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...Oui, en ces jours de fêtes peut on être joyeux vraiment, si le monde autour de nous ne l'est pas aussi, également? Certes on peut le croire, jusqu'à l'instant où nous apercevons tout près de notre porte le corps tremblant sous les morsures du froid, un pauvre corps presque déjà sans vie, pauvre corps meurtri d'un homme miséreux, hagard et presque mort déjà. "Ho! Mon dieu, le pauvre malheureux!" Pensons nous...Et c'est tout, voilà c'en est fait. Il est venu s'échouer là, jusqu'à nous, frêle esquif à bout de force, tourmenté ainsi dans la marée humaine, inhumaine en cet enfer! Et l'on osera dire que l'enfer n'existe pas véritablement? Quelle sorte d'imbéciles disent cela?...Oui! quels imbéciles, sinon nous-mêmes! Car cet homme, il "est" des millions, et bien plus encore, sur cette planète bleue insignifiante presque, si elle n'était l'enfer en fait, celle-là! Car elle l'est bien assurément pour tous ceux-là qui n'en finissent pas d'agoniser aux clameurs de joie indigne des fêtards dispendieux, dieux... c'est le cas de le dire, beaux et radieux comme des seigneurs dans la lumière et dans la joie: "Que du bonheur", comme on dit!...Peut-on être joyeux vraiment avec ceux-là, comme ceux-là mêmes? Hé bien oui, car l'enfer est joyeux de ce coté-ci, et nous ne nous préoccupons que de notre petit bonheur à nous, comme on nous l'a appris depuis tout petit. Sauf qu'en ces jours glacés de décembre, ici, devant notre porte close, ce spectacle horrible de la souffrance et de l'humiliation, de la mort bientôt. Devant cet enfer là, cette catastrophe, ce malheur banal et si ordinaire pourtant... Sauf que ce jour là, nous étions sans le savoir sur la route de Damas, à deux pas de notre porte. Nous, les imbéciles, heureux, petits dans nos désirs, grandiloquents dans nos espoirs, minables en nos fortunes dérisoires et insolentes, en nos visions divines paradisiaques et frelatées. Ce corps supplicié que croise notre regard, ce corps en croix de souffrance est comme un éclair soudain qui aveugle à force de montrer, nous renverse de notre hauteur sublimement orgueilleuse et indifférente. Oui, ces écailles tombent de nos yeux et le voile se déchire ainsi que notre cœur de pierre, et voici que la vérité surgit et nous condamne à voir ce que nous ne voulions pas regarder, ni savoir, surtout rien savoir qui nous dérangerait. Nous entrons en enfer alors nous aussi, précipités là, malgré nous, trahis, cocufiés par le mensonge et notre lâcheté atavique: Horreur, Malheur! ...Cette salsa du démon! Comme nous la dansions bien, joyeux aux temps chauds et confortables! Car aveugles à ces vérités criantes et abominables nous étions, insouciants ignares, sur la route d'Emmaus, riant fort et nous moquant, sourds aux souffrances d'autrui, et nous n'avions pas reconnu encore le Compagnon Cheminant, puant de sueur et mal vêtu à nos yeux, aux paroles étranges qui nous paraissaient insensées, langue de fou, ou langue de Feu? Là, devant notre porte close, il se transporte en un dernier espoir... Nom de dieu, mais pourquoi se cache t-il donc ainsi?: Pour la vérité de notre action! Ici, point d'allégeance, de fayottage, ce vrai pauvre que nous persécutions, complices indélicats des puissances financières et meurtrières, il nous faut maintenant le relever, il va salir notre salon, encombrer notre chambre jusqu'à hanter nos rêves... Pénible cauchemar! Nous appauvrissant, nous allons l'enrichir, transformer son enfer en paradis, il est certain qu'il y aura bien assez de pauvres ici pour nous tous! Noël enfin sera leur fête à eux, tous les jours à venir, et qui osera dire encore que le paradis ça n'existe pas, et l'enfer, ainsi dans la tourmente? Certains encore pourtant, à n'en pas douter, lèveront-ils encore leurs yeux au ciel, espérant on ne sait quoi! Pas très joyeux, pour sur, ni très heureux... Mais imbéciles surement! Il est des vérités qui font mal, malheureux imbécile qui l'ignore!
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