:: Andreï Guelassimov, L'ANNEE DU MENSONGE (podcast) :: par Isabelle Rabineau :: vendredi 20 octobre 2006 ::
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podcast interview with Andrey Gelasimov (Андрей Геласимов)
:: L'entretien qui suit a été réalisé le 12 octobre dans les locaux d'Actes Sud en compagnie de Miriam Bridenne, attachée de presse d'Andreï Guelassimov. Conversation souvent à bâtons rompus, ponctuée de rires et de chansons entonnées par Guelassimov, ce court moment passé avec lui en apprendra beaucoup à ses lecteurs, notamment à propos de données biographiques d'importance pour qui aime ses livres. On y découvre également que L'Année du mensonge qui paraît ces jours-ci chez Actes Sud est en réalité le premier ouvrage publié par l'auteur en Russie. Fraternels, étrangement mélancoliques en même temps que burlesques, découpés en séquences homogènes - et proches en cela du montage cinématographique -, les romans d'Andreï Guelassimov ouvrent très directement sur la Russie contemporaine. L'auteur nous fait part, à ce propos, de son goût pour l'écriture cinématographique. Off, il nous avouera également son désir de devenir un jour lui-même réalisateur. Pour l'heure il adapte pour la première chaîne russe une nouvelle de Tolstoï consacrée (déjà !) au conflit russo-tchétchène. Né en 1965 à Irkoutsk, en Sibérie, Andreï Guelassimov a d'abord suivi au GITIS (l'Institut d'études théâtrales) les cours du metteur en scène Anatoli Vassiliev, avant d'enseigner la littérature anglo-américaine à l'université. Dans tous ses livres, liberté de ton et d'esprit voisinent avec une vision très personnelle, parfois très pragmatique, du monde. Peu enclin à "plaire" et, par exemple, à donner aux européens de l'ouest les clichés slaves qu'ils aiment à entendre, les propos d'Andreï Guelassimov, s'ils heurtent parfois notre conscience politique très consensuelle, ont toutefois le mérite d'ouvrir différemment le débat. Enfin, pour les internautes qui n'auraient pas lu les livres d'Andreï Guelassimov, notamment La Soif, il va de soi qu'aucun n'épargne les difficultés de la liberté d'expression en Russie, la langue de bois ou encore la tentation névrotique de la guerre. C'est là l'essence même de l'oeuvre de l'auteur. Isabelle Rabineau