 Avant, la vie me paraissait longue, si longue que j’ai même tenté de l’abréger.
Avant, la vie me paraissait facile puisque je ne me posais pas beaucoup de questions. En fait je ne me posais pas les bonnes questions. L’essentiel résidait dans mon nombril.
Avant je travaillais pour gagner ma vie et finalement je l’ai perdue.
Avant je faisais partie des moutons qui se lèvent à la même heure, mangent la même merde du jour, lisent les mêmes journaux, pensent en chœur et consomment tout ce qu’on leur propose en restant convaincus malgré tout qu’ils font des choix et qu’ils sont indépendants.
Avant je pensais que si je ne pensais pas comme les autres, la société m’exclurait automatiquement, par une sorte de sélection naturelle.
Enfin, avant j’étais malheureux dans mon bonheur tant recherché, aveuglé par tout ce que je ne voulais pas voir.
Mais les choses ont changé.
Tous les changements sont-ils salutaires? Je n'en sais rien. Ma seule certitude est qu’il y a un avant et un après. Oh, pas comme sur ces photos de chirurgie esthétique où la dame est grosse, moche, l’air triste, photographiée avec un flash qui fait tout ressortir avant, et belle, mince, bien maquillée et souriante après, tout cela sous un angle des plus avantageux. Non, non pas comme ça ! "L’avant-après" dont je parle c’est celui des motions intérieures qui bouleversent votre façon de vous voir et de voir le monde. Une sorte d'éclairage spirituel, même si ce mot à la mode perd sa signification.
Voilà donc. Maintenant c’est après.
(à suivre)
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