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MES PETITS HISTOIRES RIGOLOS

Livres à Show :: jeudi 16 octobre :: librairie du publicisdrugstore :: rentrée éditoriale automne 2008

par la rédaction de topolivres

Livres à Show au publicisdrugstore (16 octobre)





35 auteurs à livres ouverts


Livres à Show, c'est le rendez-vous annuel des auteurs qui font la rentrée éditoriale dans toute sa diversité, ses découvertes et ses best-sellers.

Le 16 octobre, 35 auteurs seront installés dans la librairie du publicisdrugstore pour des rencontres, interviews, slams et lectures.



Avec la participation de :


Bertille Soullier, comédienne

Bertille lira des extraits de tous les livres des auteurs invités.

Toma Roche, slameur

Toma slamera des extraits des livres des auteurs invités.

Le véritable Wolverine des X-men
dédicacera X-men Pop-up, Panama


Le plus charismatique des X-men posera sa griffe sur votre livre.


1ère partie : 12h - 14h30

A partir de 12h


David Abiker
Contes de la télé ordinaire, Michalon + conférence sur le buzz vidéo


Le maestro dira tout sur les buzz vidéos et racontera la tv.

Vincent Chenille & Claire Dixsaut
Bon appétit, Mister Bond, A. Viénot ed.


Pour tous ceux qui s'appellent James et savent aussi cuisiner.

Dupuy & Berberian
Bienvenue à Boboland, Fluide Glacial / Audie


Le livre culte des bobos et de leurs ennemis.


2ème partie : 18h - 20h30

A partir de 18h


Eliette Abécassis
Mère et fille, un roman, Albin Michel


Le roman vrai de deux inséparables très lookées.

Nicole Bacharan
Le Petit livre des élections américaines, Panama


Obama et McCain par une profileuse spécialisée USA.

Sophie Dudemaine
Les Soupes de Sophie, Minerva


Vous aimez les cakes, vous adorerez les soupes !

Anny Duperey
De la vie dans son art..., Le Seuil


Belles correspondances entre amies.

Faïza Guène
Les Gens du Balto, Hachette Littératures


Le nouvel Opus de l'excellente jeune auteure.

Claude Lebey
Où bien manger quoi à Paris, Guide 2009, Albin Michel


Le seul indispensable vraiment nécessaire !

Jean Peyrelevade
Sarkozy, l'erreur historique, Plon


L'essai best-seller coup de poing de la rentrée.

Olivier Ranson
Jacques Chirac, les vacances de l'ex, Hugo ed.


"Que faire après l'Elysée ?" par un dessinateur avisé.


A partir de 19h


Raphaëlle Bacque
L'Enfer de Matignon, Albin Michel


La méthode pour ceux qui se voient bien premier ministre.

Michèle Cotta
Cahiers secrets de la Ve République, Fayard


Tout sur la coulisse des médias et du politique.

Mathias Enard
Zone, Actes Sud


Le train littéraire le plus aventureux de la rentrée.




3ème partie : 20h - 23h

A partir de 20h


Elie Barnavi
L'Europe frigide, André Versaille ed.


Essai brillantissime sur l'Europe à venir.

Jean-Christophe Cambadélis
Le Génie du socialisme, Plon


Le bréviaire politique d'un observateur très privilégié.

Olivia Elkaim
Les Graffitis de Chambord, Grasset


Ultrasensible premier roman d'une jeune femme lucide.

Frédérick e. Grasser-Hermé
2 ouvrages, A. Viénot ed.


Deux bibles inspirées pour apprentis cuisiniers.

Colombe Schneck
Val de Grâce, Stock


La vie extraordinaire et singulière d'un appartement parisien.


A partir de 21h


Serge Bramly
Le Premier principe, le second principe, Lattès


Des vertus de l'espionnage et du secret romanesques.

Roger Cukierman
Ni fiers ni dominateurs, ed. du Moment


La biographie d'un honnête homme.

Kaori Endo
Une Japonaise à Paris, Minerva


Paris, vu et dévoré par une Japonaise épicurienne.

Pierre Hermé
Macaron, A. Viénot ed.


Parce qu'un jour vous aussi inventerez votre macaron.

Régis Jauffret
Lacrimosa, Gallimard


Lettre de l'écrivain à la jeune femme morte.

Maylis de Kerangal
Corniche Kennedy, Verticales


Pour la grâce absolue d'une fable marseillaise.

Guillaume Serina
Barack Obama ou le nouveau rêve américain, L'Archipel


Obama, vu par un français installé aux USA.


A partir de 22h


Alicia Drake
Beautiful people, Denoël


Le livre que toutes les fashion victims s'arrachent.

David Foenkinos
Nos séparations, Gallimard


David Foenkinos, de retour au drugstore un an après Livres à Show 1.

Philippe Forest
Araki enfin, Gallimard


Une magnifique élégie d'un artiste par un autre.

Bertrand Latour
Un milliard et des poussières, Hachette Littératures


Pour voyager en limousine VIP, conduit par Bertrand Latour.

Jean-Pierre Lavoignat & Christophe d'Yvoire
Mesrine, Sonatine ed.


Le livre somme pointé sur l'ennemi public numéro 1.

Hisayuki Takeuchi
Sushi Bar, Minerva


Entrez dans le laboratoire du plus épique des Japonais cuisiniers.

Aude Walker
Saloon, Denoël


Sublime plongée en eaux troubles pour les accros au Costes.


Programmation et interviews par Isabelle Rabineau
Librairie du Publicis Drugstore - 133, avenue des Champs Elysées - Paris 8ème




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:: note publiée par la rédaction de topolivres :: dans Agenda :: le lundi 6 octobre 2008 à 07:00 ::
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Jean-Yves Jouannais, L'ENCYCLOPEDIE DES GUERRES (conférences-performances au Centre Pompidou)

par la rédaction de topolivres

L'Encyclopédie des guerres



Sauvez la France
© Harald Fernagu 2002

Jean-Yves Jouannais
assisté de Karine Lalloz

L'Encyclopédie des guerres
4 conférences-performances

Centre Pompidou
25 septembre - 11 décembre 2008




"Cela s'appelle, en toute modestie, L'Encyclopédie des guerres. C'est un livre en train de s'écrire, et qui va s'écrire en public, sur scène.
L'usage commun implique que l'écriture d'un ouvrage soit motivée par un projet précis, le développement d'une théorie. On suppose que le sujet préexiste à l'écrit, que le livre offre l'espace de sa démonstration. Or, il s'agit là de faire de l'essai le lieu d'élucidation de son prétexte même. Une analyse spéculative en aveugle, centrée non pas sur l'énonciation d'une thèse, mais, centrifuge, sur la découverte de son amorce, sur la nomination de son prétexte. Aussi, le principe de cette enquête est-il celui de la candeur, et sa méthode, l'idiotie. Dans le roman inachevé de Flaubert, Bouvard et Pécuchet, ces deux chercheurs de vérité s'adonnent successivement à des recherches sur la poésie, l'agronomie, la médecine, la géologie, la diététique, la religion, compulsant des milliers d'ouvrages et se livrant à autant d'expériences pour toujours, au final, recueillir l'incompréhension, être cueillis par l'échec. Etrangement, à aucun moment, les deux autodidactes de Flaubert ne plongent dans le champ de la guerre, laissant de côté la poliorcétique, ignorant la science dite stratégique.
Je voulais écrire à ma manière ce chapitre absent, oublié par Flaubert.
J'emprunte aux deux copistes de Flaubert leur technique et leur ridicule ambition. C'est ainsi que je constitue une "bibliothèque de guerre", accumulant de manière hasardeuse, accidentelle, tous les ouvrages, essais, récits, livres techniques traitant du sujet de la guerre. Je ne m'impose aucun corpus a priori, ne me mets pas en quête des ouvrages jugés capitaux ou incontournables. Je ne suis ni historien, ni spécialiste de polémologie. Légitime en rien. C'est en amateur, en écrivain, ou plus précisément en personnage de roman, que j'aborde ce projet, collectionnant au fil de mes lectures, des bribes de phrases, des termes, des images, des légendes, des anecdotes, les réunissant en un impraticable et indéchiffrable cabinet de curiosités qui prend naturellement la forme d'une encyclopédie. Une impossible Encyclopédie des guerres, de L'Iliade à la Seconde Guerre mondiale.

Je ne sais pas pourquoi "la guerre", et encore moins pourquoi la guerre qui m'"intéresse" s'arrêterait en 1945. L'Encyclopédie des guerres n'est pas censée commenter le phénomène de la guerre, mais m'expliquer à moi-même en quoi ce sujet me concerne.

La pratique pré-iconographique de Aby Warburg est ici modestement sollicitée, Warburg dont la folie commence étrangement au vu de ses images de guerre. Au cours de l'année 1918, il a en effet réuni des documents qui vont, selon lui, lui permettre de saisir la nature du conflit qui a ravagé le monde. Sa psychose aiguë naîtra de la conviction qu'il est lui-même à l'origine de la guerre. Pour décrypter les images et les mots de la guerre, il faut également fuir une "iconologie restreinte" fondée sur le déchiffrement et l'interprétation des symboles, et suivre Warburg, et Nietzsche, sur les sentes aventureuses d'une "iconologie critique". Au grand récit téléologique instauré par Vasari, Warburg oppose la fertilité des anachronismes : les images de la phalange hoplitique grecque sont en lien avec la tactique du char d'assaut selon Guderian ; les métaphores homériques du combat racontent un aspect de la guerre des tranchées ; le premier bâtiment cuirassé émergeant de la guerre de Sécession inspire une lecture de la guerre comme Histoire naturelle, etc.

Concrètement, je lis l'ouvrage en train de s'écrire, de manière exhaustive, séance après séance. Durant la lecture sont projetés tous types d'illustrations : cartes, photographies, tableaux, extraits de films, actualités d'époque, dessins animés, vidéos d'artistes, etc.
Cette lecture illustrée, comme une encyclopédie en pop up, s'apparente à une performance parce que chaque entrée est commentée en direct, critiquée, réécrite au fur et à mesure."

Jean-Yves Jouannais
(Communiqué de presse)



4 conférences-performances


1 / De "A l'ennemi (Tué ou Tombé)" à "Belligène"
En passant, entre autres, par les entrées "Afflictions (Sombres)", "Approximations", "Baleine", "Barbarisation".
Jeudi 25 septembre à 19h30

2 / De "Bicyclette" à "Clairon"
En passant, entre autres, par les entrées "Boum", "Broignes", "Carnaval", "Chaussures", "Chevaux de bois", "Choir".
Jeudi 9 octobre à 19h30

3 / De "Climatologie" à "Embêter"
En passant, entre autres, par les entrées "Combattus", "Coquetterie", "Costume de bain", "Danse", "Décoratif", "Dressage".
Jeudi 6 novembre à 19h30

4 / De "Emploi (Contre)" à "Golf"
En passant, entre autres, par les entrées "Epicerie", "Etoiles (Peindre les)", "Etoiles (Descendre les)", "Fiasco", "Fumier", "Gazon".
Jeudi 11 décembre à 19h30

Centre Pompidou - Petite salle
Place Georges Pompidou - Paris 4ème
Entrée libre


 


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J. Attali, DU CRISTAL A LA FUMEE + R. Deforges, A PARIS AU PRINTEMPS ÇA SENT LA MERDE ET LE LILAS + S. Pincas & M. Loiseau, UNE HISTOIRE DE LA PUBLICITE + M. Even, OBAMA LE NOUVEAU REVE AMERICAIN + P. Druilhe, WELCOME TO AMERICA + P. Everett, BLESSES

par la rédaction de topolivres

Signatures / entretiens au publicisdrugstore (sept.)


Mercredi 17 septembre de 12h45 à 14h /
Jacques Attali


Du cristal à la fumée (pièce de théâtre)
Ed. Fayard 2008

Jeudi 18 septembre de 12h45 à 14h /
Régine Deforges


A Paris, au printemps, ça sent la merde et le lilas
Ed. Fayard 2008

Mercredi 24 septembre de 12h45 à 14h /
Stéphane Pincas & Marc Loiseau


Une histoire de la publicité
Ed. Taschen 2008

Vendredi 26 septembre de 12h45 à 14h /
Spéciale USA : Martin Even


Obama - Le nouveau rêve américain
Ed. Fayard 2008

Vendredi 26 septembre de 12h45 à 14h /
Spéciale USA : Pierre Druilhe


Welcome to America
Ed. ego comme x 2008

Mardi 30 septembre de 12h45 à 14h /
Percival Everett


Blessés
Ed. Actes Sud 2007

Interviews réalisées par Isabelle Rabineau
Librairie du Publicis Drugstore - 133, avenue des Champs Elysées - Paris 8ème



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MY ACADEMICIENNE OU LA DEMOISELLE DE CRAYENCOUR - Courte biographie sur Marguerite Yourcenar - Texte extrait du recueil "COMME UN NOIR SOLEIL"

par Justine Mérieau

 

Au début des années 1900, quelque part en France dans les Flandres, près de Lille… À Saint Jans Cappel exactement, par un beau jour d’été.

À l’horizon, se profile un romantique château aux fines tourelles…

« Le Mont-Noir », se dresse au milieu d’une nature exubérante.

Une petite fille à l’air grave se promène dans l’immense parc. Enfant d’une huitaine d’années déjà sérieuse et réfléchie, beaucoup de pensées se bousculent dans sa jolie tête brune.

Regard clair intense et profond, cheveux mouvants lui tombant sur les épaules, gracieuse dans sa robe blanche recouvrant la culotte longue resserrée aux chevilles au-dessus des bottines lacées, Marguerite avance à pas menus, foulant l’herbe de la pelouse, s’arrêtant parfois pour cueillir les fleurs sauvages aux tons variés, dont la grâce ou le parfum l’émeuvent déjà.

Elle a des allures de petite fille sage. De petite fille modèle de ces années-là.

Qu’on ne s’y fie pas… Bien des années plus tard, lorsqu’elle sera devenue célèbre, elle avouera avoir détesté les livres de la comtesse de Ségur, qu’elle ne trouvait pas naturels, trop manichéens.

Trop sophistiqués par rapport à sa conception précoce de la vie, les enfants dépeints l’irritaient, ne lui paraissant pas réels.

 

Marguerite se dirige tout droit vers l’enclos où se trouvent ses moutons, et surtout sa chèvre. Une belle chèvre blanche, aux incroyables cornes dorées. Cadeau de Michel de Crayencour son père, qui lui en a fait un jour la surprise, peignant lui-même les cornes de l’animal. Son père est un être fantastique… Dans leur propriété du Sud de la France, il accroche toujours aux arbres des oranges avec un fil, lorsqu’ils en sont dépourvus…

Elle prend plaisir à caresser le pelage un peu rugueux, à essayer de comprendre ce que peut ressentir la bête. Elle voudrait découvrir tout son mystère au travers de son regard… Son profond amour des animaux, sa compréhension de leur place importante sur terre, du respect qu’on leur doit comme à tout être vivant l’habitent déjà.

Marguerite ne sait pas que plus tard, devenue écrivain, ses livres lui donneront l’occasion de dire son sentiment sur leur sort. Notamment, dans sa première autobiographie, Souvenirs pieux, où elle est atterrée d’avoir découvert les massacres d’éléphants, qu’elle dénonce.

Et elle fera un jour la réflexion suivante : « Qui ne ressent pas profondément ne pense pas ».

 

Caressant sa chèvre, elle songe à son père. Plus qu’un père : un protecteur, un confident, un ami. Un professeur aussi, qui lui enseigne tout et surtout la littérature. Malgré son jeune âge, il lui parle déjà philosophie latine, grecque et shakespearienne.  Elle lui voue une admiration sans borne, elle, l’enfant sans mère, élevée par lui et sa grand mère Noémi, dont son père est le fils ; sans oublier Gretchen, sa chère nourrice, qu’elle affectionne…

Marguerite s’étonne toujours, lorsque les gens s’apitoient sur son sort d’enfant sans mère.

Au château, lorsqu’elle regarde les portraits de ses ancêtres, elle s’arrête parfois devant celui de sa mère. Fernande de Cartier de Marchienne, jeune femme belge… Elle a beau scruter le visage, il ne lui évoque rien de particulier, aucune émotion.

Cette femme qu’elle ne connaît pas, qu’elle n’a jamais vue, lui est parfaitement indifférente. Paraît-il qu’elle est morte en lui donnant le jour en Belgique, à Bruxelles, un 8 juin de l’année 1903… Elle a du mal à le réaliser, de même qu’elle ne peut réaliser que cette dame figée dans un encadrement était sa mère.

Pour elle, ce qui compte, ce sont toutes ces femmes qui s’occupent d’elle. D’abord sa nourrice, en qui elle trouve suffisamment de compréhension et d’affection pour ne pas se sentir frustrée ou abandonnée, et ensuite les domestiques ; elle aime se rendre dans l’immense cuisine où il fait bon, au coin du feu, parler avec le personnel ; avec tous ces « gens » lui faisant penser à la tribu romaine et avec qui elle entretiendra de tout temps des liens amicaux. Et il y a également les bonnes amies de son père, toutes si gentilles avec elle. Et puis, Noémi, sa grand mère…

À chaque fois qu’elle y pense, instinctivement Marguerite fronce un peu les sourcils et son regard se fait dur. « Marguerite, fais attention à mon fauteuil… Ne marche pas sur mon tapis… ». Sa grand mère lui paraît déjà trop rigide, trop « Bourgeoise », avec son éternel esprit de possession des biens matériels.

Ce n’était pas qu’elle en souffrait, non… Mais lorsqu’elle l’observait, elle la trouvait bizarre et pas bien sympathique (cette « sympathie » qui lui était si importante et dont elle dira devenue femme : « Dès qu’il y a sympathie, ce mot si beau qui signifie « sentir avec » commencent à la fois l’amour et la bonté »). Ne comprenant pas qu’elle puisse être la mère de son père, si différent.

Peut-être était-ce aussi pour cela, qu’il avait coutume de dire : « On n’est bien qu’ailleurs » ?…

Ce qu’elle-même pensait, attendant à chaque fois avec une certaine hâte qu’il l’emmenât avec lui en voyage.

 

Partir sans cesse avec son père à la découverte du monde, de ce monde qu’il avait entrepris de lui faire connaître, fut, durant toute son enfance et son adolescence, la première de ses passions, celle qu’elle devait conserver tout au long de son existence. Une existence de vagabonde, de nomade… De marginale, comme celle de son père, qui lui disait à chaque fois là où ils se trouvaient, dès que quelque chose allait mal, que ce soit n’importe quoi : « Ça ne fait rien, on n’est pas d’ici, on s’en va demain »…

Dès que Marguerite fût en âge de comprendre, elle fut immédiatement conquise par la personnalité de son père, faite, dira-t-elle, « d’un mélange d’audace et de générosité, avec un fond d’indifférence malgré son ardeur ». Et jusqu’à la mort de celui-ci, tous deux furent très liés par une grande complicité les faisant s’épauler l’un l’autre, au travers de leurs discussions littéraires et de leurs voyages.

Beaucoup plus tard, lorsqu’elle serait devenue écrivain, elle parlerait de tout cela, couchant ses mémoires sur papier, dans son livre Archives du Nord, son deuxième livre autobiographique…

 

 

*

 

Année 1914, au mois d’août. Port d’Ostende. Un paquebot plein de réfugiés s’éloigne en direction de l’Angleterre…

L’Allemagne a déclaré la guerre à la France et violé la neutralité belge. La machine infernale est en route…

L’un près de l’autre sur le pont, Marguerite et Michel de Crayencour regardent avec émotion, angoisse et tristesse disparaître peu à peu les côtes belges. Mais Marguerite a onze ans. À cet âge, c’est l’aventure qui prime sur le reste. Elle est très excitée de découvrir bientôt la Grande Bretagne.

 

Durant toute une année, avant de regagner Paris en 1915, elle va explorer Londres, tout à la joie d’être pour la première fois aussi libre, dans une ville étrangère immense et riche en découvertes.  Son amour des animaux est comblé : elle vit non loin de Richmond, une agglomération de la banlieue ouest de la capitale. Et là, se trouve un magnifique parc avec sa réserve de biches, où Marguerite se rend souvent pour les contempler. Un peu du Mont-Noir ressurgit… Ce Mont-Noir, qui n’existe plus que dans sa mémoire : après la mort de sa grand-mère, la propriété a été vendue par son père. Comme elle voyage beaucoup, elle n’en a pas vraiment pris conscience.

Mais à Londres, il y a surtout les sorties avec son père, qui l’emmène visiter tous les monuments à voir, tous les musées, et qu’elle attend à chaque fois avec impatience. National Gallery, British Muséum…

Et cette année anglaise s’avèrera une année décisive pour la petite Marguerite. Au British Muséum, elle va faire une rencontre capitale pour sa future vie d’écrivain : elle y voit pour la première fois, un buste de bronze repêché dans la Tamise au XIXe siècle. C’est celui d’Hadrien, empereur romain du IIe siècle, dans sa quarantième année.

Une révélation… Elle est subjuguée.

 

« L’imagination accepte ce à quoi elle s’attache. Il y a des affinités, des choix, qui ne sont pas très faciles à expliquer »… confiera, bien des années après à un journaliste français, l’écrivain qu’elle est alors.

Malgré tout, elle dira avoir eu parfois dès son jeune âge, confusément, comme une sorte de fièvre intérieure. Une espèce de prescience de sa vie la lui faisant voir particulière et intense.  

Quant aux choix, Marguerite les aura faits de bonne heure. Son goût de l’Antiquité, du mystique, du Sacré sera là, définitivement. La trame de toutes ses œuvres sera tissée de fils grecs.

Depuis Alexis ou le Traité du vain combat et Feux, en passant par le Coup de grâce et Mémoires d’Hadrien, pour en terminer avec L’Œuvre au noir

Ne dira-t-elle pas par la suite : « Presque tout ce que les hommes ont fait de mieux a été dit en grec » ?

 

 

 

*

 

À la fin des années 80, quelque part sur la côte Est des États-Unis, dans le Maine, un jour de début d’automne.

Sur une île nommée « Monts-Déserts » par Champlain, en pleine nature, « Petite Plaisance », une grande maison de bois peinte en blanc, faisant penser à quelque habitation créole d’autrefois, ou encore, aux maisons style western du temps des cow-boys et des Indiens…

Immobile sur le pas de la porte, une vieille dame scrutait l’horizon. Son regard bleu intense, malgré la somme des ans s’inscrivant tout autour, restait incisif et perçant, comme si rien ne pouvait l’atteindre. Il errait très loin, bien au delà de tout. Comme détaché du monde…

 

Enhardie par le temps qui se voulait clément ce jour-là, Marguerite Yourcenar décida de se dégourdir les jambes en faisant un tour au jardin. Elle enfila sa veste, posa sur sa tête un foulard de soie qu’elle noua négligemment et descendit les quelques marches de sa terrasse.

Peu après, elle entrait dans le pré aux marguerites. Elle en cueillit un gros bouquet dont elle ornerait comme à chaque fois son bureau. Elle eut un demi-sourire un peu triste. « Une Marguerite parmi les marguerites… ». Petite phrase de sa regrettée compagne Grace Frick. Elle se souvenait… Elle avait répondu : (Ce qu’elle avait dit également à ce journaliste parisien, venu l’interviewer quelques années auparavant) « Oui, et c’est pourquoi mon prénom me plaît assez… C’est un nom de fleur. Et à travers le grec, qui l’a emprunté au vieil iranien, cela veut dire « perle ». C’est un prénom mystique ».

Grace, sa compagne… Tous ses amis, eux, toujours là. Mais à présent quand même bien seule…

Tout écrivain qu’elle est, reconnu et récompensé par les palmes académiques en mars 1980, dont la voix s’est enfin fait entendre outre atlantique, elle n’est plus maintenant qu’une vieille femme finalement vaincue par la vieillesse, la solitude et la souffrance physique. Une dame très âgée, qui reconnaît avoir eu une vie riche et bien remplie, mais qui sent que celle-ci va bientôt s’interrompre.

Alors, elle remue ses souvenirs avant de disparaître, pour, « afin de ne pas rater le passage », partir « les yeux ouverts ». Ouverts sur un monde qui lui a tant apporté. Tant donné, mais tant repris aussi…

Grace… sa chère Grace, qui avait su être, durant quarante ans, sa fidèle amie, sa complice de tous les instants, voyageant avec elle, l’assistant dans son travail. Qui l’appelait tendrement « my »… Brusquement malade, si tôt disparue. Chagrin immense… Plus encore que pour son père, disparu lorsqu’elle commençait tout juste sa vie de femme. Elle n’avait que vingt-six ans… La jeunesse, elle, est férocement égoïste : elle parvient facilement à oublier.

Depuis que Grace était morte, elle avait souvent repris la route. Une autre façon intelligente d’y moins penser, en faisant le « tour de la prison », comme elle aimait à dire. Un long périple à travers le monde, en compagnie de son tout dernier ami, son jeune ami musicien, Jerry Wilson… Un nomade, un marginal comme elle, qui partageait la même passion des voyages. Et dire qu’il venait de mourir lui aussi. Si jeune…

Mais la vie était ainsi.

Ce n’est jamais que « l’atrocité foncière de l’aventure humaine », se répète-t-elle encore ce jour, sachant que personne ne peut y échapper.

Et Marguerite pleure sans honte, au milieu des fleurs où elle s’est assise et qui la cachent et la protègent.

Trop de morts terribles l’entourent… Elle est trop vieille à présent, pour avoir la force de continuer, de lutter seule. Une phrase, écrite dans sa jeunesse, lui revient en mémoire : « Solitude. Je ne crois pas comme ils croient. Je ne vis pas comme ils vivent. Je n’aime pas comme ils aiment. Je mourrai comme ils meurent ». Phrase bien prémonitoire, pense-t-elle, souriant malgré elle à travers ses larmes.

 

Ses pleurs un peu séchés, l’ombre de Zénon se profile aussitôt en elle… Elle n’est pas vraiment seule. Hadrien aussi est là… Depuis toujours. Depuis qu’elle leur a redonné vie, elle les porte en elle… Ses personnages l’habitent. Elle leur parle, elle les entend lui répondre, elle les voit… Tous ces « vivants du passé » l’ont toujours hantée. Ils l’ont accompagnée tout au long de son existence.

Marguerite se rassure soudain : ils seront avec elle, à son chevet, dans ses derniers instants… Elle en est certaine.

Madame Yourcenar se relève avec peine, les bras plein des marguerites cueillies. Elle ne pleure plus. Avec eux, elle se sent plus forte. Elle est déjà hors du monde, hors du temps…

Elle retourne à sa maison et continue à songer en marchant. Toujours aux mêmes choses, qui font partie de sa philosophie. À ces mêmes propos, qu’elle avait confiés à ce journaliste : « La vie est beaucoup plus au passé qu’au présent. Le présent est un moment toujours court et cela même lorsque sa plénitude le fait paraître éternel. Quand on aime la vie, on aime le passé parce que c’est le présent tel qu’il a survécu dans la mémoire humaine. Ce qui ne veut pas dire que le passé soit un âge d’or : tout comme le présent, il est à la fois atroce, superbe ou brutal, ou seulement quelconque ».

L’académicienne met les marguerites dans un grand vase, qu’elle pose sur sa table de travail. Elle allume sa lampe de bureau, s’assied. Elle reprend ses feuillets épars, les relit, les rature, les annote, y trace quelques vagues dessins,  puis d’un coup écrit d’une traite.

Elle travaille sur son dernier roman, Quoi ? l’Éternité, le dernier de sa trilogie autobiographique, Le labyrinthe du monde. Elle sent que le temps presse. Elle a d’autres livres en tête, mais elle sait déjà qu’elle n’aura pas le temps de les écrire. Aura-t-elle le temps de terminer celui-là ?…

:: note publiée par Justine Mérieau :: le jeudi 14 août 2008 à 00:08 ::
:: MY ACADEMICIENNE OU LA DEMOISELLE DE CRAYENCOUR - Courte biographie sur Marguerite Yourcenar - Texte extrait du recueil "COMME UN NOIR SOLEIL" ::
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Jean-Louis Debré, LES OUBLIES DE LA REPUBLIQUE + François Rollin, CAHIER DE VACANCES POUR ADULTES ETE 2008 :: signatures entretiens à la librairie du publicisdrugstore

par la rédaction de topolivres

Signatures / entretiens au publicisdrugstore (juillet)


Mercredi 9 juillet de 12h45 à 14h /
Jean-Louis Debré


Les Oubliés de la République
Ed. Fayard 2008

Jeudi 10 juillet de 12h45 à 14h / François Rollin


Cahier de vacances pour adultes - Eté 2008
Ed. Chiflet & Cie 2008

Interviews réalisées par Isabelle Rabineau
Librairie du Publicis Drugstore - 133, avenue des Champs Elysées - Paris 8ème



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La conscience

par les âmes percés

Je tombe

Excusez-moi d’être impertinent

Mais pendant ce temps, je tombe

Mon corps s’alourdit,

Tout droit, la tête la première, les jambes en l’air,

Je m’écrase

Obscur

M’accrocher, je n’aurai pas pu

Me lancer, seule issue

Tout d’un coup, je marche

Je marche mais le chemin est flou

Perdu, verrouillé ou aveugle, serai-je guillotiné de tous mes membres, de ma vie ?

Je me sens coupable de ne rien savoir, mais je ne sais pas pourquoi

Je cherche, je cherche quoi ? J’en peux plus

Seul dans un trou, enfer ? Peut-être

Je me sens emporter, je monte, mais vers où ? Je ne sais pas mais je monte

Et pourquoi toutes ces lettres passent, sans mot dire,

Pourquoi ces images me regardent et disparaissent d’un coup ?

Pourquoi cette femme me tourne autour ?

Pourquoi d’un coup il fait si sombre ? Je ne sais pas !

J’entends des voix, des chuchotements, des sons

Si seulement je pouvais redescendre, peut-être verrai-je plus clair

 

Je retiendrai quelques bribes de ma vie pour me consoler,

La sincérité de mes lettres me fera oublier les soucis de la vie

Un éblouissement sans lumière, un fracas de souvenir,

Je m’assieds et je pense

:: note publiée par les âmes percés :: le mardi 17 juin 2008 à 13:26 ::
:: La conscience ::
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La mort sous un air de violon

par les âmes percés

L      Les voix des Ténèbres, les voix d’Antan sont déposées sur les dalles m    marbrées

        Le corps verrouillé, condamné à demeurer dans l’obscurité

        Pendant que l’Ame s’accroche désespérément

        Même air monotone, magnifique même, finalement vide de sens

        La joie est ligotée entre quatre murs 

        Il ne laisse la liberté qu’à la tristesse

        Notre chair est bien mutilée de souvenir

        Restant pendu à la venue du Défunt                                                                

Le   Le vide obscur chez la mélancolie

        Larmes posées sur nos rides pourvues de Sens

        Miséricordes, Condoléances qui mortifient nos Humbles corps

        Ombres noires qui disparaissent en caressant le Sépulcre

        La frontière s’entrouvre, montée du corps dans les Cieux

        Dégrisement  qui nous anéantit à vie

       Cœurs meurtris qui nous broient et nous emprisonnent dans la   déprime

       Inclinée devant la mort, sa Vie se ferme comme un rideau

       Enfin, on réalise.  

:: note publiée par les âmes percés :: le mardi 17 juin 2008 à 13:15 ::
:: La mort sous un air de violon ::
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De la clarté à l'obscurité

par les âmes percés

On m’a pris un jour, on me garde à vie
Tu sens mon souffle sans pouvoir me voir
Je me sens emporter, je ne vois que des ombres noires
Est-ce un paradis obscur, une vie à l’envers qui m’attends
J’entends des voix, elle me rassure
Je ne suis plus seule, je vois des lueurs de clarté qui m’ouvrent leurs bras
Ils sont venus me chercher
Elle est furtive, elle est assassine, elle est silencieuse
Parfois, on la trouve reposante, et éternelle
Un voyage sans retour
Je te regarderai de là-haut

:: note publiée par les âmes percés :: le mardi 17 juin 2008 à 13:12 ::
:: De la clarté à l'obscurité ::
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Naissance

par les âmes percés

 

On tombe de nulle part, on se retrouve blotti dans des draps blancs

On vous sourit, on vous regarde, on vous cajole

C’est beau les instants lorsqu’on est enfant !

Cette main qui se tend !

Un pas en avant et hop ! On tombe ! Ne va pas trop vite !

Peau et lèvres tremblantes lorsqu’on se sent seul

Un éclat de rire et le regard pétillant lorsqu’on se réveille

Les jambes s’étirent et la main se déplie lorsqu’on nous badine

Ce brin de vie : Innocent, Parfumé, Amoureux, Mélancolique, Frais, Feuilleté, Intense ! Hélas éphémère !

:: note publiée par les âmes percés :: le mardi 17 juin 2008 à 13:00 ::
:: Naissance ::
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Laura Zavan, MA LITTLE ITALY > PANNA COTTA > PETITES CUILLERES ITALIENNES + Stéphanie Bulteau, PANNA COTTA

par Alice Guzzini

Evviva panna cotta !


En tant que militante d'assez longue date pour l'expansion de la panna cotta de ce côté des Alpes, je me réjouis de la parution concomitante dans les collections carrées jumelles des éditions Solar et Marabout de deux monographies dédiées à ce dessert à la fois si innocemment et résolument délicieux. Le tiramisù enjôleur tremblote, le macaron aux mille délicates saveurs en perd quelques-unes de ses jolies couleurs branchouilles. Le règne de la panna cotta arrive.

Entre le célébrissime entremets d'Emile Moench (le lait remplacé par de la crème) et la crème brûlée dynamisée par Sirio Maccioni et Paul Bocuse (les jaunes d'oeufs remplacés par un gélifiant), mais blanche et nappée d'un coulis de fruits rouges, la panna cotta venue du Piémont convoite désormais avec sérénité le rang de classique parmi les classiques des brasseries parisiennes. Rançon du succès ? On la retrouve aussi en versions très dégradées et je reste polie au rayon yaourts des supermarchés et hard-discounters : où on les laissera sans autre regret que celui de les voir là encore la semaine d'après. Car l'identité de la panna cotta, que ces ersatz fort infects bafouent invariablement dans leurs pots de plastique, tient d'une part à une consistance tout à fait singulière, et d'autre part aux goûts distincts qu'elle met en présence sans jamais nous voler, elle, le plaisir de les confondre.

Son nom commença à circuler sur les blogs culinaires il y a environ deux ans, atteignant un pic de popularité phénoménal au printemps dernier. Loukoum s'en agaçait presque, puis apportait sa contribution parfumée d'agrumes. Sur tous les écrans, de toutes les conversations et sur toutes les lèvres, la panna cotta renaissait, se réinventait, simple et élégante, fidèle à elle-même jusque dans les extravagances que le violent amour seul sait inspirer, douce et racée et toujours effrontément enjouée. Les strophes de cette idylle collective se lisent ainsi chez Pascale Weeks, Anne Lataillade, Claire Chapoutot, Chantal Descazeaux, Anne Rolland, Annellénor, Guylaine, Miss Diane, Lolotte, Cess, Sylvie, Mercotte, Kate, Mamina Claude, Eglantine, Paprikas, Eryn et beaucoup d'autres. Merci à elles toutes, c'est-à-dire aussi à toutes celles que j'oublie ici, qui ensemble ont construit sa gloire.

Panna cotta © Akiko Ida / Marabout
© Akiko Ida / Marabout

Les propositions de Stéphanie Bulteau réunies chez Solar séduiront les gourmands raffinés autant que les grands enfants. Essayez de résister à une panna cotta Nutella et demi-noisettes caramélisées. Un jour ou deux, vous parvenez à faire peser l'énorme bocal de pâte à tartiner qui vous narguerait ensuite depuis le fond de votre placard, pensez même à y ajouter une patience diablement médiocre qui de toute façon ouvrirait la porte de votre frigo avant que la préparation ait eu le temps de prendre. Et un beau matin vous descendez sur la pointe des pieds vous procurer des noisettes. Je glisse sur les duos orgeat / cerise, mandarine / pain d'épice et autres baklava cotta.

Laura Zavan, on en a la confirmation à chacune de ses publications, nourrit une passion sans bornes pour les produits typiques (genuini) italiens, qu'elle choisit afin de composer et partager une cuisine que l'on sent vraie (trop pure s'enthousiasmerait-on sur les skyblogs, ça me glace à chaque fois) quand bien même elle badine avec la tradition. Sa Little Italy se révélait à cet égard aussi précieuse que La Cuillère d'argent, "la bible de la cuisine italienne authentique" (1 300 pages / 40 euros) traduite quelques mois plus tard chez Phaidon, contemporanéité et carnet de bonnes adresses en sus.
Son recueil de recettes de Panna cotta, également chez Marabout, poursuit dans cette voie et par les chemins de traverse au gré desquels la réglisse de Calabre croise le gianduja fait maison, les pralines roses de Lyon et l'inénarrable thé vert en poudre matcha, comme le pesto de basilic et le vinaigre balsamique. Laura Zavan y indique par ailleurs diverses solutions bio permettant de se passer aisément des feuilles de gélatine animale, qui reste en effet assez patibulaire.
Quant à ses Petites cuillères italiennes, j'avoue craquer pour les toutes premières, p.12 : de minuscules gelées de tomate et céleri avec une nouvelle histoire de texture à l'intérieur.

Alice Guzzini



Laura Zavan
Panna cotta
De délicieuses crèmes gourmandes à servir très fraîches !

Photographies Akiko Ida, stylisme Sonia Lucano
Ed. Marabout 2008, Petits plats
7,90 euros




Stéphanie Bulteau
Panna cotta
Photographies Pierre-Louis Viel, stylisme Catherine Nicolas
Ed. Solar 2008, Nouvelles variations gourmandes
6,90 euros




Laura Zavan
Ma little Italy (Prix La Mazille International)
Photographies Grégoire Kalt, stylisme Pauline Ricard-André
Ed. Marabout 2006
25 euros




Laura Zavan
Petites cuillères italiennes
Photographies Grégoire Kalt, stylisme Marie Mersier
Ed. Marabout 2008, Petits plats
7,90 euros


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:: note publiée par Alice Guzzini :: dans topolivres :: le lundi 9 juin 2008 à 07:00 ::
:: Laura Zavan, MA LITTLE ITALY > PANNA COTTA > PETITES CUILLERES ITALIENNES + Stéphanie Bulteau, PANNA COTTA ::
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