Non content d'être un formidable acteur, Sean Penn est également un réalisateur de talent, et ses réalisations, quoique moins nombreuses que ses contributions en tant que comédien, sont généralement de qualité (On se souvient de Crossing Guard , The Pledge ou du magnifique Indian Runner avec Viggo Mortensen)
Son nouveau film, Into The Wild , ne déroge pas à cette règle. Adaptation du livre Voyage au bout de la solitude de Jon Krakauer, le film retrace l'odysée (bien réelle) de Christopher Mc Candless alias "Alexander Supertramp", un jeune homme de bonne famille qui, après ses études, décide de tout quitter pour mener une vie libre et errante, tel les clochards célestes chers à l'écrivain Jack Kerouac. Au cours de son voyage, il rencontrera des personnages étonnants mais pétris d'humanités, tel un couple de hippies qui seront pour lui une seconde famille, une jeune fille aux yeux de flamme qui pourtant ne pourra le retenir, ou un vieil homme, Ron qui voit en lui son fils perdu. Il traversera les Etats-Unis avant de s'embarquer pour son plus grand périple, l'Alaska..."Que cherches-tu à fuir ?" demande Ron à Chris. Une famille dysfonctionnelle - mais comme dirait Neil Gaiman, existe-t-il donc des familles qui ne le soient pas ? - une société, de plus en plus absurde, étouffante, oppressante. Alex Supertramp est un Icare moderne, qui se rapproche de plus en plus du soleil ; au risque, peut-être, de s'y brûler les ailes. |