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Hier, dans le train. De retour de Paris. Où je ne l'ai pas vu. Où je n'ai pas couru jusque chez lui. Essoufflée, à bout de souffle dans les métros. Pour quelques instant en sa compagnie.
Lui. Enfoiré. Et de ça je suis fière. Dans le train, je suis assez fière de moi. Même si c'est cruel. De ne pas le voir. De ne pas l'avoir vu. Alors je suis aussi: triste et frustrée. Qu'il ait un peu perdu à mes yeux. Parce-qu'il a été trop prévisible. ( A cause d'elle). Triste de ne plus sentir la passion provocante. Provocante, celle qui provoque tout mes actes. Mes courses folles et essoufflées dans le métro. Qui n'attendent qu'une chose; le respirer lui. Mon oxygène. Triste de devoir en arriver là. De ne pas répondre à ses appels. À ses demandes. Comme un acte ultime et désespéré. Pour qu'il se rende compte. Pour qu'il choisisse. (Elle ou moi). Quelle banalité, affligeante. Ce choix qui devait arriver. Mais je ne le prévoyais pas. Car c'était trop lisse, ça. Trop connu. tant de fois revu. Et pourtant... C'est éteint en moi. Caché quelque part. Juste envie d'être aimée. Et désirée. Exclusivement, finalement. Dans le train et après, petite nausée désagréable du désamour. De la perte de quelque-chose. Qui semblait sacré. Lui, il gâche tout, et à chaque fois. À cause d'elle. Insupportable avec ses grands yeux innocents qui masquent la pire bassesse. La plus infecte hypocrisie. Il gâche tout, et à chaque fois. Aussi par son narcissisme. Son besoin, qui est le même que le mien! Etre sur d'être aimé entièrement. Et tel qu'il est. Elle lui accorde cet amour là. L'enfoiré. Lui. Il m'a fait jouir. Et crier. Beaucoup crier. C'est comme ça avec lui. la surprise du plaisir qui m'envahit. Par vagues tristes. Folles. Le filet de sueur qui coule, de sa tempe au creux de sa joue. Que je lèche. Sa bouche, vue comme ça, d'en dessous. Provoque le désir. Celui que j'attends. Que j'avais toujours attendu. Toujours plus profond. Le simple souvenir réveille le désir. C'est presque tragique. Cette nausée. Parce-que j'ai décidé de ne pas le voir. Mais rien. Il se comporte mal. Pas comme je voudrais. Il se comporte comme il serait convenu. S'il était convenu.. En me taisant. En ne répondant pas. En n'y allant pas, je veux qu'il avoue. Qu'il s'avoue! Hier, dans le train. Retour de Paris où je ne l'ai pas vu. Je lis. Avide. De ne rien perdre. De ne pas manquer une perle littéraire. Un choc lié à l'écriture. Une tournure. Une phrase. Une image. Forte et qui va me paralyser. Une qui va me faire envie. Jalouser. Une qui fait penser "J'aurais voulu écrire ça!" "J'aurais du, moi, écrire ça!" Qui va me faire espérer. Et comprendre que je ne suis rien.
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