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etranger
Je déambule dans les rues de mon quartier. Arpente les trottoirs,
les caresse de mon regard. Mes pas sont mecaniques, ma demarche est
instinctive. J'ai le corps automate et mon imagination s'echappe. Je
suis pris dans mes flaneries lorsqu'un individu s'invite, se prepare à
me croiser peut etre voudra-t-il me parler. Je fuis sa compagnie et
traverse sans preavis. Je suis seul, soupire, me replonge dans mes
reveries. je marche, marche, marche et le temps passe. Je pense, pense,
pense, mes plaies se pansent. Direction le centre-ville et sa débauche
de folie. Ici et la des gens s'affairent et vivent leur ordinaire, je
n'comprends rien à leur vie et m'isole dans mon esprit. Quels buts
poursuivent-ils, a quoi rime tout ceci? Tout comme eux j'achète du pain
et pourtant je n'ai pas faim. Retour à mon domicile alors que le jour
faiblit. Avec la nuit qui s'alourdit je sais mes paupieres qui
vacillent. L'horloge tourne, tourne, tourne et le temps passe. La vie
passe, passe, passe et je trepasse.
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mercredi 9 avril
deux jours deja depuis ma derniere communication. Je n'ai toujours rien écrit. L'envie parfois me prend de rebrousser chemin, balayer le travail accompli et faire place nette pour une nouvelle tentative. Ce serait une erreur. La tentative suivante se revelerait tout aussi infructueuse et plus frustrante encore, alors je m'acharne et tente de me persuader que la recompense m'attend au bout du tunnel. Sait-on jamais, peut etre quelqu'un lira-il ces quelques phrases et s'interrogera sur la nature de mon probleme... Je tente d'ecrire un roman... comme beaucoup de gens certes, mais je crois en attendre plus que nombre de ces apprentis ecrivains. J'ai besoinde changer de vie. Je me suis enfermé dans un travail qui me permet de gaganer ma vie honorablement mais qui ne laisse aucune place à l'epanouissement personnel... Je souhaiterai consacrer ma vie à l'ecriture et pourtant je ne reussis pas à lui offrir plus d'une journée par semaine. Je me suis decidé à alimenter ce blog car je ressens desormais le besoin d'ecrire sans me preoccuper de toutes ces regles propres à la litterature narrative qui assurent la bonne comprehension du lecteur. Sur ce blog, mon ecriture n'est pas belle, elle est instinctive, elle ne souffre aucun retour en arriere aucune revision sur sa forme. Elle vit. Simplement.
Depuis 7 annees que j'ai fait mon entrée dans la vie active, je n'ai pas du lire plus de quinze bouquins. Quand j'étais plus jeune, j'en devorais trois par semaine! Depuis 7 années, je ne me souviens pas avoir eu l'occasion d'ecrire plus de dix lignes d'affilé. Quand j'etais plus jeune, j'etais en classe litteraire. Depuis 7 années, je vis, travaille,mange et dors. Je suis devenu un automate. Je ne reflechis plus je n'ai plus le temps. Quand j'étais plus jeune je croyais en un monde meilleur que nous autres, jeune generation, forces vives de la nation, aurions su batir sur le tapis des cendres de votre democratie.
JE NE VEUX PLUS DE CETTE VIE!!
Tout homme a le droit de vie travail liberté et reflexion. Je me battrai pour ce dernier. Qu'il cesse d'etre le privilege de certains elites et qu'il devienne mien.
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journal de bord
Lundi 7 avril
Deja presqu'un mois que j'ai pris le large. Je suis parti à la grande aventure sans meme me retourner, sans voir la terre s'eloigner. Elle me manque. Que ne donnerai-je pour un bout d'atoll. Les membres d'equipage sont terriblement serein ce qui rajoute encore à mon inquiétude.Je n'ai pas d'autre moyen pour me confier que celui de noircir des pages, imprimer mes peurs pour m'en delester. Tous me suivent, aveuglement, confiants en mes certitudes, ignorants de mes doutes.
Je vais ecrire, sans prendre garde à la syntaxe, sans accents ou ponctuation, sans les regles de grammaire ou la richesse d'un vocabulaire. Je vais ecrire pour moi. Lisez- moi ne me lisez pas. Je m'en contrefous. Lorsque le plaisir s'estompera à force de travail, lorsque le fil de l'histoire m'interdira de laisser voguer ma plume au gré de son instinct, lorsque les provisions s'amenuiseront et que la terre ferme brillera de son absence, je me rendrai sur ces pages et confierai mon etre à ce journal.
Je nettoierai les soutes de l'eau croupie qui pourrit la cale et m'en irais, allégé de toute cette merde qui s'immisce, et ralentit meme, la plus belle des fregates. Nous serons morts ou arrivés à destination avant que j'aie pu en épuiser toutes les pages.
-fin de transmission-
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