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Justine Mérieau - Ecrivain |
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Ce blog est créé afin de faire connaître mes livres publiés à un lectorat plus vaste : celui de la toile.
Bienvenue aux amoureux de la littérature qui me feront l'honneur de s'arrêter ici ! Par Sidonie |
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vendredi 31 août 2007, 02:12
Journal d'un ancien globe-trotter - Suite 5 | |
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Et ainsi s’achevait le mystérieux carnet… Il n’avait à présent plus de secret pour moi. J’étais entrée par hasard, et bien involontairement, dans la vie privée d’autrui. Je me fis soudain l’effet d’une voyeuse, et me sentis d’un coup légèrement mal à l’aise. Pénétrer aussi brutalement dans l’intimité de gens inconnus, surtout lorsque celle-ci dévoile une sorte de drame intime, représente quand même quelque chose d’assez délicat… Un peu étourdie et bouleversée par cette lecture, je restais quelques minutes au fond de mon fauteuil à méditer sur cette malheureuse histoire. Je demeurais partagée… A la fois je comprenais la jeune fille, tout en me mettant également à la place de ce pauvre Alexandre. Des histoires d’amour qui finissent mal, ce n’était pas nouveau, ça n’avait rien d’extraordinaire, rien de surprenant. J’en savais hélas quelque chose… Non, ce qui était surprenant, c’était que je me retrouve avec un carnet qui ne m’appartenait pas. Que j’avais ramassé sous un banc, sans savoir ni pourquoi ni comment il avait pu atterrir là… Et je me posais des questions. Le dénommé Alexandre écrivait dans ses dernières lignes, qu’il lui viendrait peut-être l’envie de détruire sa prose s’il la relisait trop vite… S’était-il tout de même relu, et avait-il jeté volontairement le témoin de son infortune ? Dans ce cas, s’il tenait vraiment à s’en séparer… Et cela aurait eu lieu au Jardin de l’Etat ?... Mais quand ? On était le dix-huit janvier 2005, et son journal indiquait le six janvier comme dernière date… Questions auxquelles il me sera à jamais impossible de répondre, j’en ai bien l’impression… En attendant, c’était moi qui détenais ce carnet… Quoi en faire ? Le restituer, mais à qui ? Son auteur l’avait peut-être tout bonnement égaré ?… Il semblait coutumier du fait. Seulement, j’ignorais tout de lui et ne pouvais donc le lui remettre… D’ailleurs, s’il s’était finalement décidé à quitter l’île, ce n’était plus la peine que je cherche à le retrouver… Et quand bien même ? Je me verrais mal lui rendre un carnet intime, qui en plus dénonçait ses malheurs… Je me trouverais plutôt dans une sale position… Il se douterait forcément que j’ai tout lu… A moins que… A moins que je me rende un soir sur le Barachois, au Roland Garros… Je risquerais sans doute d’y glaner quelques infos sur ledit Alexandre ou encore sur son ami Arnaud par des connaissances à eux… Peut-être même d’y rencontrer cet Arnaud, puisque c’était un habitué des lieux… Et ainsi me débarrasser du carnet encombrant, en le remettant à quelqu’un… Je ne vais quand même pas garder un morceau d’une vie qui ne m’appartient pas ! * J’y suis allée… Hier soir. J’avais d’abord dîné dans un petit resto où je me rends quelquefois. Et vers les vingt-et-une heures passées, je me suis retrouvée assise sur l’une des banquettes du Roland Garros… Une heure après, je commençais à trouver le temps long ; rien ne se passait d’intéressant concernant ce qui m’amenait là… Je baillais comme une carpe, l’envie de dormir me gagnait. J’étais prête à lever le camp, lorsqu’une idée me vint… Je fis signe au barman. Je le connaissais un peu, j’étais déjà venue dans le bistrot plusieurs fois avec des amis. Il s’avança à ma table avec un grand sourire. J’entrais dans le vif du sujet : « – Bonsoir… Je suis venue là, pensant y trouver Arnaud ou Alexandre… Ce sont des habitués, je pense que vous les connaissez ?... – Un peu seulement… Et comme je viens juste de revenir de congés, je sais pas s’ils viennent toujours ici… Mais si vous voulez, vous pouvez aller demander à l’un de leurs amis… Celui qui se trouve là-bas, à la table près de la fenêtre… ». Trop contente, après avoir remercié, je filai tout droit voir l’ami en question. Assez gênée quand même, ne sachant comment m’y prendre, ni par où commencer… Finalement, c’est le plus simplement du monde que j’ai menti avec aplomb. Affirmant qu’Arnaud et Alexandre faisaient partie de mes connaissances, et que je m’étonnais de ne plus avoir de leurs nouvelles… Prêcher le faux pour savoir le vrai, s’est toujours révélé être une bonne pratique ! « – Eh bien, chère demoiselle, sachez que nos deux oiseaux se sont envolés à jamais ! L’un a fini par aller rejoindre en métropole sa chère dulcinée qui ne voulait plus revenir à Eh voilà… La boucle était bouclée ! Etre venue ici n’avait servi à rien… Du moins, pas pour ce que j’aurais voulu. Cependant, j’en savais maintenant un peu plus et c’était le principal.
A suivre... | |
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