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Copieuse!!!!

La stratégie de la fille aux yeux tristes

Les bars s'alternent. Et les cafés. Avec les jours.
La pause du couple ébréché par moi s'étire. Elle semble plus profonde chaque fois. Le couple ébréché par moi. Celui que je voudrais démoli .La pause, ce terme. Ce mot là, tant prisé des couples qui ne font plus l'amour. Qui même ne baisent plus.
La fille, je l'ai remplacé dans le lit. Elle, il ne la touche plus. Depuis moi, déjà, il ne la touchais plus. L'absence de désir entre eux voulue par moi. C'est mon triomphe. Celui que je garde secret. C'est mon triomphe et même moi ne le sais pas. Ne veux pas le savoir.
Il n'y a pas une semaine, le photographe et moi, on était dans le lit. Dans son lit. Le lit où je l'ai remplacé. Ici au moins je suis sure que je l'ai détrôné. Et elle l'a appelé. Dans le téléphone, sa voix blessé a prononcé mon nom. A demandé si il était avec moi. Triste. Victime. Il a dit que oui. On était dans le lit.   Le lit dont les draps gardent fort nos ébats. Les draps inchangés depuis moi, qui gardent fort nos ébats. Absurdes. Et trop bruyants. Trop passionnés pour ne pas être menaçants. Trop passionnés et pour cela même menaçants.  Car j'ai peur qu'ils ne s'abîment vite. La peur réelle de ce qui se dit sur la passion. Qu'elle s'abîme vite. Parfois. Une seconde ou plus, l'angoisse se profile. L'angoisse malveillante et brutale. L'angoisse de la lassitude. Celle qui viendrait de lui. Celle qui ferait de moi un caprice. Ce caprice redouté. 
Mais les jours s'alternent. Et avec eux les cafés, les bars. Et le lit. 
Aujourd'hui le rendez-vous est devant la fontaine. Il m'attend déjà. Et le baiser est froid. Indéterminé. (Parasité). J'ai beau lui dire. Lui demander. Il me répond que rien. Qu'il n'y a rien. Mais je sais bien. L'angoisse, encore. L'angoisse me possède. Assis. Un café de plus. Une nouvelle vue sur Paris, derrière une nouvelle vitre. Puis il le dit. L'annonce;  "C'est fini avec elle". Elle l'a trompé. Elle a fait l'amour avec un autre. Elle voit un autre. Plusieurs fois elle a fait l'amour avec l'autre. Les nuits où elle n'était pas à l'appartement, parce-qu'elle est partie. Parce-qu'il a voulu qu'elle parte. Les nuits elle les passaient chez son amie. La seule amie qu'elle ait à Paris. Puis, quelques fois, elle les a passés chez cet autre. Le baiser froid et préoccupé, c'était ça. Cette nouvelle. Comme une menace de plus sur cet amour que je veux. Et que je sais très fragile. Soumis à des règles qui le dépasse. Des règles chancelantes. Et traîtres. 
Car: le tromper, c'est l'acte ultime pour le reconquérir.
La traîtresse aux yeux tristes, je l'avais sous-estimé. Pour la première fois, je sens une adversaire. Elle n'est plus la victime. Triste. Elle a une stratégie. Elle accepte tout. Se comporte comme lui. Pour qu'il lui revienne. Pour qu'il renonce à moi. Pour que dans cette douleur là, il prenne conscience qu'il l'aime. Finalement. 
Je lui dit ça. Que si elle l'a fait, cette chose, c'est par amour. Parce-qu'elle l'aime. Je lui dit. Car je sais ce qui va arriver. Je lui dit qu'il va se rendre compte qu'il l'aime. De cette façon là. Sournoise à mon égard. Que soudain, il ne va plus vouloir la perdre. Parce-qu'il aura pris conscience. Je lui dit que c'est ce qu'elle veut. Que dans cette douleur, il se rende compte qu'il l'aime. Tant de fois je prononce le mot amour. Jusqu'à lui dire que si il le veut, je disparaît. Pour qu'il retourne avec elle. Comme avant moi. (Parce-que c'est ce qu'elle veut).
Il dit que non. Qu'elle ne l'aime plus. Il dit: "c'est fini avec elle". Il clos la conversation comme il l'avait commencé. "C'est fini avec elle"
Mais mon angoisse résiste. Moi;  "je vais souffrir ?" Lui "non". Moi "est-ce que je vais te perdre ?" Lui "non je ne crois pas". Moi "est-ce que finalement tu vas te rendre compte que tu l'aime, et me quitter. Parce-que tu ne veux pas la perdre?" Lui "ce ne sera pas le cas".
Mais mon angoisse... Après il me dit, avec son sourire, que dans mes cils, j'ai comme des larmes cristalisées. (Lancôme, 26 euros). Voilà, on en est là.





:: note publiée par Annabalina :: dans Le photographe :: le mercredi 14 janvier 2009 à 15:26 ::
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