David Gilbert soigne ses lecteurs A saisir en librairie de toute urgence : David Gilbert, Les Normaux.
Amoureux du roman made in US, vous sentiez votre passion fléchir, à force de stagner entre "moins que zéro" et "au-dessus du volcan" ? Les anti-héros que vous aviez tant aimés commençaient à vous lasser ? David Gilbert a le remède qu'il vous faut. Lisez bien la posologie car, au premier coup d'oeil, vous pourriez craindre de marcher dans les mêmes ornières. Billy, le héros, est un jeune homme aussi brillant qu'inadapté à l'existence, et doué d'un vif talent pour la dérision. Sauf que dans Les Normaux, la plaisanterie ne dure qu'un temps. Brutalement enjoint par une société de recouvrement de rembourser le prêt étudiant dont, contrairement à ses camarades de Harvard, il n'a tiré aucun profit, Billy voit le réel le rattraper au collet. Pour fuir ses créanciers, il s'en va jouer les cobayes dans un centre de tests de produits pharmaceutiques. Mais la nef des fous dans laquelle il embarque, peuplée de personnages délirants, du comédien métrosexuel aux Dupont-Dupond version comic books, n'est pas tant un refuge qu'un pur concentré de réalité ; la description des effets secondaires, qui donne lieu à une série de scènes cocasses, n'est qu'un amuse-bouche en prévision du vrai festin. S'il emprunte au cartoon sa frénésie joyeuse, ses ruptures et ses subites accélérations, dépeignant une société soucieuse de pondre des catégories afin d'éviter tout "dérapage anormal", David Gilbert ne se contente pas d'adopter la pose de l'entomologiste cynique. Généreux, vaste, le roman dépasse le portrait du dépressif ordinaire pour explorer les paradoxes de la relation filiale. Une déclaration d'amour aux amoureux du roman made in US.
David Gilbert Les Normaux Traduit de l'anglais (The Normals, Etats-Unis) par Jean-Luc Piningre Belfond 2006 21,50 euros
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