:: William T. Vollmann, LA FAMILLE ROYALE > LES FUSILS :: par Isabelle Rabineau :: samedi 23 septembre 2006 ::
Retour sur William T. Vollmann A l'occasion du Festival America
Le blog littéraire permet d'entrouvrir des portes. Dans les pages qui suivent, inhabituellement longues pour la critique d'un ouvrage sur le blog topolivres, je me suis résolue à partir aux origines de la lecture d'un auteur, à mon aune. Ainsi qu'à celle de topolivres, magazine pour lequel j'ai rencontré William T. Vollmann à l'occasion de la parution de La Famille royale. Je vous propose ici une critique... kaléidoscopique. Isabelle Rabineau
Dessin W. T. Vollmann, Paris sept. 2004
Il était excessivement tôt, ce jour-là, pour aller interviewer un écrivain. Un écrivain américain, en plus. Le fantôme d'Hemingway m'indiquait l'horloge d'un doigt gourd, l'air sérieux, pour une fois. Les cafés n'étaient pas encore ouverts dans ce coin reculé du XVème arrondissement où pas un chat noir n'aurait tenté l'escapade de l'année, même farfelue. Nous avions tout de même trouvé une boulangerie aux croissants assoupis. Unanimement, à la bonne adresse, nous avons levé les yeux. Nous étions les premiers arrivés et nous ne possédions aucun code d'accès. Nous profitâmes d'une ouverture subreptice de la porte cochère pour nous mettre à l'abri d'un trottoir à la monotonie édifiante. Le concierge veillait, qui semblait tout droit tombé des films collaborationnistes les plus ingrats à revoir : ceux qui révulsent. Vêtu d'une blouse grise comme on n'en fait plus guère, il se tenait prêt, les coudes au corps, à exiger nos pièces d'identité pour réunion illicite dans un hall d'immeuble parisien. Nous sommes entrés avec l'attachée de presse de l'auteur à qui nous rendions visite : William T. Vollmann. Le concierge disparut dans une abysse plâtreuse, quelque part dans le couloir, en maugréant. Il allait attendre avec convoitise notre départ, guettant un crime que nous laisserions peut-être dans notre dos afin de calmer ses instincts morbides. Mais très vite nous n'avons plus du tout songé à lui. Une porte s'ouvrait au détour d'un escalier en désordre, au bout de couloirs manoeuvriers tournant sur eux-mêmes. Une vraie planque. Un géant nous attendait là, remplissant tout l'espace. Il était lui-même une porte. Il pivota, nous serra la main avec une joie que l'on pensa factice tout en flairant qu'il n'en était rien. Cet écrivain était diablement content de recevoir du monde, même aussi tôt. Que la presse internationale lui tresse des éloges ou non n'avait rien à voir. Vollmann est un écrivain profondément généreux. Structurellement. Claro, qui écrit Vollmann en français, en même temps qu'il écrit en son nom des livres littéralement inouïs (Verticales), était déjà à ses côtés. Vollmann me proposa du whisky et je dis : "oui". Il était 9h du matin. >>>
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Relativité générale
commentaire du dimanche 24 septembre 2006 à 10:25 :: Olmers
Rebondissant sur un seul nom, Danielewski: d'ici quelques semaine, paraîtra "Salmigondis" ("Mulligan Stew"), de Sorrentino, écrit en 79, livré au lectorat français avec près de trente années de retard. Si "Salmigondis" avait traversé l'Océan dans des délais raisonnables, dignes de cet immense roman, comment "La Maison des feuilles", par ailleurs vertigineuse et drôle, aurait été accueillie? Moins comme une étonnante nouveauté que comme une remarquable tradition. ("De la relativité dans la perception des oeuvres d'art", G.G. Winston & A.A. Schulz, 2005)
Impatience
commentaire du dimanche 24 septembre 2006 à 17:46 :: isabelle
Non seulement nous ne sommes pas exhaustifs, mais également bien souvent ignorants ( relativement là encore mais quand même). Vous avez ouvert une brèche de curiosité absolue: l'impatience règnera désormais jusqu'à parution et lecture de cet auteur que vous evoquez. Je vous en remercie vivement. Et certainement, d'après ce que vous suggérez nous recontextualiserons alors autrement. Je reconnais cependant, vilain défaut, qu'il est très voluptueux et un peu facile aussi, dans un premier temps, de penser avoir affaire à des objets non encore identifiés...
Inouï(t)
commentaire du mardi 26 septembre 2006 à 08:48 :: dash
Acheté hier soir tard... j'en ai mangé déjà le premier tiers! Incroyable ce personnage.
Skimo
commentaire du mardi 26 septembre 2006 à 10:24 :: isabelle
Cher Dash, je gage que vous allez tellement aimer ça que vous allez vous métamorphoser en mammouth des neiges. Bien contente que cet article vous donne envie de foncer vers ce livre.
et ce week end ?
commentaire du vendredi 29 septembre 2006 à 13:24 :: dash
Quelqu'un y va au Festival ce week end? Parce qu'il y a du beau monde quand même...
Rencontre WTV ce soir au VV
commentaire du mardi 12 juin 2007 à 01:05 :: redaction
William T. Vollmann lira ce soir à partir de 19h à la librairie Village Voice (6 rue Princesse, Paris 6ème), en compagnie de son traducteur Claro, des extraits de son livre Europe Central, à paraître fin août chez Actes Sud.
Plus d'informations sur le site de Village Voice (ici) et sur le blog de Claro (qui vient de déménager : ici et là).
Entretien enregistré hier par Isabelle Rabineau, en podcast prochainement sur topolivres... stay tuned.