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Réminiscences

Chapitre 1-1: Retrouvailles

     Ce samedi-là, au petit matin, les lueurs éclatantes du soleil levant frappaient ardemment les vitres teintées de ma chambre assombrie. Pourtant, ce ne sont pas elles qui m'arrachèrent des mes paisibles rêves, mais les hurlements assourdissant du téléphone qui parcourraient rapidement tout l'appartement. Péniblement, j'ouvrai les yeux et me redressai dans la pénombre de la pièce, ouverte sur le salon; jambes engourdies et paupières à demi fermées, je trébuchai sur mes chaussures et mes quelques vêtements de la veille qui gisaient encore au sol avant de pouvoir enfin m'approcher de l'interrupteur au-dessus de l'écran télévisé. Je le pressai.

     Autorisant ainsi la communication, je devinais déjà la voix de mon interlocuteur, qui ne pouvait être autre que celle de ma mère, soucieuse. Comme à son habitude, elle s'inquiétait de me savoir seule et désemparée à la maison. Comme s'il était possible qu'un agresseur puisse pénétrer chez moi sans que je ne l'y autorise! Fort heureusement, il n'arrivait pas fréquemment je passasse mes nuits dans la solitude de ces quatre murs de béton armé. Amanda était partie à Paris depuis quelques jours déjà, pour un stage qu'elle devait effectuer en entreprise deux semaines durant, dans le cadre de sa formation d'ingénieur en chimie organique. De ce fait, c'est seule que je passais mes nuits dans cet appartement qui me semblait alors terriblement spacieux, ayant pour unique compagnie quelques amis de la toile qui prenaient régulièrement de mes nouvelles, occupant ainsi mes soirées; et il arrivait souvent dans ce cas-là que ma mère me contactât tôt le matin pour justement, avant de se rendre à son cabinet médical, s'assurer que tout allait bien pour moi et que je n'avais pas encore dépéri!

     - Allô? demandai-je d'une voix rauque, tout en prenant place sur l'un des tabourets disposés derrière moi.

     - Inès, c'est maman, tu vas bien? dit-elle, enthousiaste. Sa voix était claire et douce, comme toujours. Jamais une once d'abattement n'affectait les intonations mélodieuses de sa voix. Inès? demanda-t-elle.

     Je levai la tête pour regarder l'écran télévisé. Je découvris alors le visage de ma mère dégagé des ses longs cheveux noirs, lisses comme de la soie, noués en queue de cheval haute à l'arrière de la tête, un sourire ébahi aux lèvres.  

     - Oui, en fait tu viens de me réveiller, avouai-je timidement, tout en essayant de garder mes yeux ouverts.

     - Tu ne travailles pas aujourd'hui?

     - Si, mais je commence à 11h ce matin.

     Même si cela ne m'était guère indispensable, mes parents, tous deux médecin, préféraient toutefois que j'acquisse un salaire par mes propres moyens, à la seule sueur de mon front, comme la plupart des jeunes gens de mon âge le faisaient déjà. Histoire de mieux me préparer à la future vie active qui m'attendrait à la fin de mes études sans doute.

     De ce fait, je travaillais depuis peu à l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry (où j'occupais un poste très peu convoité d'ailleurs), les week-ends en général, ce qui me permettait - en plus de mon considérable argent de poche - de vivre en colocation avec Amanda dans ce petit appartement franchement pas cher que nous avions pu déniché près de l'hôpital de Grange-Blanche, il y avait de cela quelques mois. Celui-ci était situé tout près du vieux tramway qui me conduisait à l'Université Lyon II où je suivais alors des cours d'anthropologie.

     - Ah d'accord. Je voulais t'informer que ce soir Mehdi vient manger à la maison avec Sandra et je me demandais si tu pouvais venir toi aussi? poursuivit-elle. 

     Je réfléchis un bref instant. Tout compte fait, je préférais de loin la délicieuse cuisine de maman aux sachets repas insipides qui finissaient par me lasser. Je n'ai pas hérité des talents cuisiniers de ma mère et de coutume, c'est Amanda qui prépare les dîners, mes déjeuners sont d'ordinaire rapidement avalés à la cafétéria de la faculté ou bien au réfectoire de l'aéroport.

     D'autre part, il y avait, derrière cette invitation, l'occasion de revoir  Mehdi, mon frère aîné de trois ans, dont les taquineries fraternelles me manquaient beaucoup ces derniers temps.

     - Oui maman, ok! Normalement, je serai là.

     - Bien, à ce soir ma chérie, dit-elle tendrement. 

     - Bisous maman, lui chuchotai-je avant d'interrompre la communication établie avec l'appartement de mes parents.

     Mehdi, tout jeune homme de vingt-six ans, s'était déjà marié depuis deux ans environ, peu après avoir obtenu son fameux diplôme d'ingénieur en robotique. Comme presque tous les membres de mon entourage, il a suivi une formation scientifique; quant à moi, les mathématiques, les sciences physiques ou biologiques n'ont jamais été mon point fort au lycée. 

     C'est avec lui que j'ai passé les onze premières années de ma vie, avant que mes parents ne se décident hélas à donner naissance à un troisième enfant. Il a toujours su remplir ses obligations de grand frère et pour tout dire, c'est à lui que je me confiais le plus souvent étant enfant. A mon grand regret, depuis son mariage et mon départ du domicile familial, nos rencontres se faisaient de plus en plus rares. Fervent romantique, il avait épousé l'un de ses tout premiers amours d'adolescent, Sandra, qui s'était par ailleurs convertie à l'islam pour lui, il me semble.

     Sandra était la soeur aînée de ma meilleure amie au collège, Laura, avec qui je passais le plus clair de mon temps libre. A cette époque là, celle-ci et moi étions totalement inséparables, nous partagions les mêmes cours en classe de 3ème; comme les deux doigts de la main, nous étions toujours assises ensemble, à étouffer nos fous rires hilares pendant les heures de classe. En effet, Laura était une jeune fille attachante, appréciée de tous pour sa bonté, sa gentillesse et son sens de l'humour aiguisé. Dès notre première rencontre, elle avait su, à son plus grand mérite, me désarmer et me mettre à mon aise avec ses plaisanteries et ses mimiques travaillées. J'ai d'ailleurs toujours pensé qu'elle aurait fait une belle carrière d'humoriste. J'étais très introvertie, elle pas du tout, et s'était fait de nombreux amis parmi nos camarades de classe et du collège tout entier; elle était très populaire, contrairement à moi et à sa soeur aînée d'ailleurs, d'un caractère plus timide que le sien.

     D'une certaine façon, c'est grâce à Laura et moi si Mehdi et Sandra sont aujourd'hui mari et femme; disons que nous avons voulu jouer les Cupidons, espérant naïvement devenir belles-soeurs un jour. 

     Le résultat escompté était pourtant bien au rendez-vous, mais cet ère remonte à bien trop longtemps et aujourd'hui, il est plutôt rare que nous échangions quelques mots elle et moi. Après la classe de 3ème, j'ai décidé de suivre un cursus général au lycée Pierre-Brossolette à Villeurbanne, alors que Laura s'est orientée vers un cursus professionnel en vue de devenir esthéticienne, un rêve d'enfance. Nos routes se sont ainsi séparées, peu à peu nous avons perdu contact en dépit de la relation étroite qu'avait entretenue mon frère avec Sandra, avant même qu'ils ne forment un réel couple, et nous n'avons aujourd'hui plus grand chose en commun. Nous sommes devenues très différentes des deux jeunes adolescentes qui s'étaient juré amitié pour la vie.   

     Un an et demi à peine après sa première rencontre avec mon frère, Sandra et moi étions déjà devenues très complices, surtout à partir de mes seize ans alors que j'étais en première. Elle préparait son baccalauréat lorsque Mehdi se décida enfin à la présenter à mes parents. C'est alors qu'elle passa de plus en plus de temps à la maison où elle fût chaleureusement accueillie, aussi bien par mes parents que par le reste de la famille, et c'est tout naturellement qu'aujourd'hui, du haut de ses vingt-quatre ans, elle en est un membre à part entière. 

     Je me souviens qu'elle avait tout juste dix-neuf ans lorsqu' elle nous annonça à tous, dans la plus grande sincérité, qu'elle s'était décidée à embrasser l'islam après avoir mûrement réfléchi sur la question. Je fus la première étonnée par cette déclaration, jusque là elle avait toujours clamé haut et fort qu'elle ne croyait ni en dieu ni en la vie après la mort, et que notre existence sur terre était probablement le résultat d'une chaîne de réaction survenue hasardeusement, sans signification ni raison particulière. Certains disent que l'amour rend aveugle, mon père dit souvent ironiquement en repensant à Sandra, que l'amour peut au contraire ouvrir les yeux.

     Je ne sais quoi penser de cette affirmation, mais je me pose cependant certaines questions. Était-ce possible? Est-ce que nos sentiments pour un être cher pouvaient complètement changer nos convictions les plus profondes? Sandra croyait-elle véritablement en l'existence de Dieu ou ses sentiments la poussaient-elle à se mentir à elle-même et à se convaincre que c'était le cas? Car à coup sûr, Sandra n'aurait peut-être jamais choisi cette religion si ce n'était pas pour la prunelle des yeux de mon frère. Personne à ma connaissance ne l'a laissée entendre qu'elle n'avait qu'un seul moyen de passer le reste de ses jours avec "l'amour de sa vie": se convertir à notre religion. Il est vrai que je n'en suis pas certaine, mais je ne pense pas que mes parents auraient empêché leur mariage en se basant sur ce seul critère. Après tout, le petit frère de ma mère, mon oncle Moussa, avait épousé une femme qui était elle aussi athée, sans pour autant qu'elle se convertisse à l'islam.  

     Alors, pourquoi avait-elle agit ainsi? Par amour? Peut-être ne voulait-elle prendre aucun risque de le perdre; certes, mais nous serions alors confrontés à la terrible réalité que nos sentiments auraient suffisamment d'emprise pour nous rendre esclave de nous-même, car dans ce cas présent, ce n'est pas la raison qui a poussé Sandra dans les bras d'une religion... 

     Bref, quoi qu'il en soit réellement, cela fait cinq ans maintenant qu'elle est devenue musulmane et elle semble toujours aussi sincère tant dans son amour pour Dieu que dans celui qu'elle éprouve pour mon frère.  

 

 

     Il était 9h00 pilepoil, j'avais pris ma douche, avalé mon petit déjeuner et avait enfilé une tenue suffisamment confortable pour supporter les six heures que j'allais passer debout derrière un comptoir. "Cette fois-ci je serai mieux préparée!"

     Mon départ ne devait pas avoir lieu avant une heure et demie, et j'avais le choix quant à la façon de combler ce court répit. Je pouvais me plonger attentivement dans l'un de mes devoirs, entre autre, l'étude d'un ebook au sujet de l'anthropotechnie - "super!"-  dont les premières lignes illuminaient la table basse de mon salon depuis quelques jours déjà, ou bien encore, me vautrer allègrement sur mon canapé devant l'écran télévisé qui n'attendait que mes ordres. Le choix était vite fait!

     J'enfilai le gant-télécomande droit, dont les dimensions avaient récemment été adaptées à ma petite main, et commençai à faire défiler sous mes yeux attentifs les programmes en cours de diffusion, avant peut-être de jeter un oeil aux programmes à la demande. Après un rapide zapping d'un court instant, je décidai de m'arrêter sur l'un des programmes légendaires des années deux milles: Grey's anatomy, la célèbre série télévisée dont la jeune adolescente de quatorze ans qu'était ma mère à l'époque de sa sortie, s'était prise de passion. Fan frénétique, elle avait la collection vidéo de toutes les saisons, que j'ai eu l'occasion de reparcourir avec elle pendant mon enfance. 

     Apparemment, la treizième chaîne rediffusait ces anciens épisodes, vieux de presque trente-six ans maintenant,  pour le plus grand plaisir, je suis sûre, de toutes les quadragénaires - pour ne pas dire quinquagénaires - dont l'adolescence avait été bercée par les douces notes du générique. Malgré ses quelques rides au coins des mirettes, cette série pouvait facilement être remise d'actualité: qui ne rêverait pas d'un bon docteur mamour en chair et en os?! D'ailleurs, si je peux me permettre la remarque, il n'y a que dans les supers productions américaines qu'on a droit aux plus sexy des médecins. Et ma mère, qui cependant en un épousé un, tient ce même discours, c'est dire! Personnellement, même s'il est vrai que je ne suis pas souvent malade, je n'ai encore jamais croisé un médecin que j'apprécierais d'abord pour son physique de rêve, ensuite pour ses compétences professionnelles. 

     Contrairement à la plupart des grands fans de la sitcom - ma mère entre autre - je déteste l'héroïne, Meredith. Cette jeune femme s'est vue donner la chance d'attirer les hommes des plus charmants mais, névrosée, semble toujours obligée de gâcher ses relations! Dès leur rencontre, c'est le beau Derek qui la courtise mille et une fois avant de la supplier d'accorder une énième chance à leur couple, pourtant sans avenir. A mon humble avis, je crois que je serais prête à tuer si l'occasion m'était donnée d'être dans une telle situation où un charmant jeune homme me prêterait autant d'attention! Car il est vrai que, jusqu'à présent, du haut de mes misérables vingt-trois années passées ici-bas, je ne peux pas vraiment prétendre avoir connu le grand amour avec son fameux grand A.

    Mes relations sont toujours très sommaires et superficielles, et souvent lorsque je sors avec un garçon, ce n'est jamais pour les bonnes raisons. Parfois, c'est simplement pour l'immense soulagement de ne plus être célibataire, car le célibat, plus qu'indésiré, est presque aboli du quotidien des jeunes gens qui ont pris pour devise " on ne se marie qu'une fois, alors, profitons un max en attendant"; ou bien même, et là c'est le pire, il m'est déjà arrivé d'entreprendre des relations simplement pour faire plaisir à mes amis persuadés de m'avoir trouvé la perle rare, ma satanée deuxième moitié, celle avec qui j'aurais tant en commun et  avec qui je serais assurément la plus heureuse... Pour résumer, je n'ai encore jamais été capable de charmer celui qui compterait sincèrement à mes yeux, celui pour qui je frissonnerais d'un seul regard. Par manque de courage, d'audace et d'assurance, j'ai du me contenter des autres...

 

 

     Bref, pas le temps de méditer sur la question. "Heureusement, aujourd'hui, je n'aurai pas besoin de me disputer le droit d'utiliser ma propre voiture!" Car il est vrai qu'en plus de mon appartement, c'est mon moyen de locomotion que j'acceptais volontiers de partager avec ma colocataire. Amanda avait son autorisation de conduire depuis deux ans je crois, mais toujours pas les moyens d'entretenir à elle seule une voiture; de ce fait, il lui arrivait parfois d'emprunter la mienne, ce qui engendrait bien souvent quelques chamailleries mal argumentées.

     Pour me rendre à l'aéroport, je devais emprunter l'autoroute A43, l'une des premières de Lyon équipées, en 2032, du système de transport automatique qui permettait à tous les automobilistes de se rendre sur leur lieu de destination sans encourir les risques qu'impliquait la conduite sur autoroute; que ce soit accidents de la route ou trafic encombré. Malheureusement, avant de la rejoindre, il me fallait circuler par moi-même en agglomération, ce qui, plus qu'exténuant, était un véritable casse-tête. Cela faisait huit ans maintenant que l'État avait annoncé l'équipement en microcapteurs et nanocontrôleurs de toutes les villes de France, mais comme toujours, le début des travaux avait été retardé.

     Arrivée à la zone d'insertion de l'A43, je pus enfin me détendre et me laisser guider par le véhicule. Très vite, le compteur affichait les cent soixante-dix kilomètres-heure; la circulation était fluide ce jour-là, et il ne me fallu pas plus de dix minutes pour me rendre à l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry. Une fois sur place et comme d'ordinaire, je me rendis à mon casier y déposer quelques affaires personnelles et récupérer mon uniforme (qui se résumait à une simple veste que j'enfilai par dessus mon tee-shirt). Je traversai ensuite les grandes allées bondées du site aéroportuaire pour rejoindre l'accueil, et mon poste de service. Une collègue était sur place, probablement depuis quelques heures déjà.  

     - Bonjour Inès!

     - Bonjour Clara!

     Clara était une jeune femme de trente-deux ans employée au même poste que moi, à l'exception près que dans son cas, hôtesse d'accueil était un job à plein temps. Malgré son âge, elle était assez bien conservée.

     Elle était ravissante, brune aux boucles soyeuses, son teint clair aux joues rosées contrastait parfaitement avec le noir profond de ses yeux. En plus de son visage radieux, elle présentait une allure de rêve: grande et mince sans pour autant être maigrichonne, loin de là, ses gestes étaient toujours gracieux et bien menés. J'aurais parié que dans sa jeunesse, elle exerçait le métier de mannequin. De part son physique préservé - selon ses dires, elle était à cent pour cent naturelle -, elle pouvait facilement prétendre avoir vingt-sept ou vingt-huit ans ; cependant, de part son attitude puérile, je lui en donnais à peine vingt!

     Sa jeunesse lui avait été volée, et malgré les années qui s'inscrivaient sur son visage, elle n'était toujours pas devenue une adulte pleinement responsable. Elle était embauchée  ici depuis presque dix ans, après avoir abandonné sa formation, un brevet de technicien supérieur en bureautique, à cause d'une grossesse survenue à l'improviste. Je ne l'ai rencontrée qu'une seule fois jusqu'à présent et pourtant, je suis sûre de connaître toute sa vie presque aussi bien que sa propre mère! Disons qu'elle est plutôt bavarde, d'une façon pathologique je dirais. 

     Elle s'est mariée une première fois alors qu'elle n'avait pas encore dix-neuf ans, essentiellement parce qu'il était impensable pour ses parents, de fervents puritains, qu'elle reste mère célibataire, bien que ce statut soit tout à fait banal de nos jours. C'est donc le père de son premier enfant qu'elle épousa, plus par nécessité que par réel amour, et cette première grossesse l'empêcha de poursuivre sa formation professionnelle. Au bout de deux ans et demi de vie commune, elle divorça et se remaria quelques mois plus tard avec un homme qui sera le père de son deuxième enfant. Pour résumé, alors qu'elle était à peine plus âgée que moi, Clara avait déjà été divorcée puis remariée, et était la maman de deux enfants issus de deux pères différents! De quoi me réconforter dans le fait que tout vient à point à qui sait attendre, pas la peine de me presser, même si à vingt-trois ans, je n'ai toujours pas connu de relation suffisamment sérieuse pour penser au mariage, cela ne signifie pas pour autant que je finirai un jour vieille fille!

     - Alors, madame fait la grasse mat' pendant que ses collègues se tuent au travail? me lança-t-elle, exaltée.  

     - Non, pas vraiment, ma mère, très matinale, m'a réveillée à 7h30 ce matin, rétorquai-je, ironique. 

     - Ah, je croyais que tu ne vivais plus chez tes parents.

     - Oui, c'est le cas. Elle m'a téléphoné tôt pour être sûre de ne pas me manquer, elle voulait m'inviter à manger à la maison ce soir, en présence de mon grand frère et de ma belle-soeur.

     - Waw, ça doit être cool ça d'avoir un grand frère! Moi je suis l'aînée d'un garçon de vingt-cinq ans et d'une fille de vingt et un ans, et crois-moi ce n'est pas drôle d'être la plus âgée! J'ai été le cobaye de mes parents, ils ont tout testé avec moi d'abord, enfin... ils m'ont surtout imposée leurs commandements plus qu'ils ne m'ont laissé de liberté. Et le pire, c'est qu'aujourd'hui, ils sont franchement plus cools avec les deux autres! Alors qu'à l'âge de quinze ans, je devais faire le mur pour aller en boîte de nuit, parce qu'évidemment, il était inconcevable pour mes parents que leur petite fille chérie se trémousse dans un endroit aussi mal vu, ma petite soeur est gentiment accompagnée par ma mère à toutes ses soirées étudiantes! 

     Je dus me mordre la langue pour ne pas lui rappeler qu'à ses quatorze ans, ses parents découvraient qu'elle avait pris l'habitude de sécher régulièrement les cours de classe pour passer des après-midi bien arrosés en présence de ses amis; ce après quoi, raisonnablement,  ils décidèrent d'être plus restrictifs avec elle! Aujourd'hui encore, elle-même maman d'un préadolescent d'une douzaine d'années, elle se permettait de se plaindre de l'éducation rigoureuse que ses parents avaient tenté de lui donner. Tout de même, au regard de la jeune femme qu'elle était à présent, peut-être aurait-il mieux valu pour elle qu'elle se contente de les respecter plutôt que d'essayer par tous les moyens de les contredire. Et puis, il n'est pas de mon éducation de remettre en question l'autorité de mes parents, que l'on m'a toujours appris à respecter et qui me respectaient en retour.

     En ce qui me concerne, mes parents m'ont toujours laissé une grande liberté, peut-être justement parce-que je leur ai toujours prouvé que j'étais suffisamment responsable pour qu'ils aient une totale confiance en moi. N'allez cependant pas croire que régnait dans notre foyer l'anarchie, il y avait quand même certaines règles à honorer que je me suis toujours efforcée de suivre, comme celle de ne pas aller en boîte de nuit avant la majorité! Règle inspirée de la loi française d'ailleurs.

     - Ouais c'est sûr, les parents sont toujours un peu plus sévères avec les premiers, répondis-je, quelque peu hypocrite.

     - Je suis sûre que ton frère s'est vu recevoir des sanctions pour des bêtises beaucoup moins dramatiques que les tiennes, hein!

     Décidément, elle s'entêtait à remettre la faute sur ses parents, sans jamais se remettre en cause elle-même. C'est dans ce sens-là que je pouvais affirmer que malgré tout, elle n'avait pas mûri et était incapable de prendre suffisamment de recul sur sa propre situation pour se rendre compte enfin, qu'après tout, ses parents essayaient peut-être de lui faire tirer un enseignement de chacune des sottises qu'elle avait pu commettre jusque-là.  

     - Euh, non je ne crois pas, je suis bien plus sage que mon frère ne l'était, enfin surtout lorsqu'il était adolescent. Il a causé bien des soucis à mes parents, mais il s'est assez vite calmé en fait. Il a mûri assez tôt je dirais.   

     - Excusez-moi!

     Une voix grave nous interpellait soudain. Je me retournai et regardai par dessus le comptoir pour y découvrir qu'un jeune homme, à la beauté époustouflante, se tenait devant nous, l'air exaspéré. Cheveux châtains clairs coiffés en pointes, il nous lançait un regard sombre, de ses magnifiques yeux verts, ce qui ne lui donnait que plus de charme.

     - Hum...grincheux. Mais quel grincheux celui-là! me chuchota discrètement Clara.

     Oui en effet, après plus de dix ans de service, Clara avait le flaire pour repérer les rares clients mécontents et désagréables qui nous font détester plus que jamais notre emploi et n'hésitent surtout pas à nous faire remarquer notre prétendue incompétence professionnelle! Rien de plus désagréable qu'un client qui remet la faute de tout un service sur une seule personne: l'hôtesse d'accueil. A croire qu'ils se sentent tous, pour le peu qu'ils soient, obligés de s'en prendre à n'importe quel employé de l'aéroport, tant que cela leur permettrait de soulager leur colère; même si, d'un autre côté, hormis les quelques ordinateurs, panneaux numériques et rares agents de sécurité, nous étions les seuls êtres humains, assurément polyvalents, à qui ils pouvaient s'adresser. Les joies de la modernité technologique.

     S'il y a un point sur lequel mon supérieur a précisément insisté au cours de notre premier entretien, c'est bien que le client est roi et que l'on doit tout faire, en tant qu'hôtesse d'accueil, pour le satisfaire même au prix de notre santé morale - "il suffit juste de prendre une dose de psychotropes et le tour est joué!" m'avait-il annoncé. En somme, on doit prendre sur soi, rester poli et agréable, toujours le sourire aux lèvres et ce quelque soit l'état d'esprit de notre interlocuteur, même s'il en vient aux insultes personnelles, comme il le fait souvent, telles que "vous ne savez rien faire", " vous ne comprenez jamais rien", ou encore "écoutez un peu quand je vous parle petite idiote!". 

     J'inspirai profondément et appréhendai quelque peu; je craignais une altercation musclée. Discrètement, Clara glissa un comprimé psycholeptique dans la paume de ma main gauche - au cas où les choses prendraient une tournure plus dramatique, je le sommerai de l'avaler. J'arborai alors mon plus beau sourire - pour l'apaiser, mais aussi pour le charmer peut-être? - et dis d'une voix la plus douce et agréable possible:

     - Bonjour monsieur, puis-je vous aider?

     - Oui, il y a un bagage que je n'ai pas récupéré, lança-t-il sèchement.

     J'étais sûre qu'il ne remarquait même pas les efforts que je faisais pour lui rendre la situation plus agréable et le préserver de l'administration d'un comprimé; je détestais tous ces conforts que les laboratoires pharmaceutiques nous ventaient à tout va comme étant le secret miracle d'une vie paisible et heureuse. Je n'aurais jamais eu la force d'imposer ce genre de soin, que je n'osais même pas m'imposer à moi-même, à un garçon de cette stupéfiante beauté. Je le scrutai alors avec plaisir, guettant le moindre changement d'humeur, mais celui-ci gardait la même expression sur son visage, maintenant ses sourcils froncés sur une ligne agacée. Toutefois, je remarquai que ses traits si bien dessinés, me rappelaient quelqu'un et j'eu l'étrange sentiment que ce portrait ne m'était pas totalement inconnu.

     - Donnez-moi vos coordonnés, et nous vous contacterons dès que votre bagage sera retrouvé, l'informai-je. 

     - Comment ça vous me contacterez? m'interrogea-t-il d'une voix grave.  

     Sa froideur ne me déstabilisait pas, comme si je le connaissais parfaitement et savais que cette attitude n'avait rien de personnelle.  

     - Eh bien, nous vous prierons de bien vouloir venir récupérer votre bagage.

     Malgré toutes les nouvelles technologies, le système de tri et transport automatique des bagages présentait certaines failles, et il arrivait quelques fois - une fois n'est pas coutume - qu'une valise soit égarée. Probablement le résultat d'une erreur humaine, et non informatique, cela va de soi.  

     - Non, j'ai besoin de ce bagage tout de suite! s'écria-t-il, un ton au-dessus.

     - Monsieur, écoutez, donnez-moi vos références, je vais me renseigner, mais il y a très peu de chance que vous récupériez votre valise de suite (en raison surtout du faible effectif d'agents de service présents sur place). Sur quel vol étiez-vous?

     - Celui de Madrid. Il n'y avait qu'un retour de Madrid ce matin, me rappela-t-il sèchement.

     - J'aurais besoin d'une pièce d'identité s'il vous plaît, lui demandai-je en me tournant vers l'écran d'ordinateur tactile.

     Il glissa sa carte d'identité sur le comptoir dans ma direction. Je déchiffrai alors Yoann Augustin Sollet. Yoann Sollet, décidemment, ce nom-là me disait quelque chose. 

     - Yoann Sollet? murmurai-je tout en l'écrivant sur l'ordinateur.

     - Pardon? demanda-t-il interloqué. 

     - Votre nom me ne m'est pas inconnu, ni votre visage d'ailleurs, l'informai-je, songeuse.

     - Oui, j'ai un visage très commun, et il est arrivé plus d'une fois qu'on me confonde avec un autre, souffla-t-il, étrangement mal à l'aise.

     Je l'examinai à nouveau. Bon sang, j'aurais du reconnaître parmi mille cette beauté éclatante à faire tourner la tête, ce petit regard envoûtant presque hypnotique, ce charme qui émanait de son corps parfait comme une aura. Mon coeur s'emballa comme si une aiguille aiguisée l'avais brutalement transpercé. Bien sûre que je connaissais ce jeune homme.

     - Yoann! Vous étiez au lycée Pierre Brossolette à Villeurbanne, non? m'exclamai-je soudainement.

     - Oui, en effet, répondit-il sur ses gardes.

     Il me dévisagea, scrutant attentivement les traits de mon visage; une lueur douteuse se dégageait de ses pupilles noires.

     - C'est moi Inès! continuai-je. Nous étions en seconde ensemble, et puis, tu as du partir en fin d'année, à cause de tes parents si je me souviens bien. Ils avaient trouvé du travail ailleurs!

     - Inès... tu étais l'amie de Sarah, c'est ça? murmura-t-il, subitement rassuré.  

     - Ouiiiiii! Sarah! m'exclamai-je à nouveau.

     - Tu as beaucoup changé. Je dois bien avouer que jamais je ne t'aurais reconnue sans ton aide, admit-il détaché.

     - Oh merci! lui lançai-je, flattée. 

     Yoann Sollet avait remarqué que j'avais changé! En bien j'espérais!

     - Alors, tu travailles ici maintenant? reprit-il, toujours d'un ton neutre.

     J'étais enchantée de le revoir, lui semblait indifférent; étonnamment, la scène me paraissait tout à fait familière. 

     - Oui, j'ai tout abandonné pour ce poste! plaisantai-je pour détendre l'atmosphère qui semblait quelque peu tendue. Non, je plaisante, ça me permet entre autre de payer mon loyer, je vis en colocation avec une amie, et je suis toujours étudiante bien sûre!

     - D'accord, soupira-il en s'attardant sur la dernière syllabe comme pour souligner le fait que cette ébauche de conversation lui était complètement égale. 

     - Alors et toi, qu'est-ce que tu deviens? Une fois parti tu n'as plus jamais donné de nouvelles! l'interrogeai-je timidement, pianotant sur l'ordinateur.  

     - Ouais, c'est vrai. Mais tu sais à Paris la vie défile à deux cents à l'heure, je n'avais plus trop la tête à envoyer des mails... et puis le temps passe si vite..., dit-il, songeur.

     - Ah, je croyais que tes parents avaient été mutés à Toulouse ou un truc dans le genre, m'assurai-je tout en lui glissant sa pièce d'identité.

     - Non non, c'était bien à Paris, affirma-t-il.

     - J'ai du me mélanger les pinceaux alors... Bon écoute, je vais m'occuper personnellement de ton bagage ok? repris-je d'un ton plus sérieux. Ne t'en fais pas, je te préviendrai dès que j'en aurai des nouvelles mais tu sais, comme je te l'ai déjà dit, à mon avis, tu ne le récupéreras pas aujourd'hui. Peut-être lundi, et ça tombe bien je serai à mon poste lundi matin, ce qui est vraiment très occasionnel! On peut dire que tu as de la chance toi, plaisantai-je pour le détendre un peu.

     - C'est très important que je le récupère au plus vite, poursuivit-il, comme s'il n'avait pas écouté ce que je venais de lui dire. 

     - Je comprends mais...

     - Non tu ne comprends pas! me gronda-t-il agressivement.

     Je sursautai. Nous nous examinâmes quelques instants, quelques fractions de secondes même; et un ange passa.

     - Excuse-moi, mais c'est vraiment important, reprit-il plus calmement.

     Mon coeur battait à cent à l'heure et mes mains tremblaient. Il m'avait vraiment surprise ce qu'il ne manqua pas de remarquer.  

     - Oui, mais c'est la procédure... Hum... Je peux toujours prévenir un agent mais..., bégayai-je quelque peu en regardant l'écran de mon ordinateur. On le retrouvera, ça c'est sûr, mais pas tout de suite... peut-être dans quelques heures... au mieux... 

     - J'espère bien. En fait, il y a mes médicaments dans cette valise, et je ne sais pas combien de temps je pourrais tenir sans...  Excuse-moi si je t'ai surprise. Mais, rit-il nerveusement, disons que ces derniers temps je suis un peu à cran.

     Ce n'était pas la peine de se mettre dans tous ces états pour de simples médicaments, s'il y avait vraiment urgence, il pouvait toujours se les procurer dans n'importe quelle pharmacie de Lyon. Je m'abstins de le lui rappeler.

     - C'est vrai que tu m'as l'air un peu fatigué, le rassurai-je.

     - Oui, j'ai beaucoup de travail en ce moment, et pas assez de temps pour tout faire...

     - Oh, alors t'es en voyage d'affaire?

     - Écoute, à vrai dire je n'ai pas vraiment le temps de discuter là, tout de suite donc... si tu es certaine qu'il...

     - Oui j'en suis certaine, l'interrompis-je.

     - Bien, j'ai d'autres préoccupations encore pour le moment, dit-il pensif.

     - Ah, oui je comprends, moi aussi j'ai du boulot de toute façon, je ne suis pas censée faire la conversation aux clients!

     - Lundi doit être le dernier délais, m'ordonna-t-il fermement.

     J'acquiesçai.

     Puis il reprit d'un ton plus désinvolte:

     - Écoutes, si tu veux on pourra aller boire un verre et ressasser le passé, me proposa-t-il de son superbe demi-sourire, dévoilant toute une rangée de dents d'une blancheur éclatante. 

     - Oui, pourquoi pas! m'empressai-je, soudainement très intéressée. Lundi matin, je prendrai ma pause à ton arrivée.

     - D'accord, au revoir alors.

     - Salut!

     J'étais absolument ravie, et pour de bonnes raisons, je venais de croiser la route du charmant Yoann Sollet, le jeune adolescent si convoité à l'époque du lycée. Et qui plus est, il venait de m'inviter à passer un petit moment en son agréable compagnie! S'il y en avait  un que je n'espérais même plus revoir, c'était bien lui.

     En fait, je le connaissais depuis le collège déjà, nous partagions le même cours d'espagnol en classe de 4ème. Mais à ce moment-là, il n'avait même pas conscience de mon existence. Ce n'est qu'en classe de seconde qu'il a plus ou moins fait ma connaissance, alors qu'il sortait avec ma meilleure amie, Sarah. Moi, je n'étais que la petite boutonneuse un peu rondelette qui les suivait partout... et surtout, qui était tombée amoureuse du petit copain de sa meilleure amie!

     Toutes les filles craquaient pour Yoann, et ce n'était un secret pour personne, sauf pour lui peut-être. Il n'avait d'yeux que pour Sarah! Je me souviens encore que beaucoup de mes camarades de classe ne comprenaient pas le fait qu'un garçon aussi beau et parfait puisse être attiré par une fille aussi banale que l'était Sarah. Car il est vrai que cette dernière n'avait absolument rien de particuliers, au contraire même, elle faisait parti de ceux que l'on surnommait mesquinement "les têtes d'ampoules", et en tant que telle, elle se devait d'avoir le style vestimentaire adéquat. Sarah était une "intello" et nul besoin d'échanger quelques mots avec elle pour s'en rendre compte, il suffisait simplement de la regarder déambuler dans les couloirs du lycée, accoutrée de ses vêtements de plouque.

     En réalité, j'étais exactement comme elle, quelques rondeurs ainsi que quelques spots sur le visage en plus, et un quotient intellectuel de quelques dizaines de points inférieur. Certes, mais malgré tout, elle seule avait su faire chavirer le coeur de Yoann!

     - Hé ben ça va, tu t'en n'es pas trop mal sortie avec celui-là! Tu n'as même pas eu besoin de l'anesthésier! me murmura ironiquement Clara, alors que Yoann était encore à quelques mètres du comptoir.

     - Oui, répondis-je, encore rêveuse. Enfin non, celui-là était un ami en fait! Il était au lycée avec moi et ça fait bien huit ans que je ne l'avais pas revu! Il avait déménagé à Paris apparemment!

     - Waw, le monde est petit!

     - Dis-moi, si tu as des nouvelles d'un bagage au nom de Yoann Sollet, tu peux me prévenir?

     - Pas de soucis ma belle!

     - Merci.  

     Le reste de la journée se déroula comme d'ordinaire, avec ses hauts et ses bas, à l'exception que pour une fois, quelque soit la situation à laquelle j'avais à faire, je restais toujours de bonne humeur: Yoann avait apparemment embelli ma journée et rien ne pouvait venir troubler ma béatitude! Huit ans plus tard, et je ressentais toujours ce petit pincement au coeur en me remémorant son doux visage d'ange! J'avais vraiment hâte de le revoir et de peut-être nouer des liens durables avec lui.  

     L'un des aspects positifs de ces premières retrouvailles était qu'il avait remarqué un grand changement en moi, si important qu'il aurait eu bien du mal à me reconnaître sans aide. Sans doute alors était-il possible qu'il me regardât sous un tout nouveau jour pour me redécouvrir et m'apprécier d'une toute autre façon! Ou bien peut-être que ses difficultés à reconnaître mes traits traduisaient simplement le fait qu'à l'époque déjà, il ne m'accordait que peu d'intérêt! Peu importait, de tout façon, je ne pensais pas être toujours amoureuse de lui, ou bien toujours aussi attirée par ses beaux yeux verts, mais tout de même, j'étais tentée de prendre ma revanche sur cette pauvre adolescente mal dans sa peau, devenue aujourd'hui une jeune femme (un peu) plus sûre d'elle. D'autant plus que Yoann n'avait rien perdu de son charme envoûtant. 

:: note publiée par laouan :: le mercredi 17 juin 2009 à 08:16 ::
:: Chapitre 1-1: Retrouvailles ::
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commentaire du mardi 14 juillet 2009 à 01:07 :: sad'^^

salut,
Je viens de lire ton premier chapitre et j'ai vraiment beaucoup aimé. Ayant fini twilight toute nouvelle histoire ou je pouvais me plonger était la bienvenue. j'attend avec grand impatience le prochain chapitre.
¨Ps: étant moi meme une passionnée des mots et de l'écriture, je te félicite pour ton style et ton vocabulaire assez recherché en comparaison avec ce qui se lit ces derniers temps... voilà bonne continuation.!





merci

commentaire du mercredi 15 juillet 2009 à 09:49 :: laouan

salut!
je te remercie pour ton message qui m'a beaucoup rassurée, tu es ma toute première lectrice en fait! alors forcément, ça fait plaisir de savoir que ce qu'on écrit n'est pas totalement aberrant ou incorrect!
j'essaierai de publier au plus vite les prochains chapitres!
à bientôt j'espère





Continue...

commentaire du jeudi 16 juillet 2009 à 10:08 :: kamana

Bonjour Laouan,

Je t'ai laissé mon avis sur le fofo Bit-lit où tu nous as mis ton lien.
Magnifique...





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