votre blog gratuit sur
blog.topolivres.com
inscription
identification
rechercher un livre / un article sur
:: Lorsque Libé censure :: Au bout du conte :: SNCF :: par Isabelle Rabineau :: mercredi 24 décembre 2008 ::

Lorsque Libé censure




On le sait, Libération a connu des problèmes récents avec les commentaires de ses lecteurs sur internet. Le rôle de ses modérateurs s'en trouve accentué. Soit.
Cependant que penser de la censure que ces mêmes modérateurs mettent en pratique, sans justification aucune sinon un corporatisme débilitant ?
Le 18 décembre dernier dans la rubrique "On achève bien d'imprimer" sous le titre "Railleries", on pouvait lire un papier comateux d'Edouard Launet, journaliste à Libération. La rubrique est de celles qui revendiquent un angle de frappe et nécessitent une plume. C'est un peu la posture du sniper dans le journal, un des must de Libé que chacun lit en retenant sa respiration pour mieux se gausser de la bêtise de ses contemporains. "On achève bien d'imprimer" se lance dans un exercice périlleux de journalisme in situ, soit : mon rendez-vous comme si vous y étiez. Tout y passe dans le moindre détail. "Un mercredi de décembre, vers 10 heures. J'ai rendez-vous avec Antonia au café Beaubourg, à un jet de caillou du centre Pompidou, à Paris. Antonia, attachée de presse à l'agence Le Public Système, m'attend pour me présenter Anne, responsable des partenariats culturels de la SNCF. L'idée est de "révéler" à Libé, en avant-première, la teneur d'une opération de com que les chemins de fer veulent faire autour du livre. Autant dire que l'intérêt de ce rendez-vous est nul." Launet s'ennuie, on l'a presque forcé à se rendre à un rencard de presse autour de la stratégie du livre de la SNCF, mais bon, la boîte de communication a insisté (Launet est visiblement influençable) et notre salonnard s'y rend, déjà mortellement las, en recherche d'indices pour savoir où viser, rapport à sa rubrique. Il assiste aux agapes d'un petit-déjeuner sans y toucher et en se pinçant le nez, se gausse de la communication d'entreprise avec mollesse, trouve qu'il est lui aussi malgré tout un communicant, mais bon la vie est paradoxale, et sape d'une chiquenaude négligente les opérations menées par l'entreprise de transport autour du livre. Au bout du conte, concours autour du genre mythique, est populaire ? Méprisable ! La besogne paresseuse de Launet peine pour accéder au nombre de signes requis pour satisfaire aux exigences de sa rubrique. Pas de panique ! Un zeste de procès d'intention fera l'affaire. La responsable des partenariats culturels, de bout en bout décrite comme transparente et implicitement débinée, vogue le long de ce que l'on a définitivement du mal à taxer d'article, en fantôme éperdu. "Anne et Antonia doivent avoir guère plus de 60 ans à elles deux, moi un peu moins tout seul. Nous sommes trois professionnels parisiens de la communication. Rien dans la dernière rentrée littéraire n'a vraiment retenu notre attention. Nous discutons de choses et d'autres, en particulier de l'hiver qui vient. C'est un moment d'une vacuité intéressante. Le café est un peu bruyant. Nous nous quittons bons amis, je crois." Vain, dramatiquement mal foutu et plutôt du genre scélérat, le papier de Launet vaut-il qu'on s'y penche plus ? Non, pas au-delà d'un commentaire simple, pourtant à deux reprises censuré par le modérateur de Libération. Au-delà de ce que je viens d'écrire, j'émettais une petite hypothèse, au moment où la SNCF souffre de maux, disons mécaniques (état du réseau et retards), de tempêtes médiatiques politico-fantasmatiques (le réseau ferroviaire français serait désormais aux mains non plus des obsessionnels du modèle réduit mais de l'ultra gauche)... N'est-ce pas le moment rêvé pour casser le joujou que l'on voit passer par-delà nos campagnes et "se faire" le méga transporteur dans le plus pur style poujadiste, avec cette petite touche amalgamante qui vient épaissir un peu plus l'air du temps... Haro sur la loco par la face culturelle, franchement plutôt valeureuse par les temps qui courent... Suis-je de parti pris ? En effet, je connais bien pour l'avoir souvent accompagnée la stratégie "livres" de la SNCF et je trouve qu'elle a du bon. Comme tous les auteurs et de nombreux lecteurs, je vois dans le train un allié complice. C'est mal, Docteur ? La gratuité de l'attaque opportuniste de Launet, puis la vanité du modérateur de Libé sur internet ne m'incitent guère à la modération. Launet, rhabille-toi pour l'hiver... Joyeuses fêtes !

Isabelle Rabineau

Inscrivez-vous à la lettre de topolivres : 
Pour réagir à cette note, cliquez ici.Créez votre blog
:: note publiée par Isabelle Rabineau :: dans Choses vues - non vues :: le mercredi 24 décembre 2008 ::
:: Lorsque Libé censure :: Au bout du conte :: SNCF ::
:: lien permanent :: signaler cette note à un(e) ami(e) ::
:: commentaires : 1 :: écrire un commentaire ::






:: Jean-Yves Jouannais, L'ENCYCLOPEDIE DES GUERRES (chronique) :: par Isabelle Rabineau :: lundi 8 décembre 2008 ::

Jean-Yves Jouannais n'en fait qu'à sa tête




C'est le noir. Au bout de la salle, juste une table et une chaise qui ne se décident pas à regarder vers le public, pencheraient plutôt en direction de l'écran sur lequel des images, peut-être, vont se succéder. C'est la guerre qui va se dérouler ici. La Petite salle à Beaubourg est impatiente. Jean-Yves Jouannais prend place et à partir de cet instant, il n'en fera qu'à sa tête. Ecrivain, commissaire d'exposition et depuis quelques séances, artiste en performance à Beaubourg, l'observateur des guerres propose en public et à haute voix une encyclopédie que n'aurait pas désavouée André Blavier, le génial collecteur de l'Encyclopédie des fous littéraires. Je m'en souviens parfaitement. Chez lui, en Belgique, assis sur un rebondissant fauteuil club, il parlait avec délices, les avant-bras tendus sur les accoudoirs à idées et à lectures, dont le foin s'effilochait sous ses doigts, ponctuant son discours d'exclamations chevelues. Blavier parlait, le fauteuil approuvait. Sans doute l'Encyclopédie parlée des Guerres de Jouannais est d'ores et déjà identique à celle des Fous littéraires : structurellement inachevée, inédite et irrésolue. Chaque entrée se dérobe à l'analyse conventionnelle, chaque virage opéré par Jouannais échappe à tout contrôle. La voix est le protagoniste principal, et lorsque l'artiste parle la guerre, il découvre en même temps qu'il le décortique en public ce qui fixe son obsession et que nous partageons tous, peu ou prou pour des raisons diverses. Nous sommes partie prenante d'une élaboration sobre, sans faste aucun, dont la provocation réelle a à voir avec les conférences dada, les assemblées zutistes, les exposés d'Isidore Izou ou de Raoul Hausmann. Lorsqu'au détour d'un exposé de sons articulés afin d'honorer l'entrée "BOUM", Jouannais raconte ce qui fait lien pour lui, depuis son enfance, entre le calcul du temps et la compréhension de la guerre, il a huit ans.

A propos de son objet fascinant et repoussant, la guerre, il dit en préambule son irritation, l'agacement que lui causent les commentaires sur les guerres. Il est d'ailleurs sans opinion particulière, ne cherche ni des perles littéraires sur le combat des hommes qu'il ne veut ni expliciter ni chroniquer. Il ne suscite pas plus volontiers une réaction du public, qu'il surprend sans cesse et bien souvent enseigne sans désirer son approbation. Jouannais livre une obsession. En même temps qu'apparaît le mot "CAMOUFLAGE", des images viennent se coller sur l'écran et projettent autre chose que ce que l'on y détecte d'ordinaire : on y lit un projet cohérent, parfois directement artistique, parfois pas. Jean-Yves Jouannais pose des questions, propose quelques pistes. Bien souvent l'heure est grave. Bien souvent quelque chose de très peu décelable, donne profondément le goût de rire.

Isabelle Rabineau

Prochaines séances : les jeudis 11 décembre 2008, 22 janvier, 12 février, 26 mars et 16 avril 2009 à 19h30. Petite salle du Centre Pompidou (place Georges Pompidou, Paris 4ème), niveau -1, entrée libre.


A lire :

"Mardi 21 (mai 1940)
Par moments le cauchemar semble se dissiper. Il flotte plus léger comme des souvenirs en déroute, le long des coteaux, s'accrochant à des brins d'herbe : s'attardant parmi les boutons d'or. Les nouvelles ont une rumeur lointaine ; comme le canon qui tonne de plus en plus rarement en ce temps orageux. Les Allemands sont maintenant le long de l'Aisne mais progressent vers Cambrai, très certainement vers Péronne. Ce n'est ni une langue - stratèges dixerunt - ni une poche ni une tache d'huile : c'est une véritable morsure. Et pour l'en guérir, la France, ce sera rude.
De longues heures à la traîne. Je passe mon temps à laver trois mouchoirs qui s'assombrissent au fur et à mesure que je les lave, à attendre les informations que l'on devine avant de les avoir entendues, à boire du lait condensé abandonné par les Anglais, à chercher une cigarette dont la pénurie devient de plus en plus irrémédiable, à dormir d'un sommeil plus inquiet que la veille."

Valentin Feldman, Journal de guerre (1940-1941) - Imbéciles, c'est pour vous que je meurs !, éd. Farrago 2006

 


Inscrivez-vous à la lettre de topolivres : 
Pour réagir à cette note, cliquez ici.Créez votre blog
:: note publiée par Isabelle Rabineau :: dans Choses vues - non vues :: le lundi 8 décembre 2008 ::
:: Jean-Yves Jouannais, L'ENCYCLOPEDIE DES GUERRES (chronique) ::
:: lien permanent :: signaler cette note à un(e) ami(e) ::
:: commentaires : 0 :: écrire un commentaire ::






:: Douglas Kennedy, PIEGE NUPTIAL (THE DEAD HEART) :: librairie du publicisdrugstore :: vidéo éditions Belfond :: par la rédaction de topolivres :: jeudi 4 décembre 2008 ::

Douglas Kennedy : Piège nuptial (vidéo Belfond)


Douglas Kennedy était le 26 novembre l'invité du publicisdrugstore, à l'occasion de la sortie de Piège nuptial (nouvelle traduction de son premier roman paru sous le titre Cul-de-sac).
Interview Isabelle Rabineau / Vidéo éditions Belfond :




(cliquer sur l'image pour lancer la vidéo - 14 min.)


Douglas Kennedy
Piège nuptial + DVD L'Eloge de la fuite
Traduit de l'anglais (Etats-Unis, The Dead Heart)
par Bernard Cohen
Ed. Belfond, novembre 2008
23 euros


Inscrivez-vous à la lettre de topolivres : 
Pour réagir à cette note, cliquez ici.Créez votre blog
:: note publiée par la rédaction de topolivres :: dans Choses vues - non vues :: le jeudi 4 décembre 2008 ::
:: Douglas Kennedy, PIEGE NUPTIAL (THE DEAD HEART) :: librairie du publicisdrugstore :: vidéo éditions Belfond ::
:: lien permanent :: signaler cette note à un(e) ami(e) ::
:: commentaires : 0 :: écrire un commentaire ::






:: Jean-François Delassus, 14-18 LE BRUIT ET LA FUREUR :: France 2 :: 11 novembre 2008 :: par Isabelle Rabineau :: mercredi 5 novembre 2008 ::

14-18, le bruit et la fureur


14-18, le bruit et la fureur
14-18, le bruit et la fureur / Program33


Documentaire réalisé par : Jean-François Delassus - Musique : Marc Tomasi - Conseillère historique : Annette Becker - Montage : Olivier Martin - Voix : Alexandre Astier - Collaboration à l'écriture : Isabelle Rabineau - Consultants historiques : Joëlle Beurier, Jean-Pierre Verney, Laurent Veray - Restauration et colorisation des archives : Digital Graphics - Production : Fabrice Coat et Christine Doublet, Program33

Une coproduction Program33 - Iota Production - RTBF - ECPAD
En partenariat avec France 2, Planète, la Région Ile-de-France et la Région Picardie
Avec le soutien du Centre National de la Cinématographie et de la PROCIREP
Avec le soutien des Gueules Cassées et du Ministère de la Défense
Avec la TSR Télévision Suisse Romande, la SRC et la TSI Télévision Suisse Italienne

Jeudi 6 novembre à 20h20 sur La Une / RTBF
Mardi 11 novembre à 20h50 sur France 2 (rediffusion samedi 15 à 01h10)


 


14-18, le bruit et la fureur est une oeuvre de cinéma, en grande partie imprégnée du cinématographe des armées du début du XXème siècle. Les archives que ce film donne à voir, colorisées avec rigueur et intelligence par Digital Graphics, sont d'abord de la matière première cinématographique. Des images souvent reconstituées après l'événement ou juste après guerre, sur le théâtre des opérations. On y voit se développer la grande boutique des horreurs dans une chronologie que nous avons apprise dans nos manuels d'Histoire. La tonalité générale de ces archives est plutôt très crue. Il faut dire que l'on n'a pas trouvé de meilleure définition pour 14-18 que "la grande boucherie".

A un siècle de distance, cependant, notre regard transperce le sépia des photographies pour comprendre intuitivement - avec une incroyable sensation d'accélération - les mécanismes profonds, testant dès 14-18 une manière qui nous est parfaitement contemporaine d'envisager la guerre.

Dans 14-18, nous reconnaissons la peur absolue d'être déchiqueté par un obus, cet objet venu de loin administrer la mort, tout auréolé d'une insupportable cruauté car il tuera au hasard parmi la multitude. Le récipiendaire sera choisi par un cône de métal sans cerveau.

Dans 14-18, nous reconnaissons la panique d'être blessé par un corps explosant, libérant des bris de squelette comme autant de poignards : une spécificité des plaies de 14-18.



Dans 14-18, nous reconnaissons un fantasme proche du théâtre d'Anton Tchékhov, celui du temps irrémédiablement perdu et des générations derrière nous juste disparues. Un chemin se referme en 2008, c'est exactement l'instant de ce film.

14-18 raconte un siècle qui s'arrache avec violence à un autre et entraîne dans sa déchirure plusieurs siècles jusqu'à la rupture totale des tissus et ligaments. Une cicatrice palpable, gravée dans les villes et villages sous forme de monuments plantés sur les axes névralgiques : ronds-points, places centrales. Impossible d'y échapper, à 14-18.

Ce temps-là est aussi celui de Jacques Vaché et de ses Lettres du front, celui d'André Breton médecin militaire, celui d'Apollinaire trépané, celui d'Emmanuel Berl écrivant à Marcel Proust son Journal de guerre par missives successives, relisant les lettres de Proust sans cesse, avant de les perdre dans une tranchée. 14-18 est un conflit qui s'écrit. Tous ceux qui savent tenir un stylo trouvent un exutoire et une consolation à écrire et à lire.
Le soldat est fantassin, ses mains sont posées naturellement sur l'encolure d'un cheval, il porte fièrement un uniforme, anachronique, qui date de 1870. Il le sait, les renforts arriveront du monde entier, des colonies françaises également. 14-18 c'est une typologie du soldat presque naïve et homogène que les guerres suivantes auront bien du mal à retrouver telle quelle. C'est le temps du poilu.

Au centre de 14-18, il y a surtout un espace qui troue le cinéma jusque dans sa pratique et ses usages débutants : difficile d'y trouver un sol plane pour les travellings ! Le territoire des combats est lunaire, truffé de vides et de manques, miné d'impasses et de leurres. On creuse des tranchées et des excavations où les vivants cherchent le réconfort de la terre profonde - s'enterrer afin de ne pas mourir et mieux surprendre les autres comme autant de fantômes surgissant des tombes.

Dans ce décor-là de 14-18, nous reconnaissons ce qui nous effraie aujourd'hui. Devenir des sans-abri avec le ventre de la terre comme ultime repli, revenir en arrière - d'abord en 1929, puis en 1914 - et tout perdre comme ceux-là ont tout perdu, jusqu'au geste social le plus banal (se servir d'une fourchette), jusqu'à oublier l'angoisse de perdre la vie (se suicider dans une tranchée en utilisant son arme que l'on manoeuvre du pied afin d'avoir la distance nécessaire pour perforer une zone vitale).

Dans 14-18, nous nous reconnaissons. C'est un miroir ou un autoportrait, au mimétisme flagrant et collectif, au-delà de tout sentiment nostalgique abusif. 14-18 est propice aux fantasmes, certes. C'est que cette guerre est faite d'une complexion spéciale, très malléable. On peut aisément y mouler ses empreintes, s'y façonner une "mémoire d'avant". Réalisés essentiellement dans la boue, le terreau et la glaise, les gestes des soldats sont bien sûr toujours et encore les nôtres. Instinctivement nous les reconnaissons, ce sont ceux des cauchemars enfantins les plus ancestraux. Repousser la boue qui emplit la bouche, échapper à la suffocation de la noyade, refuser d'être emmuré, ne pas comprendre que l'on puisse être enterré.

Voici ce que ce film exhale, à force d'images violentes, vibrantes, parfois maladroites. Aucune d'elles ne parvient à maquiller le désarroi spécifique de cette tragédie individuelle multipliée par millions.



Pour ce qui concerne les clivages entre historiens à propos de la grande guerre, le consentement à la guerre est retenu dans ce film comme axe principal. Rappelons que trois grandes écoles coexistent aujourd'hui en France parmi les historiens, le consentement à la guerre, la contrainte ou la résignation. La résignation tente, je simplifie énormément, un consensus entre consentement et contrainte. C'est la piste d'Annette Becker, celle du consentement à la guerre, conseillère historique depuis le début du projet, qui a été retenue.

Ce film est aussi une symbiose particulièrement inattendue, celle d'une aventure collective. 14-18, le film, s'est trouvé une Loi, sa Loi, qu'il a suivie coûte que coûte : un commentaire posé sur les images à la manière d'une voix intérieure. Ce fut l'intuition, presque l'obsession de Fabrice Coat et Christine Doublet, producteurs à Program33. Cette voix fait écho à la musique originale et admirable, composée sans emphase, pleine de violence retenue, par Marc Tomasi. Et puis il y a les sons, très présents, ceux du chaos mais aussi ceux relatifs à l'humour qui signent le film et lui constituent tout son squelette - bel ouvrage de Jean Holtzmann et du monteur son Damien Bouvier renforçant ainsi le montage d'archives (plus de 90 pistes son pour ce film documentaire : du jamais vu !) orchestré par le réalisateur Jean-François Delassus, assisté avec justesse par Olivier Martin. A Lyon, Yoann Veyrat fut exemplaire au studio Miroslav-Pilon. Les images saisissantes de ce film ont été revues dans la constante obstination de leur faire honneur par Patricia Boutinard-Rouelle et Clémence Coppey, à France 2.
Pour ma part, sous la houlette de toute cette équipe (Catherine Constant-Grisolet à la direction de la production), j'ai réécrit le texte, qui est avant tout un monologue de soldat. Il fallait inventer le corps exact de sa voix, son nom, celui de sa femme, donner à imaginer en peu de mots ses habitudes, ses désirs, la portée de son regard et son acuité. Il était bien trop seul pour un soldat, il lui fallait un ami, Léon, des peurs et des angoisses, des rires et des notations quotidiennes. Cet ami-là, évasif, presque en pointillés, est le point aveugle vers lequel le film tend. Cet ami, c'est forcément le soldat inconnu qui se trouve au coeur de tout soldat qui parle. La figure du soldat inconnu m'effraie autant qu'elle m'en impose. J'ai mis longtemps à comprendre le dispositif mémoriel (feu et fonte) placé au-dessous de l'Arc de Triomphe. Est-ce qu'un soldat est toujours inconnu à ses propres yeux, est-il un inconnu pour l'homme dissimulé sous l'uniforme ?

Bref, pour expliciter mieux, il a fallu se mettre au coeur de la tranchée, rendre compte concrètement des positions et en revenir souvent aux livres sur 14-18 afin de désigner encore la violence, les suicides, le dispositif des champs de bataille.



14-18, sans doute, ne se saisit bien que de cette manière, par le récit de l'un qui évoque le destin de l'autre. Ou bien est-ce la guerre elle-même qui invoque le souffle du roman ? Il me semble que 14-18 a un rapport particulier au récit. Cette guerre a été racontée, dans des milliers de versions diverses, par ses protagonistes. Comme les obus, les lettres de poilus surgissent toujours et encore dans notre décor urbain, au détour d'un stand de marché aux puces ou dans un grenier.

Il fallait une voix pour charrier l'ensemble des tensions propres à la guerre de 1914-1918, la volatilité cauchemardesque des gaz autant que le souffle des obus. Il fallait une respiration apte à trouver son rythme dans l'enfer des canons de l'artillerie et le moelleux acide des chansons de poilus. Il fallait un tempérament propice à libérer le dynamisme prompt de ce jeune siècle où la vitesse se révélait. Capable aussi, dans le même temps, d'éprouver l'accent dérisoire de toute guerre d'un timbre incarné, métallique qui parfois se fragilise jusqu'à l'apnée. Alexandre Astier, le créateur de Kaamelott, est porteur de cette voix-là. Son sens de l'ellipse, toujours articulé à un châssis narratif d'une logique implacable, est pédagogique. C'est paradoxal, mais c'est ainsi. C'est l'un des charmes d'une écriture dont Kaamelott ne figure, à mes yeux, que la première épure.
J'ai beaucoup regardé Kaamelott en me demandant par quel magnétisme Alexandre Astier fait passer la poésie au milieu des gags avec un charisme digne des productions du Groupe Octobre. C'est sans doute que la poésie, shakespearienne, n'est nullement esquivée par l'auteur. Bien au contraire. Elle est acceptée comme telle, dans toute sa sauvagerie. Entraînée par la force d'attraction de la voix d'Alexandre Astier, elle s'exprime parmi les dialogues qu'il place dans la bouche de ses personnages jusque dans l'orgue dramatique du personnage principal, l'auteur lui-même, vers lequel tous les autres timbres se diffusent. A sa manière, Kaamelott est un opéra, tout en ondes et en tensions (rires et pleurs, foule et solitude).
Alexandre Astier, auteur autant que comédien, place sa voix dans le théâtre d'ombres de 14-18, trouve ses formulations à lui et améliore le texte, en goûtant le débit, percevant son rythme intime, corrigeant ses imperfections, magistralement. Avant Kaamelott, Astier avait "tourné" dans un spectacle théâtral sur 14-18 basé sur les lettres de poilus, Nous crions Grâce. Nous l'ignorions.



Enfin, je m'interroge : 14-18, le bruit et la fureur est-il exactement un documentaire ? Je n'en suis pas sûre. Le monologue du soldat, tout en suivant les images seconde après seconde, emporte le film vers une dimension pas forcément interprétative ni fictionnelle, mais récitative, en chair et en os, en direct en quelque sorte. Finalement, la voix est un prélude respectueux aux images, qu'elle ne corrompt ni n'oblitère. Choeur ou récitant emprunté au genre tragique, c'est un peu comme si d'aujourd'hui et d'hier, elle retrouvait des empreintes perdues dans la boue.
Celles d'un soldat et puis d'un autre (et d'un autre et d'un autre etc.) que l'on suivrait à l'infini dans le passé tout en sachant qu'il n'est ni tout à fait présent ni tout à fait disparu, à la fois témoin, passant par là, regardant la guerre à travers le prisme de ses désirs et de ses frustrations, et des nôtres tout autant.
Ceux qui verront ce film poseront peut-être, en commentant cette note (cliquer ici), leur vision...

Isabelle Rabineau


Stéphane Audoin-Rouzeau & Annette Becker
14-18, retrouver la Guerre
Ed. Gallimard, folio histoire 2003
7,90 euros


Inscrivez-vous à la lettre de topolivres : 
Pour réagir à cette note, cliquez ici.Créez votre blog
:: note publiée par Isabelle Rabineau :: dans Choses vues - non vues :: le mercredi 5 novembre 2008 ::
:: Jean-François Delassus, 14-18 LE BRUIT ET LA FUREUR :: France 2 :: 11 novembre 2008 ::
:: lien permanent :: signaler cette note à un(e) ami(e) ::
:: commentaires : 12 :: écrire un commentaire ::






:: L. Sedel, CHIRURGIEN AU BORD DE LA CRISE DE NERF + C. Mabrut, DIM + E. Erwitt, DOGS & NEW YORK + N. Becker, VIDEO D'ENTREPRISE + J.-F. Kahn, POURQUOI IL FAUT DISSOUDRE LE PS + D. Kennedy, PIEGE NUPTIAL + A. Martinetti & F. Rivière, LA SAUCE... :: par la rédaction de topolivres :: mercredi 5 novembre 2008 ::

Signatures / entretiens au publicisdrugstore (novembre)


Jeudi 6 novembre de 12h45 à 14h /
Laurent Sedel


Chirurgien au bord de la crise de nerf
Ed. Albin Michel 2008

Mercredi 12 novembre de 12h45 à 13h30 /
Claire Mabrut


DIM - 50 ans de mode et de liberté
Ed. Ramsay 2008

Mercredi 12 novembre
de 13h30 à 14h / Elliott Erwitt


Elliott Erwitt's Dogs
Elliott Erwitt's New York
Ed. TeNeues 2008

Mardi 18 novembre de 18h15 à 20h /
Nathanaël Becker


Vidéo d'entreprise et communication
Ed. Vuibert 2008

Jeudi 20 novembre de 12h45 à 14h /
Jean-François Kahn


Pourquoi il faut dissoudre le PS
Ed. Larousse 2008

Mercredi 26 novembre de 12h45 à 14h /
Douglas Kennedy


Piège nuptial
Ed. Belfond 2008

Jeudi 27 novembre de 12h45 à 14h /
Anne Martinetti & François Rivière

La Sauce était presque parfaite -
80 recettes d'après Alfred Hitchcock

Ed. Cahiers du cinéma 2008

Interviews réalisées par Isabelle Rabineau
Librairie du Publicis Drugstore - 133, avenue des Champs Elysées - Paris 8ème



Inscrivez-vous à la lettre de topolivres : 
Pour réagir à cette note, cliquez ici.Créez votre blog
:: note publiée par la rédaction de topolivres :: dans Agenda :: le mercredi 5 novembre 2008 ::
:: L. Sedel, CHIRURGIEN AU BORD DE LA CRISE DE NERF + C. Mabrut, DIM + E. Erwitt, DOGS & NEW YORK + N. Becker, VIDEO D'ENTREPRISE + J.-F. Kahn, POURQUOI IL FAUT DISSOUDRE LE PS + D. Kennedy, PIEGE NUPTIAL + A. Martinetti & F. Rivière, LA SAUCE... ::
:: lien permanent :: signaler cette note à un(e) ami(e) ::
:: commentaires : 0 :: écrire un commentaire ::






:: Livres à Show 2008 :: librairie du publicisdrugstore :: vidéo lefigaro.fr :: par la rédaction de topolivres :: lundi 20 octobre 2008 ::

Livres à Show 2008 (vidéo Le Figaro.fr)


Livres à Show au publicisdrugstore le 16 octobre 2008
Reportage Armand de Tinguy et Aurélia Vertaldi / lefigaro.fr




(cliquer sur l'image pour lancer la vidéo - 2 min.)


Inscrivez-vous à la lettre de topolivres : 
Pour réagir à cette note, cliquez ici.Créez votre blog
:: note publiée par la rédaction de topolivres :: dans Choses vues - non vues :: le lundi 20 octobre 2008 ::
:: Livres à Show 2008 :: librairie du publicisdrugstore :: vidéo lefigaro.fr ::
:: lien permanent :: signaler cette note à un(e) ami(e) ::
:: commentaires : 0 :: écrire un commentaire ::






:: Percival Everett, EFFACEMENT > DESERT AMERICAIN > BLESSES > GLYPHE (critique) :: par Isabelle Rabineau :: lundi 13 octobre 2008 ::

Horses




Percival Everett a un secret : il joue follement avec les mots. Professeur de littérature, il possède aussi un ranch où il dresse des chevaux. Dans Blessés, roman traduit de l'américain en français en 2007 par Anne-Laure Tissut, la connaissance des équidés ouvre des perspectives passionnantes sur l'énonciation, l'ellipse mais aussi l'effroi de prononcer les mots. Pour Percival Everett, j'en suis sûre, les mots sont des chevaux.

Dans ce jeu avec des mots indomptables, l'auteur ira jusqu'à la soustraction de termes dans la phrase, voire leur extinction, à l'intérieur d'un livre presque autiste à force de génie enclos, Effacement, où les mots rejoignent leur point d'aveuglement. Cet ouvrage, un chef-d'oeuvre, propose à ses lecteurs des pages sibyllines comme autant d'équations proposées à leur intelligence et leur bêtise, car Everett, on l'a dit, se joue de tout.

Dans Blessés et Glyphe (parution le 3 novembre 2008), la langue est fuyante autant que mimétique. Séduisante, effrayée d'un rien, elle règne sur le royaume d'une mémoire infinie. Sa plastique poétique - en mouvement - est à se damner.

L'observation des animaux, silences et sons, tumulte et respiration, est dans Blessés une énigme constante. Enigme sublimée par ce que l'auteur laisse apercevoir de ce qu'il pressent au contact des animaux. Soit un langage synchrone aux paysages traversés et aux amours brûlées. Un magma épidermique. Les mots disent la circonférence d'une présence, peut-être d'une idée, pourtant ils ne signifient rien, sinon, charnue, une humeur corporelle vaporeuse, légèrement tremblée entre les lèvres.

Il se trouve que Percival Everett dispose également d'un prénom qui évoque à tout lecteur européen le Perceval de Chrétien de Troyes et sa dimension métaphysique. Perceval est ce jeune chevalier, absent à lui-même et sans mots, ce jour où il s'aperçoit qu'il est un mortel, halluciné devant des taches de sang apparues sur la neige. Un sang vif sur le givre : voilà que la mort et la vie s'étreignent et font de Perceval un être qui doute. Désormais le voici assuré de mourir, lui qui se pensait invincible. Cette magistrale leçon d'abstraction - un tableau de Malevitch - issue du conte médiéval n'échappera pas, en écho, au Giono d'Un roi sans divertissement.

Le tableau des traces de sang sur la neige réapparaît, dans un bégaiement, au sein de Blessés où un coyote écorché vif, sur trois pattes, laisse de semblables traces de son calvaire, soit un pigment carmin sur le blanc étincelant de la plaine. D'un tableau l'autre.

Dans Blessés, roman faussement linéaire proche d'une épopée sentimentale au Far West, tous les personnages sont blessés de manière visible ou dissimulée. Certains le sont pour leur couleur de peau, leur vie sexuelle ou leurs convictions et l'on sent comme une fièvre enfler la rumeur de l'intolérance dans les entrailles d'une Amérique contemporaine avide d'être rassurée. Au détour d'un chapitre, une vache tuée dans un ranch appartenant à un fermier indien fait à nouveau couler le sang sur la neige. Puis un bovin abattu d'une balle de carabine en pleine tête indique par la position de son cadavre un livre de chair et de sang, en train de s'écrire : "La tête de l'animal n'était plus qu'une masse sanguinolente, trouée de plusieurs coups de fusil. Cette fois, la bête avait été éventrée, et son sang avait trempé le sol, avant de couler, se mêlant à la neige fondue, jusqu'au bord de l'eau. Le sol souillé avait noirci. (...) Daniel se pencha, saisit la bâche par un coin et la retira. Inscrits en rouge sur la neige, avec le sang de la bête, s'étalaient les mots Nègre rouge".

La littérature s'écrit partout. Dans les champs ou les grottes, entre deux boxes de chevaux, face au désert rouge d'une plaine ensablée, entre deux corps. Partout où la profondeur poétique du monde entaille l'herbe, la pierre, la neige ou le sable. D'où l'empreinte picturale des romans de Percival Everett, dans lesquels l'ambiguïté de ce qui est tu existe autant que ce qui est prononcé. Cadres narratifs et territoires sont délimités par un langage qui repousse l'idée de frontière pour approcher une mixité des sols, des cieux et des horizons, exactement comme sur les toiles de Mark Rothko.

Les dialogues tournent souvent au lancer de couteaux, au jeter de lasso, entre père et fils, vivants et morts, hommes et animaux. Le langage est un jeu mathématique et abstrait dont on ne discerne qu'une peau signifiante, alors que chaque mot traîne avec lui ses propres morts et recèle tendresse et sauvagerie. Dans Blessés, je vous le jure, on lit les animaux parler.

Les mots sont ces chevaux. On lira dans Blessés le parcours de Fléau, une mule passant des jours entiers à glisser sa tête puis tout son corps sous les planches de son boxe pour éprouver la vertigineuse sensation de sa liberté.
Fléau c'est le cheval regardant, le cheval antique. Celui qui observe, entre deux palissades et au-delà de l'oeillère. Fléau, c'est Everett. Voyez ce face à face : "Je repris le chemin de la maison bien avant l'aube. Avec les ronflements de Zoe (la chienne), je n'avais pu fermer l'oeil et, je ne sais pourquoi, la proximité de la grotte rendait mon cheval nerveux. En traversant le ruisseau, puis en passant le portail sud, je sentis qu'il se passait quelque chose d'anormal du côté de l'écurie. Quand j'atteignis le bout du champ immense, je n'en crus pas mes yeux : la mule, allongée sur le flanc, essayait de se faufiler sous le barreau inférieur de la palissade. Toujours en selle, je m'approchai lentement afin de mieux voir. Elle n'avait réussi à sortir que la tête et le cou, mais ils étaient bien engagés. La mule ouvrit tout grand l'oeil droit, me regarda sans émoi, à la manière typique des mules. Elle laissa retomber sa tête dans la poussière et resta immobile".

Glyphe, à paraître cet automne, est une merveille d'humour grisant car Percival Everett n'est pas du tout un cynique. C'est un comique et un tragique puissant. Longtemps qu'un livre n'aura ainsi mérité l'expression, rire à gorge déployée. Entre la causticité désopilante des Marx Brothers et la ténèbre illuminée d'un Stanley Kubrick, Percival Everett imagine les débuts dans la vie d'un poupon archidoué. Le petit génie est évidemment mû par son extraordinaire aptitude au langage. L'occasion pour l'auteur de poser mille questions sur l'origine des mots et leur entendement, dans une sorte de manuel de l'écrivain naissant, écrit par lui-même à mesure qu'il grandit et devient de plus en plus "écrivant". A ceci près que chez Percival Everett, que d'aucuns parmi les journalistes littéraires continuent à lire uniquement comme un "écrivain noir" (c'est effectivement la couleur de sa peau et c'est aussi sans doute l'une des raisons qui crée chez Everett ce système de prévention et de défense renversant jusqu'à la paranoïa certitudes et situations), rien n'est jamais aussi simple : car le petit génie ne parle pas. Il écrit.

L'incipit qui suit, aussi troublant que définitif, donne un très rapide point de vue sur le talent de l'auteur qui est aussi un peintre (en plus de posséder un ranch), comme lui-même nous l'apprit lors de son passage au Drugstore des Champs Elysées où il signa ses ouvrages en présence de Dominique Chevalier, laquelle interpréta en français ses propos. Sur la vidéo jointe, vous apercevrez, entre autres, l'écrivain Claro, présent dans le public, qui s'adresse à l'auteur. Voici l'incipit et c'est un bébé qui l'écrit : "Je choisis de commencer par l'infini, qui demeure ce qui m'est le plus proche".

Isabelle Rabineau

Percival Everett est né en 1956 dans le sud des Etats-Unis. Diplômé de littérature et de philosophie, il enseigne aujourd'hui à la Southern California University. Il a publié des ouvrages de poésie, des nouvelles et de nombreux romans dont trois sont traduits en français chez Actes Sud : Effacement (2004), Désert américain (2006) et Blessés (2007). Les trois livres sont disponibles dans la collection Babel.



Percival Everett
Blessés
Traduit de l'anglais (Etats-Unis, Wounded) par Anne-Laure Tissut
Ed. Actes Sud 2007
20 euros



Percival Everett
Glyphe
Traduit de l'anglais (Etats-Unis, Glyph) par Anne-Laure Tissut
Ed. Actes Sud, novembre 2008
20 euros


Inscrivez-vous à la lettre de topolivres : 
Pour réagir à cette note, cliquez ici.Créez votre blog
:: note publiée par Isabelle Rabineau :: dans topolivres :: le lundi 13 octobre 2008 ::
:: Percival Everett, EFFACEMENT > DESERT AMERICAIN > BLESSES > GLYPHE (critique) ::
:: lien permanent :: signaler cette note à un(e) ami(e) ::
:: commentaires : 1 :: écrire un commentaire ::






:: Percival Everett, GLYPHE (GLYPH) < BLESSES (WOUNDED) :: librairie du publicisdrugstore :: Paris :: 30 septembre 2008 (interview vidéo) :: par la rédaction de topolivres :: lundi 13 octobre 2008 ::

Horses (video)


Entretien avec Percival Everett filmé au Publicis Drugstore (Paris 8ème)
le 30 septembre 2008.

Interview Isabelle Rabineau / Interprète Dominique Chevalier /
Vidéo Alice Guzzini.




(cliquer sur l'image pour lancer la vidéo - 17 min.)



Percival Everett
Blessés
Traduit de l'anglais (Etats-Unis, Wounded) par Anne-Laure Tissut
Ed. Actes Sud 2007
20 euros



Percival Everett
Glyphe
Traduit de l'anglais (Etats-Unis, Glyph) par Anne-Laure Tissut
Ed. Actes Sud, novembre 2008
20 euros


Inscrivez-vous à la lettre de topolivres : 
Pour réagir à cette note, cliquez ici.Créez votre blog
:: note publiée par la rédaction de topolivres :: dans topotv :: le lundi 13 octobre 2008 ::
:: Percival Everett, GLYPHE (GLYPH) < BLESSES (WOUNDED) :: librairie du publicisdrugstore :: Paris :: 30 septembre 2008 (interview vidéo) ::
:: lien permanent :: signaler cette note à un(e) ami(e) ::
:: commentaires : 0 :: écrire un commentaire ::






:: Livres à Show :: jeudi 16 octobre :: librairie du publicisdrugstore :: rentrée éditoriale automne 2008 :: par la rédaction de topolivres :: lundi 6 octobre 2008 ::

Livres à Show au publicisdrugstore (16 octobre)





35 auteurs à livres ouverts


Livres à Show, c'est le rendez-vous annuel des auteurs qui font la rentrée éditoriale dans toute sa diversité, ses découvertes et ses best-sellers.

Le 16 octobre, 35 auteurs seront installés dans la librairie du publicisdrugstore pour des rencontres, interviews, slams et lectures.



Avec la participation de :


Bertille Soullier, comédienne

Bertille lira des extraits de tous les livres des auteurs invités.

Toma Roche, slameur

Toma slamera des extraits des livres des auteurs invités.

Le véritable Wolverine des X-men
dédicacera X-men Pop-up, Panama


Le plus charismatique des X-men posera sa griffe sur votre livre.


1ère partie : 12h - 14h30

A partir de 12h


David Abiker
Contes de la télé ordinaire, Michalon + conférence sur le buzz vidéo


Le maestro dira tout sur les buzz vidéos et racontera la tv.

Vincent Chenille & Claire Dixsaut
Bon appétit, Mister Bond, A. Viénot ed.


Pour tous ceux qui s'appellent James et savent aussi cuisiner.

Dupuy & Berberian
Bienvenue à Boboland, Fluide Glacial / Audie


Le livre culte des bobos et de leurs ennemis.


2ème partie : 18h - 20h30

A partir de 18h


Eliette Abécassis
Mère et fille, un roman, Albin Michel


Le roman vrai de deux inséparables très lookées.

Nicole Bacharan
Le Petit livre des élections américaines, Panama


Obama et McCain par une profileuse spécialisée USA.

Sophie Dudemaine
Les Soupes de Sophie, Minerva


Vous aimez les cakes, vous adorerez les soupes !

Anny Duperey
De la vie dans son art..., Le Seuil


Belles correspondances entre amies.

Faïza Guène
Les Gens du Balto, Hachette Littératures


Le nouvel Opus de l'excellente jeune auteure.

Claude Lebey
Où bien manger quoi à Paris, Guide 2009, Albin Michel


Le seul indispensable vraiment nécessaire !

Jean Peyrelevade
Sarkozy, l'erreur historique, Plon


L'essai best-seller coup de poing de la rentrée.

Olivier Ranson
Jacques Chirac, les vacances de l'ex, Hugo ed.


"Que faire après l'Elysée ?" par un dessinateur avisé.


A partir de 19h


Raphaëlle Bacque
L'Enfer de Matignon, Albin Michel


La méthode pour ceux qui se voient bien premier ministre.

Michèle Cotta
Cahiers secrets de la Ve République, Fayard


Tout sur la coulisse des médias et du politique.

Mathias Enard
Zone, Actes Sud


Le train littéraire le plus aventureux de la rentrée.




3ème partie : 20h - 23h

A partir de 20h


Elie Barnavi
L'Europe frigide, André Versaille ed.


Essai brillantissime sur l'Europe à venir.

Jean-Christophe Cambadélis
Le Génie du socialisme, Plon


Le bréviaire politique d'un observateur très privilégié.

Olivia Elkaim
Les Graffitis de Chambord, Grasset


Ultrasensible premier roman d'une jeune femme lucide.

Frédérick e. Grasser-Hermé
2 ouvrages, A. Viénot ed.


Deux bibles inspirées pour apprentis cuisiniers.

Colombe Schneck
Val de Grâce, Stock


La vie extraordinaire et singulière d'un appartement parisien.


A partir de 21h


Serge Bramly
Le Premier principe, le second principe, Lattès


Des vertus de l'espionnage et du secret romanesques.

Roger Cukierman
Ni fiers ni dominateurs, ed. du Moment


La biographie d'un honnête homme.

Kaori Endo
Une Japonaise à Paris, Minerva


Paris, vu et dévoré par une Japonaise épicurienne.

Pierre Hermé
Macaron, A. Viénot ed.


Parce qu'un jour vous aussi inventerez votre macaron.

Régis Jauffret
Lacrimosa, Gallimard


Lettre de l'écrivain à la jeune femme morte.

Maylis de Kerangal
Corniche Kennedy, Verticales


Pour la grâce absolue d'une fable marseillaise.

Guillaume Serina
Barack Obama ou le nouveau rêve américain, L'Archipel


Obama, vu par un français installé aux USA.


A partir de 22h


Alicia Drake
Beautiful people, Denoël


Le livre que toutes les fashion victims s'arrachent.

David Foenkinos
Nos séparations, Gallimard


David Foenkinos, de retour au drugstore un an après Livres à Show 1.

Philippe Forest
Araki enfin, Gallimard


Une magnifique élégie d'un artiste par un autre.

Bertrand Latour
Un milliard et des poussières, Hachette Littératures


Pour voyager en limousine VIP, conduit par Bertrand Latour.

Jean-Pierre Lavoignat & Christophe d'Yvoire
Mesrine, Sonatine ed.


Le livre somme pointé sur l'ennemi public numéro 1.

Hisayuki Takeuchi
Sushi Bar, Minerva


Entrez dans le laboratoire du plus épique des Japonais cuisiniers.

Aude Walker
Saloon, Denoël


Sublime plongée en eaux troubles pour les accros au Costes.


Programmation et interviews par Isabelle Rabineau
Librairie du Publicis Drugstore - 133, avenue des Champs Elysées - Paris 8ème




Inscrivez-vous à la lettre de topolivres : 
Pour réagir à cette note, cliquez ici.Créez votre blog
:: note publiée par la rédaction de topolivres :: dans Agenda :: le lundi 6 octobre 2008 ::
:: Livres à Show :: jeudi 16 octobre :: librairie du publicisdrugstore :: rentrée éditoriale automne 2008 ::
:: lien permanent :: signaler cette note à un(e) ami(e) ::
:: commentaires : 1 :: écrire un commentaire ::








Inscrivez-vous à la lettre de topolivres

Votre adresse e-mail :

Syndiquez ce blog




topolivres

topodcast

Salon du Livre de Paris

topotv

Choses vues / non vues

What's up doc

topoagenda

topoastro

La griffe webomaniaque

Carré topique

topocollection


Fétish Box


:: Lorsque Libé censure :: Au bout du conte :: SNCF

:: Jean-Yves Jouannais, L'ENCYCLOPEDIE DES GUERRES (chronique)

:: Douglas Kennedy, PIEGE NUPTIAL (THE DEAD HEART) :: librairie du publicisdrugstore :: vidéo éditions Belfond

:: Jean-François Delassus, 14-18 LE BRUIT ET LA FUREUR :: France 2 :: 11 novembre 2008

:: L. Sedel, CHIRURGIEN AU BORD DE LA CRISE DE NERF + C. Mabrut, DIM + E. Erwitt, DOGS & NEW YORK + N. Becker, VIDEO D'ENTREPRISE + J.-F. Kahn, POURQUOI IL FAUT DISSOUDRE LE PS + D. Kennedy, PIEGE NUPTIAL + A. Martinetti & F. Rivière, LA SAUCE...

:: Livres à Show 2008 :: librairie du publicisdrugstore :: vidéo lefigaro.fr

:: Percival Everett, EFFACEMENT > DESERT AMERICAIN > BLESSES > GLYPHE (critique)

:: Percival Everett, GLYPHE (GLYPH) < BLESSES (WOUNDED) :: librairie du publicisdrugstore :: Paris :: 30 septembre 2008 (interview vidéo)

:: Livres à Show :: jeudi 16 octobre :: librairie du publicisdrugstore :: rentrée éditoriale automne 2008

:: Dimitri Tsykalov, MEAT (exposition à la Maison Européenne de la Photographie)

:: Jean-Yves Jouannais, L'ENCYCLOPEDIE DES GUERRES (conférences-performances au Centre Pompidou)

:: J. Attali, DU CRISTAL A LA FUMEE + R. Deforges, A PARIS AU PRINTEMPS ÇA SENT LA MERDE ET LE LILAS + S. Pincas & M. Loiseau, UNE HISTOIRE DE LA PUBLICITE + M. Even, OBAMA LE NOUVEAU REVE AMERICAIN + P. Druilhe, WELCOME TO AMERICA + P. Everett, BLESSES

:: William T. Vollmann, POURQUOI ETES-VOUS PAUVRES ? (POOR PEOPLE) :: rentrée littéraire septembre 2008

:: Maylis de Kerangal, CORNICHE KENNEDY :: rentrée littéraire août 2008

:: Dominique Quessada & Camille de Toledo, MYTHOPHONIES :: France Culture 21 juillet - 22 août 2008

:: Jean-Louis Debré, LES OUBLIES DE LA REPUBLIQUE + François Rollin, CAHIER DE VACANCES POUR ADULTES ETE 2008 :: signatures entretiens à la librairie du publicisdrugstore

:: Laura Zavan, MA LITTLE ITALY > PANNA COTTA > PETITES CUILLERES ITALIENNES + Stéphanie Bulteau, PANNA COTTA

:: F. Durpaire, L'AMERIQUE DE BARACK OBAMA + Emmanuel Petit, A FLEUR DE PEAU + D. Cohen & Ph. Askenazy, 27 QUESTIONS D'ECONOMIE CONTEMPORAINE + B. Jeauffroy & V. Leret, DANDYSMES 1808-2008 + D.S Schiffer, PHILOSOPHIE DU DANDYSME + Clea, MES P'TITES GAMELLES

:: David Lynch, MON HISTOIRE VRAIE (CATCHING THE BIG FISH) :: librairie du publicisdrugstore :: Paris :: 6 mai 2008 (interview vidéo)

:: Finale de la Coupe d'Europe de Rugby Toulouse Munster (chronique)

:: David Lynch, MON HISTOIRE VRAIE (CATCHING THE BIG FISH) + Juliette Michaud, JUNKET :: librairie du publicisdrugstore :: Paris :: 6-13 mai 2008 (chronique)

:: David Lynch, MON HISTOIRE VRAIE (CATCHING THE BIG FISH) + Mark Z. Danielewski, O REVOLUTIONS (ONLY REVOLUTIONS) par Claro ::