Un futur indéterminé, mais très proche, dans lequel les artistes ne peignent plus sur des toiles, mais sur des êtres humains. Clara est une jeune "toile" ambitieuse, qui rêve d'être peinte par Bruno Van Tysch, le plus grand artiste de cette époque. Mais un tueur en série parcourt l'Europe et élimine les unes après les autres les "toiles" de Van Tysch, les assassinant suivant des rituels inspirés de grandes oeuvres de l'histoire de l'Art...Clara et la pénombre se lit comme un thriller de science-fiction, au suspense haletant, et se double d'une reflexion sur l'homme et son rapport avec la société de consommation; doit-on, peut-on accepter que des êtres humains deviennent des objets, des marchandises mêmes ? Jusqu'ou ira la dérive marchande de notre société ? Le tueur n'a aucune considération pour ses victimes, mais les individus évoluant autour de la Fondation Van Tysch non plus, certains allant même jusqu'à dire "qu'une toile n'est pas un être humain". Une société aussi froide et aussi déshumanisée ne peut que produire des monstres qui lui ressemblent. C'est contre ce types de dérives que José Carlos Somoza, par ailleurs psychiatre, nous met en garde, en nous donnant ce livre qu'on peut sans crainte qualifier de grand livre. |