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Ce matin là...
Ce matin là, ma mère m’a passé un texto pour m’inviter à boire un café. J’avais trouvé le rendez-vous un peu suspect, du fait qu’en fin de mois, une simple noisette en salle devient un luxe à nos bourses. Une certaine angoisse m’a immédiatement envahie et j’ai pris le bus le plus rapidement possible. Il s’est passé quelque chose de grave, je le sais et ne le peux nier.
Quelques jours auparavant mon oncle venait se faire diagnostiquer un cancer et devait prochainement commencer sa chimio. La tête collée à la vitre, je pense à lui, espérant qu’il ne lui soit rien arrivé. Cette angoisse ne quitte pas le creux qu’elle a fait à mon ventre. Puis je me dis que peut-être, ma mère a juste besoin de se plaindre à quelqu’un et qu’elle a pensé à moi pour que je joue les psys. Néanmoins, je continue de me sentir anxieuse, sans parvenir à me raisonner et j’en viens presqu’à culpabiliser d’écouter de la musique.
Arrivée à la gare RER de Joinville, je n’ai plus qu’à traverser et pénétrer dans le café.
Ma mère est installée au fond sur une banquette. A peine s’est-elle retournée, j’ai perdu mon petit sourire. Elle a le teint pâle et les joues creusées, très peu maquillée comme si elle n’avait pas dormi ou pleuré.
‘Il faut que je te parle.’
C’est une phrase que je déteste à la base, et en vue du peu de communication qui nous unit, quand ma mère reste calme en me demandant de m’asseoir, c’est que mon pressentiment va devenir une réalité. Je suis restée debout : ‘c’est Georges ?’.
Son regard se plisse et commence à briller sous un filet de larmes. Elle se tort les lèvres, nie de la tête, et déclare dans un souffle ‘ton papa’.
Je reste… comment dire ? Je ne comprends absolument rien de ce qu’elle veut dire. Quoi ? Mon papa ? Je l’ai eu au téléphone il y a quatre jours, il m’a dit être fatigué, c’est tout. Comment va Tonton ?
Je reste quelques temps sans bouger, sans réfléchir, le vide total en mon esprit. Cette information n’a pas de sens.
‘Quoi ? Quoi Papa, putain ! Il a eu un accident ? Il est à l’hôpital ?
Nouvelle rotation de la tête de gauche à droite, les lèvres toujours serrées et je la vois ravaler une montée de pleurs.
-Il est mort.
J’avais commencé à m’asseoir, afin qu’elle puisse me parler. Soudain, impossible de tenir en place, et je me sens glisser sur la banquette en simili cuir. Sur le cul… et l’expression prend tout son sens.
Le barman, un homme d’un certain âge qui a tout de même l’habitude de me voir à cette même place, vient voir si je vais bien. Ma mère lui parle mais je ne l’entends pas vraiment, les gens semblent ne pas appartenir à mon monde, leur langage ou attitude ne me stimulent pas. Peut-être est-ce moi qui amorce une déconnection… L’homme me regarde et je sens dans ses yeux une compassion profonde, quelque chose qui me touche violement. Il se met à parler, une phrase courte que ma perception n’a pas réussi à décrypter. Je parviens à me lever, refusant calmement qu’on m’aide. Je crois avoir compris la nouvelle, mais c’est absolument inconcevable, il y a erreur. Et je déclare simplement : non, parce que non, ce n’est pas possible.
‘Non’.
Au début, je souris, quelle blague à la con. Mais non. Je me répète, hochant la tête à mon tour.
Vraiment, il y a forcément eu une erreur quelque part. En plus, quatre mois plus tôt, il a promis qu’il viendrait me chercher pour que je vive avec lui. Quatre mois plus tôt, enfin, cette phrase que j’attendais depuis quatre ans. Plus qu’une phrase, une promesse, LA promesse. Et je savais qu’il ferait tout pour la tenir. Alors non, ce n’est possible. Il m’a dit encore il y a quelques jours qu’il cherche une maison vers Perpignan ou Toulouse, qu’il a une copine qui peut me faire rentrer dans l’administration en attendant la prochaine rentrée. Accident de moto, improbable, mon père est un pilote qui a dû naître avec sa maîtrise innée de tout type de véhicule. Non, vraiment, c’est n’importe quoi.
Mais elle semble sérieuse et je crois revenir à la réalité à certains moments. J’ai vaguement compris qu’elle me parlait d’arrêt maladie, de train et de crémation. Soudain, je pense à mon cadet. Est-il au courant de cette nouvelle qui paraît être vraie ?
Pas encore. Il me faudra donc l’appeler dès que je me serais remise un minimum. Après le vide et le vertige, une multitude de choses se précipitent. Mais tout cela me paraît loin.
Accident mortel en moto.
Seul tourne à présent dans ma tête, le dernier couplet d’une chanson d’Amel Bent.
Je sors du café, en sanglots, allumant difficilement une clope, accrochée à mon portable en essayant de joindre ma meilleure amie. J’appelle plusieurs fois avant de laisser un message, sur son répondeur. J’en ai peut-être laissé deux, je ne sais plus.
Je me souviens lui avoir demander de me rappeler dès sa pause, mais j’ignore si elle a compris ce que j’ai pu dire. En fait, je pleurais tellement que je doute avoir tenu un propos articulé ou cohérent.
Emotionnellement, c’est un état très étrange. On ne réalise pas, c’est vrai ,malgré les condoléances. D’ailleurs, ‘condoléances’ est un mot que j’ai méprisé dès qu’on m’en a fait part.
Quelques minutes plus tard, j’ai dû contacter mon frère pour lui dire d’appeler un ami de mon père. Et ce dernier le tiendrait informé face à face. J’ai eu sa petite amie au téléphone et leur relation étant récente, je ne savais pas comment l’aborder, d’autant qu’il était très tôt. J’ai parlé de travail pour mon frère et que c’était urgent, mais qu’il ne fallait pas le réveiller pour ça. Le pauvre. C’était violent d’avoir à leur mentir. Il s’est levé tout content à l’idée d’avoir un chantier et il se réveillait sans père, alors qu’ils vivaient ensemble et qu’il avait juste passé la nuit chez sa copine.
Entre temps ma mère et moi étions allées au bureau de notre responsable afin que je lui remette les clefs du site sur lequel je devais travailler. Je me souviens bien que cette histoire de clefs m’a mise sur les nerfs, j’ai commencé à paniquer quant à l’organisation qu’il me fallait envisager. J’étais sur une école où l’on bosse seule et j’ignore comment j’ai transféré toutes mes appréhensions sur ce fameux trousseau. C’est dans le bureau de ma chef que j’ai appelé mon frère. Puis je me suis vite sentie à l’étroit, d’autant que la pièce ne doit pas excéder les cinq mètres carré et qu’il n’y a pas de fenêtre.
Je suis sortie et j’ai fumé clope sur clope devant la mairie, assise sur un rebord en béton, la tête dans les mains et les yeux éclatés par les larmes. Plusieurs personnes sont venues me voir, inquiètes, et je leur ai tous raconté que je venais de perdre mon père. Dans ces moments là, il n’y a rien à dire. Je me souviens d’une dame qui s’est contentée de me sourire tristement, la main sur mon bras, qu’elle frottait presqu’affectueusement, la vie a-t-elle déclaré, continue malgré tout. En bonne éponge émotionnelle, j’ai pris toute cette sincérité comme si je voulais assimiler ses douleurs aux miennes, parce qu’il était clair qu’elle parlait en connaissance de cause. Le simple fait qu’elle se soit baissée pour mettre son visage au niveau du mien m’a beaucoup touchée.
Je ne crois pas être entrée chercher mes affaires, il me semble que ma mère me les a apportées, puis nous sommes allés chez le médecin.
Je me rappelle vaguement avoir commencer à m’énerver dans le bus alors que les regards curieux se pointaient vers moi. Et j’ai commencé à parler fort, pour moi-même, mais pour que tous entendent. ‘Quoi ? Ils ont jamais vu quelqu’un pleurer ? Ils ont jamais vu quelqu’un perdre son père ?’
Ma mère m’a demandé de me calmer et mes nerfs n’avaient qu’une envie : me lâcher et tout casser.
J’ai pris sur moi, comme par indifférence, parce qu’à cet instant précis, j’ai compris que rien ne serait jamais pareil. J’ai compris à la seconde, une pensée furtive traversant mon esprit de part en part, la donne venait de changer à jamais. Le sens primaire du terme ‘plus rien à perdre’. Une pulsion, un sentiment d’une intensité bouleversante, un truc indéfinissable qui n’a aucun sens, mais une sensation pourtant bien réelle. Plus personne à présent pouvant prétendre à me contenir, sûre que plus rien ne pourrait me détruire si je survivais au décès de mon père.
En réalité, je ne m’en suis pas remise. J’ai longtemps cru être morte avec lui, mes rêves et mes espoirs se sont envolés en fumée, et il m’a semblé faire partie des murs du crématorium de Béziers. De marbre qui se veut comme agréable à l’œil, mais dont on connaît l’identité, qu’on sait froid de par sa destinée.
Cet instant -je crois qu’il s’agissait du 106, il me semble que nous sommes allées chez elle chercher son chéquier avant d’aller voir le médecin- a créé quelque chose d’étrange en moi. Je me suis demandé pour qui j’allais faire les choses, qui serait fier de moi quand je fais les bons choix, qui saurait me calmer lorsque la vie m’angoisse. Je me suis demandé sur qui j’allais compter…
C’était, pour reprendre une expression de mon frère, comme une spirale, un trou noir absorbant toutes les informations à ma place. Incapable de penser, il m’était impossible de comprendre le monde. Je vivais les scènes du quotidien comme un spectateur désintéressé, qui assiste à une pièce à laquelle il ne voulait pas venir à la base, et dans laquelle il n’y avait même plus son acteur préféré. Les images bien captées mais le son me paraissait lointain, n’atteignant plus mon oreille qui écoutait la douleur se distiller en mon être. Je regardais par la fenêtre, à toujours tenter de trouver la faille dans le tableau, le petit truc qui me ferait savoir que tout n’est qu’un cauchemar. La seule faille que j’ai trouvé est devenu ce gouffre immense dans lequel je me perd parfois au détour d’une insomnie.
Un vide insondable, trop froid et trop profond pour en ressortir indemne, et le plus étrange fut de découvrir que cette sensation me rappelait quelque chose. Quelques jours plus tard, j’ai réalisé qu’en perdant mon père, j’avais perdu mon ‘2en1 grande marque’. Et j’ai réalisé qu’en effet, j’avais éprouvé une angoisse similaire, une décennie auparavant. Fin 1996, lorsque ma mère a quitté la maison, je n’avais pas compris que pour l’enfant de douze ans que j’étais, maman était morte. Et Papa était devenu donc maman sur certains points.
Ma qualification 2en1 pour décrire mon père vient d’une discussion que j’ai eu avec ma mère, m’exposant une de ses théories sur l’importance des parents. ( C’est marrant que même à ce jour, ou plutôt jusqu’à dernièrement , elle ait continué à me faire part de ce type de pensées…) Selon son expérience, mieux vaut deux parents moyens qu’un seul parent. A quoi j’ai rétorqué, dans ma grande ‘méthaphorie’, que je préférais avoir un bon shampoing 2 en 1 de marque qu’un shampoing et après-shampoing pourris.
Après, tout s’est enchainé, je n’avais qu’une seule envie :rentrer au foyer fumer un joint.
J’étais chez le médecin, ou devant le bâtiment, lorsque S. m’a rappelée. Je crois bien qu’elle n’a pas trop compris le message que j’ai laissé, mais je comprends qu’elle a quitté sa formation à l’AFPA, qu’elle est dans les transports et qu’elle me rejoint où que je sois. Il semble qu’elle était dans la salle d’attente quand je suis sortie du cabinet. Je ne sais plus.
De même, je ne sais plus si je suis retournée chez ma mère avant de rentrer à Fontenay.
En revanche, je suis allée au cimetière, sur la tombe d’une tante que je n’avais jamais connu, foudroyée d’un cancer sur le seuil de la trentaine. Devant cette plaque, j’ai dit entre deux sanglots ‘voilà, il va falloir que tu prennes soin de ton petit frère comme je prendrais soin du mien.’
Mon souvenir suivant se situe dans ma chambre, au rez-de-chaussée d’un Sonacotra, je crois qu’il me restait une petite boulette que j’ai rapidement cramé. Et j’ai mis cette chanson d’Amel Bent en featuring avec Kery James, j’ai ouvert la fenêtre et me suis assise sur le rebord de ma fenêtre, j’ai fumé.
Tout cela ma paraissait encore si irréel. J’étais dans la chanson, je captais des sons comme des éclats de verre, la sensation que tout mon intérieur se déchirait. A fixer le ciel, attendant presque de voir un signe, espérant que mon téléphone sonne et que j’ai mon père en ligne, qui me dirait que c’est une fausse alerte, qu’il va bien…
Et soudain, le monde entier me semblait étroit, il a fallu que je sorte et nous sommes allées dans le jardin du foyer. Je me suis assise dans l’herbe, les écouteurs me rappelant que sa fin fut rapide, et qu’effectivement, la douleur allait me consumer lentement.
Consumation lente, comme mon cerveau sur son joint, regardant les cendres prendre possession de mon être alors que bientôt, elles prendraient le contrôle de mon âme.
Je me souviens qu’il faisait un temps superbe pour fin octobre. Ce détail m’a marqué. Le ciel était d’un bleu immaculé, comme pour que je puisse y perdre mon regard, et le soleil tentait de me réchauffer. (Je me souviens aussi de ces incompréhensibles bouffées de chaleur saisissantes qui alternent avec ces sensations de grand froid.)
Je fixais la voute céleste, me posant tout un tas de questions.
Quand même, ça fait beaucoup pour quelques mois. Février, ma grand-mère nous avait aussi quitté, et ça, mon père ne l’avait pas supporté. Avec le temps, nombre d’informations me sont parvenues. Mon père, malade du cœur et fatigué des derniers évènements familiaux, (trop personnels pour être évoqués) n’avait rien trouvé de mieux à faire que de recommencer à fumer et prendre son anticoagulant quand l’envie lui prenait. En fait, ces quatre jours avant son décès, ce mercredi après-midi où j’ai entendu sa voix pour la dernière fois, il m’a confié en avoir marre, à penser qu’on serait aussi bien sans lui. ‘A. (ma belle-mère) est belle, elle est encore jeune, elle refera sa vie. Ton frère, tu l’as aidé, t’as réussi où j’ai tout foiré. Maintenant il est avec une fille bien, ça va aller pour lui. Et puis toi, je suis fier de toi, je te fais confiance, je sais que tu rebondiras toujours.’ Je n’aurais jamais pu penser que nous puissions à ce point user mon père.
Ca fait beaucoup d’un coup. Plus aucun repère de février à octobre, et soudain, dans ce jardin, je réalise qu’il attend encore de moi, ce que lui n’a su supporter. Le décès que la personne qui nous a élevé. En gros, la perte de ma grand-mère l’a achevé. Et je compris soudain que le défi était de taille : être plus fort moralement que mon père.
Je lui en ai soudainement voulu, à mort, c’est le cas de le dire. Je me suis surprise à le haïr, comme jamais. Déjà parce qu’on avait prévu une grande fête pour ses cinquante ans. Et même si mes vingt-cinq arrivaient quelques mois plus tard, on trouvait ça marrant, que j’ai la moitié de son âge. (Il disait ‘en tous cas, t’es pas la moitié d’une grande gueule’.)
Et puis, parce que je n’avais pas non plus digéré de ne plus avoir ma Mémé. Parce que n’ayant plus rien de matériel qui puisse rappelé mon existence, le fait qu’ils ne soient plus semblait remettre en questions ma propre existence. Qui, maintenant pourrait prétendre avoir toujours été là sans la moindre arrière-pensée, sans jamais rien avoir attendu en retour ? Qui me regarderait avec fierté si ce n’est mon père ? Qui m’offrirait toute son affection en plongeant simplement son sourire dans yeux sinon ma grand-mère ?
Pour qui serais-je une priorité à présent, moi qui ne sait vivre sans attention alors que je mens à toujours dire le contraire ?
Sur le moment, je crois fermement à une malédiction divine, à une conspiration sur laquelle je n’ai aucun pouvoir.
Le vide me prend à nouveau et mon joint est presque mort. Coup de fil pour joindre mon ex, besoin de dépannage, et puis, il va bien falloir lui dire…
Je repars instantanément dans la spirale. Pensées en saccade, courtes comme mes lignes ce soir.
Maudite. Les épreuves ne cessent de se succéder, une autre survient dès que j’ai tiré un trait sur la précédente.
J’ai bataillé contre moi-même, une guerre d’orgueil avec mon père, qui cèdera en premier. C’était au choix : je rentre ou il vient me chercher. J’ai gagné la manche, il est venu me récupéré alors que la rue commençait à me ronger.
Je l’avais déjà détesté de par le passé. De m’avoir laissé plus d’un an à survivre comme j’ai pu, entre hébergement provisoire, une tente et des bancs. Je l’ai fait passer pour un père indigne, parce que je ne dévoilais pas la totalité de l’histoire, comme je viens de le faire. Je n’ai pourtant pas menti. J’ai changé la vérité par omission volontaire.
Le truc c’est qu’à peine majeure, une forte envie de découvrir la vie de l’autre côté des murs d’un lycée, je suis tombée amoureuse. Relation intense, fusionnelle jusqu’à l’auto destruction. On aurait pu éviter tout ça. Le deal était simple : il fallait rentrer chacun chez soi. Notion que nous n’avons pu assimiler, nous avons préféré la galère ensemble au confort normal séparé. Mon père et moi, du fait d’un caractère plus que similaire (ce que nous avons longtemps nié) avions un gros problème de communication. Je n’avais jamais voulu admettre qu’il puisse souffrir de mon comportement…
Cela faisait à peine un an que nous nous comprenions, que nous avions été contraints de nous rendre à l’évidence : je suis une copie conforme. Il se plaisait à dire que j’étais pire que lui, qu’il n’avait pas une fille, mais un pit-bull. ‘Ma fille, t’es jolie comme ta mère et intelligente comme ton père. Heureusement pour toi, c’est pas l’inverse !’
J’avais eu l’occasion de présenter sincèrement mes excuses au travers d’une chanson. Parce que le texte de rap collait tout à fait à mon parcours et mes sentiments. J’avais du mal à me confier à mon père. Je sais qu’il en aurait pourtant été content. J’avais pour habitude, depuis le départ de ma mère, de me comporter en petit soldat, prise dans l’idée que montrer ses faiblesses c’était être faible. Aujourd’hui, je réalise que c’est plutôt l’inverse.
Je l’ai détesté de m’abandonner au moment où je comprenais que je l’aimais.
Il m’a offert la vie, m’a appris qui je suis. Et pour ça, je l’ai remercié. Certes, ce que j’ai vécu n’était pas facile, même avant son décès. Et j’en viens à croire que la vie est effectivement un combat. Peu pacifiste mais sans parti pour tirer sur tout le monde, je n’ai aucune envie de faire la guerre. Seulement je n’ai pas été élevée pour déserter.
Il n’y aucune histoire de deuil, c’est de la connerie. On n’est pas à admirer parce qu’on ne pleure pas, on subit, et on survit, on n’a pas le choix. Je n’ai toujours pas trouvé de but à ma vie, je me demande encore parfois si cela en vaut le prix. Et si pour moi rien n’a de sens, je sais que j’ai été une raison de vivre pour quelqu’un à qui je ressemble.
« Si t’as pas encore trouvé, sois fort, continue de chercher. Faut se battre sans relâche, rester fier et digne, s’acquitter de sa tâche. Mais cette vie d’enfer m’étouffe et me lasse. On a tous pour seul but dans ce monde, laisser une trace, pas faire partie des perdants.
Moi je serre les dents »
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Constat...
j'ai retrouvé cet extrait d'amertume au fond d'un cahier et je me suis dit qu'il collait bien à l'intonation de ce blog... je ne l'ai pas retouché bien que certaines tournures en auraient peut être eu besoin, j'ai préféré le laisser tel que je l'ai ressenti au moment où je l'avais écrit.
27.01.08
2h13
Une phrase pour susciter la même réaction ou comment attrister mon entourage sur mon état psychologique.
Je n’ai jamais cru aux sentiments, ce n’est pas dommage, c’est une conception de vie.
J’ai eu des certitudes, la sensation que nulle autre vérité n’était admissible à ma réalité. J’ai aimé à la folie dans l’indifférence, l’abandon de moi et de mes rêves pour son sourire. Des années pour mon cœur emprisonné, des barreaux qu’il trouvait rassurant, juste parce qu’il savait qui était de l’autre côté. Ou parce qu’il croyait que son passé était la clé de l’avenir…
La souffrance plutôt que le vide et j’ai appris à attendre patiemment ce qui jamais ne viendra, du mal à comprendre le présent depuis que mes éventualités se sont suicidées. La libération a eu lieu et je crois que mon âme était plus à l’abri enfermé dans le froid d’une cellule qu’exposée au soleil et au bonheur.
J’ai compris que je n’aurais jamais ce que je voulais, et depuis j’ai cherché de quoi je pourrais avoir envie.
Rien à faire, ce que je souhaite à chaque fois me détruit, m’endurcit quand je me reconstruis et me renvoie de jours en jours, à coup de larmes et déceptions, à ce que je suis. Un être plus seul accompagné qu’il ne le serait en plein désert. Parce que doutes et questions hantent mon esprit quand le cœur a ses raisons, et que mes torts se ressentent.
Ce en quoi je crois n’a plus cours, une mentalité obsolète et des songes sortis d’un compte de Perrault.
Aussi j’ai une foi inébranlable en l’instant présent, une tendance à toujours se mettre en retrait avant d’atteindre le point de non retour. Je sais que les mouchoirs m’attendent, je suis rayée de la liste de la plénitude, condamnée à avoir conscience sans arrêt, à vouloir toujours tout analyser et interpréter, garder la moindre de mes émotions au chaud dans mes cahiers.
C’est ainsi et peut être tant pis pour moi.
J’aime toujours intensément et au final je me demande si simplement j’aime encore ou si je transfère mes idées pour un regard.
Univers abimé, un paysage de creux, de vagues et de vents houleux.
Au final, quoi de neuf depuis 6 ans ?
Sentimentalement, toujours au point mort et quand je démarre, je prend les murs en excès de vitesse. Pas d’hôpital pour cœur accidenté, obligé de penser pour panser ses plaies, c’était juste un peu d’ivresse...
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Hommage à la Mémé
Ce texte a été écrit par un de mes grand-cousins au décès de notre doyenne, la "Mémé Espagnole" comme nous avons gardé l'habitude de la nommer. Je viens juste de recopier cet hommage, que ma mère a encadré avec des photos, et en tant que première arrière petite fille, troisième génération née sur le sol du coq, je me fais un devoir moral de venir le transmettre. Du peu de souvenirs que j'ai de cette Mémé qui parlait un dialecte espagnol teinté du patois de Decazeville, une personnalité extraordinairement vivante malgré la centaine d'années qu'elle approchait. D'ailleurs, c'est un peu pour elle que j'ai, à ma majorité, choisi de garder mon patronyme d'état civil à la place de mon nom d'usage, ce nom de famille aux consonances typiquement hispaniques. Peut être aussi pour justifier ce teint que je suis la seule à porter naturellement plus hâlé. Mais assurement pour revendiquer mes origines et me montrer fière de cet héritage de valeurs, de force et de respect.
Au nom des enfants, des petits enfants, des arrières petits enfants
Toujours là et le père combattant les forces du mal en Espagne.
Toujours là pour ses enfants à qui elle apprend à souffrir en silence, la tête haute et le cœur partageur.
Tout comme elle vit, elle transmet le sens du partage dans la misère au goût de charbon et le respect du pain gagné durement.
Elle est la souche de l’arbre qui ne cessera de grandir dans la tempête, mais aussi sous le soleil qui lui donne la force de porter les fruits.
Ces fruits que nous sommes aussi, chacun de nous.
Elle a donné la vie au petit dernier, quand l’ainé prenait le maquis pour lutter contre la barbarie.
Un fils était né qu’un autre bravait les forces du mal.
Que de courage encore et toujours pour nourrir l’appétit de ses enfants, leurs expériences, mais aussi pour apaiser leur douleur, leur manque, leur détresse, canaliser leur rage, mais aussi savoir leur donner une fois de plus ce courage combattif.
Elle vit toutes les guerres de ce siècle agité, mais la vie bien plus forte, lui apporte aussi des joies méritées.
Cette famille, nombreuse qui s’agrandit encore, est fière du sang qui est le sien et qui coule dans nos veines.
Que la force soit l’héritage de nos prochains.
Merci d’avoir lutté pour que jamais personne ne puisse nous voir un jour à genoux si ce n’est que pour caresser nos racines.
Ahoma, tus agos son tos nuestros |
Au premier homme de ma vie, mon père...
J'reste Avec mes souvenirs Ces morceaux de passé Comme un miroir en éclats de verre Mais à quoi ça sert ?
C'que j'voulais te dire Reste sur des pages blanches Sur lesquelles je peux tirer un trait C'était juste hier
{Refrain:} Tu ne m'as pas laissé le temps De te dire tout c'que je t'aime Et tout c'que tu me manques
On devrait toujours dire avant L'importance que les gens prennent Tant qu'il est encore temps Mais tu ne m'as pas laissé le temps
Toi qui m'as tout appris Et m'as tant donné C'est dans tes yeux que je grandissais Et me sentais fier
Pourquoi sans prévenir Un jour tout s'arrête Et vous laisse encore plus seul sur Terre Sans savoir quoi faire ?
{au Refrain}
On devrait toujours dire avant L'importance que les gens prennent Tant qu'il est encore temps Tu n'm'as pas laissé le temps Laissé le temps
{au Refrain}
On devrait toujours dire avant L'importance que les gens prennent Tant qu'il est encore temps Le dire avant Le dire avant
{au Refrain}
On devrait toujours dire avant L'importance que les gens prennent Tant qu'il est encore temps
Le dire avant
David Hallyday |
Amitié homme-femme... je reste perplexe...
Dimanche 10 août
23h20
J’avais fait mes courses la veille au Intermarché, trente euros pour pas grand-chose il faut l’avouer mais j’étais contente à l’idée de préparer un repas complet. En temps normal, j’ai tendance à aller au plus rapide, quitte à ne pas être vraiment très à cheval sur la nutrition, peut être est-ce la raison de mon poids plume qui stagne gentiment autour des cinquante kilos.
Je suis donc arrivée chez ma mère vers 17h afin de prendre place dans la cuisine, le menu parfaitement au point dans ma tête. Il faut expliquer que ma mère n’est pas là pour quelques temps et qu’elle m’a laissé ses clefs pour que je vienne nourrir les tortues et ouvrir les fenêtres. J’ai beau avoir vingt quatre ans, je lui ai fait la liste des gens que j’étais susceptible d’inviter sous son toit en son absence, et je lui avais bien sûr demander la permission même si j’aurais pu faire venir n’importe qui sans qu’elle le sache.
Ce soir, mon invité n’était autre que mon ex, avec qui, depuis 2005, la relation a tendu vers une amitié que je pensais sincère. Nous avons passé plusieurs soirées ensemble, seuls ou pas, l’ambiguïté laissée au passé, se racontant nos petites histoires sans rapport physique depuis plus d’un an. Je l’avais appelé le vendredi soir, restant près de deux heures au téléphone à lui pleurer mes échecs sentimentaux, le gars que je suis sensée fréquenter m’ayant reléguer au rang des contacts MSN voilà quelques mois déjà. Je lui faisais part de mon incapacité à aller de l’avant, du fait qu’il n’y ait pas de rupture définie. Il est évident que ce gars se fout de ma gueule, et mon ex s’amusait de me savoir fêter mes cinq mois d’abstinence, me répétant que j’ai beau être chiante, je suis selon lui quelqu’un de bien. Lui aussi, visiblement célibataire, a commencé implicitement une proposition que j’ai relevé indécente dans le cadre de ma conscience.
‘Je sais que bon, au bout de tant de temps, je devrais passer à autre chose. Mais tu comprends bien que tant que les mots n’ont pas été sortis, je ne peux pas faire comme si j’étais officiellement célibataire, bien que c’est ce que je suis.’
C’est vrai, peu importe ce que peut bien faire mon pseudo copain de son coté, je suis ce genre de dinosaure aux valeurs d’hyper fidélité, c’est une question de propreté sur soi avant tout.
Il était donc question qu’il dorme sur la canapé tandis que je m’étalerais sur la lit de ma mère la pièce voisine. J’avais prévu la bouteille de Vodka afin de passer la soirée sur une note de comédie méli-mélodramatique, ma vie sentimentale pouvant probablement inspiré un personnage de Deseperate Housewife, entre Suzan et Bree.
Arrivée dans la cuisine, après une petite pause clope-coca sur le canapé, j'ai commencé à m'affairer. La propriétaire du studio dans lequel je vis m’ayant donné des courgettes du jardin lorsque je suis allée la voir pour payer mon loyer, j’ai eu l’envie de tester un plat tout simple mais que je n’avais jamais essayé. La dernière fois que j’ai vraiment cuisiné, c’est quand mon petit frère vivait chez moi, j’adorais lui faire des petits plats, il est si bon mangeur que lui préparer le diner est un vrai plaisir. Et puis, cuisiner est très relaxant quand on a à sa disposition une vraie cuisine.
J’ai donc tapissé un plat en pyrex de quelques centimètres de riz, y ai ajouté un petit verre d’eau avant de couvrir le tout des rondelles de courgettes coupées au préalable et enduites de concentré de tomate. Après avoir saupoudré le tout d’ail, pendant que le four préchauffait, je piquais les merguez entre deux tentatives téléphoniques pour contacter mon convive. Impossible de le joindre et je me suis dit, peut être avait il accepté au dernier moment de faire des heures dans le restaurant où il travaille, mais qu’il serait là pour dix neuf heures trente. J'a donc continué ma popotte, avec tous les ingrédients frais que je m'étais approprié à Intermarché.
Il est donc vingt trois heures passées et puisque me voilà sur mon clavier, vous comprendrez qu’il n’est pas venu…
Au bout de mon cinquième appel planté sur messagerie, deuxième verre de vodka dans la tête, je me suis laissée aller à insulter son répondeur.
« Bon, avant de commencer, tu dois savoir que je suis un peu pétée et je me fous que tu trouves mon discours cohérent ou pas. Y a deux jours tu me dis qu’il faudrait que je sois optimiste, que les gens ne sont pas tous des profiteurs, et bah je vais te dire, c’est à cause des gens comme toi que j’aime personne. Tu peux critiquer mon gars, parce qu’il appelle pas, qu’il vient pas me voir, mais t’es pas mieux, t’es pareil en fait. Si lui c’est un connard, toi t’es un gros con, alors je te rendrais les 10 e que je te dois et après ciao ! Ah pour aller faire le déménagement de ta pote t’y cours, hein ! Même moi je sais monter des meubles Ikea ! Là je suis grave énervée t’imagines pas… Alors comme je t’ai dit, je vais te rendre tes 10 e et après ciao ! »
J’ai rabattu le clavier coulissant de mon Samsung avec cette forte envie de l’éclater dans le mur ou voir comment il supporterait le four avec les courgettes...
Je me suis mise à pleurer, soudainement sûre et certaine que si j’avais accepter ses avances, il serait venu. Et là pas de chance pour lui, il aurait eu la surprise d’apprendre que ce n’est pas la bonne période. (oui, c'st très classe...)
Instantanément, tous mes échecs relationnels me sont revenus, face au miroir de la porte de la salle de bain, les yeux rougis par les larmes et gonflés par l’alcool.
En fait, bizarrement, quand je disais que les hommes ont un problème avec moi, tout tourne autour du sexe. Si je veux bien, on me laisse en plan juste après, un texto de temps en temps pour me rappeler qu’ils sont d’accord pour partager mes draps mais pas mon quotidien.
Cinq mois d’abstinence, comme si un plan cul avec mon ex allait me remonter le moral. Un plan cul, on en trouve tous où on veut tant qu’on est entreprenants. J’avais juste besoin d’un moment d’affection, je pensais qu’il comprendrait. Après tout, il est la deuxième personne que j’ai appelé quand, au bord du gouffre, je venais d’apprendre le décès de mon père. Et bien naïve, je pensais qu’il m’offrirait cet instant, qu’il me dirait que je ne suis pas une chose, que je suis plus qu’un bon coup…
Mais finalement, ce n’est pas pour moi qu’il a une quelconque considération, c’est pour ses souvenirs d’une complicité physique qu’il ne retrouve pas avec d’autres.
Donc, me voilà, avec juste un saladier de chips comme repas, après avoir regardé ‘L’Arme Fatale’, impossible de dormir, je me remets en questions.
Est il possible, comme je l’ai bien souvent entendu dire, que les amitiés hommes femmes soient inconcevables ?
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Princes charmants, crapauds et mouchoirs...
Comment ça, j’aurais un problème avec les hommes ?
Non, primo ce sont eux qui ont problème avec moi et deusio, il s’avère qu’on m’a menti.
J’ai toujours entendu dire que les crapauds se transformaient en prince charmant. Donc j’ai fréquenté un crapaud en espérant…
Rien à faire, trop bien sur sa mare pour avoir les pieds sur Terre…
C’est en trouvant ce qui ressemblait le plus à l’idée que je pouvais me faire du prince charmant que j’ai compris.
Non, les crapauds ne se transforment pas en prince charmant, puisque ce sont les princes charmants qui se transforment en crapaud quand ils s’endorment sur leurs acquis.
En même temps, après avoir eu des nouvelles de Cendrillon par Téléphone, il faut croire que même le dernier des princes charmants était un connard.
C’est dingue les sentiments, ils ont du parsemer le territoire de repères indétectables ou possèdent un GPS... J’ai eu beau vouloir les abandonner derrière les barreaux, ils ont retrouvé ma trace.
Les miens sont très violents, à l’image de ma personne, se brûlant dans l’intensité et adorent plus que tout me surprendre. Ils adorent me coincer dans les bras de mes illusions, s’efforçant à s’oublier au fond d’une insomnie. J’ai tendance à ne pas les écouter, aussi, c’est toujours plus tard qu’ils décident de se faire entendre. J’évite de leur prêter attention, prise avant eux par la solitude qui a depuis su gérer les manques et les absences.
Ils sont souvent menteurs et leur faire confiance m’a trop conduite à la déception, je ne pense les avoir vraiment cru un jour…
Ils sont là, à déformer la réalité sous l’agitation d’endorphine, rien de bien très crédible.
Je les bien analysés, ils sont fourbes, plus que traîtres et vicieux à l’extrême.
En plus, ils s’amusent à se placer toujours en paradoxe avec ma raison, un don pour la torture morale.
Mais rien à faire, quand je les oublie dans un coin, ils hurlent à la mort s’étouffant jusqu’à mon retour, ou remontent les larmes jusqu’à mes yeux et trouvent toujours la lumière allumée passée deux heures du matin.
C’est quand je les laisse sur une page qu’ils sont le mieux. (Sinon, ils parlent trop fort et si la moindre information parvient à ma conscience, je déclenche le plan auto destruction. )
Ils s’aiment silencieux et sincères, inavoués et inachevés, dans le sens unique ou dans le non sens, obstinément dans le paradoxe, à l’antipode du bonheur mais un stylo peut prétendre à les apaiser. Pudiques et extravagants, ils se vivent intensément dès lors qu’ils ne sont pas brusqués.
Ils sont un peu cons de temps à autres, et souvent même, s’accrochent sur un regard qui n’a pas tenu… Ah, pour ça, si j’ai les poumons bien encrassés, mes sentiments sont endurants ! Ils passent d’une image à l’autre en entendant et attendant parfois des années, le son d’une seule voix.
Il adorent l’impossible et nourrissent donc cet intérêt particulier pour les sens uniques, ou les voix uniques où l’autre est déjà loin devant et qu’on se prend sa pollution de bonheur de merde en pleine face.
Sur l’autoroute de l’amour, pas besoin d’aller vite pour cartonner et même à pied, un platane, ça casse le nez.
Conclusion ? La prochaine fois je prendrais le bus. Parce que si les histoires d’amour c’est comme les voyages en train, y a qu’à voir mon dernier trajet pour imaginer l’étendue des dégâts…
En fait c’est exactement ca !
J’ai mon billet, j’y crois à fond. Mais l’autre perd son billet au départ, accès au train refusé, Méli reste sur le quai avec tous ses espoirs et regarde sa chance passer. Pas de soucis, je me disperse !
J’en vois un autre passer mais il faut répondre aux critères et là aussi, je ne fais pas l’affaire. C’est donc dans le troisième qu’on montera pour risquer de se faire jeter à mi-chemin, et prendre une amende parce qu’entre temps, mes illusions comme mon billet, j’ai perdu.
Oui, les histoires d’amour c’est comme les voyages en TGV, on veut tout faire trop vite à pas cher, et désolée si je monopolise les toilettes, faut que je vomisse…
Mes sentiments aiment les voyages clandestins, c’est leur côté racaille. Ils surgissent quand on ne s’y attend pas et si je fais l’état moral des lieux, il y a forcément eu dégradation ou vol. Il est impossible de récupérer ce qu’ils ont pris, c’est détruit, incendié ou noyer dans l’alcool. Ils sont impitoyables, s’invitent quand ils ne devraient pas, violent ma solitude avec des utopies qui ne lui correspondent pas. Il n’y a rien à faire, je crois qu’on m’a dit de porter plainte devant un psy, j’aurais l’air fin…
La solution miracle, je ne l’ai pas. Ce n’est pas faute d’y avoir réfléchit, vraiment.
Mes sentiments ont un très gros problème de cohérence. Ils m’attardent sur des gens, un minimum de souvenirs et mes principes en argumentation, ne me laissant pas le choix d’action. Ils aiment beaucoup l’inconnu, les contrastes et ce qui ne me convient pas, un énorme faible pour l’indifférence et les distances. C’est ce que j’en ai déduit suite à un bref constat. Puisque ce n’est pas ce que je veux mais que je reste obstinément à attendre ce qui ne viendra jamais, que la situation se répète à chaque fois, c’est forcément de leur faute.
Quand je dis que mes sentiments sont cons, ils sont VRAIMENT cons.
Par exemple donc, ils me forcent à attendre des gens, un truc à rendre dingue et je suis sure qu’ils sont sincères. Alors pourquoi, quand tout s’arrange, c’est moi, qui au final, suis blasée et finis par partir ?
Je crois qu’ils ne s’assument jamais pleinement, ils ont peur de moi comme je me méfie d’eux. On est toujours en contradiction, ce qui nous amène à de graves crises d’angoisse quand nous sommes en phase. Et puis, quand on arrive à l’osmose, c’est que quelque chose ne va pas.
On avait passé un accord en février, et ils avaient signés. Pour la première fois en toute sérénité, nous étions sur la même longueur d’ondes. Ils étaient plutôt fatigués et tenaient à se reposer un peu, aussi je suis partie sur cette nouvelle relation avec sincérité mais sans prise de tête. J’avais laissé le plus gros des appréhensions en place et je n’ai pris que la volonté de profiter de l’instant présent pour avancer léger.
Avancer léger…
Encore une fois j’ai du griller la ligne de départ sans le réaliser, disqualifiée mais après le premier tour, bien sûr.
Lot de consolation, un appel de temps à autres.
Jusque là, on était toujours d’accord, c’est du noir sur blanc et daté. (D’autant qu’un autre arrêté daté témoigne d’un pressentiment qui a vu concrétisation.)
Et puis, j’étais lucide au départ, si un gars que je connaissais depuis quelques temps pouvait me faire le plan qu’il m’a fait, il ne fallait rien attendre d’une rencontre internet.
Lucide, calme et positive, j’ai pris tous les bons moments avec dans l’idée que rien ne dure jamais et qu’un instant c’est parfois déjà beaucoup.
Il n’y a eu ni promesses, ni beaux discours comme son prédécesseur, pas d’évocation explicite d’avenir lointain, aucune pression ni attache directe.
Et c’était tout à fait ce que je voulais, peu importait le temps que ça pourrait durer…
Bien sûr, rien de tout cela n’a duré.
Ni la relation, et de ce fait, ni ce fameux pacte car mes sentiments, soudain, se sont réveillés.
Toujours au front, c’est ma parano qui s’est agitée en premier, sachant que naïveté n’était pas sortie, elle s’était assoupie.
Mais quand je vous dis que les sentiments sont des vicieux. En fait, c’est désillusion que j’ai trouvé, roulée en boule au fond du lit de ma naïveté. Parce que ma naïveté, la petite garce, avait fait le mur ! Elle était déjà loin, écrasée sous un bus quand je m’en suis aperçue.( Les sentiments ont cette incroyable capacité à renaître parfois, c’en est effrayant… Elle peut pas y passer une bonne fois pour toutes ?)
Elle avait donc laissé la porte ouverte, surement celle par la quelle lui de son côté est sorti. Et mes sentiments, curieux, ont voulu le suivre. Je ne sais pas ce qu’ils ont trouvé chez lui pour revenir avec ce sourire. Peut être ont-ils cru l’avoir déjà vu au beau milieu d’un Walt Disney…
Je crois qu’ils étaient fascinés, par la personne en premier lieu, et par ce qu’il dégageait. Pour la première fois dans ma vie sentimentale, j’étais face à quelqu’un de qui j’aurais pu apprendre.
Et donc, un soir, toutes ces émotions nouvelles se sont avouées à ma conscience. Mais ce n’était plus très important déjà…
Il n’est pas parti, il n’est simplement jamais revenu… |
MA VIE SENTIMENTALE, février 2008 (et depuis... rien...)
‘Internet : pour et (ren)contre’
Bon, à 23 ans, quand on s’inscrit sur un site de rencontres, c’est qu’on a déjà épuisé toutes les opportunités à portée de main, même la plus pathétique. C’est triste à dire, mais je suis allée jusque là, au bout du plus pathétique concevable, en toute naïveté naissante, avec l’espoir de vaincre mes préjugés, et surtout ne plus écouter ma parano. Ce n’était pas de la parano, mais un pressentiment que le temps a justifié. Alors j’ai eu droit à de beaux discours préconçus, j’ai entendu parler d’histoire hors je n’ai lu qu’un paragraphe incohérent, plein de fautes, une rature sur mon parcours sentimental…
Si je crois au destin ? Assurément il n’y a pas de hasard, ou du moins, tout peut trouver un sens.
J’ai voulu y croire d’avantage lorsque, lendemain d’anniversaire de mon suicide affectif, en ouvrant ma boite MSN, je suis tombée sur un lien vers un site. Curiosité à la base, puis intriguée et attirée par le concept. Quelques clics et une inscription plus tard, la conviction déclinant, je me suis justifié à moi-même ‘d’essayer juste par délire’. Ce que je cherchais surtout, c’est quelque part où passer virtuellement mes insomnies et ces heures échouées sur mon clavier selon le bon vouloir de la wifi.
Ce site de rencontre d’un genre décalé suppose d’envisager la structure telle celle d’un site d’achat en ligne. Ainsi, comme sur Auchan.fr, les femmes disposent d’un panier, dans lequel elles peuvent mettre leurs ‘produits’, les hommes qu’elles trouvent à leur gout. Aussi, j’ai abordé le concept en tant que tel « on fait du shopping » !
Je regardais la liste des gens que j’ai apparemment intéressée, et comme en plein magasin, je ne cherche rien de particulier. Il faut que je flash pour repartir avec un article, sans critères particulièrement poussés. Un minimum quand même, on n’achète pas du 42 quand on porte du 36, et soyons lucides, on ne peut décemment pas porter n’importe quelle couleur suivant son teint. Sur ma ‘shopping list’, j’ai précisé mon attrait pour les méditerranéens, oui j’aime les peaux mates et je n’affectionne vraiment pas les yeux bleus ou verts. Je ne pense pas être trop exigeante. Ecrire que je cherche quelqu’un qui puisse m’aider à grandir serait trop spirituel pour ce type de plateforme et risquerait de faire peur.
Bien sûr, n’assumant pas vraiment le concept, même si j’ai bien marqué mon nom, j’ai dit que je vivais dans une autre ville, la honte sur moi si au milieu du bus quelqu’un me reconnaissait…
Etant surement dans les premiers à s’agiter dès lors qu’il est question de rencontre internet, j’ai pourtant suivi une logique indéniable, approuvée par mon vécu, pour me rassurer. Il est évident , suite à ce paragraphe pathétique dont j’ai précédemment fait mention, que lorsqu’on croit connaître les gens, on en est déçu. L’avantage majeur d’internet, qui faisait l’inconvénient premier de mes appréhensions, c’est qu’on sait qu’on ne connaît pas les gens. Sans idéaliser ni espérer quoique ce soit, on ne risque pas vraiment d’y laisser des plumes. Et puis je crois n’attendre des gens que ce qu’ils sont disposés à partager. Rien n’est sensé être imposé.
Pour l’heure, je n’ai eu aucune conversation qui puisse me donner l’envie de voir derrière l’écran qui s’y cache. A vrai dire, j’ignore même si je serais capable de me rendre à un rendez vous. J’aurais surtout peur de me ridiculiser, de ne savoir gérer mon stress, ne pas savoir quoi dire ou comment me comporter sans passer pour une psychopathe. En même temps, s’il est une chose dont je suis bien incapable, c’est de ne pas être moi-même et peu importe ce que les autres peuvent en penser. A quoi bon mentir et se mentir ? Il y aura forcement un moment où le naturel reprendra le dessus.
A l’approche de la St Valentin, je me suis prise de l’envie de ‘calculer’ en quelle année je ‘trouverais l’amour’. Il s’agit d’une théorie qu’une connaissance a mis au point en s’inspirant des jours de la semaine et de leur planète d’influence. Fan d’astrologie et ancien étudiant en sociologie, il m’avait retourné le cerveau lorsque, sur mon jour de naissance, il a été en mesure de me donner les grandes phases de ma vie, à l’année près. Effrayant…
Selon cette théorie, le vendredi, placé sous Vénus, serait le jour de départ pour une année ‘d’amour’. Mon dernier anniversaire s’étant fêté un jeudi, j’ai eu la naïveté de vouloir croire que le prochain me séparerait de la solitude, languissant le mois d’août avec patience. J’aurais dû me douter que quelque chose allait merder. Ce putain de mois de février, avec cette putain de fête des amoureux, qui fait de cette année une année bissextile, et qui donc, repousse à cinq ans mon prochain vendredi…
‘ Usage conventionnel : L’ex qui ne sert vraiment à rien.’
En théorie, je traiterais ce sujet avec une certaine ironie qui m’est bien propre.
Ce soir, alors que, là aussi en théorie, la présence d’une personne avec qui j’ai été intime (bon, une nuit d’accord, mais intime quand même) aurait dû me remonter le moral, il m’a d’avantage déprimé. Pour tout un tas de raisons.. .
Déjà, j’étais à mon deuxième Martini, le cerveau comme le maquillage, en vrac, une playlist déprimante en boucle sur mon portable. Je savais qu’il passerait, je ne pensais pas qu’il resterait. Et comme j’avais l’occasion de parler avec un être humain que j’ai cru connaître à un moment, je me suis mise à raconter ma vie en métaphore. Puis j’ai réalisé que même en étant explicite, il ne comprendrait pas ce que je suis, ni même ce que je peux exprimer. Certes, je ne nie pas être compliquée, ni aimer particulièrement brouiller les pistes, mais comment préserver ce petit truc fragile en moi qui se sent mourir ?
Au fil des jours, je m’applique à soigner les apparences, toujours sourire mais rien ne va jamais.
J’étais là, la tête sur mon coussin à retenir mes larmes alors qu’il me parlait de sa mère et de ce tout ce qu’il lui devait, etc, etc.... J’avais envie de lui rappeler que j’étais là, que j’avais tout perdu des notions qu’il évoquait et que je commençais à peine à connaître ma mère. Je le regardais et j’avais la sensation d’être à des milliers de kilomètres, je l’entendais et je suivais sa conversation comme en fond sonore se mêlant à la musique. Son discours me paraissait si loin de ma conception des choses que je me suis demandé s’il était bien la même personne que j’avais ‘fréquenté’.
Et alors qu’il continuait de parler, une remise en questions s’installa confortement sur le canapé de mes insomnies pour m’y attendre.
C’est à sa rencontre que je viens sur cette page en m’interrogeant sur la direction que prendra mon délire. Direction, raison, logique, priorités, j’ai l’impression d’aller à contre sens de tout. Je ne ressentais rien dans son monologue, rien qui semble propre à l’âme d’une personne. Et j’ai commencé à m’interroger. Au départ, je me suis dis simplement ‘c’est un mouton’. Puis ce qu’il disait me faisait penser aux lectures de mes anciens camarades de classe en seconde lorsqu’il nous avait fallu imaginer notre avenir sur page. Un taf à 2000e par mois, un grand appartement ou une maison, une belle voiture et si possible quelqu’un côté passager pour partir en vacances avec le CE, et attendre patiemment la retraite du patron pour prendre sa place. C’est ça la vie ?
Les matérialistes de son genre m’insupportent bien que j’aime aussi les choses, les belles fringues, les parfums chers et tout se réfère au numérique. Utopiste dans les trippes, je rêve grande cause, humanisme et fraternité. Et lui me parlait évolution financière.
Pourquoi je ressens tellement les choses, au point de me sentir insensible, comme un membre brûlé par l’acide des mots qui se fait geler ?
Tout un tas de choses en même temps dans ma tête, des questions, des affirmations, des certitudes et beaucoup de doutes. Un brouhaha dans lequel moi seule pourrais me retrouver, c’est fou comme l’obscur paraît clairement intrigant.
Plus je le regardais plus je voyais le reflet de ma déchéance passée. Mais qu’ai-je pu faire de deux semaines de pseudo relation avec un gars que je trouve vraiment laid et qui en plus n’a rien d’autre dans la tête que ce qui lui a été mis par la société ?
Me voilà perdue dans mes pensées à me demander comment j’ai pu autant me tromper. Chagrin d’égo qui n’a pas excédé les deux semaines de chouinage, si l’amour rend aveugle, se peut il que le désespoir ferme les yeux ?
‘Internet : premier contact’
Après une telle constatation, il me semble que finalement, Internet soit une opportunité rêvée pour sortir de ma routine et de mon cercle de fréquentations minables. De temps en temps un coup d’œil sur ma page du site, à la base juste pour comptabiliser les points et me moquer un peu.
Quelques mails échangés et une conversation MSN plutôt intéressante, rencontre déshumanisée sur une page en haut débit, quelque chose qui prend pourtant forme en mon esprit. Envie de connaître sans tout savoir.
Bien sûr il est plus simple de prétendre être ce qu’on veut caché derrière un clavier, néanmoins, les sensations qu’on y trouve sont-elles aussi virtuelles ?
Il est à noter qu’on peut dialoguer avec une personne inconnue et s’en sentir plus proche que d’autres qu’on voit au quotidien.
En grande solitaire, je nourris des phases d’intérêt aléatoire pour les chats, histoire de communiquer à l’heure où chaque nom dans mon répertoire dort à poings fermés. Pourtant je dois avouer que j’ai souvent, au cours d’une première ( et toujours unique) conversation, des pannes d’inspiration, ou la perte d’envie de poursuivre un dialogue. Aussi j’ai tendance à mettre prématurément un terme aux discutions à peine engagées.
Je viens de passer près de deux heures sur MSN, à partager des idées et un parcours en résumé, avec quelqu’un que je n’ai jamais vu. Etrange que je n’aie connu aucune panne d’inspiration, et si je n’avais dû partir, je crois que j’aurais pu passer l’après midi sur mon ordi. Laissant mon idéalisme au placard de mes utopies, j’aborde pourtant cette ‘relation’ dans une conception qui m’est tout à fait nouvelle. Je ne renierais pas l’espoir fantaisiste de rencontrer celui qui changera ma vie, mais pour l’heure, celui avec qui je serais bien ne serait ce qu’une heure sera déjà une composante d’un bonheur dont j’ai oublié le gout. J’ai tout à apprendre, à découvrir…
Envie de sortir de ma spirale mais il est vrai que les usages conventionnels ne me laissent guère le choix. Vivre avec son temps, considérer le Net comme une simple plateforme de rencontre qui peut être aussi propre qu’elle sait être un repère à tarés…
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A toi que je sais ne pas connaitre, tu sais que je ne t'ignore pas...
Ne fais jamais rien pour moi, fais ce qu’il te fait plaisir et si la corrélation fait aussi les choses pour moi alors je n’en serais que plus heureuse. N’exprime jamais aucune obligation, je ne t’imposerais jamais rien. Je n’ai pas besoin d’entendre des toujours, il n’y a jamais que des instants présents…
Jure moi que tu n’auras pas peur, que ton regard sur moi ne changera pas. Promets de ne jamais rien promettre et de ne pas chercher à comprendre. Si tu es sincère, que je suis sûre de toi, tu trouveras tout ce que tu dois savoir dans une vingtaine de cahiers. Si tu es patient, je te prendrais juste ce que tu nécessites pour savoir.
Pendant que tu liras ce que je ne dirais jamais, je te prendrais un peu de ton temps. C’est tout ce que je veux attendre de toi, comme des autres et de moi-même, un peu de temps.
Pendant que tu m’apprendras, que tu ne contenteras plus de deviner, je ferais en sorte de m’oublier, juste pour regarder ce que tu es. Pour connaître à travers toi ce que j’ignore encore de moi. Ne pense pas matériel parce que je ne possède rien. Si tu es là, j’ai déjà tout ce que je peux vouloir.
Je sais souffrir plus que je ne suis habituée au bonheur, parait il pour vivre il faut discipliner ses peurs. Quand je fermerais les yeux, je ne rêverais surement pas, les songes me préfèrent consciente.
Quand tu me liras, que tu me sauras, peut être me verras tu plus vide encore. Je prendrais le risque, peut-être pour une fois unique, sans savoir à quoi je me heurte. Peut être tu me détesteras ou m’aimeras tu.
Je sais que tu partiras et je ne t’en voudrais pas. Je vivrais ta solitude si c’est ce à quoi tu aspires. Sache que plus que tout, de la mienne, j’ai l’habitude. De plus, s’il est un chose que je connais bien, c’est l’attente.
Il est probable je sois celle qui part quand tu reviens, rien n'est
jamais simple et j'ai le don de tout compliquer.
Ma sincérité qui, j'espère, ressemblera à ton sourire est tout ce que je pourrais t'offrir et tu ne le verras peut-être pas.
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Moi : mode d'emploi. 24.06.07
A mon sens, une relation est un peu comme un traitement thérapeutique. Si l’on veut que le traitement marche, il faut bien connaître le produit, respecter les doses et avoir conscience du produit si ce dernier risque d’entraîner une dépendance. Parfois, certains médicaments aident à oublier les soucis, mais le patient lui-même sait qu’il ne s’agit que d’un substitut de solution. Il s’agit de trouver la bonne plaquette mais surtout la bonne posologie.
Les normes de santé exigent la classification des produits pharmaceutiques par catégorie de niveau qui répondent à différents critères…
Puisque l’aspect extérieur ne dresse pas le portrait moral ou sentimental de ce que je suis, ainsi donc, voici ma propre notice, basée sur celle d’un anti-dépresseur. Comme toutes les notices, on ne comprend pas forcement les explications purement techniques, l’important étant de savoir les réactions du produit. Nous ne sommes pas tous psy ou pharmaciens et on sait tous que les docteurs écrivent d’une manière illisible quand ils sont sûrs d’eux. Je ferais principalement état des effets secondaires ou indésirables. Tout patient tente de voir prioritairement l’aspect positif de son traitement, il n’est donc pas utile de faire le déballage des quelques vertus que je puisse avoir.
Le sujet dont il est question dans cette étude ici menée, sera nommé produit pour des facilités d’expression, ainsi que pour le délire personnel de l’investigateur. A noter : que le sujet et l’investigateur ne sont qu’un. Une tendance consciente à l’ambivalence, ce qui pourrait se révéler intéressant pour toute personne souhaitant analyser mon état de santé mentale et soulève donc un manque d’objectivité sur certains points.
Lisez attentivement cette notice avant de prendre ce produit dans votre quotidien.
Elle contient des informations importantes sur votre traitement. Si vous avez d’autres questions, si vous avez un doute, ne demandez pas plus d’informations, personne n’en a.
Ce produit vous a été personnellement dédié. Mais si vous souhaitez stopper votre traitement, faites en part au produit lui-même. Mentir pourrait vous être nocif.
Composition
La substance active reste non définie. De même, les autres composants sont trop personnels pour être mis à jour. D’autres études portent sur ces états d’âmes et sentiments dont il puisse être question. S’y référer sous réserve d’autorisation.
Informations nécessaires avant de prendre Méli dans votre vie.
Ce produit est fortement déconseillé :
- aux cerveaux pré conditionnés par la société.
- aux baratineurs ou pseudo manipulateurs.
- à ceux qui voudraient me changer quand je n’y suis pas prête.
- à ceux qui ont la science infuse, aux esprits étriqués qui n’admettent que leur vérité.
- à ceux qui n’ont aucune idée de ce qu’est la rue.
-à ceux qui suivent déjà un autre traitement.
Une liste plus détaillée sera disponible sur demande.
Prendre des précautions particulières avec Méli.
Mise en garde :
Comme tous les traitements, et particulièrement avec ce produit, l’agissement des actifs ne se manifeste qu’au bout de plusieurs jours, voire semaines. Il est donc important de poursuivre le traitement régulièrement, même en l’absence de démonstrations affectives immédiates. A savoir que le produit a besoin d’être en environnement favorable pour se concrétiser. Et la confiance est un actif que le produit accorde difficilement mais indéniablement dès lors qu’il le fait.
Quels sont les effets indésirables éventuels ?
Le produit semble souvent insensible, il ne sait pas réagir à certaines circonstances.
Dans certains cas, une angoisse ou une anxiété peuvent lui survenir, ne pas s’inquiéter. Il s’agit là d’un effet secondaire relatif au vécu du produit lui-même. Ce qui paradoxalement stimule son inspiration. De même, son besoin de solitude impulsif n’est pas à considérer comme un rejet de l’autre. Ne jamais prendre pour soi une impulsion nerveuse ou un coup de gueule si le produit n’en a pas fait mention. Son univers parfois décalé laisse au produit l’occasion de se déconnecter, ce qui lui est vital. Il est souvent mélancolique ce qui ne l’empêche pas d’espérer ne plus l’être un jour. Il est nostalgique et aime à se retrouver en ses souvenirs même si une larme doit couler pour les soulager. Il aime se confronter à lui-même sans jamais savoir qui gagne. Il vit de remises en questions à la recherche de son propre perfectionnisme mais a tendance à sombrer dans sa déchéance dès lors que le monde ne lui correspond pas. Peut être inversement…
Le produit est intérieurement explosif, du fait d’avoir été trop secoué émotionnellement. Il n’aime pas être précipité dans ses choix ni se sentir dans le doute. Il tente de garder le contrôle de ses émotions en apparence quand il se sent bouleversé. Il déteste se justifier ou se confondre en excuses quand sa conscience n’se sait propre. Vous vous sentirez peut-être parfois repoussé, dépassé et sans intérêt. Inutile de culpabiliser, là aussi, il ne s’agit pas de compatibilité. Certaines douleurs ou rancœurs se veulent discrètes et n’aiment pas s’exposer. Comme précédemment cité, le produit a des tendances paradoxales qui peuvent s’exprimer aléatoirement au cours d’une même journée.
Il est préférable de connaître certains facteurs de comportement incompréhensif pour tolérer le produit tel qu’il est.
Si vous remarquez des effets indésirables non mentionnés dans cette notice, veuillez en informer votre produit.
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