INVITATION CHEZ Mr C.
Nouvelles
BDSM

Disponible au format livre (Broché, 16,60x23,39 cm cm, 85 pages) ou en téléchargement.
Au travers de sept nouvelles, Christine Arven nous entraîne dans l'intimité d'un couple hors normes.
Elle, est une femme qui sous l'aspect lisse de la mère de famille classique, cache un monde de désirs inavouables. Lui, Monsieur C., lui permettra de donner corps et vie à ses fantasmes les plus crus et les plus osés. Ensemble, et en toute liberté, ils s'aventureront dans ces lieux étranges où douleur et plaisir, épanouissement et avilissement se mêlent et se confondent et où les corps exultent sans contraintes et sans tabous.
Une nouvelle fois Christine Arven explore avec une innocente crudité, tant dans les mots que dans les situations décrites, ce monde du BDSM qui heurte tant de monde et ose aller au-delà d'un érotisme fade et convenu.
Extrait:
La dernière fois où nous nous sommes vus, Monsieur C m'avait demandé de le rejoindre chez lui le matin à 10h30 précise. Vous ai-je déjà parlé de la maniaquerie de Monsieur C en matière d'horaire? Pour lui il s'agit de n'arriver ni en avance et, bien sûr, encore moins en retard ce qui serait impardonnable et donnerait lieu à punition.
Sachant cela et quoique à vrai dire j'aime bien être punie par Monsieur C (mais il ne faut pas abuser de ces plaisirs ou, du moins, les provoquer), j'avais fait en sorte d'arriver suffisamment tôt chez lui quitte à attendre dans ma voiture l'heure de notre rendez-vous. En fait, j'avais tellement peur d'arriver en retard que, la fluidité de la circulation ce jour là aidant, je m'étais garée devant son immeuble avec une bonne demi heure d'avance. Le temps de fumer une cigarette tranquillement pensai-je puisque il est formellement interdit d'allumer la moindre cigarette dans l'appartement de Monsieur C qui a horreur de l'odeur du tabac.
Tout en exhalant lentement la fumée, je repassai dans ma tête les détails de ma tenue espérant n'avoir rien oublié. Comme il me l'avait ordonné, j'avais revêtu une guêpière ce jour là en satin vert émeraude bordée de dentelles noire agrémentée de fines porte-jarretelles retenant des bas en soie noire. Le devant de la guêpière, échancré jusqu'au nombril, découvrait bien mes seins. Un minuscule string qui plus est fendu de part en part à l'entrejambe laissait le libre accès à mon sexe parfaitement épilé et à mon cul. A mes pieds, j'avais chaussé de fins escarpins en cuir noir aux talons d'une vertigineuse hauteur. Assurément pas commode pour marcher mais, ce jour là, absolument indispensables. Une jupe évasée noire mi-longue ainsi qu'un large chemisier en voile transparent noir également complétaient ma tenue. A vrai dire, pas vraiment la tenue idéale pour déambuler dans les rues. Heureusement, la fraîcheur du temps m'autorisait à me couvrir d'un manteau. Ceci étant, la distance entre ma voiture et l'entrée de l'immeuble m'apparaissait soudain immense...
Je jetai un coup d'œil vers l'horloge de la voiture. 10h13. "Que le temps passait lentement! Encore un bon quart d'heure à attendre" pensai-je en allumant, rendue fébrile par l'attente, une deuxième cigarette Les minutes semblaient durer des heures. Lentement, quoique j'y fasse, je sentais monter en moi une impatience qu'il m'était de plus en plus difficile de juguler. Dans ma tête virevoltaient en un mélange confus, les souvenirs de mes précédentes rencontres avec Monsieur C qui, sans avoir jamais fait preuve de violence ou de cruauté, n'était pas moins sans aucune complaisance à mon égard.
Je nous revoyais dans cette chambre d'hôtel qu'il m'avait demandé de retenir. Babette qui avait eu l'heureuse idée de me présenter Mr C, était de la partie ce jour-là. Il nous avait demandé de l'attendre agenouillées cote à cote sur le lit, les fesses dirigées vers la porte, les yeux bandés, seulement vêtues de nos guêpières. Avec un sourire, je me remémorais l'appréhension de Babette qui ignorait totalement qui devait nous rejoindre. Bien sûr, je m'étais bien gardée de lui donner le moindre indice.
Je me demandai quelle surprise, Monsieur C me réservait à mon tour aujourd'hui. Peut-être pensai-je avec un frisson de contentement, T. sera là aussi... Puis, je me souvins, non sans appréhension, du dernier texto que m'avait adressé Monsieur C. Machinalement, je pris mon téléphone et relus ce qu'il m'avait écrit: " Sachez, miss Poisson-Lune que vous serez punie de votre outrecuidance car vous avez oublié comment vous devez parler à votre Maître"
Effectivement, Monsieur C avait raison. La réponse que je lui avais faite pour lui confirmer que je serai bien au rendez-vous qu'il m'avait fixé, avait été pour le moins laconique. J'avais éludé, trop occupée par mes occupations quotidiennes, les bases du plus élémentaire respect dans lequel je devais, en toutes circonstances, m'adresser à lui. Je m'en voulais un peu pour cette faute après tout pas si grave et tout à fait légitime pensai-je mais qui, je le savais, ne pouvait rester impunie. La façon dont je devais m'adresser à Mr C était tacitement établi entre nous par un code bien précis auquel, même si je n'en comprenais pas la réelle nécessité, je me pliais généralement de bonne grâce comme faisant partie intégrante de nos jeux. Une façon de bien définir nos rôles respectifs plus qu'un véritable désir pour lui de marquer sa domination sur moi.
Comme si je voulais encore amplifier mon appréhension, je relus également le texto qu'il m'avait adressé le matin même qui ne laissait aucun doute sur ce qui m'attendait ce jour là: "Ta venue est attendue, ta punition est prévue, tu seras remplie et défoncée, tu partiras abreuvée et repue. Tu te souviens de l'heure du rendez-vous..." Pourtant malgré l'inquiétude que ces mots éveillaient en moi, je ne pouvais pas ignorer l'excitation qu'ils suscitaient aussi. Je souris en songeant que bien évidemment Mr C savait pertinemment quelle répercussion ses mots auraient sur moi. En les lisant, j'avais senti mes sens en éveil et mon corps frémir d'impatience. Sensation qui n'avait fait que s'accroître au fil des heures. Pas de problème, pensai-je, je serai chaude à point à mon arrivée! Bizarre comme la perspective de devoir subir une punition qui risquait d'être douloureuse, me plaisait. Cette simple perspective faisait couler entre mes cuisses une source chaude et odorante que la crainte de la douleur ne pouvait endiguer.
Mais, comment dire, même si devoir affronter le courroux de Monsieur C engendre en moi une anxiété légitime (qui aime en réalité souffrir!) plus encore cela me rapproche de lui. Dans ces moments là, vraiment, je ne m'appartiens plus. Et j'aime cela. J'aime cette sensation de totale soumission et d'abandon que j'éprouve alors que Monsieur C me punit. Cette exacerbation paroxystique des sens et des sensations. En souriant, je pensai, qu'en fait, parfois je fautais à dessein pour avoir ce privilège d'être punie, si toutefois, dans ses conditions, on puisse réellement parler de punition.
Je jetai un nouveau coup d'œil à ma montre. 10h24. N'en pouvant plus, je me dis que 5 minutes ne feraient pas grande différence et que je pouvais maintenant y aller.
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