:: La mort de Christophe de Ponfilly :: par Isabelle Rabineau :: dimanche 21 mai 2006 ::
Adieu l'ami
On apprend la mort de Christophe de Ponfilly, et c'est pour tous ceux qui l'aimaient une violence sans espoir d'apaisement. La voix de Christophe de Ponfilly était aussi rare qu'elle était subtile, diffractée entre des forces contraires qu'il ne chercha jamais à rassembler artificiellement. Cette voix accompagnait presque tous ses films, selon un rythme et un débit singulier, entre le doute constant et la force de conviction. Christophe de Ponfilly était un ami pour la vie. Cette amitié qu'il portait haut tenue, élevée et digne, il la donna à certains êtres avec lesquels il travaillait, qu'il filmait ou dont il partageait les combats. Ce don inespéré sous nos latitudes était sa marque et aussi l'un de ses engagements. Christophe de Ponfilly surprenait par la lucidité dont il savait faire preuve, alors que l'on décelait chez lui, dans le même temps, toute l'enfance et la candeur dont il était capable. Ce marcheur infatigable, cet arpenteur des psychologies humaines ressentait fréquemment la nécessité de s'échapper. Frondeur et rieur, il cernait parfaitement les menteurs, les ingrats, ceux qui n'allaient pas au bout de leur passion et bien souvent, il eut du mal à revenir sur le revirement circonstanciel de l'un ou l'autre de ses contemporains. Non pas qu'il jugeât. Il reprenait son amitié, triste et déçu. Son amitié réchauffait comme l'amour, la perdre créait un vertige. Christophe de Ponfilly ne fut pas seulement le chroniqueur des années Massoud, qu'il accompagna de son regard plus de vingt années, c'était aussi un contemplatif extraordinairement actif derrière sa caméra, un écrivain dont nous attendions beaucoup. Un être poétique, un honnête homme auquel le temps au passé sied vraiment mal.
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bon vent Christophe
commentaire du dimanche 28 mai 2006 à 00:56 :: Eric Colonna
merci pour ce magnifique hommage
Christophe parcourait le monde à la rencontre, à l'écoute de l'autre avec beaucoup d'humilité à la manière d'un Nicolas Bouvier, loin des clichés et des préjugés.
Homme de conviction, sans compromis, ni détour, journaliste à contre courant du grand cirque médiatique dont il critiquait le fonctionnement, il venait de laisser le documentaire pour son premier film de fiction "l'étoile du soldat" ( http://cinema.telerama.fr/edito.asp?art_airs=M06022015491215&srub=1 ) qui devrait sortir en automne 2006. Personnellement, j'admirais son travail et son engagement, j'aimais beaucoup l'homme, son état d'esprit et sa manière d'aborder le monde, j'ai le sentiment d'avoir perdu un ami, il va nous manquer. il nous reste ses films et ses livres, généreux, ouverts et empreints de tolérance. Bon vent Christophe. Eric Colonna
lettres a lola
commentaire du mardi 13 juin 2006 à 10:45 :: laurent marechaux
Isabelle,
J'ai lu avec beaucoup d'émotions la chronique que tu as consacrée à Christophe sur ton blog.
Rim, sa femme a souhaité, que ceux qui l'ont connu écrive une lettre à sa fille sur un moment partagé avec lui. Ces lettres donneront naissance à un livre qui sera publié début 2007 aux Arénes. Tu trouveras ci-joint la présentation du projet.
Ce serait bien si tu prenais ta plume avant les vacances et envoyais un texte directement à :
pourchristophe@arenes.fr
Amicalement
Laurent Maréchaux
Peux-tu m'envoyer ton mail, ton adresse et tes coordonnées téléphoniques
pour Christophe
commentaire du jeudi 15 juin 2006 à 15:16 :: isabelle
Cher Laurent,
Merci pour cet appel auquel je répondrai, bien sûr. Le blog de topo, par ailleurs, est ouvert à toutes les initiatives au sujet de Christophe de Ponfilly.