Une vie que l'on vit sans soucis, sans préoccupations, où l'on se laisse guider par les adultes.
Mais un jour où nos yeux s'ouvrent, où l'on veut vivre, explorer le monde, ce jour que l'on appelle l'adolescence, c’est là que tout a chaviré…
Mes parents étant divorcés, je vivais avec ma mère, et j’allais le plus souvent possible chez mon père que j'adorais.
Avec ma mère, c’est plus dur… Comment oublier tous ces mots, tous ces faits...
À ma naissance sa première phrase a été "Je n'en veux pas, elle est moche, elle est toute rouge avec des cheveux noirs". C'est elle-même qui m'a dit ces mots lors de mon adolescence.
Me voilà adolescente et l'amour qui surgit, des amours que l'on croit pour toujours.
J'ai peu aimé mais j'ai eu un très grand amour dans ma vie.
Un que j'ai connu à Villerville, lorsque j'étais chez mon père, j'étais jeune et lui plus vieux que moi, mais gentil attentionné très doux, et malheureusement un jour, où il voulait me faire une surprise pour mon anniversaire, il se tua en voiture…
On se dit alors que tout est fini, mais la vie nous met des obstacles, nous pousse à nous battre pour se relever encore plus fort.
Mon deuxième grand amour me fut présenté par ma meilleure amie d'enfance, je ne sais pas si il m'a aimé pour moi-même ou parce qu'il était vulnérable du fait qu’il venait de perdre ses parents… Il était l'homme le plus gentil que j'ai connu. Il a été toujours sincère et honnête. J'ai eu du mal à me remettre de cette séparation malgré son honnêteté, je sentais bien lorsque nous nous croisons qu'il y avait encore de l'alchimie. J'ai espéré longtemps que nous nous retrouverions.
En attendant je continuais mes études en décoration d'intérieur, J'ai rencontré l'homme qui allait bouleverser ma vie, je croyais de nouveau en l'amour mais cette fois ce fut l'enfer.
Tout était si beau au début, je l'ai présenté à mon père qui lui a trouvé un travail saisonnier pour rester près de moi. Il le mit à l'épreuve pour voir s'il était digne de sa fille, et j’en payai le prix plus tard.
Mon père avait un cancer et une leucémie qui finit par le mettre dans le coma, j'allais le voir le plus possible mais déjà ma vie mon destin devenait un enfer.
J'avais appris quelques mois avant que j'étais enceinte.
Je sais ce que c'est que d'être battu, violée, frappée, séquestrée, de tomber dans le coma...
Un jour lors de mon arrivée au chevet de mon père, un médecin me dit qu'il y avait plus aucun espoir et que cela serait mieux pour lui et qu'ainsi il ne souffrirait plus. Je ne comprenais pas trop ce qu’il se passait et ce que l'on voulait de moi.
Le médecin me demanda ma signature pour faire l'injection qui mettra fin à la vie de mon père.
Je ne savais plus où j'en étais ce que je devais faire, ce que je ne devais pas faire à ce moment-là, entre ma vie privée qui était un désastre, ma vie professionnelle que j'avais dû stopper, mon père qui devait partir et plus aucune famille… je voulais moi-même partir, ne plus exister...
J’ai fini par donner mon accord à ce médecin, je tenais la main de mon père pendant que l’on lui faisait l’injection finale : à ce moment-là mon père versa une larme et la ce fut la fin, la fin de tout et même à la fin de ma vie.
Je rentrai chez moi, enfin chez mon ami, et la ma vie ne fût plus la même.
Je fini par accoucher d'une petite fille, qui finalement se trouva très malade, son père de retour de l'armée revint avec une nouvelle compagne, j'ai pu alors partir, mais partir où, et avec quel argent ?
J'étais seule et à la rue, et je tiens à remercier ces femmes de trottoir qui m'ont aidé et soutenue, ces femmes de ce monde m’ont écoutée, réconfortée… Nous ne devons pas juger certaines personnes pour ce qu'elles sont ou font, mais pas pour ce qu’elles sont et font, nous devons accepter les différences de chacun, ce n'est pas parce que une personne est moche, invalide ou différentes des idéaux toute personne a le droit à son bonheur à son bien-être.
J'avais perdu ma fille, je n'avais plus rien, il me restait que la rue mais j'ai su apprendre à relever la tête encore et encore.