heures, les rues seraient gorgées de monde et, au flux des passants singuliers, se mêlerait un être qui avait rendez-vous avec la mort. Son but était si proche. Une sourde excitation l’invitait à accélérer le pas, à se précipiter devant l’immeuble où sa proie coulait des jours heureux comparé à ce qui l’attendait. Qu’elle gratte et gratte encore tout ce qui est pourri en elle, qu’elle fouille bien là où ça fait mal et qu’elle en crève ! On s’agitait autour de son crime, et bientôt on lui collerait l’étiquette du fou organisé galvanisé par la monstruosité de ses actes. On lui trouverait un sobriquet du genre : « l’étrangleur à la lettre », que les journaux s’empresseraient d’utiliser pour gonfler leurs ventes. Et le plus déplorable, malgré tous ces procédés désuets, c’est que jamais on ne priverait de sa liberté l’assassin de Johanne Meyers. Son visage se fendit d’un sourire en songeant que, pas un instant, Johanne ne se doutait de son identité. Elle qui croyait pouvoir lui faire confiance. Mais n’est-ce pas là toute la magie du jeu ? Ombres et faux-semblants, ce trompe-l’œil démesuré qu’est la vie ? N’est-ce pas dans la confusion que tout devient clair ? Mais patience, le jeu débutait à peine. L’ombre s’éloigna de l’immeuble, malgré les pulsions meurtrières qui menaçaient de faire échouer ses plans. L’heure n’était plus à la flânerie. Une dure journée de travail l’attendait.
Une expérience que je recommande vivement à chaque auteur, débutant ou confirmé! Ces deux jours de dédicace ont été très enrichissants sur le plan humain mais également très instructifs quant à la difficulté d'aborder les maisons d'édition dites "prestigieuses", preuve que le monde du livre n'est que peu question de talent, mais beaucoup de gros sous! Je déplore que ce type de manifestation ne soit pas plus...interactif!
Si les médias l'ont boudé, Paul-Loup Sullitzer, lui, a pris la peine de s'arrêter au stand F014...et pour cela je le remercie vivement.
Merci infiniment à mon éditeur, TheBookEdition, de m'avoir permis de vivre ce grand moment. Merci à la pétillante Fanny (chargée de com' et marketing) et à David de nous avoir réservé un accueil si chaleureux.
Objectif 2010 : le grand chelem! Après Paris, direction Bruxelles et Genève!
A l'occasion d'une soirée artistique et culturelle regroupant danse, gospel, théâtre et littérature, j'aurais le plaisir de vous présenter (sur scène!) mon dernier roman "La Maison de l'Ombre". Rendez-vous le vendredi 20 mars 2009 à partir de 20H à la salle des fêtes de Chanteloup-les-Vignes (78). Venez nombreux!