Bonsoir,
"J – XXXL ?"
A quand donc le tintement de la cloche et la bousculade pour prendre les meilleures places dans la salle de classe ?
Ne jamais s'impatienter. Rester calme et courtois. Ne pas rentrer dans la précipitation, la compétition. On ne va tout de même pas prendre le départ pour les Jeux Olympiques ? Oh Non ! De ces prochains là, ne nous étendons pas ! Ils nous mèneraient bien plus loin que des considérations bassement économiques où il me semblerait croiser comme une leçon oubliée, retrouver la tête du "Jules" local frappée sur le verso du morceau de métal.
En voyant la scène, Francis nous chanterait :
"Y a même plus de métal dans les poooches des athlèèètes !
C'est le billet vert qui cooouuule là où avant… y avait leur têêête !
Si par hasard vous croisez… un Champion authentiiique…
Demandez-lui
S'il préfère sa Liberté, ou bien celle du friiiic ?"
Oh, Francis ! Tu me donnes la chair de poule !
J'étais seul devant la grille où personne n'attendait. Pour sûr, à l'heure où les cloches dorment… peut-être le gardien ? ou bien la patrouille de Police ? Qui sait… le passage d'un chien… le bruissement furtif d'un oiseau qui glisse ? (j'ai fait des vers, hein ?)
Non, Personne !
Ce soir, je pense à Issa. Cet Ami du lointain Mali. Je pense à toi mon Frère et je voudrais t'écrire quelques mots ! Qu'ils viennent vers toi, te saluent et bénissent ton Nom !
Ton sourire lumineux a tant éclairé nos chemins communs qu'il manque aujourd'hui à mes jours, alors que le timbre "rrrocailleux" de ta voix résonne encore en moi comme le chant joyeux d'un ruisseau. Je n'ai qu'à fermer les yeux et tu es là, tout près.
Nous avons tant partagé dans la plus grande simplicité d'une camaraderie de gosse. Cela n'avait rien à voir avec un galion Espagnol ou la caverne d'Ali Baba, c'était tout autre chose… l'intense plaisir de deux Etres en harmonie. Nos cœurs étaient grand ouverts sur le monde, et le vent qui gonflait nos voiles, soufflait la marche de l'allégresse et de la joie. De la communication permanente de nos cœurs est née sans détour une fusion Fraternelle.
Mais Issa, mon Ami, mon Frère ! Sais-tu encore quel cadeau particulier, rare et précieux tu m'as fait ?
Je vois à tes grands yeux que tu ignores la réponse, alors je vais te la dire.
Au jour béni du mariage de S et H, dans l'effervescence de cet évènement Ô combien heureux ! Au milieu de ma famille et de nos Amis, tu as pris ma main, naturellement, innocemment, tout bonnement à la façon Africaine. Comme celle d'un Frère que l'on tient fièrement devant tous les passants. Parce que c'est comme ca chez toi, de l'autre coté de la Méditerranée, de l'autre coté du miroir. C'est la coutume ancestrale qui lie les Etres chers. Il y avait dans ce geste un présent somptueux. Aucun calcul, aucun tabou. L'innocence suprême de l'âme qui traduit la fluidité des sentiments humains, fraternels. Amitié et Amour. Amitié entre deux Hommes pour s'être trouvé sur la même longueur d'onde. Amour entre deux Etres parce que dans la Gloire du Très Haut. Rien d'autre que l'effervescence de la Lumière dans ce geste. Rien d'autre pour moi qu'une osmose ! de la pureté d'âme et d'esprit ! Tu as pris ma main, et ne l'a pas lâché, longtemps, suffisamment longtemps pour que je la retienne à mon tour, précieusement, gravée dans mon cœur à jamais.
Merci mon Frrrère !
Issa milite contre l'excision, pratique de mutilation… sans aucun adjectif qualificatif.
Il était minuit. Pourtant ! Elle est arrivée à plus de minuit passé. Décalée authentique sur la ronde des aiguilles. Minuit avait été jeté, oublié dans un des tiroirs clic-clac de la grande horloge.
Une petite brunette s'est approchée de la zone des scolaires, celle qui exclue les Parents. Elle m'a lancé :
"Utopique !"
Bonsoir Anouchka.
"Utopique ? Peut-être !? Euh… Non ! Utopique n'est qu'un mot qui fait partie du vocabulaire. Mais vous êtes là ! dans le silence ouaté de ces heures indues. Votre présence déjà a les contours d'un rayon, l'onde hier soir a frémi.
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