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Commentaires : 1 Rubrique : Visuels
A l'aube de cette vie adulte dont les incertitudes, parfois la nuit m'empêchent de trouver le repos; au moment où impuissants nous devons nous résoudre à laisser filer nos années les meilleures; à l'heure des responsabiltés et des angoisses; avant que l'insouciance de nos coeurs ne disparaisse à jamais; juste avant que le morne ennui n'innonde le bleu de tes yeux.. Je suis venu te confier petite abeille toutes ces choses si profondément enfouies en moi que parfois je me demande si je ne les ais pas rêvées. Tout ce que j'ai toujours tu, que tu as vainement éssayé de déchiffrer sur mes lèvres moqueuses. Mais avant de franchir le rubicon, dis moi petit ange si tu as vraiment envie d'entendre ces mots qui blessent, d'affronter ce torrent qui charrie mes plus sombres tromperies...
Une fois encore, je dois admettre que seule mon égoïsme guide mon action. Non, cette fois encore je n'aurai pas pensé à toi, à ces larmes qui dans ton coeur coulent à ces blessures qui sous l'éclat de ton sourire continuent de saigner. Si je suis venu te parler ce soir, c'est seulement parce que pour une fois mon coeur à du mal à porter le fardeau de tous ces secrets, mes épaules ploient sous le poids de nos fautes. J'ai du vivre ces longues années durant avec la hantise de mes trahisons, le spectres de leurs chutes. J'entends la nuit, l'écho de leur pleurs.. Le sourd craquement des rêves brisés m'empêche de fermer l'oeil.
Je paie peut être le prix fort, mais même aujourd'hui, je n'échangerai ma place au balcon contre aucune autre. J'ai de la scène une vue imprenable, chacun des drames qui s'y jouent me livre ses moindres détails.
J'ai grandi au milieu de cette horde de voleurs de feu, je nous ai vu peu à peu nous transformer en voleurs de rêves. J'ai eu la chance, n'est ce pas plutot un malheur, d'être l'un des rares à comprendre la portée de chacun de nos actes, mêmes les plus banales.
J'ai vu la joie dans leurs yeux, le clair rire de leurs coeurs légers sélever au firmament, j'ai vu la communion des âmes. J'ai régardé la beauté dans toute sa splendeur, j'ai vu à travers leur joie Le Divin. J'ai vu des miracles, j'ai contemplé admiratif ce qu'ils appellent Amour soulever des ouragans. Rien ne me semblait alors plus beau. Et pourtant..
Trop souvent j'ai vu la tristesse et les larmes voiler l'éclat de ces prunelles. J'ai vu le poison de la haine corrompre la pureté de ces coeurs, hier encore angéliques. En vain , je cherche à oublier l'image de ces jeunesses voilées du deuil de la trahison. Rien ne m'a été plus insuportable que de voir la haine et les coups remplacer l'harmonie. Je repense avec angoisse aux cadavres entassés dans mon placard. Me laisseront t'ils un jour m'envoler vers le walhalla, m'entraineront'ils vers Hadès. Le sourire aux lèvres, j'ai planté un poignard dans l'innocence de ces coeurs. Rien ne m'a jamais semblé si cruel.
Et pourtant je n'ai pas cessé d'observer, sans jamais me poser de question, sans jamais intervenir. Tel est mon rôle.
Je n'ai jamais connu la joie des coeurs en émoi, je n'ai jamais connu le malheur des âmes trahies. Tel semble le prix à débourser pour occuper cette place. Assez proche pour ne rien louper du spectacle, juste assez loin pour ne pas être pris dans le drame.
Et pourtant, quelques fois je n'ai pu éviter les éclats accidentels, bien souvent je n'ai pu m'empêcher de donner la réplique. Trop souvent j'ai donné le baiser de la honte.
Ne me prends pas en pitié petit ange. Cette fois ne m'offre plus le refuge de ton sein, n'essaie pas d'éffacer mes pleurs. Envole toi loin de moi, éloigne toi le plus vite possible. Demain vil ingrat, je risque de ficher mon dard dans ce sein qui m'a offert asile. Tu sais bien que de mes lèvres tu ne pourras jamais recevoir que ce baiser corrompu par le fiel de mon essence. Pourquoi refuses-tu de voir en moi les sombres cumulus du malhuer imminent. Delphes a pris peur en découvrant mon oracle. J'ai ri au nez des Moires la nuit où elles m'ont révelé mon destin. Malheur à qui défie les dieux et les forces de la vie a pleurée ma mère
Je n'ai pas la force de Sysiphe et pourtant ma tâche me parait toute aussi fastidieuse.
Rien ne me parait plus insuportable que tes bras ouvertes pour accueillir le traite qui instillera la ciguë en ton sein. Ces yeux qui essaient de me charmer savent-ils que pour leur malheur ils risquent de tomber sur une Gorgonne..
Je dois te dire adieu petite fée, je te perdrai si je persiste à te conserver près de moi. Mon coeur, s'il en est encore capable essaiera de ne point te haïr.
« Ils grandirent se marièrent tous, prirent 30 kilos eurent de nombreux enfants et vécurent heureux pour toujours ». Tracés au dos d’une de nos photos de vacances par une main ironique la pertinence de ces mots ne m’avait jamais sauté aux yeux. A l’aube de l’âge adulte, à l’heure des choix décisifs et des responsabilités quelle formule mieux que cette conclusion de contes de fée pourrait mieux résumer ce à quoi nous aspirions ? Bien sûr tu me parleras de nos rêves de nos illusions, tu me rappelleras ces fins de soirées trop arrosées passées à imaginer notre futur. Tu me crieras que nous n’étions pas censés épouser le monotone quotidien de ces 6 milliard de clones ordinaires. Chacun d’entre nous pensait alors qu’il aurait un destin unique. La faute aux émissions abrutissantes de MTV ? Nous pensions être maîtres de nos vies. PIMP YA LIFE : le concept ultime.
Implacable, le temps aura fait son œuvre. Immanquablement les comètes s’éteindront, les super nova redeviendront des astres ordinaires.
Je sais qu’il est difficile de croire que cette génération qui jette rageusement ses derniers désirs de liberté dans la personnalisation de ses avatars, se muera par enchantement en adultes ordinaires, acceptera de revêtir le costume qui lui était destiné dès le début. Mais crois moi ils finiront par avoir raison de nous. Entre nous ne me dis pas que tu ne t’en ais jamais un peu douté.
Certes ce n’est pas le cœur léger que nous renoncerons à nos chimères, ce n’est pas le sourire aux lèvres que nous tendrons le cou au bourreau. Beaucoup seront quand même heureux de déposer les armes, quelques irréductibles poursuivront sans grande conviction une lutte perdue d’avance, et moi. Moi, je serai là comme toujours observateur indifférent. Je vous aurai observé ces années durant, j’aurai été le gardien de tous les secrets. Quand je repense à tout ce que vous avez été, à tout ce que nous voulions être, j’avoue que je suis étonné de la modestie de vos rêves actuels. Une petite vie bien rangée des soirs d’hiver au coin du feu, Elle blottie dans tes bras… Auriez- vous donc renoncé au monde ?
L’ironie du commentaire est un vrai pied de nez à nos rêves d’adolescents. Un final de conte de fée, nous n’avions jamais rêvé d’être des princes charmants. Nous n’avons jamais aspirés à réveiller La belle au bois dormant. Aucune princesse jamais ne réussira à transformer les crapauds que nous sommes en fringuant chevalier.
Et pourtant, aujourd’hui nous devons nous résoudre à accepter le joug. Rejoindre ces chercheurs d’or, eux dont la quête nous ont toujours inspirés du dégoût.
Je m’y suis toujours attendu, et pourtant ça fait quand même drôle de vous voir rechercher l’Amour aujourd’hui ; rejoindre les gens ordinaires dans leur quête.
De vous j’ai appris que l’amour n’existait pas. Chacun de nos mensonges a achevé de le tuer. Je ne vous reprocherai pas de changer de veste aujourd’hui, mais vous aurez du mal à me convaincre que vous croyez réellement à l’existence de votre graal.
Non, décidément vous n’avez pas le profil de l’emploi. Vous pourrez toujours duper le monde, mais moi je connais le tréfonds de vos âmes, l’insondable noirceur de vos cœurs.
Non, nous ne sommes pas des anges. Les contes de fées ne sont pas faits pour nous.
Et pourtant elle paraît si idyllique cette photo de vacances. Regarde notre jeunesse, admire notre joie de vivre, jalouse notre joie de vivre. Mais que d’inavouables secrets dissimulés derrière le masque innocent de ces souries épanouis. Ce bras négligemment posé sur cette épaule ne cache t’il rien d’autre que le signe d’une platonique amitié. Ce regard passionné en biais est sûrement destiné à quelqu'un d’autre que la petite amie distraitement enlacée. Et moi muet gardien du temple des secrets je regarde d’un œil cynique cette comédie humaine.
Non, l’amour vous l’avez tué ne me demandez pas de croire aux fantômes.
| De nos luttes, j’ai gardé une morbide envie de liberté. Nos combats, m’ont toujours laissé un goût d’inachevé. Je n’ai jamais su déposer les armes, mon orgueil m’a toujours empêché de lever le drapeau blanc. J’ai vu le carré sacré de ma garde impériale comme peau de chagrin se réduire. Jusqu’au dernier j’ai préféré voir tomber mes prétoriens, que de sonner la retraite. Sauf est l’honneur, me répétais-je pour me fortifier. Stupide aveuglement, inutile sacrifice. Aujourd’hui pathétique général sans troupes, j’erre sur le champ de nos glorieuses victoires; je caresse ces mottes qui seules aujourd’hui pourront témoigner du fantastique de nos chevauchées. Vils déserteurs, j’admire votre lâcheté; je jalouse votre courage. Tu sais combien m’est pénible le spectacle de votre heureuse servitude. Je vous ai connu intrépides guerriers. Nous avons mêlés notre sang sur l’autel du serment, ensemble nous avons juré de ne jamais ployer l’échine. Ouvre donc les yeux, ne vois tu pas que cette insaisissable chimère que tu poursuis n’est qu’un nouveau bât qu’ils essaient de nous imposer. Nous avions brisé nos chaînes, nous avions payé le prix de notre affranchissement. Et voilà que le sourire aux lèvres vous acceptez de retourner à la servitude. Que pourrais-je vous dire pour vous convaincre que ce que vous nommez Amour n’est qu’esclavage. Que je t’ai haï ce jour où les yeux illuminés par la foi des initiés tu m’as lâché : - Tu ne peux pas comprendre, tu verras quand ton tour viendra. J’ai exécré, la tranquille assurance de ta voix. La certitude dans ton sourire m’a fait peur. Génération d’apostats vous n’avez jamais cru en rien, Le Divin lui-même vous l’avez courtoisement renvoyé à ses célestes appartements. Que vous arrive t’il donc aujourd’hui. Votre indépendance a toujours été votre seule religion, incompréhensible m’est votre désir d’aliénation. Ils auront donc toujours le dernier mot. D’une façon ou d’une autre nous serons toujours sous leur coupe. Ils ont fait chanter les sirènes de l’amour, pauvres Ulysses vous vous êtes jetés à l‘eau. Pourquoi aujourd’hui plus qu’hier je devrais croire à la réalité de cette fable. Je l’ai regardé au fond des yeux, ce noble sentiment que tu me vantes. Je l’ai vu consumer des d’innocentes jeunesses. Je l’ai vu à l’œuvre, il n’a rien de la douce torpeur que tu m’as décrit. - J’ai l’impression d’être sur un nuage. Ton enthousiasme, m’attriste, car je sais que douloureuse sera la chute. Ne me demande pas de tendre docilement le cou au bourreau. J’ai peur que de ton visage, à jamais ne disparaisse le sourire. J me suis mis à l’abri de la déception. Et portant je dois t’avouer que j’envie parfois votre douce folie. Je voudrais avoir votre optimisme, votre foi dans cette chimère que jamais vous ne saisirez. Je voudrais parfois être déchargé du poids de cette vérité : l’Amour n’existe pas. J’y ai souvent joué, j’ai toujours menti. J’ai réussir une ou deux fois à me mentir, j’ai alors entrevu la douce beauté de votre esclavage. J’ai compris avec quelle joie vous acceptiez votre joug. Vous ignorez la chance que vous avez de pouvoir croire aux chimères. Moi je ne suis pas de la race des chercheurs d’or. |
Je t’ai perdue avant même de t’avoir rencontrée. Tu m’as tourné le dos avant même
que le jade de tes prunelles ne sonde les tréfonds de mon humeur. Sauras-tu
jamais si sous l’ironique rictus de mes lèvres se cachait peut être un tout
petit fond de sincérité. Auras tu seulement le courage d’imaginer tout le bonheur que nous aurions pu partager
si tout cela n’était pas que douce rêverie. Mais à quoi bon passer le restant
de notre misérable existence à voguer sur l’océan de nos regrets, je sais qu’il
est sacrilège de chercher à réveiller les fantômes. A soulever les poussières
du passé la tempête que nous risquons de provoquer nous balayera.
Non, tu ne connaîtras jamais ce frisson d’horreur en imaginant tout le mal que j’aurai pu te faire. Toi, toi tu ne me feras pas l’honneur de me porter au panthéon de ton cœur pour ensuite maudire chaque nouveau souffle que me donnera la vie. Tu m’as jeté la première pelletée de terre, ces doigts qui hier encore me caressaient m’ont donné l’extrême onction. Mais n’ait pas de regrets petit ange, nous avons eu la chance de vivre les yeux ouverts. Tu as arraché nos œillères, le vrai nous avons contemplé en face, dommage que son éclat ait fini par nous aveugler. N’ais pas de regrets, moi je n’en ai pas. Tu le sais, je ne te ferai pas la joie de venir hanter tes nuits. Fantôme errant je ne viendrai pas égayer l’ennui de ton sommeil.
Les misérables se déchirent de coups inutiles, dieux parmi les mortels nous épancheront notre ire en déclenchant quelque terrible cataclysme. Mais cette fois Isis éplorée n’ira plus par le vaste monde recollant les morceaux épars de son amour perdu.
Tes yeux me l’ont avoué lorsque obstinément closes tes lèvres ont refusé de me répondre. Tu ne me feras pas me retourner dans ma tombe les soirs de trop grand chagrin. Ce nom que tu susurrait avec tant de passion, je n’aurai pas la consolation de l’entendre mêlé à tes soupirs nocturnes. Je tire ma révérence, je sais que tu ne me rappelleras pas à la vie. C’est mieux ainsi…peut être.
C’est peut être de ma faute je n’ai rien fait pour te retenir, j’ai ouvert mes bras je t’ai laissée t’envoler.
C’est sûrement de ta faute tu t’es drapée de trop de brume pour ne pas me sembler irréelle. J’ai toujours eu l’impression d’emprisonner une chimère dans la geôle de mes bras. Trop grande était la tentation de te laisser voguer vers d’autres rivages oniriques.
Ne m’en veux point si je surcharge délibérément le cabas de tes torts. Difficile est la route que j’ai à faire, j’ai besoin de m’alléger.
Tout est dit, sur le pas de ta porte j’ai secoué la poussière de mes pieds. Je sais que tu ne me pleureras pas, tu sais que je ne t’en voudrai point. Lorsque mes pas m’emporteront loin de toi, je ne me retournerai pas pour te jeter un dernier regard. Je ne verrai pas cette unique larme qui coule invisible dans tes yeux secs. Je prendrai appui sur mon bâton de pèlerin pour fuir l’étreinte de tes bras, je continuerai à marcher dans la tempête. Le désert est impitoyable, m’arrêter je ne peux me permettre. Trop grand est le risque de m’enliser. La fureur du vent effacera la trace de mes pas. Tu l’as toujours su, petit poucet je n’ai jamais été. Vaine Ariane tu as tendu ton fil sans illusion aucune que je te retrouve. Tu n’en as jamais exigées, je n’y ai jamais crues ; le vent de mon désert emportera nos stériles promesses.
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