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Fraternité Tunisienne
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Bonsoir à tous.
Je vous prie de bien vouloir m'excuser pour ce silence et le long tracé plat de mes ondes plumesques où effectivement, j’avais laissé en jachère l’encrier de porcelaine, ainsi qu'honteusement abandonné le porte-plume sur un coin de l'écritoire. Mais, voyez-vous, c'était pour la bonne cause car Celle qui donne force et raison aux battements de mon cœur m'avait pris sous son aile, et nous nous sommes envolés pour une ballade de l'autre coté de la Méditerranée. Une semaine de rédemption neucrosomique. Sept jours d'une délicieuse et savoureuse récupération interplanétaire des pieds, celle qui touche au sol alors que dans le même temps la tête lambine au dessus des nuages.
T. comme Tunisie. H. comme Hammamet. Loin de notre hexagone et de nos tracas quotidiens sur les volontés capricieuses et autres formules incompréhensibles de la météo. Loin des trajectoires hallucinogènes de la Bourse, des embouteillages d'actualités à faire chavirer tous les zygomatiques vers le bas… Loin du prix du baril qui nous donne le tournis, envolé par-dessus la couche d'ozone. Loin des programmes culturels et désopilants que nous laisse en héritage, dubitatifs et sceptiques, le C.S.Abandonné… Nous avons pris la poudre d'escampette.
Ah ! Elle était bonne cette poudre… d'escampette, toujours. Derrière les trois heures du matin et le visage grave du douanier au Sceau (liaison s'il vous plaît), le rideau s'est levé sur le Théâtre des Terres Africaines, le Nord, les Ch'tis, les autres, ces autres, ceux à l’accent plus aigu qui roule sur la langue et qui vous chante à l'oreille, comme pour vous bercer, vous dire que vous êtes arrivé au Paradis des Mille et une nuits.
- Ici, Shéhérazade ! Babouches et Djellabas !
- Là bas, sous la voute étincelante de lampes et de théières, Ali Baba et ses quarante voleurs !
- Attention l'Aziz ! On arnaque… oui ! Mais toujours en douceur et avec le sourire !
- Oui, pour toi c'est gratuit… jusqu'à la caisse !
- Mais que veux-tu que je fasse avec trois dinars ?
Il roule l'accent. Ils chantent tous dans ce bon Peuple Tunisien qui vous déverse un flot de sourire et de miel, une coulée dans laquelle se dégustent les meilleures pâtisseries locales : des "Salam alaykoum – Aslama - Beslama – Choukran – Amdoula – l'Aziz – Rouilla – Gazelle et Gazou… " Les premiers mots qui forment la ritournelle, la ballade des gens simples, celle des gens vrais et heureux.
Ils vous prennent par la main tout en conduisant celle du cœur et vous amènent pour une plongée dans les effluves de cuir et d'encens. Des inhalations de cuivre et de soie, de thé à la menthe et de pâte d'amande. Des étals de fraises ou de piments sous la mélodie enfiévrée des Kanoun, Mizmar, Rababa, et des percussions virevoltantes de la Derbouka qui ne sont pas en reste. Ici, l'esprit, une fois de plus s'envole, se laisse séduire sous d'autres cieux.
Sur cette Terre rouge et ocre aux reflets verts, le Soleil s'affiche tout en haut, dans un ciel d'aigue marine comme la plus belle des Topazes, la plus belle et la plus intelligente des enseignes lumineuses, la meilleure des publicités. Elle brille toute la journée et allume un incendie de douce allégresse et de joie intense.
Il ne sera pas nécessaire d'activer la machine à produire des spots publicitaires tous aussi insondables en pauvreté intellectuelle les uns que les autres. Ici le Soleil s'éclate en des milliers de bulles douces et sucrées dans les bouches et dans les cœurs. Il regorge par delà les fruits et coule sur les tables dressées pour le banquet des Reines et des Rois.
Prend ! Sers-toi ! Bois à la coupe ! Croque dans cette chair gorgée des oranges et des dattes ! Regarde mon Frère comme tout est simple ! Comment la nature nous offre ce qu'elle a de meilleur ! Regarde comme la Vie est Belle !
As-tu besoin d'autre chose que d'Amour, de Soleil, de chaleur humaine, de pain et d'olive ?
N'y a-t-il rien de meilleur que le sourire de ton Epouse déposé délicatement comme une fleur sur son regard ? N'attends-tu rien de plus beau que la joie de tes enfants ?
Viens ! Assied-toi ! Pose là ton barda d'Homme pressé ! Goûte à la Vie ! Ecoute le temps qui glisse sur ta peau pour mieux l'adoucir.
Aux Aurores, l’on peut admirer l’astre Roi sacrifiant quotidiennement aux rituels séculaires, superbe boule de Feu qui se lève sur ce Monde à la terre pourtant difficile et rugueuse malgré ses innombrables attraits d'hospitalité. Les rayons se faufilent entre les panaches somptueux des palmiers chargés de trésors, ravivent la majesté des oliviers amoureusement choyés, revigorent la beauté inaltérable des amandiers… Ils viennent allumer toutes les chandelles, les bougies, toutes ces lampes magiques qui font les délices et les splendeurs de la Tunisie.
Carthage. Sidi Bou Saïd. Tunis. Nabeul. Hammamet. Sousse. Kairouan. Monastir. Matmata. El Djem. Sfax. Zarzis... Il n'y a aucune agitation dans ces lieux. Rien qui vienne bousculer ou déranger l'ordre des choses parce que tout est à sa place depuis la nuit des temps. Qui donc songerait à déplacer les arbres comme les cailloux si la Main du Très Haut les a déposés là ? Qui se plaindrait de son sort si D. l'a voulu ainsi ?
- As-tu du Thé à la Menthe s'il te plaît l'Aziz ? Oui. Bien sûr qu'il en a ! Quelle question ? Et en plus, il t'offrira en guise de bienvenue son sourire charmeur. Le sourire éclatant qui empoigne par les liens de l'Amitié et touche aux fondations de l'Esprit, indiquant par delà sa fulgurante trajectoire le chemin qui conduit sur le point sensible, ralliement indéfectible de notre Fraternité.
Heureux sont-ils ces Tunisiens ? Mais de quoi ? De la Pluie qui ne tombe pour ainsi dire presque jamais ? En attendant l'eau qui viendra peut-être, c'est un flot continu de gentillesse, d'amabilité sans détour qui se déverse et forme un tapis d'eau de Rose et de Jasmin juste en dessous de tes pas.
Baisse toi donc ! Ramasse ! Hume ! Sent comme il est bon de prendre ce que l'on t'offre gracieusement et qui ne connaît pas de prix ! Ah, que de délicieux instants ! Comme Dieu est Grand ! Allah Akbar Mon Frère !
De l'eau ? Certainement en nécessiteraient-ils davantage ! Non pas pour les punir car ils ne le méritent certes pas, mais les cultures, les animaux, les hommes, cette vie faite de conditions difficiles dans lesquelles ils s'ébrouent avec une particulière virtuosité.
Apprend à regarder avec les yeux de l'âme. Observe les éléments alentour et les conditions de vie. Regarde ce qu'ils possèdent et ce qu'ils te présentent sur le plateau Eternel de l'Hospitalité ! Apprend à reconnaître les futilités de ton existence
Sais-tu qu'en un endroit où l'eau ne serait qu'une image, qu'un mirage qui rappelle et renvoie à la fragilité de nos vies et à la futilité de nos moindres tracas, nos Amis Musulmans peuvent réaliser leurs ablutions grâce à un simple caillou ? Sais-tu qu'en tout point, où qu'ils se trouvent l'espace de vie alentour n'est ainsi fait que par la volonté Divine ? Sais-tu qu'il n'existe nulle rébellion à Celui qui Est et que la Loi du Très Haut est de loin la première !?
En poursuivant plus au Sud… dans la région de Douz… vous toucherez aux envoutantes portes du désert. Vous aborderez aux rivages de l'infini immaculé. Non pas fait de sable comme nous le connaissons, mais de poussière de sable ! La matière réduite à son infiniment petit, baignée dans l'éclat d'une lumière blanche et qui ouvre devant nous l'infiniment grand.
J'ai vu des touristes, coulés dans les mêmes habits que moi, enduits, moulés dans nos faux-semblants d'intelligence, parler le même langage par la même gestuelle et le même émerveillement, prendre leur bain matinal dans une source d'eau chaude qui viendra irriguer un oasis en contrebas, là même où en aval de cette source et de ce bain, cette même eau est attendue pour être bue par les habitants du village.
J'ai vu Mabrouk, habitant et guide de ce même village tout à la joie de nous accueillir, lever les yeux vers le ciel, esquisser un geste de fatalité puis tourner presque honteusement les talons comme s'il voulait s'excuser de son regard et de sa désapprobation, comme s'il était de trop… puis continuer son œuvre de charité et d'hospitalité. J'ai vu son sourire se fissurer puis poursuivre à l'illumination de notre ciel. J'ai gravé tout cela comme une honte sur mon cœur tourmenté.
Qui d'entre nous peut se dire civilisé ?
J'écris cela parce que vous qui irez peut être sur les berges de ce cours d'eau, vous qui rejoindrez ce petit paradis, cet oasis de Chebika encaissé entre deux montagnes, vous qui adorerez ce vert émeraude et apaisant d'une eau lumineuse, vous qui croiserez les pas de Mabrouk, vous aborderez aux rives de son cœur et de son âme, vous découvrirez comme partout toute la gentillesse et la générosité de ce qui tisse l'âme Tunisienne. Vous ne répèterez pas ces gestes absurdes et irrespectueux.
Vous aimerez, vous adorerez la Tunisie.
Eternelle Tunisie ! en Français on écrit "Je t'aime !" En Tunisien, c'est "Abibi Yalil !" parait-il !
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Fraternité-Welcome (03)
Dimanche 16 mars 2008.
"Salon du Livre."
Quelle belle opportunité ! Oh, la belle ogive ! Pensez-donc ! Des Livres !? Des idées, des phrases, des mots… le Verbe dans toute la splendeur de sa fusion ! Le souffleur de verre qui s'en va transmettre l'Amour par un mouvement alangui et tendre dans l'épaisseur d'une pâte souple, élastique, changeante sous les reflets d'un coucher de Soleil ! Et si le Verbe venait à se multiplier, il atteindrait le sommet des volcans et distillerait des coulées de lave incandescente destinées à la fertilisation des générations futures.
Hum… Arrêtons un instant notre course… Réfléchissons… L'expression des idées, le croisement de la pensée universelle, une carrière à ciel ouvert pour des matières premières enfin non fossiles. Le vent de l'Esprit souffle dans le moindre interstice prêt à l'accueillir, à lui offrir son hospitalité. Le minerai s'extrait avec tout l'abandon et la ferveur d'un mineur des sens.
Ce salon, c'est comme la vitrine d'un Joaillier mais d'un autre ordre, d'une toute autre nature. On pourrait le nommer "La Place Vents d'Hommes". Amalgame d'Alysés, Mistral et Scirocco qui rafraîchissent ou qui réchauffent selon les saisons et les humeurs itinérantes. Les bijoux que l'on y présente ne trouvent plus de superlatifs disponibles. Les derniers spécimens ont trouvé preneurs chez les meilleurs armateurs qui se sont arraché les plus belles pépites : "Fabuleux ! Fantastique ! Époustouflant ! Extrait à l'état pur… !" Les solitaires côtoient les rivières, les pendentifs sont associés sur le présentoir des diadèmes… mais peut-être les écrins sont-ils encore fragiles… !? Et si le joaillier perdait son art ? Et si son diamant se fissurait ? S'il devenait fou ? Et si le Verbe soudainement se faisait muet ?
Voilà déjà quelque chose que l'on oubli trop vite lorsqu'on peut en disposer. S'approcher de la quintessence du savoir, flirter avec l'expression libre du fil qui tisse les âmes, pouvoir visiter ces allées giboyeuses où courent toutes sortes de papiers, où se mélangent les encres, un brouhaha de mots en provenance du monde entier ! Le "Roissy-Aéroport" des Lettres anonymes en état de suspension dans l'attente de leur prochain envol, et un peu plus loin son salon pour V.I.P. Juste une escale dans le tourbillon des panneaux d'affichage. Des destinations égrenées par voix douce d'une hôtesse, des verbes-passagers d'un jour, en partance pour des cœurs étrangers, des ports sans cargo, sans porte-conteneurs, seulement des voiliers pour mieux fréquenter l'eau, le ciel et les vents, l'immensité.
J'ai franchi les portes avec comme seuls bagages, "ma Fraternité" et mon cartable en bandoulière. D'abord, une grande moquette bleue, partout, bleue comme la mer et ses rêves de vertige, ses espoirs de conquête. Puis, bien vite, des couleurs, des lumières, de grands panneaux publicitaires. Un programme ? Oui ! Un plan, une liste, des numéros, des stands disséminés. Où donc sommes-nous sur cet océan de la littérature ? Je redeviens petit écolier dans le grand amphithéâtre des Maîtres de céans !
J'avance d'un pas lent, presque hésitant. Des Stars, des Seigneurs du Royaume de l'Ecriture illuminent ce ciel psychédélique : Gallimard ! Hachette ! Grasset ! Bayard !
Tiens ? Dis ? Es-tu encore Chevalier Seigneur Bayard ?
Je m'approche d'une maison qui m'est inconnue. Au moins celle-ci ne m'effraierait pas… immédiatement !
- Pardon ! Euh… !? Vous éditez… !? Je… j'é… j'écris…
- Oui, mais sans vouloir vous dissuader, nous ne prenons que les auteurs étrangers !
- Certes, je peux vous l'écrire en Espagnol ! en Anglais ! en Chinois peut-être ? (Non, humour seulement.)
Et moi qui croyais que j'étais un citoyen Français, preux Chevalier venu au secours de mon prochain dont je suis l'hôte ? Et moi qui m'apprêtais à tendre la main au naufragé du système ?
Vlan ! Descend de tes marches Don Quichotte !
Ne rien faire voir. Ne pas sourciller. Faire face avec le sourire. Retour en arrière sur la bande son et image.
Stand suivant. Je suis placé en son centre ce qui me donne une superbe vision périphérique. De tous cotés sont dressés des présentoirs sur lesquels siègent les dernières floraisons, les extraits de la substantifique moelle génitrice.
Mais bon sang ! Ils sont à l'envers et me tournent tous le dos !? Les voilà qui regardent vers l'extérieur, vers les abords ? Mais que diable leur ai-je fait ? Allez, passons, passons…
Ouf ! Un débat. Un échange culturel sur le devenir du Moyen-Orient ! Intéressant Non ? Ici, je ne le referai pas. Je ne réinventerai rien ! Un débat mené de main de Maître par Antoine Spheir. Les analyses sont fines et pertinentes, avérées et éprouvées. Mais elles sont sages, trop peut-être car elles font sortir de ses gongs un individu que des vents mauvais emportent loin de la scène, faisant longtemps rouler avec lui les tambours de l'incompréhension, le souffle acre et brûlant des jours obscurs.
Gérard Lenormand, Hervé Vilard, les Frères Bogdanoff, Macha Méril, Anna Gavalda, Théo Klein… que des artisans de l'Amour, des Etres très sollicités, des files d'attente, tous avec les mêmes livres, des échanges sympathiques pour une dédicace chaleureuse et mémorable.
- Pardon Madame, Euh… voilà, j'ai effectué un pèlerinage en 2003 et…
- Oui ! Voilà ma carte… écrivez-nous, nous verrons ce que l'on peut faire…
- Bonjour Madame… Non, je n'ai pas écouté votre entretien avec ce Monsieur, je suis assez discret… Ah ? J'aurai dû ? Voilà, je suis K.TO et puis je suis Juif, Musulman…
- Y a la matière. Allez, écrivez nous et on verra…
De la vitesse, de la vitesse. Je ne m'y étais pas préparé. Cinq ans de travail, d'investissement, mise à plat des sentiments, chirurgie de l'esprit et de l'âme patiemment menée, conception, réalisation, finition…
Pffuitt ! C'est le marché du Verbe, celui des grosses cylindrées vocables, des Luxueuses Américaines de la plume ! C'est l'Université des mots achevés, des adjectifs finement ciselés, c'est l'industrie de l'orthographe éprouvée, huilée.
Je savais que j'étais en dehors des sentiers battus. Ca me fait un peu peur et ca me rassure en même temps. Rien ne sera facile dans ce méli-mélo de l'encrier, mais la voie que j'ai choisi pour la voix que je prie ne m'a absolument rien promis, rien qui soit aisé. Marcher ainsi sur des sentiers épineux à souhait me confirme pour l'instant que je n'ai pas dévié et suis sur la bonne route.
16h40. Nous sommes prié d'évacuer dans le calme le Salon du Livre.
L'écrin reste plus que jamais délicat, et les mots qui s'envolent sur les ailes d'un Esprit libre ont la transparence et la fragilité du cristal.
Merci à Anouchka et Guigui pour votre soutien. |
Fraternité-Welcome (02)
Bonsoir,
"J – XXXL ?"
A quand donc le tintement de la cloche et la bousculade pour prendre les meilleures places dans la salle de classe ?
Ne jamais s'impatienter. Rester calme et courtois. Ne pas rentrer dans la précipitation, la compétition. On ne va tout de même pas prendre le départ pour les Jeux Olympiques ? Oh Non ! De ces prochains là, ne nous étendons pas ! Ils nous mèneraient bien plus loin que des considérations bassement économiques où il me semblerait croiser comme une leçon oubliée, retrouver la tête du "Jules" local frappée sur le verso du morceau de métal.
En voyant la scène, Francis nous chanterait :
"Y a même plus de métal dans les poooches des athlèèètes !
C'est le billet vert qui cooouuule là où avant… y avait leur têêête !
Si par hasard vous croisez… un Champion authentiiique…
Demandez-lui
S'il préfère sa Liberté, ou bien celle du friiiic ?"
Oh, Francis ! Tu me donnes la chair de poule !
J'étais seul devant la grille où personne n'attendait. Pour sûr, à l'heure où les cloches dorment… peut-être le gardien ? ou bien la patrouille de Police ? Qui sait… le passage d'un chien… le bruissement furtif d'un oiseau qui glisse ? (j'ai fait des vers, hein ?)
Non, Personne !
Ce soir, je pense à Issa. Cet Ami du lointain Mali. Je pense à toi mon Frère et je voudrais t'écrire quelques mots ! Qu'ils viennent vers toi, te saluent et bénissent ton Nom !
Ton sourire lumineux a tant éclairé nos chemins communs qu'il manque aujourd'hui à mes jours, alors que le timbre "rrrocailleux" de ta voix résonne encore en moi comme le chant joyeux d'un ruisseau. Je n'ai qu'à fermer les yeux et tu es là, tout près.
Nous avons tant partagé dans la plus grande simplicité d'une camaraderie de gosse. Cela n'avait rien à voir avec un galion Espagnol ou la caverne d'Ali Baba, c'était tout autre chose… l'intense plaisir de deux Etres en harmonie. Nos cœurs étaient grand ouverts sur le monde, et le vent qui gonflait nos voiles, soufflait la marche de l'allégresse et de la joie. De la communication permanente de nos cœurs est née sans détour une fusion Fraternelle.
Mais Issa, mon Ami, mon Frère ! Sais-tu encore quel cadeau particulier, rare et précieux tu m'as fait ?
Je vois à tes grands yeux que tu ignores la réponse, alors je vais te la dire.
Au jour béni du mariage de S et H, dans l'effervescence de cet évènement Ô combien heureux ! Au milieu de ma famille et de nos Amis, tu as pris ma main, naturellement, innocemment, tout bonnement à la façon Africaine. Comme celle d'un Frère que l'on tient fièrement devant tous les passants. Parce que c'est comme ca chez toi, de l'autre coté de la Méditerranée, de l'autre coté du miroir. C'est la coutume ancestrale qui lie les Etres chers. Il y avait dans ce geste un présent somptueux. Aucun calcul, aucun tabou. L'innocence suprême de l'âme qui traduit la fluidité des sentiments humains, fraternels. Amitié et Amour. Amitié entre deux Hommes pour s'être trouvé sur la même longueur d'onde. Amour entre deux Etres parce que dans la Gloire du Très Haut. Rien d'autre que l'effervescence de la Lumière dans ce geste. Rien d'autre pour moi qu'une osmose ! de la pureté d'âme et d'esprit ! Tu as pris ma main, et ne l'a pas lâché, longtemps, suffisamment longtemps pour que je la retienne à mon tour, précieusement, gravée dans mon cœur à jamais.
Merci mon Frrrère !
Issa milite contre l'excision, pratique de mutilation… sans aucun adjectif qualificatif.
Il était minuit. Pourtant ! Elle est arrivée à plus de minuit passé. Décalée authentique sur la ronde des aiguilles. Minuit avait été jeté, oublié dans un des tiroirs clic-clac de la grande horloge.
Une petite brunette s'est approchée de la zone des scolaires, celle qui exclue les Parents. Elle m'a lancé :
"Utopique !"
Bonsoir Anouchka.
"Utopique ? Peut-être !? Euh… Non ! Utopique n'est qu'un mot qui fait partie du vocabulaire. Mais vous êtes là ! dans le silence ouaté de ces heures indues. Votre présence déjà a les contours d'un rayon, l'onde hier soir a frémi.
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Fraternité-Welcome (01)
Bonsoir,
Me voilà petit nouveau, timidement équipé de mon cartable, de ma trousse et mes crayons de couleurs. Certes, je n'ai plus de goûter. J'ai laissé cela à mes très chers enfants. C'est pour moi l'heure revenue de la Rentrée ! Bon, d'accord ! Nous sommes en Mars, et alors ? Le Printemps ne va-t-il pas lui aussi faire son entrée dans la danse prochainement ?
Mais ce soir, je suis seul face à moi-même, et à mon écran bien sûr pour cette heure aussi indue qui n'attend plus rien d'autre que des cahiers et des copies endormies auprès d'écoliers rêveurs. Je dois être insomniaque !? Je suis là et j'attends que sonne la cloche ! J'attends de voir se découvrir les traits du visage de notre futur Maître ! Le rouge aux joues, j'attends de reconnaître vos visages... vous et moi, côte à côte sur les mêmes bancs !
Ne croyez pas que je radote ! Je n'ai rien changé à mes habitudes ! Je n'ai pas bougé d'un iota, ou si peu ! Je suis toujours le même ! Je suis moi ! Jeune garçon dans l'âme, timide et attentif. Ma blouse est bleue, mon pull est en acrylique, je porte un pantalon de velours, je suis chaussé de clarks, le cartable serré sous le bras. Maman m'a mis un paquet de mouchoir dans la poche puis m'a embrassé tendrement. Je vous attends pour les cours... et la récré. Je vous attends pour les devoirs et les heures de colle. Je vous espère pour l'espace et le monde qui s'ouvre à nous.
J'ai tant de choses à vous dire qu'il me faudra mettre de l'ordre dans mes idées, mais nous commencerons si vous le voulez bien par quelque chose de simple. Euh... simple ? Et bien... pas vraiment, pas tant que ca tout de même.
J'ai à vous parler, à vous dire, à vous chuchoter mes espoirs et mes prières. Autant que vous le sachiez tout de suite... je suis K.TO ! Rien d'une grenouille de bénitier, Non ! Monsieur le Curé ne me connait plus, ne me connait pas, du moins pas encore !
L'Eglise ? Il y a longtemps que je l'ai abandonné... mais aujourd'hui je reviens vers Elle, j'ai à nouveau poussé sa porte. Oh, non pas que je la juge comme l'unique accès au Royaume du Père !? Non ! Finalement, Non !
Et toutes ces Mosquées ? Et toutes ces Synagogues ? Ces Temples ? Ces lieux de Prière ? Ces stèles ? Ces petits tas de pierres ? Ces cendres ? Ces lieux oubliés ? Ces Etres qui disent ne croire en rien, mais dont nous ne pouvons nous passer tellement nous les aimons pour ce qu'ils ont de formidable ?
K.TO vous ai-je dit ? Oui, c'est vrai, et j'en suis fier ! Mais, faut-il que je vous dise ? Je ne suis pas que ca ! Je suis Juif, Musulman, Bouddhiste, Tibétain exproprié, Irlandais de Belfast où j'habite des deux cotés de la cité. Je suis Tootsie ou bien Hutu ! Je suis de Bangkok, des favélas de Rio, des rues crasseuses du Caire... J'ai voyagé entre toutes les rives et tous les continents. J'ai côtoyé la misère humaine et approché la misère de l'âme. A fréquenté ce genre d'état, on y risque quelques parcelles de soi-même.
Je crois en une seule Humanité, en une Unité Fraternelle, indissociable et inaltérable ! Je crois en l'Etre Humain ! En ses forces et ses vertus ! Je crois en mon Frère... cependant il reste tant à faire !
De quoi devais-je vous parler alors ?
Ah Oui ! Il y a de cela bientôt cinq ans, en Août 2003, Eté Ô combien tragique pour sa canicule ! j'ai participé à un pèlerinage cycliste entre Paris et Lourdes. Jusque là rien de bien extraordinaire ! Nous étions dix-huit au total : dix-sept grands garçons et une seule, mais grande fille ! Toujours rien de bien particulier me dites-vous !
Nous étions des Français, des Ukrainiens, des Biélorusses, des Maliens, Yougoslaves, Arméniens, Vietnamiens, Moldaves. C'est mieux ? Oui, un peu… bon !?
Nous étions des Catholiques, des Orthodoxes, des Musulmans. Ca commence à prendre forme ? Oui, peut-être ?
Nous avions de dix-sept à quarante-cinq ans, sans papier, avec papier, sans monnaie, avec monnaie, sans Jésus, avec Marie ! Sans bidon, avec bidon, sans conviction, avec conviction… Nous étions tous différents ! Nous n'avions quasiment rien de commun dans nos cartes génétiques. Hep !? Surtout pas de prélèvement s'il vous plaît !
Pourtant, j'ai découvert des sourires, des Etres merveilleux, des Humains fait de chair et d'os… comme moi ! J'ai découvert ces facettes cachées à mes yeux qui croient tout voir, mais qui restent aveugles en bien des points. J'ai dû faire appel à ceux du cœur, recourir à leur scanner, les ouvrir en grand pour mieux m'imprégner de cette Lumière Divine.
Douze jours d'un immense Bonheur et d'un embrasement total. Douze jours et douze nuits. Douze vies !
Alors ? Parce que comme vous j'aime l'écriture, mais surtout par Amour pour eux, je me suis épanché un peu… Oh ! pas trop ! juste 400 pages et quelques lignes plus tard…
Au commencement mon projet était vague, mais il a finit par jaillir in vitro ! Aujourd'hui, avec ce travail accompli, ce plaisir de chaque instant, mon plus grand bonheur sera de réussir à publier d'une manière ou d'une autre ce manuscrit ainsi réalisé, afin que l'association toujours Catholique, mais à but non lucratif de "La Pierre Blanche", puisse faire bénéficier sa structure et ses protégés de l'intégralité des écots que le lecteur voudra bien consentir à verser pour un bout de Fraternité, juste un extrait, un effleurement, juste une ombre…
Voilà brièvement le décor présenté. Je vous quitte pour ce soir. En fonction de vos manifestations d'intérêt à ce qui pourrait suivre, je mettrais en ligne sur ce blog en forme de sonde, un premier extrait de ce manuscrit… et s'il plaît à D que cela vous sied, alors l'espoir nous, leur sera permis.
Vous trouverez mon e.mail dans mon "Profil"
Merci et bonne continuation à Toutes et Tous.
Fraternellement,
Didier. |
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