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:: Alain Bashung, BLEU PETROLE < L'IMPRUDENCE < FANTAISIE MILITAIRE (entretien) :: par Isabelle Rabineau :: mardi 15 avril 2008 ::
Bashung remix

Beaucoup de géographies personnelles, intérieures, traversent les chansons.


A l'occasion de la sortie du nouveau disque d'Alain Bashung, Bleu pétrole, le blog topolivres vous offre la lecture d'un entretien peu diffusé, paru en décembre 2003 dans le numéro 1 du magazine topo livres, entretien explicitement centré sur la littérature.

topolivres : Avez-vous des livres fétiches ?
Alain Bashung : Je lis des poèmes ou des essais pas seulement pour ce qu'ils racontent sur le fonctionnement de l'esprit ou pour l'aspect humain, je m'intéresse surtout aux formes. Je cherchais des auteurs contemporains, j'ai lu Jean Tardieu. J'en ai lu bien sûr beaucoup d'autres mais je ne leur trouvais pas une structure tellement frappante. J'y découvrais souvent quantité d'orages et puis la mer, le vent et les feuilles... tous ces éléments qui parsèment la poésie et que je fuis. D'autres étaient carrément plus déchirés, surtout ceux qui faisaient des tentatives contemporaines. C'était violent, je ne suis pas sûr d'en avoir forcément retenu quelque chose. Je me souviens pourtant très exactement de ce poète français immobilisé sur son fauteuil d'hôpital, Joë Bousquet. Il racontait sa situation, évoquait son inertie et son esprit vagabond. A cette époque, je n'étais pas moi-même extrêmement bien dans ma peau.

t. : Lorsque vous évoquez votre enfance alsacienne, vous dites avoir beaucoup écouté la radio allemande. Cela a-t-il déclenché chez vous un goût particulier pour la littérature germanique ?
A.B : Je me souviens très bien des villes qui défilaient lorsque je cherchais les stations sur les gros postes de radio, les noms apparaissaient, lumineux, il y avait Baden-Baden, Stuttgart. A l'école, les professeurs nous enseignaient d'abord la littérature française, on évoquait par-ci par-là le romantisme allemand. Nous connaissions par coeur les fables alsaciennes, pleines de sorcières machiavéliques, de diables dessinés, avec toutes sortes de personnages qui circulaient du côté de la Forêt-Noire. Nous possédions des almanachs qui racontaient ce qu'il fallait planter à telle lune au mois de mars, l'ensemble était assorti d'une morale. J'ai plutôt eu accès à la musique par l'intermédiaire de ma grand-mère qui ne parlait pas le français et écoutait les stations allemandes. Moi, je captais tout, de Johann Strauss à Kurt Weill, et puis les chanteurs à la mode, plus ou moins prestigieux, comme Katarina Valente, les soeurs Kessler, Peter Krauss...

t. : Dans vos disques, il y a toujours un air, une chanson, une diction particulière qui évoque la langue allemande.
A.B : Ça ne disparaît pas comme cela bien sûr, cette langue, son phrasé, ses sonorités, c'est une autre sensibilité, et c'est aussi ce mouvement en forme de boucle qui fait qu'on revient toujours vers soi. Avec Rodolphe Burger, nous avons récité, dans une petite église, le "Cantique des cantiques". J'ai aussi chanté "Samuel Hall", la chanson d'Olivier Cadiot et Rodolphe Burger qui figure dans l'album Fantaisie militaire. Les paroles disent "Allez au diable... Je vous déteste tous". D'un seul coup, je me suis souvenu de l'époque où j'étais enfant de choeur en Alsace, c'était impensable alors de m'imaginer prononcer de telles phrases. Il ne s'agissait pas d'irrespect, c'était autre chose, les gens jubilaient, le sentiment était celui de la communion, avec la tension exacte d'un courant électrique. De même, lorsque je suis remonté de Los Angeles à Carmel en passant par Big Sur, je me suis aperçu que le paysage était jurassien, en tout cas cela y ressemblait beaucoup, il y avait des sapins avec un ciel assez bas. Juste après ce voyage, je suis retourné à Sainte-Marie-aux-Mines, en Alsace - il y avait eu entre-temps le film de David Lynch, Twin Peaks -, je me suis dit : "Sainte-Marie-aux-Mines, c'est Twin Peaks !". On n'est jamais tout à fait éloigné de son enfance. On réalise un mouvement en boucle, même si on pense avancer droit devant soi. On est tous sollicités par des images toutes faites qui entrent directement dans nos rêves et racontent un imaginaire défini, fabriqué, exactement comme dans les jeux vidéos. Moi, je dispose de sons et de textes. A chaque fois, pour réaliser les images, les photos des CD ou les vidéos, il faut trouver une idée particulière de traitement, un mouvement précis. Jean-Baptiste Mondino, avec lequel j'ai travaillé depuis le début, comprend en dix minutes comment et quoi faire par rapport à ces deux données. Cette histoire d'image a pas mal influencé pour moi le fait de rentrer en littérature. Parfois, c'est un dégoût de l'image qui permettait d'y revenir. Il me fallait rester curieux, pour voir d'où ça venait.

t. : Dans les années 70 vous découvrez le texte de Robert Sheckley, La Dimension des miracles.
A.B : Avec Boris Bergman, on s'était retrouvés dans un film d'Arrabal, Le Cimetière des voitures. L'histoire se déroulait après l'Apocalypse, une communauté de gens se réorganisait, on tournait dans un studio énorme avec deux cents voitures rouillées entassées les unes sur les autres. Nous portions des haillons que nous fabriquions et nos dialogues étaient bibliques, du genre "Heureux les simples d'esprit...". C'était la première fois que j'apparaissais devant une caméra, je jouais une sorte de Jésus qui répondait au nom d'Emanou dans le film. On me crucifiait et je faisais des miracles, j'avais trente-trois ans, justement. Je me demandais "Est-ce véritablement une bonne chose ce qui m'arrive là ?". Robert Sheckley est l'auteur de La Dimension des miracles, qui est un bouquin insensé, je n'avais jamais lu une chose pareille auparavant. C'est un ami qui m'a guidé, il m'a fait lire rapidement les très bons auteurs de S.F. comme Asimov. Le livre de Sheckley racontait avec minutie une autre dimension. C'était aussi drôle que les Monty Python, sérieux et barjo, je me souviens que j'éclatais de rire tout seul dans le train en le lisant. A l'époque, en Californie, des savants, des chercheurs, des biologistes essayaient des pilules, ils étaient leurs propres cobayes. Ils testaient vraisemblablement les amphétamines et ces cocktails donnaient un fond de véracité à leurs récits, ils utilisaient une grammaire particulière où tout était raconté à la manière d'un savant qui rédige une thèse. Nous croyions alors absolument ce qu'ils racontaient. Pendant dix ans, j'ai dévoré des bouquins de science-fiction.

t. : Dévoré... c'est-à-dire ?
A.B : Je relisais trois ou quatre fois la même chose pour ne rien perdre, pour savourer la moindre virgule. Aujourd'hui, quantité de films sont réalisés d'après des univers de science-fiction ; parfois ils valent à peine en intensité l'équivalent d'une page de ce que j'ai pu lire. Certains se rapprochent de ce que j'imaginais à l'époque, c'est le cas de Blade Runner. Tous ces univers parallèles sont extrêmement difficiles à incarner au cinéma. Pour moi, Star Wars, c'est d'abord une compilation de ces textes. A sa sortie, c'était un événement, mais c'est avant tout un digest de nouvelles extraordinaires. Il y avait aussi cette série américaine talentueuse et très imaginative, La Quatrième dimension. D'un seul coup, apparaissait dans la vie quotidienne un élément à peine décalé et tout devenait crédible, ça pouvait démarrer dans une ville de province aux Etats-Unis et pas forcément avec une soucoupe volante. Tous les cinéastes contemporains ont dévoré ces livres, c'est une culture dont je retrouve des bribes partout. Aujourd'hui les auteurs de S.F. sont reconnus, à l'époque c'était une sous-littérature : Philip K. Dick est désormais absolument lu comme le grand écrivain qu'il est.

t. : Vous lui rendez directement hommage dans la chanson "Etrange été" où son patronyme, K. Dick, est répété en refrain et devient d'une certaine manière un "ça claudique" angoissant.
A.B : Il fait partie de ceux qui ont beaucoup compté pour moi. Je lisais sa biographie et je me demandais comment il avait survécu. Je crois qu'il a fini un peu fou, avec tout ce qu'il a avalé comme drogues. C'était avant Woodstock, un temps où les substances illicites circulaient beaucoup.

t. : Il y a une longue tradition de ce point de vue chez les écrivains, certains dandys du XIXème siècle ont fréquenté de manière régulière leur pipe à opium, plus tard Henri Michaux a publié ses poésies écrites sous mescaline.
A.B : Il y avait aussi Malraux et sa gestuelle saccadée. On avait du mal à comprendre tout ce qu'il disait, il essayait d'accentuer sur la dernière syllabe, on ne comprenait pas le reste, mais ça faisait très chic, ce n'était pas le drogué qui se roule par terre dans le caniveau, c'était l'élite... Il était sincère, lorsqu'il disait aux responsables du ministère de la Culture "Faites de la place au culturel, sans l'aspect péjoratif de ce mot". Il faut se rendre compte que c'est la chose la plus importante, avant même la politique. Ce n'était pas seulement la connaissance mais le fait de dire aux gens : "Vous avez un outil magnifique, servez-vous de cet outil, c'est l'imaginaire". La vie est faite de telle manière que tout va aller très vite. Autant envisager l'inattendu, anticiper et développer ses capacités imaginatives, c'est un apprentissage. J'ai vu, dans les livres de science-fiction, les individus se transformer à une vitesse incroyable. Ces oeuvres montraient des hypothèses de société future qui racontaient ce qui nous arrive aujourd'hui.

t. : Orwell ?
A.B : Oui, mais aussi tout ce qui a à voir avec l'intox, la pub, les médias.

t. : C'est la leçon d'auteurs américains comme Bret Easton Ellis ou de jeunes écrivains russes comme Viktor Pelevine ?
A.B : Tous ces auteurs, cette génération encore plus que les autres, a rendu un sacré service en écrivant en substance : "Essayez d'être à l'affût, parce que l'avenir ne va pas être seulement incertain, il va être beaucoup plus compliqué pour les mentalités". J'ai remarqué pour ma part que ce sont les paradoxes qui affolent le plus fortement les gens. Ils se mettent à flipper, et c'est le bogue général.

t. : Et William Burroughs, avec ses cut up, on ne peut pas ne pas imaginer que ses romans vous ont, à un moment, influencé ?
A.B : C'est comme pour Jack Kerouac, je l'ai sans doute lu, mais j'ai surtout entendu des choses, j'ai vu des films issus de cette culture et j'ai imaginé encore mieux qui il était et pourquoi il écrivait. Peut-être qu'un jour j'y reviendrai, ces livres sont des Bibles aussi. Ils portent en eux toute la culture qu'ils ont générée. Puis est arrivé Dylan, vous voyez qui je veux dire, ce Bob qui faisait d'un seul coup le lien entre la littérature, la vie et la musique... Les albums s'approchaient très près de la littérature, John Cale par exemple, un de ses disques pouvait être un poème ou un roman. C'était vraiment la grande époque des concepts, toutes les semaines arrivaient des ovnis, on n'avait jamais entendu ça auparavant. Bien sûr, il ne s'agit pas de remplacer l'expérience de la lecture, mais cela faisait appel à des passerelles similaires, c'était une introduction souple à la complexité des choses. C'était moins évident qu'une chanson populaire normale, on voyait des zones d'ombre. Après la vague rock'n'roll sur trois accords, il y a eu Gene Vincent, Eddie Cochran qui se disaient tous "Voilà une matière formidable, on pourrait peut-être la rendre plus formidable, la dézinguer", et il s'agissait bien souvent de gens qui aimaient aussi la peinture, la littérature, la musique classique. Il ne s'agissait pas forcément de fans de rock, ils puisaient aussi leurs sources ailleurs comme Berlin, l'album de Lou Reed, qui jouait avec l'esthétique de la décadence des années 30 en Allemagne. Ce sont des gens qui n'ont jamais été décadents pourtant, ce que je comprenais très bien. Ils pouvaient parler de quelque chose qu'ils n'avaient jamais vu de près. Et c'est un modèle que je pratique aussi, c'est très positif. C'est comme vivre à Paris et ne pas pouvoir écrire concrètement sur Paris. Il faut pouvoir s'éloigner. Par ailleurs, c'était assez nouveau cette idée qu'un art essaie d'en prolonger un autre, ou l'utilise pour le rendre plus populaire. Lorsque j'apprenais Shakespeare à l'école, on nous expliquait que c'était austère, du sérieux, que c'était un grand auteur respectable et juste après je voyais au cinéma le Falstaff de Welles. D'une part c'était très lisible, d'autre part c'était passionnant. Ou encore, je voyais puis je lisais Le Procès de Kafka, incarné à l'écran par le même Orson. Ça complétait mes intuitions. La lecture de Kafka m'a surpris : j'y ai trouvé beaucoup de plaisir et de force, je me suis dit : "Nous ne sommes pas loin d'un philosophe grec qui raconte de manière singulière les mécanismes d'une société, ses arcanes psychologiques".

t. : La volonté de servitude dans "La Colonie pénitentiaire", par exemple ?
A.B : Oui. C'était comme une base pour connaître la vie. Pour moi ce n'était pas du tout une vision paranoïaque, mais une réalité froide, exacte ; sans doute s'agit-il d'une base un peu abrupte, mais c'est comme ça. C'était raconté de telle manière que c'était quotidien, ce n'était pas un discours théorique. A l'époque, les arts s'enchevêtraient. Il y avait encore des cinémas d'art et d'essai, ce n'était pas trop cher, alors j'y allais une fois tous les mois à peu près. Je me souviens très précisément de chaque plan des films. Je n'avais pas la télévision, les images que je voyais imprimaient très fort.

t. : Vous êtes passé du non-sens, à une poésie vertigineuse. Le texte est travaillé autant que le son avec une distorsion dans le placement et parfois la prononciation. Vous vous saisissez intuitivement des fantasmes et des symboles, on écoute vos disques sans comprendre exactement par quel biais ils "portent" directement à l'imaginaire et au cerveau. C'est au sens propre supersonique...
A.B : Ces travaux, je les réalise souvent avec des collaborateurs différents. Je pars d'un sentiment, d'une sensation, d'un mot, d'une image qui me sort par les yeux ou par les oreilles. Par exemple un événement d'ordre dictatorial qui m'insupporte. On se dit parfois que les mots sont réalistes, or la réalité, je ne crois pas que quelqu'un puisse m'expliquer un jour ce que c'est. Je savais que ce que je voulais raconter était assez compliqué à expliquer, et par ailleurs je ne voulais pas l'expliquer, j'ai donc abandonné l'idée du commentaire... Et comme la chanson, par essence, ça passe assez vite, surtout si c'est un rythme rapide, que l'on doit saisir au vol, je compte alors sur la juxtaposition des mots. Ça donne bien sûr plusieurs sens à la chanson, on peut comprendre l'essentiel en associant deux mots. Je compte sur l'aspect insidieux, mais pas diabolique pour autant...

t. : Un mouvement reptilien qui passe par l'inconscient ?
A.B : Oui, surtout pour ne pas fatiguer trop vite. Quand on dit quelque chose de clair... ça peut ne pas en avoir l'air. Quand j'étais gamin, à chaque fois que je disais la vérité, on ne me croyait pas, et à chaque fois que je racontais une connerie, ça passait. Pourquoi ?

t. : Le mensonge mène à "La nuit je mens", chanson que l'on a le sentiment d'avoir déjà entendue alors même qu'on l'écoute pour la première fois. C'est une allusion directe au Silence de la mer, le livre de Vercors qui raconte un huis clos autour de l'occupation ; ce texte a été rédigé pendant la seconde guerre mondiale. Un français né dans les années 70 reconnaît encore dans le signifiant "Vercors" l'énoncé du maquis, des résistants.
A.B : C'est une conversation entre un officier allemand et une jeune femme, il y a aussi un homme qui habite là depuis toujours. Sa maison est réquisitionnée. L'officier essaie de leur expliquer que les Allemands ne sont pas totalement méchants. Le vieil homme ne parlait quasiment pas ; c'était un grand-père, qui peut-être avait fait la guerre de 14, qu'il n'avait toujours pas digérée, mais la fille voyait les choses différemment, elle était à deux doigts d'aller vers les Allemands.

t. : Le Silence de la mer était paru aux éditions de Minuit clandestines... La chanson est construite sur une ellipse, à partir du souvenir du Silence de la mer. Elle dit "La nuit je mens, je m'en lave les mains".
A.B : Tout cela n'est pas explicite dans la chanson, moi j'ai aussi lu "ver" et "corps" par exemple... Je raconte encore une autre histoire simultanément : comment je jouais à séduire une jeune fille par amusement, pour la bluffer un peu, lui faire croire que j'étais un héros. Bien sûr, je suis né après guerre, mais on ne sait plus toujours très bien à quoi correspondent les dates. On est donc partis de cette idée, avec le second sens qui est évidemment de savoir comment je me serais comporté, si j'aurais trahi mon voisin pour quelques oeufs. Quand j'étais en Alsace, je voyais plein de vieux qui ne parlaient pas, qui ne pouvaient plus prononcer de mots. C'était une espèce de silence compact. Ce qui est arrivé était tellement monstrueux, ils ne pouvaient plus revenir là-dessus. On comprend mieux un type qui reste dans son coin toute la journée dans ces conditions. Je pensais à tout cela pour "La nuit je mens". Je n'étais pas d'une époque qui pouvait revivre ça, je sentais pourtant des histoires récurrentes, le Front National par exemple, et je pensais que l'on pouvait très bien retomber dans des choses abominables. Ensuite est revenue l'histoire de ce garçon qui se vante d'avoir fait plein de trucs qui ne sont pas vrais. C'est pervers, parce qu'en plus je dis franchement que je mens, j'envoie un message qui sera reçu comme il sera reçu. Ce qui est important c'est le fantasme qui déclenche, le détonateur. Il y a plein d'histoires derrière les chansons, mais la réalisation finale n'évoque pas forcément avec clarté le fantasme du début.

t. : Dans l'album L'Imprudence, le texte de la chanson "Le dimanche à Tchernobyl" est à la fois apaisant et irradiant...
A.B : Bien sûr, Tchernobyl est une image, on peut imaginer le paysage, pas l'intérieur des corps ; il doit y avoir des endroits où les herbes n'ont plus aucune saveur et ce n'est même plus de l'oxygène, c'est une sorte d'air fabriqué ou de résidu d'air. La chanson parle autant de quelqu'un qui pourrait vivre à Paris, qui n'est pas franchement mort, qui n'est pas vivant non plus. Et cet état-là, je l'ai connu moi aussi, et plein de gens le connaissent. Ils ne sont pas dans un état de passion, pas non plus meurtris ou incurables. Ils naviguent en ne sachant pas du tout ce qui va se passer. Ils ne peuvent pas projeter l'avenir. Il y a beaucoup de géographies personnelles, intérieures, qui traversent les chansons.

Propos recueillis par Isabelle Rabineau (décembre 2003)




Alain Bashung
Bleu pétrole
Barclay 2008


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:: note publiée par Isabelle Rabineau :: dans topocollection :: le mardi 15 avril 2008 ::
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:: topocollection (magazine topo livres numéro 19) :: par la rédaction de topolivres :: vendredi 12 mai 2006 ::

topocollection (topo livres 19)


Voici enfin, en ligne, le numéro 19 (daté octobre-novembre 2005) de topo livres que nombre d'entre vous n'avaient malheureusement pu lire, le magazine ne parvenant à l'époque ni dans les kiosques ni chez nos abonnés, pour des raisons liées au dépôt de bilan de la société éditrice à laquelle il appartenait.

Edito, par Isabelle Rabineau, rédactrice en chef de topo livres
(...) Novembre 2003 / novembre 2005. Voici deux années que vous lisez topo, suivez son évolution et vous êtes habitués à lui. Vous continuez à le faire découvrir autour de vous et nous vous en remercions. Vous vous agacez parfois de ses fredaines de jeune bleu de la presse : abonnés servis en retard, dérèglements dans les parutions... topo faisait partie d'un groupe de presse culturel indépendant aujourd'hui disparu. Nous lui rendons hommage. La vision était juste, le pari difficile. topo se concentre donc sur sa propre production et trouve des relais. (...)
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A propos de Doggy Bag (Julliard 2005-2006)
(...) Un nouveau livre de Philippe Djian ? Pas tout à fait. Pas seulement. L'ambition de Philippe Djian est autre. Il pousse la tentative plus loin, dépasse les bornes, franchit les frontières entre les genres. topo a rencontré un auteur décidément inattendu, qui s'amuse avec les clichés de la télévision. (...)
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Sémantique des tubes (cathodiques)
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Kiosque jeunesse, par Baptiste Blanchet et Céline Druon
A propos de C'est la rentrée d'Amélie Graux et Antonin Poirée (Petit POL 2005), Mandarine cherche son papa de Noëlle et David A. Carter (Albin Michel jeunesse 2005), KaraBistouille de Francine Vidal, Benoît Fleurey et Claire Robert (Didier jeunesse 2005), Trois araignées affamées de Dawn Bentley et Neecy Twinem (Tamino 2005), Lindbergh traverse l'Atlantique d'Agnès Vandewiele et François Vincent (Casterman 2005), 100% brico filles (Bayard jeunesse 2005), La Vérité selon Ninon d'Oscar Brenifier et Iris de Moüy (Autrement jeunesse 2005), Le Magicien d'Oz de Robert Sabuda adapté de L. Frank Baum (Seuil jeunesse 2005), Le Cracheur de feu de David Almond (Gallimard jeunesse 2005), Je ne t'aime toujours pas, Paulus d'Agnès Desarthe (Ecole des loisirs 2005), Pépites d'Anne-Laure Bondoux (Bayard jeunesse 2005), Une vie ailleurs de Gabrielle Zevin (Albin Michel 2005), L'Art africain contemporain de Christophe Domino et André Magnin (Scala 2005) et Il était une fois l'Univers et autres contes du physicien perché de Robert Gilmore (Le Pommier 2005)
(...) Kara, une main jaune avec ses cinq doigts, part en promenade. A la fin de son périple, elle rencontre Bistouille, une main bleue qui appartient à la même personne. Malgré quelques divergences, elles vont apprendre à s'apprécier. (...)
:: lire (pdf 2,98 Mo) ::

La chronique new-yorkaise de Bruno Dellinger
(...) Dans la Grosse Pomme, les détails comptent aussi, et on peut à l'occasion échanger le grand angle contre le zoom. (...)
:: lire (pdf 486 Ko) ::

La chronique des histoires de Daniel Bermond
A propos de Correspondance (1770-1793) de Marie-Antoinette, établie et présentée par Evelyne Lever (Tallandier 2005)
(...) L'histoire a la cote en librairie. Romans, essais, BD, alimentent le goût du public pour les événements, avérés ou présumés, de notre passé. Daniel Bermond s'intéresse à l'histoire telle qu'elle s'ébauche, se construit ou se reconstitue dans la production éditoriale actuelle. La dodelinante tête de la reine Marie-Antoinette fait des siennes. (...)
:: lire (pdf 285 Ko) ::

topo à Manosque, par Hélène Gaudy
(...) A un rythme soutenu et dans une ambiance toute méridionale, la 7e édition des Correspondances de Manosque a accueilli, du 21 au 25 septembre, nombre d'expériences audacieuses. Des objets littéraires non identifiés à découvrir sur les places ensoleillées ou dans l'obscurité électrique des théâtres. (...)
:: lire (pdf 689 Ko) ::

La chronique de la barmaid d'Armelle Weisman
(...) Le Booker Prize, elle s'en fiche un peu, Cat. Mais elle a parié avec Danny, le boss, qu'encore une fois les noms des nominés allaient sortir avant les livres. Et ce matin, elle jubile. Elle a raison. On attend Salman Rushdie avec Shalimar the Clown et Zadie Smith avec On Beauty. (...)
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Kiosque livres de poche, par Céline Druon et Guillaume de Chamisso
A propos de La Peinture de la Renaissance - L'ère des génies de Cédric Michon (Milan 2005), Léonard de Vinci - Itinéraires et lignes d'ombres de Philippe Parizot-Clerico (Bernard Giovanangeli 2005), Le Désir d'Islam de Martine Gozlan (Grasset 2005), Paris gayment d'Anne Delabre (Parigramme 2005), Pour voyager autrement - Le guide des nouvelles solidarités de Françoise Perriot (Le Pré aux Clercs 2005), Hommes, femmes, la construction de la différence de Françoise Héritier (Le Pommier 2005), L'Avenir de la laïcité en France de Claude Dagens et Jean Baubérot (PUF 2005), L'Individualisme est un humanisme de François de Singly (L'Aube 2005), Pie XII et la Seconde Guerre mondiale de Pierre Blet (Perrin 2005), L'Art et la guerre - Les artistes confrontés à la Seconde Guerre mondiale de Lionel Richard (Hachette Littératures 2005), Entretiens sur Le Fils naturel ; De la poésie dramatique ; Paradoxe sur le comédien de Denis Diderot (Flammarion 2005), L'Amant généreux de Miguel de Cervantès (Mille et une nuits 2000), Touriste de bananes de Georges Simenon (Gallimard 2005), La Grande muraille - Journal de La Déchirure (1960-1965) d'Henry Bauchau (Actes Sud 2005), Le Livre de ma mère d'Albert Cohen (Gallimard), La Vie fantasmagoriquement brève et étrange d'Amadeo Modigliani de Velibor Colic (Le Serpent à plumes 2005), Le Dernier voyage d'Horatio II d'Eduardo Mendoza (Seuil 2005), Qu'est-ce qui fait courir Sammy ? de Budd Schulberg (10/18 2005), La Mue de la cigale de Del Pappas (Jigal) et Au plus bas des Hautes Solitudes de Don Winslow (Gallimard 2005)
(...) Pratiques - Parce qu'ils tiennent dans la poche d'un jean ; Bibles - Parce que s'ils n'avaient pas été en poche, vous n'auriez peut-être pas eu le courage de les lire ; Classiques - Parce que vous n'avez jamais eu le temps de les lire ; Cultes - Parce que demain tout le monde les lira ! (...)
:: lire (pdf 343 Ko) ::

Le maire, l'ethnologue et le raconteur, Jean-Claude Boulard en entretien avec Isabelle Rabineau
A propos du Salon de la 25e Heure du Livre du Mans
(...) Dans le cabinet de Monsieur le maire du Mans, on respire. On remarque sa collection de tableaux, "ceux du grand-père". Ensuite, dans les livres, nombreux, et dans le sens politique aigu du personnage, on repère assez vite l'ethnologue qui sommeille. Entretien. (...)
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A la recherche de l'Amazonie
A propos de Mythes de l'Amazonie - Une traversée de l'imaginaire shipibo de Pierrette Bertrand-Ricoveri (L'Harmattan 2005), Neuf nuits de Bernardo Carvalho (Métailié 2005), Le Monde des marrons du Maroni en Guyane (1772-1860) - La naissance d'un peuple : les Boni de Jean Moomou (Ibis Rouge 2004), Vingt ans au coeur de l'Amazonie de Jéromine Pasteur (Arthaud 2004), Amazonas de Gérard Janichon (Gallimard jeunesse 2002), Par-delà nature et culture de Philippe Descola (Gallimard 2005), Carishina - Carnet de route de cinq français en Amazonie (Guerrier 2002) et Carnet d'Amazonie de Claudie Baran (Arthaud 2004)
(...) Pour aller plus loin dans la jungle et rencontrer vraiment les Indiens, une seule solution : lire les livres et voir les films et documentaires que la rédaction a retenus dans ce kiosque. (...)
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Un barrage contre l'hégémonique, Emilie Barrucand en entretien avec Isabelle Rabineau
A propos de Wayanga - Amazonie en sursis (Le Cherche Midi 2005)
(...) Agée de 25 ans, ethnologue engagée, Emilie Barrucand a séjourné à plusieurs reprises chez les Indiens Mebêngôkre, au Brésil. Son premier ouvrage, Wayanga - Amazonie en sursis, est la relation de son apprentissage de la vie à leurs côtés. C'est aussi, à sa façon, un manifeste politique. Entretien avec une jeune femme très déterminée. (...)
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La jeune fille et les morts, Clea Koff en entretien avec Isabelle Rabineau
A propos de La Mémoire des os (Héloïse d'Ormesson 2005)
(...) Anthropologue légiste, Clea Koff a enquêté sur les lieux des massacres qui ont endeuillé la fin du XXe siècle : Rwanda, Bosnie, Croatie. Son témoignage, La Mémoire des os, prend son lecteur à témoin de manière exceptionnelle, et, en redonnant voix aux morts sans sépultures, s'identifie, littéralement, à un manuel de survie. (...)
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:: note publiée par la rédaction de topolivres :: dans topocollection :: le vendredi 12 mai 2006 ::
:: topocollection (magazine topo livres numéro 19) ::
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:: topocollection (magazine topo livres numéro 18) :: par la rédaction de topolivres :: mardi 2 mai 2006 ::

topocollection (topo livres 18)


Le numéro 18 du magazine topo livres (septembre 2005), totalement sponsorisé par l'équipe de rédaction et quelques fidèles, avait souffert à l'époque d'une diffusion partielle, notamment en province. Pour ceux d'entre vous qui n'auraient pu se le procurer, le voici disponible gratuitement, sous forme numérique, dans l'intégralité de ses articles.

Edito, par Isabelle Rabineau, rédactrice en chef de topo livres
(...) On croise des personnages oubliables, éperdus d'eux-mêmes, parfois égarés ; certains demandent leur chemin aux lecteurs. D'autres renversent tout sur leur passage et font bien sûr beaucoup de bruit. On se dit : "Celui-là, je le connais, je l'ai rencontré dans la vie d'un autre livre" ou, plus rarement, "Quel est cet auteur qui a osé regarder dans ma glace ?" (...)
:: lire (pdf 3,34 Mo) ::

Brèves
(...) Lecteur, qui es-tu ? Où es-tu ? Que fais-tu ? Il semblerait que tu sois souvent une lectrice. Que l'on te trouve fréquemment en région parisienne, mais aussi dans de petites communes. Que tu sois bibliothécaire, enseignant ou ouvrier, tu aimes avant tout les livres. Tu sembles même quelque peu boulimique. (...)
:: lire (pdf 209 Ko) ::

Carte postale de Marie Nimier
(...) "Cet été, c'est décidé, je repasse mon permis de conduire à Ici-Même. Je vous  tiendrai au courant. Je m'habillerai en rose pour faire corps avec la route. Sinon, tout va bien." (...)
:: lire (pdf 777 Ko) ::

Le jardin du colorié, par Isabelle Rabineau
A propos de Le Roman des Jardin d'Alexandre Jardin (Grasset 2005)
(...) Son Roman des Jardin n'est ni une rupture, ni un renoncement. C'est une reformulation aussi brillante qu'intransigeante du Zubial, à l'image des deux ouvrages que Pascal Jardin dédia également à son père, à distance l'un de l'autre. Parfaitement maîtrisé, fou et doux, ce Jardin-là est à hauteur d'homme. (...)
:: lire (pdf 0,99 Mo) ::

La chronique parisienne d'Isabelle Yhuel
A propos de Les Manifestations de Nathalie Azoulai (Seuil 2005) et de La Ferme africaine de Karen Blixen (Gallimard 2005)
(...) Comment et à partir de quand appartient-on à une société, un pays, un clan ? Karen Blixen et Nathalie Azoulai se sont penchées sur la question identitaire, à des années-lumière l'une de l'autre. Leurs conclusions seront-elles convergentes ? (...)
:: lire (pdf 449 Ko) ::

Tout sur l'égoïsme des écrivains...
Témoignages de Faïza Guène (Kiffe kiffe demain, Hachette Littérature 2004), Alec Covin (Les Loups de Fenryder, Plon 2005) et Gérard Mordillat (Les Vivants et les morts, Calmann-Lévy 2005)
(...) Les lecteurs ont cette particularité de ne pas être oublieux à défaut d'être complètement fidèles. Parfois, ils estiment même qu'ils ont le droit, sinon le devoir, de savoir ce qui se déroule dans les popotes des écrivains, entre deux parutions. (...)
:: lire (pdf 1,59 Mo) ::

Kiosque
A propos de Festins secrets de Pierre Jourde (L'Esprit des péninsules 2005), Bogopol d'Albert Lirtzmann (Panama 2005), Poulailler de Carlos Batista (Albin Michel 2005), Mon père s'est perdu au fond du couloir de Philippe Garnier (Melville 2005), Morceaux de Roger Puyravau (Maren Sell 2005), Le Musée de la Sirène de Cypora Petitjean-Cerf (Stock 2005), Falaises d'Olivier Adam (L'Olivier 2005)
(...) Voici le meilleur tour de Pierre Jourde : un livre fait de nerfs et de chair. Renouvelant le genre du roman gothique, il conte le périple de Gilles Saurat, enseignant missionné dans une bourgade sinistre où les maisons vivent, tandis que les habitants errent comme des spectres. Chaque vision est un motif transfiguré des monstres modernes. (...)
:: lire (pdf 403 Ko) ::

L'écorché de Toledo, par Isabelle Rabineau
A propos de Archimondain, jolipunk (Livre de Poche 2005) et L'Inversion de Hieronymus Bosch (Phase Deux 2005) de Camille de Toledo
(...) Archimondain, jolipunk nous avait laissés sidérés. Ce livre déflorait l'époque sans amertume aucune, animé d'une rage vivace. Recueil gymnaste, il plaçait dos à dos les grandes théories du siècle et luttait à mains nues avec les écoles de pensées les plus installées. Camille de Toledo revient sur la scène littéraire avec un roman baroque et ambitieux. (...)
:: lire (pdf 501 Ko) ::

Etat transitoire, par Camille de Toledo
A propos de L'Inversion de Hieronymus Bosch (Phase Deux 2005)
(...) Voilà peut-être la principale inversion que ce livre tente d'accomplir : dire à quel  point la réalité est irréelle, affirmer que le seul réalisme praticable aujourd'hui est un irréalisme, décrire non pas le miroir médiocre d'un temps médiocre mais plutôt la sédimentation d'âges, d'histoires, de croyances, qui compose le réel. C'est ce que j'aime dans les tableaux de Bosch. (...)
:: lire (pdf 1,50 Mo) ::

La lithographie en scène, par Céline Druon
A propos de l'exposition Les Ateliers de la modernité à la Fondation Maeght (Saint-Paul de Vence)
(...) La pratique de la lithographie est intrinsèquement liée à la question de l'éthique artistique : la gravure, instrument de reproduction, met l'artiste en danger. Les artistes s'y sont adonnés non seulement pour en exploiter le procédé, mais aussi pour maintenir le cadre "d'une reproductibilité décidée". La lithographie est également un élément de démocratisation de l'art. (...)
:: lire (pdf 380 Ko) ::

La patte de l'homme, Thierry Laurent en entretien avec Tibo Bérard
A propos de Mordre (Héloïse d'Ormesson 2005)
(...) La métamorphose en bête de mon personnage, Henri, n'est pas une question de corps. C'est une affaire de psychisme. Henri sent "quelque chose d'énorme" palpiter sous lui. Cette projection mentale le pousse à devenir quelqu'un d'autre - évidemment, un autre lui-même. A la recherche de son identité, il modifie son corps. (...)
:: lire (pdf 1,50 Mo) ::

Mordre en littérature, par Isabelle Rabineau
(...) Souvent, la rentrée littéraire est placée sous l'oeil vigilant du chien, vigie coriace, admirable compagnon de l'espèce humaine. Ces dernières années ont vu le phénomène s'accentuer dans une poussée sans précédent du peuple canin à l'intérieur des terres romanesques. Les chiens seraient-ils désormais nos seuls observateurs ? (...)
:: lire (pdf 370 Ko) ::

Magna Germain, Sylvie Germain en entretien avec Pauline Feuillâtre
A propos de Magnus (Albin Michel 2005)
(...) Voici vingt ans paraissait Le Livre des nuits de Sylvie Germain. Depuis, avec une patience devenue presque incongrue dans le "métier", Sylvie Germain livre des oeuvres fortes, nourries de ses voyages intérieurs et réels. (...)
:: lire (pdf 517 Ko) ::

L'oeil était au fond du trou et regardait l'auteur, Richard Morgiève en entretien avec Isabelle Rabineau
A propos de Vertig (Denoël 2005)
(...) Dans Vertig, le deuxième volet de sa trilogie entamée avec Full of love, Richard Morgiève parvient à une narration plus-que-parfaite qui s'appuie pourtant sur l'interruption. Entièrement relié au mode binaire du langage informatique, Vertig est un ouvrage étonnamment proche de son lecteur, une sorte de double en osmose. (...)
:: lire (pdf 1,08 Mo) ::
:: écouter l'enregistrement de la rencontre avec Richard Morgiève au Lieu Unique (Nantes) ::

Cynthia Ozick et le monde ébréché, entretien avec Isabelle Rabineau
A propos de Un monde vacillant (L'Olivier 2005)
(...) Ses recueils de nouvelles et ses romans ont cristallisé un style inimitable, au classicisme rebrodé de détails fantastiques. Entre Bruno Schulz et Thomas Mann, Cynthia Ozick signe la saga d'une famille berlinoise arrivée dans le Bronx en 1935, dont le patriarche s'occupe à décrypter les textes des Karaïtes. (...)
:: lire (pdf 1,11 Mo) ::

Le livre locomotive, par Tibo Bérard
A propos de La Famille Lament de George Hagen (Belfond 2005)
(...) Vous attendiez le livre qui rend les nuits plus longues et les trajets de métro plus courts ? Embarquez avec les Lament, famille en errance, depuis la Rhodésie jusqu'en Angleterre : le père (Howard, ingénieur passionné par les valves), la mère (Julia, moderne héroïne shakespearienne), le premier enfant (Will, orphelin adopté à la naissance) (...)
:: lire (pdf 206 Ko) ::

La chronique du libraire de Christophe Bys
A propos de Le Livre pour enfants de Christophe Honoré (L'Olivier 2005)
(...) Assis au fond de ma librairie, j'avais tout anticipé afin de fignoler ma chronique, mais après avoir lu Le Livre pour enfants de Christophe Honoré, il devenait urgent de tout remettre en chantier, de changer de cap. Ma librairie, pour commencer, allait exposer Christophe Honoré en place de choix. Sur la table, comme on dit, en facing. (...)
:: lire (pdf 350 Ko) ::

Feuilles d'Automne, Olivia Benhamou en entretien avec Isabelle Rabineau
(...) Nous organisions des promenades sur le Salon avec certains auteurs : ils s'arrêtaient sur les stands et parlaient des écrivains dont ils se sentaient proches. Cette animation annonçait en quelque sorte les "Bibliothèques idéales" de Feuilles d'Automne. Je crois que l'idée du festival est née là. (...)
:: lire (pdf 521 Ko) ::

La caravane littéraire, par Carine Sophie Bellot
A propos de Loin de quoi ? de Laurent Sagalovitsch (Actes Sud 2005), Quand j'étais drôle de Karine Tuil (Grasset 2005), Train de nuit avec suspects de Yoko Tawada (Verdier 2005), La Gare centrale de Thomas Compère-Morel (Seuil 2005), Double foyer de Christine Avel (Le Dilettante 2005), La Formule préférée du professeur de Yoko Ogawa (Actes Sud 2005), Déloger l'animal de Véronique Ovaldé (Actes Sud 2005) et La Verticale de la lune de Fabienne Juhel (Zulma 2005)
(...) Chez Véronique Ovaldé, la fillette qui dit "je" a quinze ans et une admiration sans bornes pour sa mère. Lorsqu'un jour celle-ci disparaît, pour Rose, il est hors de question d'accepter le fatalisme selon lequel tout un chacun dispose du droit inaliénable de quitter une vie pour une autre. Sur le terreau du monde inadéquat, elle lui échafaude sa propre autre vie. (...)
:: lire (pdf 960 Ko) ::

La chronique berlinoise de Lorraine Rossignol
(...) Ses pas, après l'avoir conduit jusqu'à Hambourg, en passant par Stuttgart et Brême, ne l'ont pas mené jusqu'à Berlin. Mais un vers effacé nous révélera peut-être un jour ce que Rimbaud pensait de la capitale prussienne... (...)
:: lire (pdf 248 Ko) ::

Triste Berlin, par Hélène Gaudy
A propos de Terminus Berlin de Pierre Frei (L'Archipel 2005)
(...) Chez Pierre Frei, il ne fait pas bon être une jolie aryenne dans le Berlin de l'immédiat après-guerre. Cinq jeunes blondes sont violées et étranglées au moment même où leur triste existence semblait près de s'améliorer. L'inspecteur Dietrich mène l'enquête, et l'auteur déroule la vie de chacune des victimes avant l'instant fatal. (...)
:: lire (pdf 202 Ko) ::

Amants imparfaits cherchent perfection, par Romain Plyer
A propos de Les Amants imparfaits de Pierrette Fleutiaux (Actes Sud 2005)
(...) Raphaël est un jeune garçon de la campagne qui voit débouler dans son univers réglé un couple de jumeaux dangereusement fascinants. Plus il les approche, plus eux s'éloignent, plus il tente de s'immiscer, de s'inclure dans leur monde bicéphale, plus il s'en sent exclu, étranger à jamais. Pourtant il entrevoit ce monde, et celui-ci l'envoûte, jusqu'au drame. (...)
:: lire (pdf 202 Ko) ::

La chronique florentine de Catherine Pouligny
(...) Le nécessaire ? De la lecture bien sûr, car avant de lire Carlo Emilio Gadda dans le texte, il faudra patienter un peu. En français, L'Affreux pastis de la rue des Merles ne se laisse pas facilement apprivoiser, alors dans sa version originale... Nous espérons d'ailleurs que l'air italien nous permettra enfin de passer le cap fatidique de la page trente. (...)
:: lire (pdf 218 Ko) ::

Rock'n'roll story, Douglas Cowie en entretien avec Tibo Bérard
A propos de Owen Noone & Marauder (Bourgois 2005)
(...) Dans Owen Noone & Marauder, l'américain Douglas Cowie raconte la légende teintée d'absurde d'un garage band qui gravit les échelons de la gloire. Se jouant des clichés sur le milieu rock et de l'affectation cynique, il livre une fable moderne doublée d'une véritable profession de foi dans la musique et l'écriture. (...)
:: lire (pdf 351 Ko) ::

Ne jetez pas votre Ovide, par Carine Sophie Bellot
A propos de Ecrits érotiques (Actes Sud 2003, Thesaurus), Lettres d'amour - Les Héroïdes (Gallimard 1999, folio classique) et Les Métamorphoses (Gallimard 1992, folio classique) d'Ovide
(...) Tout est affaire de désir : les dieux, séducteurs ou vindicatifs, descendent de tout là-haut pour changer notre prochain, sous nos yeux de petits mortels ébaubis, en créature monstrueuse, animale, végétale ou minérale, selon les cas et leur bon vouloir. On assiste à des scènes d'une violence extrême dont le cinéma gore ou d'horreur se délecte. (...)
:: lire (pdf 333 Ko) ::

La chronique bio de Bertrand Lacarelle
A propos de Une si longue quête de Robert Laffont (Anne Carrière 2005) et Lawrence d'Arabie ou l'Epopée des sables de Raphaël Lahlou (Bernard Giovanangeli 2005)
(...) Dans les milieux autorisés, on ne dit plus "autobiographie rasante" mais "touchant témoignage". Le genre autobiographique est un exercice difficile, qui nécessite une bonne part de lucidité, d'humour, de rigueur et de style. Dans le genre "témoignage", en revanche, nul besoin de talent. (...)
:: lire (pdf 283 Ko) ::

Héloïse d'Ormesson, surdouée en édition
(...) Héloïse d'Ormesson vient de créer sa propre maison d'édition après vingt années d'apprentissage aux Etats-Unis et en France. Entre un rendez-vous presque manqué et un dictaphone qui ne fonctionne pas, récit d'une visite pas comme les autres chez une éditrice vraiment virtuose. (...)
:: lire (pdf 543 Ko) ::

Eclectique Agnès
(...) Agnès Viénot a défini un ton éditorial immédiatement identifiable. Soignés et élégants, ses livres de cuisine, qui constituent une partie importante de son catalogue, se distinguent des manuels pratiques traditionnels. Pourquoi ? Parce qu'ils sont en chair, en vie. Dans le vrai. Entretien avec une éditrice ancrée dans le réel. (...)
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La chronique du préau de Virginie Quantin
(...) Le Goncourt des lycéens serait-il en voie de starification ? Son succès ne va-t-il pas le conduire à un nouvel académisme ? On peut légitimement se poser la question devant la gloire croissante de ce prix très particulier : les médias en sont de plus en plus friands et courtisent toujours plus intensément les lycéens chargés de délivrer "leur" prix du meilleur roman. (...)
:: lire (pdf 427 Ko) ::

Evasion de livres en Seine-et-Marne, par Raphaël Feuillâtre
(...) Une maison d'arrêt n'apprécie guère de voir ses détenus partir en cavale avec les visiteurs. Ce n'est pas le cas de l'ancienne prison de la cuvette de Coulommiers, d'où, sans qu'il soit besoin d'hélicoptère, de bakchich ou de cheval de bois, on repart avec les occupants. Et pour cause, ce sont des livres ! Il suffit de montrer patte blanche. (...)
:: lire (pdf 719 Ko) ::

Vivre plus, par Vincent Roy
A propos d'Immersion d'Alain Fleischer (Gallimard 2005)
(...) Lorsqu'il a ouvert le nouveau roman d'Alain Fleischer, Vincent Roy ignorait encore qu'il y trouverait plus qu'une histoire : un manuel de survie. Oserez-vous l'immersion ? (...)
:: lire (pdf 357 Ko) ::

La 25ème heure du livre du Mans - Festival double face (1 heure en bonus)
(...) Le festival du livre du Mans privilégie depuis sa création une heure supplémentaire, ouverte au débat. Face A, c'est un salon généraliste réservant une place de choix à la science-fiction. Face B, l'édition 2005 célèbre les peuples d'Amazonie dans un voyage thématique à la découverte des peuples premiers. (...)
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Ma vie en dilettante, par Hélène Gaudy
(...) Ils sont souvent les premiers à tourner les pages, à parcourir les mots des auteurs candidats à la publication. "Petites mains" des maisons d'édition, les lecteurs ont les yeux grand ouverts sur les manuscrits qu'on leur confie. Ancienne lectrice, Hélène Gaudy raconte avec humour "l'arrière-boutique" du Dilettante, la maison d'édition qui a découvert Anna Gavalda. (...)
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