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Le faux « Jeannot » faisait soigneusement ses comptes. C’est un philosophe, le Jeannot : chaque jour, il ressentait les pulsions alentour, les peurs, les haines…
Il s’en nourrissait et devenait puissant. Il se démarquait de l’analyse classique des psy de Bordeaux : sur la presqu’île, le CA collectif primait sur les sentiments individuels. Microclimat, microcosme, société consanguine : Eros et Thanatos oeuvraient sur le groupe en entier, aucune individualité ne pouvait transparaître. « Nous autres, les soulacais » qu’il disent les pays, conscients d’un « NOUS » indivisible. Longtemps les valeurs du « SURNOUS » régnaient sur le village. Un jour, les estrangers sont revenus, les vieux démons avec et l’harmonie disparut.
Voilà pourquoi les quartiers s’écartaient, devenaient des îlots. Les hommes se déchiraient et souffraient dans leur chaire en agressant les autres. Thanatos gangrenait les soulacais-corpus qui s’automutilaient délibérément. Le territoire, loin des frasques de la République, accostait par petits bouts en îlots désunis ce pays de furieux violents et décérébrés. « Jeannot » l’avait senti venir : depuis longtemps maintenant la télé faisait son travail qui délitait les esprits et normalisait sans relâche la pensée des Pays. « Lisez ça ; mangez ça ; achetez ça ! ». Les Pays s’intégraient peu à peu au reste des français, devenant insipides. Sur le point de basculer dans la normalité, les vieux du coin avaient vu revenir la Gilberte, la violée, la paumée et avec elle leurs peurs et leurs remords.
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Je n'en reviens pas: quelle constance dans le style! Mine de rien, vous vous baladez aux côtés de Bazin, de Renard et de Daninos - entre-autres - et faites modestement comme si vous n'aviez pas de projet éditorial! Ce serait un véritable scandale! Franchement, j'adore. Encore bravo, Alain