What's up doc #3 Never mind the sofa Ce qui suit s'apparente plutôt à un commentaire genre voiture balai à porter au crédit du dernier texte de notre cher topodoc, lequel conseillait dans l'une des irruptions soudaines dont il a le talent, d'aller voir sur quelques sites par lui testés, histoire de scruter ce qui s'invente, loin de la novolangue parfois compulsive du netivore. On comprend vite sur l'excellent flickr.com qu'il s'agit d'échanger, d'associer librement, pourquoi pas, des photos, qu'elles soient contemporaines ou anciennes. Il paraît même que les amateurs du site se donnent des rv sur la planète autour d'un thème, leur(s) appareil(s) photo jamais loin d'eux. A Paris, justement, un raout avait lieu la semaine dernière et vient de se terminer hier dimanche.
Si vous avez manqué ces rendez-vous, pourquoi ne pas en prendre un tout de suite avec la série des sofas. L'auteur de cette série remarquable possède un blog punkrock, littéraire, sans doute hype et de très bon niveau même si le personnage en assommera plus d'un : threequestionmarks.com. On le trouvera également sur Flickr à cette adresse.
Ce que Merkley propose dans sa série aux sofas est aussi simple que complexe à réaliser. Quelques jeunes lianes de sa connaissance attendent le messie sur un sofa, et Merkley les photographie. Très souvent allongées, elles regardent parfois l'objectif. A droite et à gauche du sofa, on distingue deux lampes, invariablement. Et un objet, une sorte de vanité industrielle, gît immanquablement aux pieds du sofa. Chaque scène est unique. Ce ne sont jamais les mêmes personnages, ni les mêmes sofas, ni les mêmes lampes, ni les mêmes objets fétiches. Ni - surtout - les mêmes lumières ambianceuses. A une ou deux exceptions près qui viennent conforter la règle. Et pourtant ces scènes sont toujours idoines sans être identiques. Lorsque le sofa recouvre, comme cela arrive parfois, un ensemble d'objets disparates qu'il est censé dissimuler, l'évidence saute aux yeux. Le dispositif créé par Merkley dit l'intimité d'une manière jamais éhontée ni traître, cependant il la dit pleinement. A la manière d'un sac largement ouvert, par exemple, ou d'un livre laissé à la merci de n'importe quel lecteur à une page bien précise. Au temps des photos volées où le moindre soupçon de naturel de la personne espionnée vaut de l'or, la tranquille manière dont les personnages de la série des sofas s'exposent coupe le souffle. Comme si Merkley, le photographe, parvenait à faire entrer tous ces éléments en lévitation, jusqu'à ce qu'ils trouvent leur parfaite place dans le temps et dans le lieu. Là où nous regardons. La série alors subjugue, déroulant sa superficie étrange, liant un ensemble de décors qui s'équilibrent magistralement entre le factice et le vrai. Pour chacune de ces photos une angoisse vient pointer à la vitre, angoisse née de la beauté cadrée et prisonnière. Jetant aux orties la baignoire ou la chaise longue, le sofa miteux ou high tech de Merkley invente un mixte confortable issu de la cinématographie et des plastiques pelliculées, comme si l'on basculait des effrontées de Manet au XXIème siècle qui voit tout et s'en repaît les babines. A proximité des ondines et autres odalisques picturales, ces femmes au sofa, parfois secondées d'un animal, sont les jumelles de celles qui caressent les grands fauves de Klimt, et toutes proches aussi de celles de Kertész comme l'indique un commentaire pertinent, photo à l'appui.
Enfin, voici comment se présente Merkley, si vous avez une petite curiosité. Mais peut-être le connaissez-vous déjà ?
Marianne Cilly
"95% of the people you see in my photographs are friends, ex girlfriends, current girlfriends, some other assholes girlfriend or some random dudes and a couple fags here and there. I know these people. Guess who doesn't know them. The fucking robot machine named Camera. The Camera is a dirty rotten robot machine that doesn't know shit about shit. The stuff it does to people is nothing less than barbaric, freezing them, killing them, exposing their vulnerabilities and zits and clogged pores and such. I say fuck The Camera and its cruel robot machineness. I make that asshole robot machine do the things I tell it to do. Using another wonderful slave robot machine named The Computer, I re-insert my wonderful loving human perception back into the photographs the robot machine Camera so callously captured with a jerk ass, pimple exposing, ten billion watt flash. I am happy I have robots submitting to my will for I, merkley???, am superior to the robots and machines because I understand that in life there is truth, goodness, seduction, desire and beauty and those god damn photos the robot machines make are mostly a bunch of god damn lies I tell you. Fuck the robots. Long live the robots."
Merkley
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