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Alors on en était là.
Lui. Qui attendait de me revoir. Moi. Qui attendait de pardonner. Rendez-vous donné par téléphone. Je me fait désirer. Tandis qu'il est déjà dans le café. Du rendez-vous. Celui que j'ai choisi moi. Dans le quartier voulu par moi. Nord de Paris. Ici, je m'y trouve toujours belle. Enfin désirable. Irrésistible. J'aime ça. Voir dans le regard des hommes. Vraiment n'importe lesquels. Voir que je suis désirable. Qu'ils voudraient bien me toucher. Marcher. Sure. Et ne pas supporter d'être invisible. Transparente. Comme j'aime penser que la fille aux yeux tristes est. ( Celle qui sait déjà tout). Au fond je suis sale. Je suis une fille sale. Mais personne ne le voit. Dans les regards, ce n'est pas de la lubricité. Trop de savoir faire. De "paraître". Je pense (de moi) : "tant de classe qui abrite tant de crasse." Et voir aussi, dans le regard des filles, la jalousie. Alors on en était là. Surtout quand j'arrive, je doit regarder ce qu'il boit... Derrière la vitre du café, il est là. Et le désir revient. Dégèle. Il est, lui, devant une tasse de thé. Il lit. M'a vu en premier. Quand je passais comme une fille qui est belle. Après tout ce qui était arrivé, j'avais oublié, un peu, la beauté. Provocante. Pas franche. Pas immédiate. Ce n'est pas la beauté immédiate. Pas de celle que l'on remarque en jetant un oeil. Pas comme une tache colorée sur le tissu blanc. Provocante! Pas de celle que, c'est vrai, les gens remarquent quand ils jettent un oeil. Sauf moi. Moi, je l'avais vu immédiatement. (Quand je passais dans la rue où il travaillait. Pour voir dans son regard à lui ce que je voyais dans le regard des autres hommes). Tout de suite. Elle m'avait atteint. Et là. Derrière la vitre du café. Elle m'atteint encore. Au début, silence crispé. Le silence qu'il faut vite rompre. Tordre. Passer à autre chose. Qu'il faut vite sauter comme un obstacle. On se débrouille très bien. Puis je lui demande: les excuses, les démonstrations de repentir... je lui fait comprendre que je veux un rachat. À genoux. Tellement scénique que je le fais mettre à genoux. Le temps que je veux. Que je compte. M'assurant que tout le monde, dans le café, assiste à sa bassesse. Il semble touché et amusé. S'excuse. Oui, je lui plaît. Il se sent mal pour ce qu'il m'a fait vivre. La nuit de la semaine passée. Moi je lui dit que ça m'a inspiré. Je voulais me taire. Ne pas me rendre si vite. Mais. Je lui confie ( comme la preuve d'amour la plus manifeste) que c'est depuis lui que je peux écrire à nouveau. Me entrego. Je me donne un peu en le lui révélant. Mais je perds tout. Face à lui. je perds toute la dignité froide dont je voulais me parer. Puis, la fille appelle. Il lui dit qu'il est avec moi. Car il lui a tout avoué. À celle qui savait déjà tout. Elle n'est plus dans l'appartement. Partie. Pour une pause (ce terme utile dans le vocabulaire conjugal des couples qui ne s'aiment plus ). Plus ?? Je sens le trouble. Le manque de clarté. Une pause ? Il m'avait dit, pourtant, qu'il ne l'aimait pas. Que cela allait se terminer. Il esquive mes remarques. Habilement. Je décide de fermer les yeux et de le croire. Car je suis irrésistible!!! Et, dois-je vous le préciser, pleine de doute... C'est moi qu'il va choisir. La fille transparente, je la veux déjà loin et sentant le souffre. Et malgré le trouble, celui que je sens, je demande: le rachat.
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