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Portraits

Il sent la cannelle, le gingembre, la muscade et le clou de girofle. Je le sais car: je viens de cuisiner là, et justement avec ces quatre épices. Et le mélange de ces quatre épices donnent son odeur. Lui. Le mélange, parfaitement dosé et tellement inattendu. Le mélange le donne lui, exactement. Douce surprise de l'odeur qui m'a pris. Et plongée dans le souvenir de lui. Souvenir récent et dévorant. Des journées passées dans son appartement. Journées passées à cuisiner (lui) et à faire l'amour (lui et moi). 
La veille, dans ce salon de thé. Il m'a dit qu'il tombait amoureux. C'est lui qui cherchait mes bras. Ma chaleur. Je lui ai demandé de qui, boudeuse. Il m'a répondu "À ton avis, de qui ? Idiote"
Souvenirs d'hier.
Hier encore. Lui et moi. À l'expo Gainsbourg de la Villette.  Tellement excités qu'on a du faire l'amour dans les toilettes. Haletants. Et dans l'urgence. Il a ensuite dit qu'on était fou. (J'ai pensé qu'avec l'autre d'avant moi, il n'avait pas cette folie). J'ai dit "Maintenant que la tension sexuelle est retombée, on peut aller voir l'expo tranquillement ?"
Et c'est là que je nous ai vu. Dans la lumière sombre. Dans les centaines de photos, de Gainsbourg et de ses muses. Serge et Bamboo. Serge et Brigitte. Serge et Jane. Puis France. Et Vanessa.  Toutes des filles divinement plus jeunes. Scandaleusement.  On a joué. J'ai joué à être belle dans ma nouvelle robe de soie bleue. Lui et son appareil photo. Moi et mes fantasmes. Saupoudrés  de Lemon Incest. Je posais et je riais. Tout les deux. Serge et Jane. Bonnie and Clyde. Terriblement provocateurs. On était magnétiques. 
J'ai pensé à quel couple on ferait. Magnétiques, on attirait tout les regards. On était un couple envoûtant. Parmis toutes ces photos. Parmis toutes ces filles divinement plus jeunes que leur amant. Et la tristesse m'a caressé la gorge. La tristesse de savoir "Ils nous prennent pour un couple. On n'est pas un couple". Et pourtant. C'était saisissant. Nous, saisissants. C'est là que je nous ai vu. Quel couple on formerait. Partout, dans toutes les photos. J'ai vu notre portrait. 
Puis elle a appelé. L'autre. La fille transparente qui n'aurait pas sa place ici. Dans aucune des photos. Ni dans aucune des paroles des chansons. (Ni dans les toilettes). Elle a appelé exactement quand nous étions devant les paroles de Je t'aime moi non plus. La chanson qu'on se chante tout le temps. Qui nous fait rire. Je l'ai enlacé. Je me suis entortillé autour de lui. Il m'a souris. Puis caressé. Embrassé. Elle au téléphone. 
Magnétiques. 
Et soudain, sur son visage, la lumière rouge. Sur son visage. Venue de nulle part. Et, l'attirance pour lui. L'attirance foudroyante.
:: note publiée par Annabalina :: dans Le photographe :: le samedi 7 février 2009 à 12:30 ::
:: Portraits ::
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:: commentaires : 1 :: écrire un commentaire ::


Commentaire sans titre

commentaire du jeudi 2 juillet 2009 à 15:59 :: ThierrydeCabarrus

Vous écrivez très bien, moderne, vif, précis, on est avec vous; dommage pour l'orthographe, un peu de relecture, accord de participes passés, ce serait encore mieux.Je sais, c'est ringard mais cela améliorerait encore la fluidité.
TC





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