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Le Monde Souterrain

Solaris ou la Quête du Souvenir

Solaris est  à l’origine un film de science fiction réalisé en 1972 par le cinéaste russe Andreï Tarkovski, inspiré  par un roman de Stanislas Lem. C’est aussi le titre d’un remake dû au talent de Steven Soderbegh (Ocean Eleven’s, Kafka ) , c’est de ce film que nous allons parler. 

 

De quoi s’agit-il ? Un psychologue, Chris Kelvin (George Clooney) est envoyé sur une station spatiale gravitant autour de la planète Solaris et dirigée par son ami, le Dr Gibarian. Arrivé sur place, Kelvin apprend que Gibarian s’est suicidé et ne peut que constater l’étrange comportement des occupants de la station. Il en comprend la raison au cours de la nuit : chaque soir en effet, les occupants de la station sont rejoints par un « visiteur »  un être artificiel apparement généré par Solaris elle-même, et qui prend la forme d’un être aimé ; dans le cas de Kelvin, il s’agit de sa femme disparue, Rheya…

 

Comme dans le magnifique Kafka  (1991) ou le cinéaste promenait Jeremy Irons dans une Prague fantômatique et inquiétante  , aux lointains échos expressionistes, Solaris plonge George Clooney dans une situation angoissant ; en l’occurrence, un huis clos dans l’espace. Mais là ou dans Alien (Ridley Scott, 1979) ,  Ripley devait faire face à un monstre insaisissable, Kelvin doit faire face à ses démons : le souvenir de la mort de sa femme, son sentiment de culpabilité vis-à-vis de son suicide ;  le sentiment d’attraction /répulsion qu’il éprouve pour le « double » de sa femme. Un double dont il finira malgré tout par s’éprendre (ce qui fait écho à la passion de Scotty Ferguson pour Judy/Madeleine dans Vertigo d’Alfred Hitchcock) . La fin (que nous ne révèlerons pas) est elle aussi liée au souvenir, à la mélancolie et au rêve. Pour toutes ces raisons, Solaris est un film à voir absolument.

 

:: note publiée par Baronrouge :: dans Cinemascope :: le vendredi 29 août 2008 à 02:31 ::
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Hollywood Ending

Val Waxman (Woody Allen) est un cinéaste qui a connu son heure de gloire mais qui en est aujourd'hui réduit à tourner des publicités. Aux abois, il accepte de réaliser un film pour Hal Yeager, le nouveau compagnon de son ex-femme, qui représente tout ce que Val déteste. Mais quelques jours avant le début du tournage, le réalisateur , qui a des bouffées d'angoisse, perd la vue...Ce n'est pas déflorer la fin que de dire que cet état est provisoire. Car le véritable propos de ce film de Woody Allen, réalisé en 2002, c'est la critique d'un certain cinéma hollywoodien,que le cinéaste brocarde avec un humour féroce et salutaire. Starlettes prêtes à tout pour obtenir un rôle en dépit de leur évident manque de talent, producteurs avides, journalistes plus intéressés par les bruits de couloirs et les secrets d'alcôve que par le 7e Art: Tout le monde en prend pour son grade.Mais Allen reste toujours suffisament fin pour éviter de faire de son film un vindicatif pamphlet, prouvant, s'il en était besoin, qu'il est un grand cinéaste.
:: note publiée par Baronrouge :: dans Cinemascope :: le samedi 26 janvier 2008 à 02:52 ::
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Into The Wild

Non content d'être un formidable acteur, Sean Penn est également un réalisateur de talent, et ses réalisations, quoique moins nombreuses que ses contributions en tant que comédien, sont généralement de qualité (On se souvient de Crossing Guard , The Pledge ou du magnifique Indian Runner avec Viggo Mortensen)

Son nouveau film, Into The Wild , ne déroge pas à cette règle. Adaptation du livre Voyage au bout de la solitude de Jon Krakauer, le film retrace l'odysée (bien réelle) de Christopher Mc Candless alias "Alexander Supertramp", un jeune homme de bonne famille qui, après ses études, décide de tout quitter pour mener une vie libre et errante, tel les clochards célestes chers à l'écrivain Jack Kerouac. Au cours de son voyage, il rencontrera des personnages étonnants mais pétris d'humanités, tel un couple de hippies qui seront pour lui une seconde famille, une jeune fille aux yeux de flamme qui pourtant ne pourra le retenir, ou un vieil homme, Ron qui voit en lui son fils perdu. Il traversera les Etats-Unis avant de s'embarquer pour son plus grand périple, l'Alaska..."Que cherches-tu à fuir ?" demande Ron à Chris. Une famille dysfonctionnelle - mais comme dirait Neil Gaiman, existe-t-il donc des familles qui ne le soient pas ? - une société, de plus en plus absurde, étouffante, oppressante. Alex Supertramp est un Icare moderne, qui se rapproche de plus en plus du soleil ; au risque, peut-être, de s'y brûler les ailes.

:: note publiée par Baronrouge :: dans Cinemascope :: le dimanche 13 janvier 2008 à 02:57 ::
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La Loi du Desir

Avec la Loi du Désir (La Ley del Deseo) Pedro Almodovar réussit un film sur le caractère destructeur du désir, complément et pendant de son superbe Matador sortit l'année d'avant. A travers l'histoire d'Antonio, dévoré par une passion obsessionelle pour Pablo, -une passion  qui l'amèra à commettre un meurtre- Almodovar explore la dimension pathologique du désir amoureux et érotique. Le suicide d'Antonio à la fin du film fait écho au double suicide des amants de Matador; comme le Caravage, Almodovar érotise la violence et la mort. Et comme les toiles de Michelangelo Merisi, ses films nous remplissent d'un curieux sentiment, fait de ravissement, d'excitation et d'effroi.
:: note publiée par Baronrouge :: dans Cinemascope :: le mardi 18 décembre 2007 à 02:16 ::
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Pourquoi Joao Cesar Monteiro nous manque

 

Il y maintenant quatre ans que le génial Joao César Monteiro nous a quittés.  Le sublime provocateur et créateur du personnage de Jean de Dieu ( Joao de Deus),  de Dieu , qu'il interpréta lui-même dans sa fameuse Trilogie (Souvenirs de la Maison Jaune, La Comédie de Dieu, les Noces de Dieu). Joao César nous manque terriblement,; d'abord parce que c'était un immense cinéaste, mais aussi parce que c'était un esprit libre. En ces temps de recul de la pensée et de bêtise décomplexée, revoir les films d'un tel homme est un exercice plus que salutaire.

:: note publiée par Baronrouge :: dans Cinemascope :: le mardi 10 juillet 2007 à 02:22 ::
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Furyo ou la passion interdite

Quand on parle du cinéaste japonais Nagisa Oshima, on pense souvent au magnifique et sulfureux Empire des Sens. Mais Oshima a réalisé un autre chef-d'oeuvre, moins connu mais dont les qualités valent bien celles de L'Empire. Furyo (Merry Christmas Mr.Lawrence) inspiré par le roman de Laurens Van der Post, The Seed and The Sower, met en scène un groupe de prisonniers anglais, parmi lesquels le capitaine Lawrence ( Tom Conti) et le major Jack Celliers (David Bowie). le camp de prisonniers est dirigé par le jeune capitaine Yonoï (Ryuichi Sakamoto), homme intransigeant fasciné par la discipline et la tradition, mais qui semble cacher de sombres secrets; il est secondé par Gengo Hara (Takeshi Kitano, dont c'est la première apparition internationale.) un homme brutal mais parfois traversé par des éclairs de compassion.Alors que Lawrence tente de s'adapter, de comprendre ces geoliers et leur culture si différente de celle de l'Occident, Celliers se mure dans une attitude de défi envers les Japonais et en particulier envers Yonoî, dont l'attitude envers lui est plus qu'ambigüe.Oshima réussit à faire un film sur le désir homosexuel au beau milieu d'un film de guerre. Furyo réussit à être plus puissament érotique que l'Empire des Sens, alors même qu'a l'inverse de ce dernier il ne montre rien de frontalement charnel. Au contraire, il suggère, par une foule de non-dits, de silence, de phrases inachevées. Car Furyo est aussi un film sur le refoulement, sur le non-accomplissement du désir.Celliers et Yonoï ne s'avoueront jamais leur attirance; parce qu'ils sont tout deux issus de cultures patriarcales, parce que la guerre fait d'eux des ennemis; une attirance dont l'intensité culmine dans la scène finale et qui les mènera à leur perte. En voyant Furyo, on ne peut  s'empêcher de songer aux vers de René Char: "Le poème est l'amour réalisé du désir demeuré désir."


:: note publiée par Baronrouge :: dans Cinemascope :: le lundi 25 juin 2007 à 02:38 ::
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